> Victor Del Litto (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253006203
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 576 notes) Ajouter à mes livres
Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d’une petite ville de province. En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et ses mémoires compilés dans Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases. Il rêve d’une ascension similaire à celle de l’empereur. Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rênal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon. Avant peu, il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde.

Jusqu’au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments, qui le conduiront à sa perte.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    Hier, où j'ai passé pratiquement ma journée à le dévorer, comme la première fois où je l'avais lu, "Le Rouge & le Noir" m'est apparu comme l'un des plus grands romans jamais écrits.
    Pour être franche, je n'ai jamais très bien compris les reproches de "sécheresse" qu'on faisait au style stendhalien. C'est vrai que ce romantique se distingue avec éclat des délires hugoliens et qu'il n'a pas les tics irritants des auteurs de feuilletons comme Balzac. Avec lui, il n'y a pas non plus ces affreuses plongées dans le mélodrame larmoyant qui - à mes yeux en tous cas - décrédibilisent un roman aussi puissant pourtant que "Le Père Goriot." Bref, avec Stendhal, le lecteur contemporain s'y retrouve tout en sachant très bien, habileté suprême, qu'il a devant lui un auteur du XIXème.
    La qualité majeure de Stendhal, c'est son art de conteur. Celui-ci ne doit jamais lasser, surtout pas s'il s'autorise des digressions. Et Stendhal, tout au long des 512 pages du Livre de Poche, ne lasse pas un seul instant. Ses descriptions, sans être minimalistes, vont droit à l'essentiel - et l'on sent en lui l'amour qu'il portait aux paysages franc-comtois. Son analyse des personnages est précise, "scalpellisée" et impitoyable. Paradoxe étrange, lui qui a imposé au moins deux types "romantiques" - Julien Sorel et Fabrice del Dongo - les a façonnés comme des êtres changeants, qui ne cessent d'évoluer.
    Julien par exemple nous est tout d'abord montré comme une espèce de jeune arriviste dominé par la Haine. On peut ici utiliser la majuscule car Julien ne vit que pour haïr. Il flambe de haine : haine contre son père (et on la partage très vite !), haine contre ses frères (deux abrutis), haine contre la société sous le règne de Charles X (où régnait à nouveau la loi des castes que l'épopée napoléonienne avait envoyée au diable), haine de l'Autre de façon générale (car, ayant grandi dans un milieu qui ne le considérait que comme une machine à raporter quelque chose, Julien ne peut tout simplement pas concevoir qu'on puisse s'intéresser à lui par amitié ou amour). On finit même par se demander si Julien Sorel ne se hait pas lui-même ...
    Il y a, chez ce garçon séduisant, intelligent, prompt à apprendre et désireux de se faire une place au soleil, une forme d'autisme terrible qui finira par le mener à sa perte - une perte que cet idéaliste forcené accueille pratiquement comme une délivrance. Mais en dépit des apparences, qui pourraient laisser croire que son caractère ne se modifie pas au cours du roman, Stendhal convie son lecteur à enregistrer de menus détails qui, un à un, le recomposent subtilement de façon telle que le Julien Sorel final est bien plus grand, bien plus "pur" et tout aussi vrai que le Julien Sorel du premier chapitre.
    Autre exemple singulièrement frappant : le caractère entier et pourtant incroyablement instable de Mathilde de La Mole, laquelle paraît souffrir d'une exaltation proche de la maladie mentale.
    Rappelons les grands traits de l'intrigue :
    M. de Rênal, le maire de Verrières, une petite ville de Franche-Comté, veut à tout prix un précepteur pour ses trois fils. Non tant d'ailleurs pour les instruire que pour contrarier son grand rival, M. de Valenod, que le retour des Bourbon a tiré de la misère où il croupissait avec sa famille. Ayant entendu dire, par le curé Chélan, le plus grand bien du jeune Julien Sorel, le dernier des trois fils du menuisier local, Rênal lui propose la place et disons à la décharge du maire qu'il refusera de verser le salaire du jeune homme à son rapace de père.
    Installé chez les Rênal, Julien, qui est ombrageusement fier et prend chaque mot, chaque regard qu'on lui adresse pratiquement pour une insulte, se met en tête de séduire la maîtresse de maison. Non qu'il l'aime mais parce qu'il estime que cela serait, chez lui, une marque de caractère et de courage.
    L'inévitable arrive et, au grand étonnement de Julien (qui est souvent d'une naïveté extraordinaire quant à ses ressources personnelles), non seulement sa maîtresse semble vraiment tenir à lui mais lui-même éprouve envers elle un sentiment bien plus fort qu'il ne se le serait imaginé.
    Mais les gens jasent, la chose est inévitable. Mis au courant par des lettres anonymes qu'il tente en vain d'ignorer, M. de Rênal est bien obligé d'évoquer ses soupçons. Les amants décident de ne plus se revoir et le curé Chélan expédie Julien au séminaire de Besançon.
    C'est là que Julien se lie d'amitié avec le directeur, l'abbé Pirard. Comme celui-ci, homme intègre et rogue, est d'obédience janséniste alors que le reste du séminaire en tient pour les Jésuites, on ne saurait dire que le choix de Julien soit heureux. Pourtant, c'est par l'entremise de l'abbé Pirard qu'il va être mis en relation avec le marquis de la Mole, descendant de Boniface de La Mole qui, au XVIème siècle, avait été l'amant de la Reine Margot et qui, pour avoir tenté d'enlever Henri III et le duc d'Alençon, avait été condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève.
    Le marquis cherche un secrétaire et Julien entre dans la place. La Chance l'y attend mais ... saura-t-il la saisir ? ...
    Même si l'on connaît l'issue fatale de ce roman, on est pris par le récit, on s'entête à y avancer pas à pas, on ne veut pas en perdre une seule virgule. De façon très moderne, Stendhal glisse dans son texte des monologues intérieurs qui plongent le lecteur dans l'esprit même du personnage visé. Et puis, cette description au petit point de la société française, provinciale comme parisienne, à la veille de 1830 est un vrai régal de cynisme et de férocité.
    Stendhal, un auteur scolaire ? ... Non, un romancier : et un grand. ;o)
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    Critique de qualité ? (28 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par quenlore, le 25 octobre 2011

    quenlore
    C'est pour moi LE MEILLEUR roman de littérature française, le plus grand, le plus prodigieux… Les mots m'en manquent !!
    Pour ceux (les malheureux !) qui ne connaîtraient pas l'intrigue :
    L'action se passe sous la Restauration, à Verrières, une petite ville du Jura. Julien Sorel a dix-neuf ans. C'est un jeune homme d'origine modeste. Il est le fils d'un charpentier brutal. Sa condition le prédestine aux travaux de force. Mais Julien Sorel, ambitieux, rêve de gloire et s'évade dans la littérature.
    Sur les conseils de l'abbé Chélan, le curé de son village, il envisage d'entrer au séminaire. Cela lui parait en effet la seule voie judicieuse d'ascension sociale "dans une société frileuse où la naissance roturière est redevenue un handicap après le grand brassage égalitaire opéré par la Révolution et l'Empire".
    Grâce à l'abbé Chélan, qui l'a pris en sympathie et qui lui a enseigné le latin, Julien est engagé par Monsieur de Rénal, le maire légitimiste de la ville. Ce dernier, par vanité, recherche un précepteur pour ses enfants.
    Timide et indocile dans un premier temps, Julien Sorel ne tarde pas à trouver un certain attrait à cette nouvelle vie. Il tombe sous le charme de Mme de Rênal et devient son amant.
    Grâce à la tendresse qu'elle lui manifeste, Julien connaît alors un bonheur éphémère.
    La maladie de son jeune fils réveille les remords de Mme de Rênal, qui se croit punie par Dieu; tandis qu'à l'inverse cette crise morale décuple l'amour de Julien. Une lettre anonyme adressée à M de Rênal dénonce cet adultère. Colère du mari trompé qui oblige Julien à quitter verrières. Ce départ n'altère en rien l'amour profond que lui porte Mme de Rénal, et qui ne se démentira pas.
    Julien, lui, décide de se rendre au séminaire de Besançon. Il est reçu par l'abbé Pirard, le directeur du séminaire, qui après avoir lu la lettre de recommandation que lui a adressé l'abbé Chélan, janséniste comme lui, prend Julien Sorel sous sa protection. Ce dernier se retrouve pourtant parmi des séminaristes qui sont pour la plupart frustres et grossiers. Il y passe des moments pénibles jusqu'à ce que l'abbé Pirard lui propose de devenir le secrétaire du Marquis de la Mole. Julien quitte le séminaire, puis rend, au prix d'une dangereuse escalade, une dernière visite de nuit à Mme de Rénal. Il doit abandonner à l'aube cette femme plus passionnée que jamais et s'enfuir sous les coups de fusil vengeurs de M. de Rénal. Il part pour Paris afin de prendre ses fonctions auprès du Marquis de la Mole.
    Le marquis de La Mole, personnalité influente du faubourg Saint-Germain, remarque très vite l'intelligence et la personnalité hors du commun de Julien. Ce dernier fait la connaissance "d'une jeune personne, extrêmement blonde et fort bien faite qui vient s'asseoir vis à vis de lui. Elle ne lui plut point. " Cette jeune femme est Mathilde de la Mole, la fille du marquis. Lors d'un bal donné à l'hôtel de Retz, Julien scandalise de jeunes aristocrates et s'attire l'admiration de Mathilde. Elle ne tarde pas à s'éprendre de lui, en qui elle estime une âme noble et fière et une énergie qui tranche face à l'apathie des aristocrates de son salon.
    Mathilde lui donne un rendez vous nocturne dans sa chambre et se donne à lui. Puis quelques jours après, elle le congédie comme un domestique, lui avouant qu'elle ne l'aime plus et que son imagination l'a trompée.
    Ayant gagné la confiance du Marquis, Julien est chargé, par ce dernier d'effectuer une mission secrète : aller à Strasbourg pour transmettre le compte rendu d'une réunion de conspiration à laquelle il a assisté en tant que secrétaire. Après avoir rempli sa mission, Julien rencontre le prince Korasoff, dont il s'était fait un ami. le prince le devine amoureux. Sur ses conseils, il entreprend de séduire la Maréchale, Madame de Fervacques. Rendue jalouse par cette manœuvre, Mathilde de la Mole se rend compte qu'elle est amoureuse de Julien. Elle lui avoue qu'elle est enceinte et prévient son père de son souhait d'épouser son secrétaire. Julien est immédiatement convoqué par le Marquis. Il parviendra à calmer son courroux et Mathilde réussira à convaincre son père de la laisser épouser Julien. le marquis fait anoblir Julien, qui devient ainsi le Marquis Sorel de Vernaye, et lui permet d'obtenir un brevet de lieutenant.
    Julien s'apprête à épouser Mathilde de la Mole, lorsqu'une lettre de madame de Rênal adressée au Marquis de la Mole dénonce l'ambition et l'immoralité de son ancien amant. Julien, ivre de colère, se rend de Paris à Verrières, entre dans l'église et tire, en pleine messe, sur son ancienne maîtresse, sans toutefois la tuer.
    Emprisonné, rendu à sa solitude, Julien se rend compte qu'il n'a jamais cessé d'aimer Mme de Rênal. Il médite sur sa destinée et mesure l'étendue de la vanité de ses efforts de réussite sociale. Jugé, il est condamné à mort. Malgré les interventions pressantes de ses deux maîtresses, il renonce à faire appel. Son exécution capitale précède de quelques jours la mort de Mme de Rénal.
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    • Livres 3.00/5
    Par argali, le 09 mai 2011

    argali
    Inspiré par un fait divers (l'affaire Berthet), Stendhal n'a pas ajouté grand-chose à l'histoire initiale.
    Décrié par ses pairs à l'époque, Stendhal choqua par son audace et son athéisme assumé. le roman fit scandale et n'eut pas beaucoup de succès.
    "Un de vos crimes c'est d'avoir exposé à nu et au grand jour certaines plaies du cœur humain trop salopes pour être vues... Il y a dans le caractère de Julien des traits atroces, dont tout le monde sent la vérité mais qui font horreur. le but de l'art n'est pas de montrer ce côté de la nature humaine" écrivait Prosper Mérimée dans une lettre à Stendhal.

    Alors qu'est-ce qui plaît aux lecteurs dans ce roman ? Qu'est-ce qui fait son intérêt ?

    Tout au long du récit, Julien oscille entre l'uniforme de l'armée et la soutane du prêtre. Nous sommes sous la Restauration, et Julien est toujours sous le charme de Napoléon et de ses exploits. Rongé d'ambition, il sait cependant que ce n'est pas dans une carrière militaire qu'il pourra assouvir ses attentes de prestige. Il n'y a plus de place pour les conquérants.
    Il a une revanche à prendre sur la vie, sur sa famille. Mais s'il était mal vu des siens car trop intellectuel, il restera toujours pour les bourgeois et les aristocrates, un paysan. Un paysan instruit et parvenu, certes, mais un paysan quand même.
    Les choses ont-elles vraiment changé aujourd'hui ? Sans doute au fil du temps, ce thème continue-t-il à trouver écho chez ses lecteurs.

    Julien est aussi le témoin de son époque, celui des désillusions de toute une génération qui a cru à un changement politique réel. le roman dépeint aussi les joutes et affrontements de la bourgeoisie, de la noblesse, du clergé et des « petits », la médiocrité de ces conflits d'intérêt.
    Le séminaire n'est pas épargné qui ne voit que basses luttes intestines où règnent hypocrisie, arrivisme et cruauté.
    Dans ce ramassis d'hypocrites, de comploteurs, d'égoïstes, il y a cependant quelques âmes pures, qui chacune à leur manière propose une alternative à cette vie. Je pense notamment à Fouqué. Mais Julien n'en a cure, trop aveuglé par sa propre ambition.

    Un autre intérêt se trouve dans la personnalité de Julien Sorel. Son ambiguïté ajoute à l'attrait. Julien attendit un instant, le haut du corps légèrement penché, et avec un air orgueilleusement humble.
    Ses pensées, passées au crible par Stendhal, annoncent chacun de ses actes. Tour à tour bon et machiavélique, sa personnalité évolue au fil des pages. Né paysan, devenu petit bourgeois par son éducation, anobli par le Marquis de La Mole, il ne trouvera jamais sa place dans cette société où il souhaite tant être reconnu. Il convoite la réussite sociale mais voit les riches comme des gens à combattre. Ebloui par le luxe et la vie facile, il sait qu'il est trompé par le faste et les apparences.
    Coincé entre valeurs et ambition, il sera aussi mal compris par les autres. L'abbé Pirard l'a bien senti qui lui dit : « Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. La jalousie et la calomnie te poursuivront. En quelque lieu que la Providence te place, tes compagnons ne te verront jamais sans te haïr.»

    Enfin, il y a les relations amoureuses, les deux amours de Julien, liées chacune à une ascension sociale. Sentiments et ambition se mêlent une fois de plus. Qui des deux a-t-il réellement aimée ? Madame de Rênal, la mère, la protectrice qu'il admire et dont il aimait les parfums et les tenues ? Mathilde de La Mole, la jeune fille rebelle qui attire tous les regards, qu'il aimera sur le tard, après réflexion ?

    La fin ne me plaît pas plus aujourd'hui que lorsque je l'ai lu à 16 ans. Tout me semble précipité. Julien meurt et tout le monde perd la tête. Cela me paraît inabouti après les longs développements du récit. C'est dommage.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par letteratura, le 10 novembre 2011

    letteratura
    Un superbe livre que j'ai littéralement dévoré en très peu de temps, moi qui croyais être face devant quelque de très difficile, j'ai découvert un joyeux de la littérature française. Mon avis sera assez long vu l'importance de l'œuvre, donc un peu de patience. Quelque spoiler, pour ce qui ne l'on pas lu, je vous le préviens !!
    Pour l'écriture de ce livre, ça a été une véritable découverte littéraire puisque c'est la première fois que je lis du Stendhal, et je vois que son écriture est assez épuré, moins lourde que du Zola, mais avec autant de consistance, accompagnés de longues énumération… Bien sur, toujours le ton particulier et délicieux qu'ont tout les classiques, on redécouvre la langue française avec Stendhal ! Sérieusement, avec cette écriture, ma lecture n'a été qu'un bonheur sans fin ! Je vous le conseille absolument, vous ratez vraiment quelque chose de votre vie !
    L'histoire a vraiment été pour moi une surprise, car je ne m'attendais pas du tout à une histoire d'amour autant mise en relief, mais cela m'a réconforté, puisque j'aime assez ces histoires d'amour très compliquées. le livre est consacré à Julien Sorel, un fils d'un charpentier bon à rien sauf pour la théologie et le latin veut monter dans la classe sociale, il rêve toujours de l'aristocratie qu'il méprise autant ! Il découvre dans ce voyage, deux femmes, une avec laquelle il aura un amour passionné, l'autre pour laquelle il a des projets moins romantique comme l'utiliser pour monter dans l'échelle sociale alors qu'elle l'aime passionnément.
    Le paradoxe du personnage, c'est ça, puisqu'il aime une femme marié passionnément alors qu'il y a une fille qu'il l'adore et qu'il utilisera seulement pour ses projets pour devenir noble, donc, cette histoire est vraiment très dérangeante, personnellement, moi j'ai pris le parti de Melle de La Mole avec Tous les sacrifices qu'elle fait pour Julien qui ne l'aime même pas ! Ce différend m'a aussi beaucoup éloigné du personnage, mais je l'ai retrouvé après avec son amour passionné avec Melle de Rénal.
    Parlons des personnages, ils sont très changeants, puisqu'on ne s'est jamais ce qu'ils pensent, un jour, ils aiment, l'autre jour, ils n'aiment pas, donc on a du mal à les comprendre au début, mais ce sentiment se dépasse quand la lecture continue, puisqu'on apprend à les connaitre, eux et leurs reflexes, donc, on sait ce qu'ils vont faire ! J'ai assez apprécié le fait que Julien Sorel est évolué dans cette histoire, puisqu'au début il n'est qu'un moins que rien, qu'alors qu'à la fin, il est très stratégique.
    Les ambitions de Sorel était l'évolution sociale, je vous l'ai dit ! Mais la chose bizarre est qu'il n'aime pas cette société, qu'il trouve hautaine et méprisante, mais en les connaissant, il apprendra que les nobles aussi ont des cœurs qui peuvent aimé et avoir de la passion, mais il ne saura utiliser cela à son compte ! Mais j'ai remarqué que la noblesse, l'aristocratie est vraiment très présente dans ce livre, donc, si vous voulez vous documentez, c'est le lieu !
    La politique aussi est très importante dans ce livre, mais le fait que je n'y comprenne absolument rien m'a un peu dérangé même si l'auteur n'a pas de fautes puisqu'il avait écrit pour son temps où tout ces problèmes de royauté était d'actualité ! Donc, c'est le seul domaine dans lequel je me suis sentie quelque peu étranger !
    L'amour, c'est un des thèmes principaux de l'histoire, mais il est tellement bien traité comme sujet, qu'on est vraiment émue de ces personnages qui n'appartiennent même pas à mon siècle, l'amour de Mme de Rénal, ses remords envers son mari et la religion, l'amour sans fin de Mathilde qui ne finira jamais, les Lettres d'amours, autant de choses qui m'ont plongé dans un univers d'amour problématique, j'en allais presque aux larmes, mais non… Donc, j'ai adoré le coté amour de ce livre, qui n'est peut être pas le plus important, mais c'est mon avis, donc je me dis que j'ai préféré l'amour à la politique barbante de ce temps-là, puisque l'amour est universelle !
    La fin est vraiment très surprenante, mais le fait qu'elle soit comme ça, a aussi une logique, puisque Julien est dans une impasse avec Mathilde, donc il instaure un nouveau cadre pour supprimer le problème des amours. Mais je vous assure, vous allez adorer la fin, même si elle est quelque peu glauque !! Voyez jusqu'au l'amour peut aller… Finalement, j'aimerais comparer ce livre à Orgueil et Préjugés de Jane Austen, au moment De l'amour de Mathilde et Julien avec l'orgueil de Mathilde et les préjugés sur la noblesse de Juilen, mais je vous assure, c'est juste une petite comparaison qui m'avait frappé lors de ma lecture !

    Lien : http://litteraire-en-herbe.blogspot.com/2011/11/le-rouge-et-le-noir-..
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 septembre 2011

    brigittelascombe
    Rouge des officiers. Noir de la prêtrise. Prestige de l'uniforme.
    Dans un style sec,d'une écriture limpide et simple,Stendhal,Marie-Henri Beyle,écrivain français bourgeois du XIX° siècle, né dans une famille monarchiste,mais républicain dés sa jeunesse, signe là un (l'un de ses) chef d'oeuvre qui pourtant n'aura qu'un succés tardif.
    La figure mythique de Napoléon Bonaparte,héros dont les victoires font rêver Julien Sorel personnage principal mégalomane et ambitieux et Stendhal qui pioche largement dans sa biographie pour écrire, est mise en avant dans Le rouge et le noir.
    Une histoire tirée d'un fait divers, mais quelle belle étude psychologique!
    Le jeune Julien Sorel,fils d'un simple menuisier,fier,fougueux, vif et intelligent, latiniste grace au bon père Chélan qui le destine à la prêtrise (mais a-t-il la vocation?), devient le précepteur des enfants du maire de Verrières Monsieur de Rénal.
    Orgueilleux, il n'éprouve que "haine et horreur pour la haute société où il est admis" mais on le respecte.
    Arriviste,hypocrite, il devient l'amant de Madame de Rénal, la trentaine, naïve, qui découvre l'amour à ses côtés.Il se lance dans les batailles comme un Napoléon, savoure ses victoires et elle lui obtient un poste de garde d'honneur.
    Bel habit bleu,épaulettes d'argent,sabre au flanc,Julien parade.
    Froid,il manipule, susceptible, il interprête, sournois, il se sert d'elle pour réaliser ses desseins.
    Des rumeurs courent, le mari, jaloux tempête. Elle ruse et utilise un subterfuge pour éloigner Julien sur Besançon chez les séminaristes.
    Au bout de 14 mois,il la revoit.Le mari les surprend.Julien part sur Paris où sa route croisera celle de Mathilde de La Mole, jeune fille d'esprit moins innocente que Madame de Réal.
    Qui méprise, qui manipule? Qui est le maître,qui est l'esclave?Qui aime vraiment? Qu'est-ce que l'amour?
    Beaucoup d'interrogations dans ce livre, de beaux portraits!
    Un coup de pistolet final, une condamnation pour réaliser enfin ce qu'aurait pu être le bonheur!
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Citations et extraits

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  • Par juliette2a, le 29 janvier 2012

    "A ces mots, son orgueil, étonné de l'effroyable inconvenance de sa démarche, la suffoqua; elle fondit en larmes, et bientôt parut à Julien hors d'état de respirer."
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  • Par Audreyy, le 29 janvier 2012

    Dans quinze ans, vous regarderez comme une folie excusable, mais pourtant comme une folie, l'amour que vous avez eu pour moi.
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  • Par Sly, le 05 juillet 2010

    "Dis lui que je t'aime, mais non, ne prononce pas un tel blasphème, dis lui que je t'adore, que la vie n'a commencé pour moi que le jour où je t'ai vu, que dans les moments les plus fous de ma jeunesse, je n'avais jamais même rêvé le bonheur que je te dois ; que je t'ai sacrifié ma vie, que je te sacrifie mon âme. Tu sais que je te sacrifie bien plus"
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  • Par midola, le 14 décembre 2008

    Eh, Monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l'homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé d'être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l'inspecteur des routes qui laisse l'eau croupie et le bourbier se former.
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  • Par MarcBibliotheca, le 19 août 2009

    [Julien] prit du papier et écrivit beaucoup.
    (Ici l'auteur eût voulu placer une page de points. Cela aura mauvaise grâce, dit l'éditeur, et pour un écrit aussi frivole, manquer de grâce, c'est mourir.
    — La politique, reprend l'auteur, est une pierre attachée au cou de la littérature, et qui, en moins de six mois, la submerge. La politique au milieu des intérêts d'imagination, c'est un coup de pistolet au milieu d'un concert. Ce bruit est déchirant sans être énergique. Il ne s'accorde avec le son d'aucun instrument. Cette politique va offenser mortellement une moitié des lecteurs, et ennuyer l'autre qui l'a trouvée bien autrement spéciale et énergique dans le journal du matin…
    — Si vos personnages ne parlent pas politique, reprend l'éditeur, ce ne sont plus des Français de 1830, et votre livre n'est plus un miroir, comme vous en avez la prétention…
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Extrait du fim "La Chartreuse de Parme", Christian-Jaque, 1948








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