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Le soleil des Scorta de
Laurent Gaudé
Tu n’es rien, Elia Ni moi non plus. C’est la famille qui compte. Sans elle tu serais mort et le monde aurait continué de tourner sans même s’apercevoir de ta disparition. Nous naissons. Nous mourons. Et dans l’intervalle, il n’y a qu’une chose qui compte. Toi et moi, pris seuls, nous ne sommes rien. Mais les Scorta, les Scorta, ça, c’est quelque chose.
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Le soleil des Scorta de
Laurent Gaudé
Les souvenirs s’effaceront. C’est bien. C’est une façon de disparaître qui me convient. J’oublierai ma propre vie. J’avancerai vers la mort sans crainte ni réticence. Il n’y aura plus rien sur quoi pleurer. Ce sera doux. L’oubli me soulagera de mes peines.
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Par araucaria, le 22/10/2012
Cris de
Laurent Gaudé
Je n'avais jamais pensé voir cela. Que la guerre se fasse ainsi. Et personne jamais ne m'avait préparé à cela. Ni à l'école des officiers, ni ailleurs. Pourtant de la guerre, je sais bien des choses. Je connais le nom de toutes les armes, leur portée, leur puissance, leur défaut. Je sais la grande histoire des batailles. Et comme tous mes camarades, dans cette grande fresque de fureur et de poudre, j'ai choisi mes héros et mes ennemis. Je voulais faire la guerre et je le veux encore. Mais je regarde mes hommes s'affairer dans cette tranchée et je vois des soldats termites. Et creuser la terre, s'enfoncer le plus profond possible sous le niveau de la surface du sol n'est pas une manière de faire la guerre. Mais juste, peut-être, une façon de ne pas la perdre. Et je n'aime pas cela. Je le fais bien sûr. J'obéis. Mais je n'aime pas cela. L'ennemi est là, à trois cents mètres, dans les tranchées que les nôtres avaient aménagées quelques jours auparavant, l'ennemi est là, à portée de voix. Il creuse lui aussi. Pour se cacher, comme nous. Est-ce celui qui aura creusé le plus profond qui gagnera la guerre? Ce n'est pas cette guerre-là que j'ai apprise.
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Le soleil des Scorta de
Laurent Gaudé
Il s’en est fallu de peu que je meure heureux.
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Le soleil des Scorta de
Laurent Gaudé
Oui, la terre retremblera. La terre retremblera. Parce que les morts ont faim.
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Par jeranjou, le 28/03/2013
Cris de
Laurent Gaudé
Ils crèvent, là, d'un coup. Ils crèvent et on le sait parce qu'on les tient bien serrés contre soi et que, le dernier sursaut, on le sent à partir des pieds et ébranler tout le corps, et il n'est pas besoin d'être medecin pour savoir que c'est la fin.
Un tel sursaut de tous les muscles, c'est forcément la reddition de la chair. C'est comme une dernière éruption de vie et puis plus rien. Plus rien. La mort.
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Le soleil des Scorta de
Laurent Gaudé
C’est ici qu’était notre place. Dans ce pays qui ne ressemblait à aucun autre. Nous étions en Amérique et plus rien ne nous faisait peur.
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Par carre, le 27/10/2012
Eldorado de
Laurent Gaudé
Il n'était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il est doux de n'être rien. Rien d'autre qu'un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l'Eldorado.
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Cris de
Laurent Gaudé
Je me demande bien quel visage a le monstre qui est là-haut qui se fait appeler Dieu, et combien de doigts il a à chaque main pour pouvoir compter autant de morts.
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Par jeranjou, le 29/03/2013
Cris de
Laurent Gaudé
Ce train, plus sûrement que la tranchée, est mon cercueil. Je suis enfermé dans un immense wagon sarcophage qui crache de la suie et de la fumée.
Jules, soldat en permission dans un train vers Paris, pense déjà au voyage retour qui le conduira de nouveau dans l'horreur des tranchées.
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