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Au rouge des armes, Julien Sorel préfèrera le noir des ordres. Au cours de son ascension sociale, deux femmes se singularisent, comme pour figurer les deux penchants de son caractère : Madame de Rênal - le rêve, l'aspiration à un bonheur pur et simple - et Mathilde de La Mole - l'énergie, l'action brillante et fébrile. A ces composantes stendhaliennes (conception de la vie qui dépasse la stratégie narrative pour s'étendre à l'existence de l'auteur) correspondent deux facettes stylistiques : la sobriété et la restriction du champ de vision. Dans cette Chronique de 1830, bien avant l'existence du cinéma donc, Stendhal alterne les prises de vue pour concilier réalisme et romantisme. Le Rouge et le Noir, portrait social, est également un roman de l'individualité où le regard des personnages sert de philtre au narrateur et où la cristallisation stendhalienne, cette phase irisée De l'amour, trouve un formidable support dans les champs, contrechamps, plongées et contre-plongées. Cette écriture visuelle ajoute à l'analyse une intelligence psychologique profonde. Inversement, le ton dépouillé permet au romantisme d'éviter le lyrisme abusif et de demeurer ironique envers la société sclérosée de la France de la Restauration. --Sana Tang-Léopold Wauters

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Critiques et avis sur Le Rouge et le Noir


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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, 2007-12-14 23:05:55

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    Hier, où j'ai passé pratiquement ma journée à le dévorer, comme la première fois où je l'avais lu, "Le Rouge & le Noir" m'est apparu comme l'un des plus grands romans jamais écrits.


    Pour être franche, je n'ai jamais très bien compris les reproches de "sécheresse" qu'on faisait au style stendhalien. C'est vrai que ce romantique se distingue avec éclat des délires hugoliens et qu'il n'a pas les tics irritants des auteurs de feuilletons comme Balzac. Avec lui, il n'y a pas non plus ces affreuses plongées dans le mélodrame larmoyant qui - à mes yeux en tous cas - décrédibilisent un roman aussi puissant pourtant que "Le Père Goriot." Bref, avec Stendhal, le lecteur contemporain s'y retrouve tout en sachant très bien, habileté suprême, qu'il a devant lui un auteur du XIXème.


    La qualité majeure de Stendhal, c'est son art de conteur. Celui-ci ne doit jamais lasser, surtout pas s'il s'autorise des digressions. Et Stendhal, tout au long des 512 pages du Livre de Poche, ne lasse pas un seul instant. Ses descriptions, sans être minimalistes, vont droit à l'essentiel - et l'on sent en lui l'amour qu'il portait aux paysages franc-comtois. Son analyse des personnages est précise, "scalpellisée" et impitoyable. Paradoxe étrange, lui qui a imposé au moins deux types "romantiques" - Julien Sorel et Fabrice del Dongo - les a façonnés comme des êtres changeants, qui ne cessent d'évoluer.


    Julien par exemple nous est tout d'abord montré comme une espèce de jeune arriviste dominé par la Haine. On peut ici utiliser la majuscule car Julien ne vit que pour haïr. Il flambe de haine : haine contre son père (et on la partage très vite !), haine contre ses frères (deux abrutis), haine contre la société sous le règne de Charles X (où régnait à nouveau la loi des castes que l'épopée napoléonienne avait envoyée au diable), haine de l'Autre de façon générale (car, ayant grandi dans un milieu qui ne le considérait que comme une machine à raporter quelque chose, Julien ne peut tout simplement pas concevoir qu'on puisse s'intéresser à lui par amitié ou amour). On finit même par se demander si Julien Sorel ne se hait pas lui-même ...


    Il y a, chez ce garçon séduisant, intelligent, prompt à apprendre et désireux de se faire une place au soleil, une forme d'autisme terrible qui finira par le mener à sa perte - une perte que cet idéaliste forcené accueille pratiquement comme une délivrance. Mais en dépit des apparences, qui pourraient laisser croire que son caractère ne se modifie pas au cours du roman, Stendhal convie son lecteur à enregistrer de menus détails qui, un à un, le recomposent subtilement de façon telle que le Julien Sorel final est bien plus grand, bien plus "pur" et tout aussi vrai que le Julien Sorel du premier chapitre.


    Autre exemple singulièrement frappant : le caractère entier et pourtant incroyablement instable de Mathilde de La Mole, laquelle paraît souffrir d'une exaltation proche de la maladie mentale.


    Rappelons les grands traits de l'intrigue :


    M. de Rênal, le maire de Verrières, une petite ville de Franche-Comté, veut à tout prix un précepteur pour ses trois fils. Non tant d'ailleurs pour les instruire que pour contrarier son grand rival, M. de Valenod, que le retour des Bourbon a tiré de la misère où il croupissait avec sa famille. Ayant entendu dire, par le curé Chélan, le plus grand bien du jeune Julien Sorel, le dernier des trois fils du menuisier local, Rênal lui propose la place et disons à la décharge du maire qu'il refusera de verser le salaire du jeune homme à son rapace de père.


    Installé chez les Rênal, Julien, qui est ombrageusement fier et prend chaque mot, chaque regard qu'on lui adresse pratiquement pour une insulte, se met en tête de séduire la maîtresse de maison. Non qu'il l'aime mais parce qu'il estime que cela serait, chez lui, une marque de caractère et de courage.


    L'inévitable arrive et, au grand étonnement de Julien (qui est souvent d'une naïveté extraordinaire quant à ses ressources personnelles), non seulement sa maîtresse semble vraiment tenir à lui mais lui-même éprouve envers elle un sentiment bien plus fort qu'il ne se le serait imaginé.


    Mais les gens jasent, la chose est inévitable. Mis au courant par des lettres anonymes qu'il tente en vain d'ignorer, M. de Rênal est bien obligé d'évoquer ses soupçons. Les amants décident de ne plus se revoir et le curé Chélan expédie Julien au séminaire de Besançon.


    C'est là que Julien se lie d'amitié avec le directeur, l'abbé Pirard. Comme celui-ci, homme intègre et rogue, est d'obédience janséniste alors que le reste du séminaire en tient pour les Jésuites, on ne saurait dire que le choix de Julien soit heureux. Pourtant, c'est par l'entremise de l'abbé Pirard qu'il va être mis en relation avec le marquis de la Mole, descendant de Boniface de La Mole qui, au XVIème siècle, avait été l'amant de la Reine Margot et qui, pour avoir tenté d'enlever Henri III et le duc d'Alençon, avait été condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève.


    Le marquis cherche un secrétaire et Julien entre dans la place. La Chance l'y attend mais ... saura-t-il la saisir ? ...


    Même si l'on connaît l'issue fatale de ce roman, on est pris par le récit, on s'entête à y avancer pas à pas, on ne veut pas en perdre une seule virgule. De façon très moderne, Stendhal glisse dans son texte des monologues intérieurs qui plongent le lecteur dans l'esprit même du personnage visé. Et puis, cette description au petit point de la société française, provinciale comme parisienne, à la veille de 1830 est un vrai régal de cynisme et de férocité.


    Stendhal, un auteur scolaire ? ... Non, un romancier : et un grand. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par Lirka, 2010-08-07 00:48:19

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    J'ai lu ce livre dans le cadre de mon cours de francais, et j'ai beaucoup aimé cette histoire remplie d'émotion. Le personnage de Mathilde de la Môle m'a beaucoup touché car bien que trahie par Julien Sorel elle lui reste fidèle à la fin du roman. On pourrait penser que Stendhal cherche à mettre l'accent sur le personnage de Mme de Rênal mais en lisant et relisant certains passages je persiste à penser que c'est Mathilde qu'il cherche à mettre en valeur. En tant que jeune femme je me suis sentie proche de ce personnage, plus que de celui de la femme du maire de Verrières, qui porte le titre d'épouse et de mère. Une des dernières phrases du roman : " Mme de Rênal fut fidèle à sa promesse. Elle ne chercha en aucune manière à attenter à sa vie, mais trois jours après Julien, elle mourut en embrassant ses enfants." a fini de me convaicre, que ce roman est un chef d'oeuvre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Snaporaz, 2010-08-22 12:25:19

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    Le Rouge et le Noir est digne de sa réputation, et de loin. Roman de mœurs, témoignage d'une époque et récit d'une vie, Stendhal maitrise élégamment l'art de nous instruire comme celui de nous émouvoir. Si certains passages de l'œuvre peuvent paraître difficiles et légèrement répétitifs, la plupart sont on ne peut plus enrichissants, pour le savoir et pour l'esprit. Qui est Julien Sorel ? Un personnage délicieusement ambigu que l'on rencontre jeune homme (alors empli d'ambition et de soif de faire ses preuves, si ce n'est de dominer les autres) pour quitter homme (il comprend ce qu'est la vie)... Les mots me manquent pour qualifier le final de ce chef-d'œuvre qui critique remarquablement les torts du peuple, de la justice, en fait, tous les travers de son temps. Incontournable. 8/10
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    • Livres 4.00/5
    Par misscece, 2010-06-23 17:31:41

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    J'ai lu ce livre dans le cadre du cours de français, mais je voulais déjà le lire depuis quelques temps. Au moins pour connaitre le style stendhalien et le GRAND roman de cet auteur réaliste du XIXe siècle.

    Tout d'abord, j'avoue que ce livre m'a souvent ennuyée à cause de longueurs dues aux nombreuses descriptions détaillées dont beaucoup ne sont absolument pas indispensables.

    Cependant, l'histoire de Julien Sorel nous plonge véritablement dans l'époque de l'écrivain ; nous nous y immergeons notamment grâce à la mentalité de nombreux personnages et types qui est très bien décrite.

    L'histoire est celle d'un jeune homme issu d'un milieu modeste, mais très ambitieux. Deux passions amoureuses sur lesquelles l'auteur met l'accent vont le marquer.

    Mais en réalité, on parle surtout de l'ambition de Julien qui ferait quasiment tout pour arriver à ses fins. La fin du livre est à mettre à part car le héros devient beaucoup plus simple et presque attachant ... Une fin que je ne raconterais pas, même si beaucoup la connaissent déjà, pour ne pas ôter le suspense des autres.

    Disons tout de même que, tragique, elle retranscrit bien le monde du XIXe siècle dans lequel les catégories sociales sont encore très cloisonnées.



    En conclusion, je recommande ce livre (surtout n'abandonnez pas avant la fin !!!) car c'est une bonne source littéraire et historique.



    >A lire.
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    • Livres 4.00/5
    Par neophyte332, 2010-06-13 18:32:52

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    Si vous voulez connaitre la France de l'époque et assister à une histoire émouvante,écrite sous la Restauration ou se mêle religion,politique,amour et où la femme semble occuper une place importante dans la vie du héros principal, monsieur Sorel,je vous conseille vivement cette oeuvre magistrale de monsieur Beyle dit Stendhal.

    Ce livre,éditer chez Larousse,reprend également une analyse de cette histoire ainsi qu'une biographie de Stendhal.
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Citations et extraits de Le Rouge et le Noir


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  • Par MarcBibliotheca, 2009-08-19 11:08:00

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    L’idée la plus utile aux tyrans est celle de Dieu.
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  • Par MarcBibliotheca, 2009-08-19 11:07:38

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    Le pire des malheurs en prison […] c'est de ne pouvoir fermer sa porte.
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  • Par MarcBibliotheca, 2009-08-19 11:07:25

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    Qui s’excuse s’accuse.
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  • Par MarcBibliotheca, 2009-08-19 11:06:54

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    Les vraies passions sont égoïstes.
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  • Par midola, 2008-12-14 14:08:46

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    Eh, Monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l'homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé d'être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l'inspecteur des routes qui laisse l'eau croupie et le bourbier se former.
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