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ISBN : 2081253690
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.77/5 (sur 1732 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d’une petite ville de province. En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et ses mémoires compilés dans Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases. Il rêve d’une ascension similaire à celle de l’empereur. Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rênal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon. Avant peu, il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde.

Jusqu’au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments, qui le conduiront à sa perte.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 05 décembre 2012

    LydiaB
    Après Tristan et Yseult, Roméo et Juliette... Julien Sorel et Mme de Rénal ! Faut-il chercher l'intrus ? Peut-être ! Car peut-on considérer que l'amour que se portent les deux premiers couples énoncés soit le même que pour le dernier ? Julien est un jeune arriviste rongé par l'orgueil. Précepteur des enfants du couple de Rênal, il s'entiche de la maîtresse de maison. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil ! Mais celui-ci renonce à cet amour qui briserait son rêve de réussite. Les rumeurs courent... L'époux l'apprend et licencie le jeune précepteur. Ce dernier entre alors au séminaire où il fait la connaissance de l'Abbé Pirard qui, comprenant son ambition, le fait entrer au service du Marquis de la Mole. Celui-ci a une fille, Mathilde... Je vous le donne en mille, Julien va récidiver, tomber amoureux de celle-ci et lui faire un enfant... Mais c'est sans compter sur Mme de Rênal !!! Bref, je ne dévoile pas tout...

    Paru trois ans après Armance, roman qui passa à la trappe, ce texte est issu d'un fait divers. En effet, en 1827, la Gazette des Tribunaux relate le procès d'un certain Antoine Berthet, 25 ans, fils d'un petit artisan, ancien séminariste devenu précepteur, jugé pour meurtre et condamné. Il n'en faut pas plus à Stendhal pour créer ainsi son personnage de Julien. En le saupoudrant de sa haine contre l'Église (merci à l'Abbé Raillane de l'en avoir dégoûté à jamais), de ses souvenirs de l'adolescent provincial et timide qu'il était et qui ne voyait que par Paris pour réussir, on obtient ainsi un chef-d'Oeuvre. Zola prononcera cette superbe phrase à ce sujet : "Personne n'a possédé à un pareil degré la mécanique de l'âme". Tout est dit !

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    Hier, où j'ai passé pratiquement ma journée à le dévorer, comme la première fois où je l'avais lu, "Le Rouge & le Noir" m'est apparu comme l'un des plus grands romans jamais écrits.
    Pour être franche, je n'ai jamais très bien compris les reproches de "sécheresse" qu'on faisait au style stendhalien. C'est vrai que ce romantique se distingue avec éclat des délires hugoliens et qu'il n'a pas les tics irritants des auteurs de feuilletons comme Balzac. Avec lui, il n'y a pas non plus ces affreuses plongées dans le mélodrame larmoyant qui - à mes yeux en tous cas - décrédibilisent un roman aussi puissant pourtant que "Le Père Goriot." Bref, avec Stendhal, le lecteur contemporain s'y retrouve tout en sachant très bien, habileté suprême, qu'il a devant lui un auteur du XIXème.
    La qualité majeure de Stendhal, c'est son art de conteur. Celui-ci ne doit jamais lasser, surtout pas s'il s'autorise des digressions. Et Stendhal, tout au long des 512 pages du Livre de Poche, ne lasse pas un seul instant. Ses descriptions, sans être minimalistes, vont droit à l'essentiel - et l'on sent en lui l'amour qu'il portait aux paysages franc-comtois. Son analyse des personnages est précise, "scalpellisée" et impitoyable. Paradoxe étrange, lui qui a imposé au moins deux types "romantiques" - Julien Sorel et Fabrice del Dongo - les a façonnés comme des êtres changeants, qui ne cessent d'évoluer.
    Julien par exemple nous est tout d'abord montré comme une espèce de jeune arriviste dominé par la Haine. On peut ici utiliser la majuscule car Julien ne vit que pour haïr. Il flambe de haine : haine contre son père (et on la partage très vite !), haine contre ses frères (deux abrutis), haine contre la société sous le règne de Charles X (où régnait à nouveau la loi des castes que l'épopée napoléonienne avait envoyée au diable), haine de l'Autre de façon générale (car, ayant grandi dans un milieu qui ne le considérait que comme une machine à raporter quelque chose, Julien ne peut tout simplement pas concevoir qu'on puisse s'intéresser à lui par amitié ou amour). On finit même par se demander si Julien Sorel ne se hait pas lui-même ...
    Il y a, chez ce garçon séduisant, intelligent, prompt à apprendre et désireux de se faire une place au soleil, une forme d'autisme terrible qui finira par le mener à sa perte - une perte que cet idéaliste forcené accueille pratiquement comme une délivrance. Mais en dépit des apparences, qui pourraient laisser croire que son caractère ne se modifie pas au cours du roman, Stendhal convie son lecteur à enregistrer de menus détails qui, un à un, le recomposent subtilement de façon telle que le Julien Sorel final est bien plus grand, bien plus "pur" et tout aussi vrai que le Julien Sorel du premier chapitre.
    Autre exemple singulièrement frappant : le caractère entier et pourtant incroyablement instable de Mathilde de La Mole, laquelle paraît souffrir d'une exaltation proche de la maladie mentale.
    Rappelons les grands traits de l'intrigue :
    M. de Rênal, le maire de Verrières, une petite ville de Franche-Comté, veut à tout prix un précepteur pour ses trois fils. Non tant d'ailleurs pour les instruire que pour contrarier son grand rival, M. de Valenod, que le retour des Bourbon a tiré de la misère où il croupissait avec sa famille. Ayant entendu dire, par le curé Chélan, le plus grand bien du jeune Julien Sorel, le dernier des trois fils du menuisier local, Rênal lui propose la place et disons à la décharge du maire qu'il refusera de verser le salaire du jeune homme à son rapace de père.
    Installé chez les Rênal, Julien, qui est ombrageusement fier et prend chaque mot, chaque regard qu'on lui adresse pratiquement pour une insulte, se met en tête de séduire la maîtresse de maison. Non qu'il l'aime mais parce qu'il estime que cela serait, chez lui, une marque de caractère et de courage.
    L'inévitable arrive et, au grand étonnement de Julien (qui est souvent d'une naïveté extraordinaire quant à ses ressources personnelles), non seulement sa maîtresse semble vraiment tenir à lui mais lui-même éprouve envers elle un sentiment bien plus fort qu'il ne se le serait imaginé.
    Mais les gens jasent, la chose est inévitable. Mis au courant par des lettres anonymes qu'il tente en vain d'ignorer, M. de Rênal est bien obligé d'évoquer ses soupçons. Les amants décident de ne plus se revoir et le curé Chélan expédie Julien au séminaire de Besançon.
    C'est là que Julien se lie d'amitié avec le directeur, l'abbé Pirard. Comme celui-ci, homme intègre et rogue, est d'obédience janséniste alors que le reste du séminaire en tient pour les Jésuites, on ne saurait dire que le choix de Julien soit heureux. Pourtant, c'est par l'entremise de l'abbé Pirard qu'il va être mis en relation avec le marquis de la Mole, descendant de Boniface de La Mole qui, au XVIème siècle, avait été l'amant de la Reine Margot et qui, pour avoir tenté d'enlever Henri III et le duc d'Alençon, avait été condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève.
    Le marquis cherche un secrétaire et Julien entre dans la place. La Chance l'y attend mais ... saura-t-il la saisir ? ...
    Même si l'on connaît l'issue fatale de ce roman, on est pris par le récit, on s'entête à y avancer pas à pas, on ne veut pas en perdre une seule virgule. De façon très moderne, Stendhal glisse dans son texte des monologues intérieurs qui plongent le lecteur dans l'esprit même du personnage visé. Et puis, cette description au petit point de la société française, provinciale comme parisienne, à la veille de 1830 est un vrai régal de cynisme et de férocité.
    Stendhal, un auteur scolaire ? ... Non, un romancier : et un grand. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 09 octobre 2012

    NastasiaBuergo
    Julien Sorel, franc-comtois et fils de rien, destiné aux bas étages du clergé provincial, va peu à peu, à force de hasards et de coups de dé audacieux, s'essayer dans le grand monde et s'efforcer de devenir, s'il y arrive "Julien-Le-Magnifique"...
    De ce monde qui lui est inconnu, il devra apprendre tant les règles que les dérèglements, les joies que les frustrations et tâcher, si possible, de ne pas se perdre lui-même en faisant adopter à sa morale une géométrie variable.
    Dans les méandres de cette hiérarchie sociale, et puisque le seul trésor dont il dispose en propre est son esprit, son charme et sa beauté, il rencontrera des femmes, sur lesquelles il devra circonvenir en usant d'amour, à moins que ce ne soit le contraire... Je vous laisse évidemment vous plonger plus avant dans l'histoire si, par bonheur, celle-ci ne vous a jamais été imposée au lycée quand vous n'en éprouviez pas l'envie, ou si, par fortune, vous avez encore la possibilité de la découvrir avec un regard neuf.
    Évidemment, un classique incontournable et beau ; beau dans l'acception la plus noble du terme en littérature. Et l'un des premiers exemples de l'évolution de la psychologie d'un personnage en cours de roman, spécialité qui deviendra l'apanage, quelques années plus tard, de Dostoïevski.
    Écrit tout en finesse, pas si différent de la vision d'un Balzac, car Julien Sorel ressemble tellement à Eugène de Rastignac (Le Père Goriot) ou Lucien Chardon (Illusions perdues) que c'en est frappant, mais sans la pointe de vinaigre blanc que Balzac n'oublie jamais de mettre dans ses recettes. Stendhal, lui, utilise son style plus direct et pour ainsi dire plus journalistique tout en soignant la psychologie et les hésitations dans les choix de tous ses personnages. Si l'on veut à tous prix tenter une comparaison, c'est de Tolstoï que Stendhal se rapproche le plus et notre Julien ressemble beaucoup au Boris Doubretskoï de La guerre et la paix.
    En guise de conclusion et pour finir cette indigente critique face à l'ampleur de l'œuvre et son indicible grandeur, (je me rends compte en la relisant que cette critique est vraiment très mal construite et vous prie de m'en excuser) si par hasard vous aimez ce genre de trame narrative où un jeune provincial fait son chemin dans Paris grâce aux dames de ses conquêtes, je vous conseille, dans une genre un peu plus truculent, drôle et libertin, un grand classique mais malheureusement trop peu connu de Marivaux, Le paysan parvenu, qui je l'espère, vous ravira tout autant, mais ceci, bien sûr n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par mellah, le 04 mars 2013

    mellah
    Ayant été un farouche apposant a la restauration, une époque ou la France déchirée entre l'aristocratie et la bourgeoisie qui s'en disputaient le gouvernail , et en se basant sur des faits réels ( l'histoire de Berthet 1827 ), je voyais Stendhal créer ce julien Sorel , le jeune plébéien ambitieux ,cultivé et excessivement fier, qui voulait être le Napoléon de son temps, en ayant un rôle dans les coulisses de la décision .et qui porte la bannière de la plèbe dans ce grand tumulte.
    pour faire carrière a cette époque, julien devait choisir entre Le rouge et le noir ,les galons et l'autel . Cependant pour s'y propulser , il fallait s'introduire au moins au sein de l'une d'elle. Es ce que l'arrivisme en est le seul sentier ?
    l'auteur a développé plusieurs thèmes qui formaient des duels dans le roman entre autre ; province et paris, Jacobinisme , royalisme et libéralisme , la femme provinciale( madame de Renâl) et la femme parisienne( Mathilde de La Mole ) , amour plat et amour passionnel , Jansénisme et jésuitisme ,aristocratie et plèbe vertu et passion ......
    La vénération de julien pour l'abbé Chélan et l'abbé Pirard témoigne le penchant de Stendhal pour le Jansénisme , est ce par croyance ? ou bien parce que c'était le meilleur adversaire pouvant faire face au Jésuitisme qui faisait horreur a l'auteur a travers les personnages tels que ; l'abbé Frilair et l'abbé castanède .on peut aussi conclure le jacobinisme de Stendhal via la bonne relation entre julien avec le conte Altamira.
    Sur le plan de la psychologie,le roman est un chef d'oeuvre de l'analyse psychologique .notamment en la personne de julien et de Mathilde ; joie , tourment , peur . suspicion . orgueil .. parfois je voyais raskolnikov de Dostoïevski , parfois Eugène de Rastignac de balzac en lui.
    j'avoue que les derniers chapitres m'ont montré a nouveau julien ; monstrueux , ingrat , voire traître, vis a vis de Mathilde a cause des ces anciens sentiments qui ont ressuscité la vue de madame de Renâl ,
    Je crois que l'échec était le destin inévitable de julien, non seulement a cause de son arrivisme et de son caractère , mais a cause du réalisme historique du roman qui a triomphé sur son romantisme . les données de l'époque ne permettaient pas l'essor de la plèbe.



    .

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    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 03 janvier 2013

    luocine
    Et oui ! le père Noël parisien qui commençait à souffrir de me voir monter les marches des appartements perchés dans les étages – à Paris, on doit choisir entre plus de surface et moins d'ascenseur!- a eu l' idée de m'offrir un Kindle !

    J'entends déjà toutes vos dents grincer ! Comment un Kindle, mais ne sait-elle pas qu'elle va en s'alliant à « A-----N », détruire un peu plus le réseau des librairies de quartier.
    Si j'étais malhonnête , je me cacherais derrière le père Noël et nierais toute responsabilité dans ce choix ( ce qui est vrai!) mais bon , je l'ai quand même essayé. Ne serait-ce que par politesse ! Un cadeau, c 'est un cadeau.
    Vous attendez tous et toutes mon verdict!

    Je vais encore faire grincer des dents!
    C'est tout simplement merveilleux!
    J 'explique: je n'ai, pour l'instant, chargé que des livres gratuits d'où "Le Rouge et le Noir" .
    Je l 'ai donc relu ce que je n'aurais jamais fait sans ce cadeau .
    Le confort de lecture est ... total, et, surtout pour moi qui ai trop tendance à faire confiance à ma mémoire , ce format oblige une lecture très attentive : je n'ai rien zappé ce que je fais facilement quand je sens que je l'ai déjà lu.

    J'ai été sidérée par tout ce que j'avais oublié de ce diable de Stendhal.
    Dans mes souvenirs , "Le Rouge et le Noir" était surtout un superbe roman d'amour , j'avais oublié toute la critique de la société de l'époque. En particulier de la religion.

    La description de la formation des séminaristes est irrésistible , c'est à la fois drôle, triste et sans doute, tellement vrai .
    Il est si difficile de cacher son intelligence et essayer d'épouser un modèle social quel qu'il soit lorsqu'on a un sens critique développé c'est une cause vaine aujourd'hui encore.

    Bien sûr, j'ai relu avec plaisir la scène où Julien retient la main de Madame de Rénal sous les yeux de son mari à la faveur de l' obscurité d'une belle soiré d'été .

    Je crois que ce passage était dans mon Lagarde et Michard , je n'en suis plus si sûre mais je n'ai pas oublié mes premiers émois érotiques que j'avais ressentis à l'époque.
    En le relisant , l'émotion est toujours là et je suis certaine que « Le Rouge et le Noir » peut toucher les adolescents de notre époque , je me demande même si ce n'est pas le romancier du 19° qui a le moins vieilli.

    Une chose m'a amusée que j'avais complètement oublié , de temps en temps Stendhal intervient directement dans son roman et prend à partie son lecteur .
    Il dit parfois (en substance): maintenant que vous avez compris je ne vais pas continuer à vous expliquer!
    Roman à lire et à relire, pas forcément en format Kindle encore que ... C'est sûrement grâce à ce format que ma lecture a été si attentive et donc, comme il s'agissait de Stendhal, si pleine de plaisir

    Lien : http://luocine.over-blog.com/article-le-rouge-et-le-noir-stendhal-11..
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Citations et extraits

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  • Par chrisFG, le 22 mai 2013

    Douloureux et beau
    Le rouge et le noir sont deux couleurs qui ne sont pas anodines
    le rouge offre sa flamme, sa luminosité, son caractère, son enthousiasme pendant que le noir nous impose son côté plus sombre, par ailleurs plus posé et réfléchi, d'une exquise distinction.
    Alors le mélange des deux ... quelle grande classe
    Un must que ce roman dans notre bibliothèque. Je pense qu'il ne faut pas hésiter à le relire ; la découverte est toujours de mise, sous un autre œil ou un œil tout simplement différent, les années passant.
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  • Par LydiaB, le 20 décembre 2012

    Julien se rapprochait de la place où elle était, toujours causant avec Altamira ; elle le regardait fixement, étudiant ses traits pour y chercher ces hautes qualités qui peuvent valoir à un homme l’honneur d’être condamné à mort.
    Comme il passait près d’elle :
    — Oui, disait-il au comte Altamira, Danton était un homme !
    Ô ciel ! serait-il un Danton, se dit Mathilde ; mais il a une figure si noble, et ce Danton était si horriblement laid, un boucher, je crois. Julien était encore assez près d’elle, elle n’hésita pas à l’appeler ; elle avait la conscience et l’orgueil de faire une question extraordinaire pour une jeune fille.
    — Danton n’était-il pas un boucher ? lui dit-elle.
    — Oui, aux yeux de certaines personnes, lui répondit Julien avec l’expression du mépris le plus mal déguisé, et l’œil encore enflammé de sa conversation avec Altamira, mais malheureusement pour les gens bien nés, il était avocat à Méry-sur-Seine ; c’est-à-dire, mademoiselle, ajouta-t-il d’un air méchant, qu’il a commencé comme plusieurs pairs que je vois ici. Il est vrai que Danton avait un désavantage énorme aux yeux de la beauté, il était fort laid.
    Ces derniers mots furent dits rapidement, d’un air extraordinaire et assurément fort peu poli.
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  • Par Clairoche, le 19 octobre 2012

    «Messieurs les jurés,
    «L'horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je n'ai point l'honneur d'appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s'est révolté contre la bassesse de sa fortune.
    «Je ne vous demande aucune grâce, continua Julien en affermissant sa voix. Je ne me fais point d'illusion, la mort m'attend : elle sera juste. J'ai pu attenter aux jours de la femme la plus digne de tous les respects, de tous les hommages. Mme de Rênal avait été pour moi comme une mère. Mon crime est atroce, et il fut prémédité. J'ai donc mérité la mort, messieurs les jurés. Mais quand je serais moins coupable, je vois des hommes qui, sans s'arrêter à ce que ma jeunesse peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation et l'audace de se mêler à ce que l'orgueil des gens riches appelle la société.
    «Voilà mon crime, messieurs, et il sera puni avec d'autant plus de sévérité que, dans les faits, je ne suis point jugé par mes pairs. Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi, mais uniquement des bourgeois indignés... »
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  • Par Sly, le 05 juillet 2010

    "Dis lui que je t'aime, mais non, ne prononce pas un tel blasphème, dis lui que je t'adore, que la vie n'a commencé pour moi que le jour où je t'ai vu, que dans les moments les plus fous de ma jeunesse, je n'avais jamais même rêvé le bonheur que je te dois ; que je t'ai sacrifié ma vie, que je te sacrifie mon âme. Tu sais que je te sacrifie bien plus"

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  • Par cequejelis, le 28 juillet 2012

    Enfin il aperçut, sur une montagne lointaine, des murs noirs; c'était la citadelle de Besançon.

    – «Quelle différence pour moi, dit-il en soupirant, si j'arrivais dans cette noble ville de guerre, pour être sous-lieutenant dans un des régiments chargés de la defendre !»

    Besançon n'est pas seulement une des plus jolies villes de France, elle abonde en gens de coeur et d'esprit. Mais Julien n'était qu'un petit paysan et n'eut aucun moyen d'approcher les hommes distingués.

    Il avait pris chez Fouqué un habit bourgeois, et c'est dans ce costume qu'il passa les ponts-levis. Plein de l'histoire du siège de 1674, il voulut voir, avant de s'enfermer au séminaire, les remparts et la citadelle. Deux ou trois fois, il fut sur le point de se faire arrêter par les sentinelles il pénétrait dans des endroits que le génie militaire interdit au public, afin de vendre pour douze ou quinze francs de foin tous les ans.

    La hauteur des murs, la profondeur des fossés, l'air terrible des canons l'avaient occupé pendant plusieurs heures, lorsqu'il passa devant le grand café sur le boulevard. Il resta immobile d'admiration; il avait beau lire le mot café, écrit en gros caractères au-dessus des deux immenses portes, il ne pouvait en croire ses yeux. Il fit effort sur sa timidité; il osa entrer, et se trouva dans une salle longue de trente ou quarante pas, et dont le plafond est élevé de vingt pieds au moins. Ce jour-là, tout était enchantement pour lui.

    [p. 168]

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Dominique Fernandez [Jeudi La Procure 14/02/13] .
Dominique Fernandez nous parle de son "Dictionnaire amoureux de Stendhal" paru aux éditions Plon http://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-stendhal-dominique-fernandez/9782259210942.html








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