AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Victor Del Litto (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006203
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.77/5 (sur 4900 notes)
Résumé :
Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d’une petite ville de province.
En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et ses mémoires compilés dans Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases.
Il rêve d’une ascension similaire à celle de l’empereur. Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rénal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon.
Avant peu, il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde.
Jusqu’au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments, qui le conduiront à sa perte.
Stendhal 1830
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (192) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
05 décembre 2012
  • 5/ 5
Après Tristan et Yseult, roméo et Juliette... Julien Sorel et Mme de Rênal ! Faut-il chercher l'intrus ? Peut-être ! Car peut-on considérer que l'amour que se portent les deux premiers couples énoncés soit le même que pour le dernier ? Julien est un jeune arriviste rongé par l'orgueil. Précepteur des enfants du couple de Rênal, il s'entiche de la maîtresse de maison. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil ! Mais celui-ci renonce à cet amour qui briserait son rêve de réussite. Les rumeurs courent... L'époux l'apprend et licencie le jeune précepteur. Ce dernier entre alors au séminaire où il fait la connaissance de l'Abbé Pirard qui, comprenant son ambition, le fait entrer au service du Marquis de la Mole. Celui-ci a une fille, Mathilde... Je vous le donne en mille, Julien va récidiver, tomber amoureux de celle-ci et lui faire un enfant... Mais c'est sans compter sur Mme de Rênal !!! Bref, je ne dévoile pas tout...

Paru trois ans après Armance, roman qui passa à la trappe, ce texte est issu d'un fait divers. En effet, en 1827, la Gazette des Tribunaux relate le procès d'un certain Antoine Berthet, 25 ans, fils d'un petit artisan, ancien séminariste devenu précepteur, jugé pour meurtre et condamné. Il n'en faut pas plus à Stendhal pour créer ainsi son personnage de Julien. En le saupoudrant de sa haine contre l'Église (merci à l'Abbé Raillane de l'en avoir dégoûté à jamais), de ses souvenirs de l'adolescent provincial et timide qu'il était et qui ne voyait que par Paris pour réussir, on obtient ainsi un chef-d'oeuvre. Zola prononcera cette superbe phrase à ce sujet : "Personne n'a possédé à un pareil degré la mécanique de l'âme". Tout est dit !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1276
Nastasia-B
09 octobre 2012
  • 5/ 5
Julien Sorel, franc-comtois et fils de rien, destiné aux bas étages du clergé provincial, va peu à peu, à force de hasards et de coups de dé audacieux, s'essayer dans le grand monde et s'efforcer de devenir, s'il y arrive "Julien-Le-Magnifique"...
De ce monde qui lui est inconnu, il devra apprendre tant les règles que les dérèglements, les joies que les frustrations et tâcher, si possible, de ne pas se perdre lui-même en faisant adopter à sa morale une géométrie variable.
Dans les méandres de cette hiérarchie sociale, et puisque le seul trésor dont il dispose en propre est son esprit, son charme et sa beauté, il rencontrera des femmes, sur lesquelles il devra circonvenir en usant d'amour, à moins que ce ne soit le contraire... Je vous laisse évidemment vous plonger plus avant dans l'histoire si, par bonheur, celle-ci ne vous a jamais été imposée au lycée quand vous n'en éprouviez pas l'envie, ou si, par fortune, vous avez encore la possibilité de la découvrir avec un regard neuf.
Évidemment, un classique incontournable et beau ; beau dans l'acception la plus noble du terme en littérature. Et l'un des premiers exemples de l'évolution de la psychologie d'un personnage en cours de roman, spécialité qui deviendra l'apanage, quelques années plus tard, de Dostoïevski.
Écrit tout en finesse, pas si différent de la vision d'un Balzac, car Julien Sorel ressemble tellement à Eugène de Rastignac (Le Père Goriot) ou Lucien Chardon (Illusions Perdues) que c'en est frappant, mais sans la pointe de vinaigre blanc que Balzac n'oublie jamais de mettre dans ses recettes. Stendhal, lui, utilise son style plus direct et pour ainsi dire plus journalistique tout en soignant la psychologie et les hésitations dans les choix de tous ses personnages. Si l'on veut à tous prix tenter une comparaison, c'est de Tolstoï que Stendhal se rapproche le plus et notre Julien ressemble beaucoup au Boris Doubretskoï de la Guerre et La Paix.
En guise de conclusion et pour finir cette indigente critique face à l'ampleur de l'oeuvre et son indicible grandeur, (je me rends compte en la relisant que cette critique est vraiment très mal construite et vous prie de m'en excuser) si par hasard vous aimez ce genre de trame narrative où un jeune provincial fait son chemin dans Paris grâce aux dames de ses conquêtes, je vous conseille, dans une genre un peu plus truculent, drôle et libertin, un grand classique mais malheureusement trop peu connu de Marivaux, le paysan parvenu, qui je l'espère, vous ravira tout autant, mais ceci, bien sûr n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          971
Woland
14 décembre 2007
  • 4/ 5
Hier, où j'ai passé pratiquement ma journée à le dévorer, comme la première fois où je l'avais lu, "Le Rouge & le Noir" m'est apparu comme l'un des plus grands romans jamais écrits.
Pour être franche, je n'ai jamais très bien compris les reproches de "sécheresse" qu'on faisait au style stendhalien. C'est vrai que ce romantique se distingue avec éclat des délires hugoliens et qu'il n'a pas les tics irritants des auteurs de feuilletons comme Balzac. Avec lui, il n'y a pas non plus ces affreuses plongées dans le mélodrame larmoyant qui - à mes yeux en tous cas - décrédibilisent un roman aussi puissant pourtant que "Le Père Goriot." Bref, avec Stendhal, le lecteur contemporain s'y retrouve tout en sachant très bien, habileté suprême, qu'il a devant lui un auteur du XIXème.
La qualité majeure de Stendhal, c'est son art de conteur. Celui-ci ne doit jamais lasser, surtout pas s'il s'autorise des digressions. Et Stendhal, tout au long des 512 pages du Livre de Poche, ne lasse pas un seul instant. Ses descriptions, sans être minimalistes, vont droit à l'essentiel - et l'on sent en lui l'amour qu'il portait aux paysages franc-comtois. Son analyse des personnages est précise, "scalpellisée" et impitoyable. Paradoxe étrange, lui qui a imposé au moins deux types "romantiques" - Julien Sorel et Fabrice del Dongo - les a façonnés comme des êtres changeants, qui ne cessent d'évoluer.
Julien par exemple nous est tout d'abord montré comme une espèce de jeune arriviste dominé par la Haine. On peut ici utiliser la majuscule car Julien ne vit que pour haïr. Il flambe de haine : haine contre son père (et on la partage très vite !), haine contre ses frères (deux abrutis), haine contre la société sous le règne de Charles X (où régnait à nouveau la loi des castes que l'épopée napoléonienne avait envoyée au diable), haine de l'Autre de façon générale (car, ayant grandi dans un milieu qui ne le considérait que comme une machine à raporter quelque chose, Julien ne peut tout simplement pas concevoir qu'on puisse s'intéresser à lui par amitié ou amour). On finit même par se demander si Julien Sorel ne se hait pas lui-même ...
Il y a, chez ce garçon séduisant, intelligent, prompt à apprendre et désireux de se faire une place au soleil, une forme d'autisme terrible qui finira par le mener à sa perte - une perte que cet idéaliste forcené accueille pratiquement comme une délivrance. Mais en dépit des apparences, qui pourraient laisser croire que son caractère ne se modifie pas au cours du roman, Stendhal convie son lecteur à enregistrer de menus détails qui, un à un, le recomposent subtilement de façon telle que le Julien Sorel final est bien plus grand, bien plus "pur" et tout aussi vrai que le Julien Sorel du premier chapitre.
Autre exemple singulièrement frappant : le caractère entier et pourtant incroyablement instable de Mathilde de la Mole, laquelle paraît souffrir d'une exaltation proche de la maladie mentale.
Rappelons les grands traits de l'intrigue :
M. de Rênal, le maire de Verrières, une petite ville de Franche-Comté, veut à tout prix un précepteur pour ses trois fils. Non tant d'ailleurs pour les instruire que pour contrarier son grand rival, M. de Valenod, que le retour des Bourbon a tiré de la misère où il croupissait avec sa famille. Ayant entendu dire, par le curé Chélan, le plus grand bien du jeune Julien Sorel, le dernier des trois fils du menuisier local, Rênal lui propose la place et disons à la décharge du maire qu'il refusera de verser le salaire du jeune homme à son rapace de père.
Installé chez les Rênal, Julien, qui est ombrageusement fier et prend chaque mot, chaque regard qu'on lui adresse pratiquement pour une insulte, se met en tête de séduire la maîtresse de maison. Non qu'il l'aime mais parce qu'il estime que cela serait, chez lui, une marque de caractère et de courage.
L'inévitable arrive et, au grand étonnement de Julien (qui est souvent d'une naïveté extraordinaire quant à ses ressources personnelles), non seulement sa maîtresse semble vraiment tenir à lui mais lui-même éprouve envers elle un sentiment bien plus fort qu'il ne se le serait imaginé.
Mais les gens jasent, la chose est inévitable. Mis au courant par des lettres anonymes qu'il tente en vain d'ignorer, M. de Rênal est bien obligé d'évoquer ses soupçons. Les amants décident de ne plus se revoir et le curé Chélan expédie Julien au séminaire de Besançon.
C'est là que Julien se lie d'amitié avec le directeur, l'abbé Pirard. Comme celui-ci, homme intègre et rogue, est d'obédience janséniste alors que le reste du séminaire en tient pour les Jésuites, on ne saurait dire que le choix de Julien soit heureux. Pourtant, c'est par l'entremise de l'abbé Pirard qu'il va être mis en relation avec le marquis de la Mole, descendant de Boniface de la Mole qui, au XVIème siècle, avait été l'amant de la Reine Margot et qui, pour avoir tenté d'enlever Henri III et le duc d'Alençon, avait été condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève.
Le marquis cherche un secrétaire et Julien entre dans la place. La Chance l'y attend mais ... saura-t-il la saisir ? ...
Même si l'on connaît l'issue fatale de ce roman, on est pris par le récit, on s'entête à y avancer pas à pas, on ne veut pas en perdre une seule virgule. de façon très moderne, Stendhal glisse dans son texte des monologues intérieurs qui plongent le lecteur dans l'esprit même du personnage visé. Et puis, cette description au petit point de la société française, provinciale comme parisienne, à la veille de 1830 est un vrai régal de cynisme et de férocité.
Stendhal, un auteur scolaire ? ... Non, un romancier : et un grand. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          702
Alyxiel
05 octobre 2013
  • 4/ 5
Résumé :" Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d'une petite ville de province.
En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et ses mémoires compilés dans Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases.

Il rêve d'une ascension similaire à celle de l'empereur. Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rénal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon.
Avant peu, il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde.
Jusqu'au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments, qui le conduiront à sa perte."
J'ai eu ce livre à étudier en cours de littérature il y a quelques années et je me souviens encore de ma réaction face à ce pavé : Au secours, Stendhal, je sens que ça va être ch... Mais en élève consciencieuse, je mis suis mise de bien mauvais coeur... Pour ne plus m'arrêter!!
La romantique qui sommeille en moi à adoré l'histoire d'amour interdite entre Julien Sorel et Mme de Rénal. Quant à sa relation avec Mathilde, bien que plus simple et autorisée, elle semble terriblement fade à côté de la passion que son amant a pour sa patronne.
La fin m'a surprise, et c'est sûrement ce qui fait toute l'intensité du récit.
Je me souviens à avoir été sous le choc plusieurs jours, incapable de commencer un autre livre. Il fallait que je "digére" celui-ci.
Je suis heureuse que Stendhal ait été au programme cette année-là, car je ne suis pas sûre que je l'aurait lu, sans ça.
Je le recommande à tous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          511
gouelan
16 mars 2015
  • 4/ 5
le Rouge et le Noir est un roman d'initiation, où le héros, le jeune Julien Sorel, fils de charpentier, qui tente de s'élever dans la société, devra franchir de nombreux obstacles.
Passionné par Napoléon, il rêve d'une grande destinée en revêtant l'habit de soldat (rouge). le hasard de la vie va lui faire prendre la soutane (noire).
Son caractère est changeant, il ne sait pas très bien où est sa place. Est-il ouvrier, fils de paysan ou petit-bourgeois, de par son éducation? Il se révèle à la fois timide, étourdi, ignorant, sensible, mais aussi, paradoxalement, froid calculateur, arriviste, égoïste, prêt à tout pour assouvir ses rêves de grandeur.
Il manque tout autant de clairvoyance en amour. Il croit connaitre le bonheur, là où il n'y a qu'ambition, désir de possession, envie de triomphe sur ceux qui lui sont socialement supérieurs.
Dans la société où il évolue, il n'y a plus de place pour ses ambitions de héros solitaire. Il se trompe. Il sacrifie le bonheur simple à des idéologies dépassées.
Mathilde, sa conquête amoureuse, lui ressemble. Elle ne voit en Julien qu'un moyen de provoquer les siens. Elle rêve d'une grande histoire d'amour tragique et impossible, au-delà des conventions sociales. Elle essaie de tromper son ennui, elle aime le risque, l'aventure, la bravoure.
Ils sont tous les deux victimes de leur imagination romanesque.
Le roman retrace l'évolution du personnage, de l'ignorance, vers la désillusion et enfin la clairvoyance. Arrivé à ses fins, mis sur un piédestal, il trouvera dans sa chute les vraies réponses sur le bonheur et les réalités de la société.
Formidable portrait des moeurs de cette société française de la période de restauration, avec les forces qui s'affrontent de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie, et de la société industrielle grimpante. Avec hypocrisie, mensonges et trahisons, chacun essaie de se faire sa place, de triompher, de s'élever socialement, en écrasant l'autre au passage.
C'est aussi un roman psychologique avec des personnages hauts en couleurs. On peut parfois éprouver de l'ennui et de l'agacement à la lecture de ce roman. le côté un peu trop naïf et froidement calculateur, puis tout à coup se transformant en grande sensiblerie, en folie, dérange et semble improbable.
Rouge et noir, couleurs opposées, comme le sont les sentiments qui traversent Julien Sorel, à la fois fils d'ouvrier et petit-bourgeois.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          432
Citations & extraits (303) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin01 décembre 2016
Un roman est un miroir que l'on promène le long du chemin.
Commenter  J’apprécie          200
lecassinlecassin01 décembre 2016
Soupçonner qu'un rival est aimé est déjà cruel, mais se voir avouer en détail l'amour qu'il inspire par la femme qu'on adore est sans doute le comble des douleurs.
Commenter  J’apprécie          10
lecassinlecassin01 décembre 2016
L'amour de tête a plus d'esprit sans doute que l'amour vrai, mais il n'a que des instants d'enthousiasme; il se connaît trop, il juge sans cesse; loin d'égarer la pensée, il n'est bâti qu'à force de pensées.
Commenter  J’apprécie          00
lecassinlecassin01 décembre 2016
Tel est le malheur de notre siècle, les plus étranges égarements même ne guérissent pas de l’ennui.
Commenter  J’apprécie          00
lecassinlecassin01 décembre 2016
Les signes ne peuvent pas figurer, dans un rapport d'espion, aussi avantageusement que les paroles.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Stendhal (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Stendhal
STENDHAL – Vie De Mozart
autres livres classés : classiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le Rouge et le Noir

De quelle ville est originaire le héro dans le Rouge et le Noir ?

Besançon
Paris
Verrières
Londre

13 questions
72 lecteurs ont répondu
Thème : Le Rouge et le Noir de StendhalCréer un quiz sur ce livre
. .