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ISBN : 2742769323
Éditeur : Actes Sud (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.95/5 (sur 634 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 25 juin 2012

    lehane-fan
    Le merveilleux , le fantastique , l'incontournable , le légendaire - j'en fais trop là , peut-etre ? - Le soleil des Scorta , je l'avais trouvé...correct tendance grose baffe sur le coin de la truffe ! La chance du débutant qui en était , quand meme , à son troisieme roman , que je m'étais dit ! Que nenni , Eldorado vient confirmer le talent de ce tout jeune auteur Français en traitant d'un sujet d'actualité toujours aussi récurrent avec une justesse de ton ébouriffante ( dixit Kojak ) assortie d'un regard distancié ( dixit Dalida) propre à le crédibiliser !
    L'émigration clandestine , une statistique globale objet de bon nombre de fantasmes irraisonnés pour certains ( Hortefeux , Besson...) . Un sujet puissant ou l'humain y aurait enfin toute sa place pour d'autres ! Piracci , Soleiman et Jamal , Boubakar ( rien à voir avec France Gall , merci !) , sont les héros désenchantés de ce conte crépusculaire . Quatre destins uniques , quatre trajectoires distinctes tendant vers un ailleurs sublimé , quatre brutales désillusions confrontées aux murs d'une réalité politique bien trop pragmatique pour leurs reves idéalisés!
    Piracci , capitaine de frégate solitaire , se rend compte du non-sens de sa vie ! Sauveteur patenté de ces forçats de la mer Nord-Africains toujours plus nombreux à vouloir rejoindre l'ile de Lampedusa , véritable sésame pour l'Europe , il n'en reste pas moins celui qui les confie aux divers centres de rétention , synonymes de retour au pays assuré , une fois sa mission accomplie . Sa seule échappatoire , démissionner pour tenter d'expier ses fautes passées et renaitre en ce pays qu'il ne connait que par les diverses nationalités qu'il arraisonne : l'Afrique !
    Soleiman et Jamal sont freres . D'origine Soudanaise , ils prennent le parti d'un déchirant déracinement au profit d'une vie meilleure , ailleurs...Leur union fusionnelle fait leur force et leur donne le courage nécéssaire à ce périple qu'ils savent dantesque , à défaut d'etre mortel !
    Gaudé , d'une plume simple , sensible et évocatrice , place l'humain au cœur de ce drame magnifique et cruel . En véritable conteur fictionnel se basant sur une réalité avérée , il narre magistralement avec force détails le terrifiant voyage de ces otages en devenir ! Otages de passeurs indélicats ; de capitaines de navire n'hésitant pas à les abandonner en pleine mer apres les avoir spoilés de tous leurs biens ; de ces carabiniers frontaliers , beaucoup plus zélés qu'humanistes , toujours prompts à ouvrir le feu sur ces fantomes haves , dépenaillés et affamés mais cependant déterminés comme jamais lorsque vient le temps de l'ultime épreuve !
    Leur chimere a un prix qui a souvent le goût du sang...
    Un récit coup de poing présentant deux trajectoires diamétralement opposées appelées à se croiser sur fonds de croyance Africaine . le propos est douloureux mais le ton jamais larmoyant ! Gaudé fait dans le factuel vériste en nous brossant magistralement le portrait de ces doux utopistes , véritables aventuriers des temps modernes !
    Un beau et grand bouquin à mettre entre toutes les mains afin d'appréhender ce fléau non plus comme un chiffre abstrait mais comme une tragédie concrete mortellement ancrée en l'Humain !
    Eldorado , tout ce qui brille n'est pas or...
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 04 octobre 2012

    litolff
    Un beau roman, pétri d'humanité, de ceux qui font réfléchir le lecteur ...
    Un thème toujours très d'actualité car la tragédie des Africains qui tentent de gagner clandestinement l'Europe au péril de leurs vies n'est pas près de s'arrêter : tragédie humaine car bon nombre d'entre eux trouveront la mort sur le chemin de l'exil, tragédie identitaire pour tous ceux qui abandonnent leur pays et leur identité dans l'espoir d'un meilleur futur et au prix de leur culture. Et au bout du voyage, pour la plupart, la désillusion et l'effondrement de leurs rêves d'un avenir meilleur... Tragique et lucide, jamais larmoyant, j'ai personnellement été beaucoup plus touchée par Eldorado que par Le soleil des Scorta...
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 21 juillet 2012

    meyeleb
    Après La mort du Roi Tsongor, j'avais envie de retourner du côté de chez Laurent Gaudé, histoire de vérifier si le talent narratif, la force de l'émotion, l'art de capter le lecteur, se retrouvaient dans Eldorado. Eh bien je peux dire que j'ai été comblée! L'histoire n'a pourtant pas la force épique de Tsongor, mais elle sait nous prendre par la main, nous entraîner vers d'autres destins, nous rendre acteurs devant la détresse humaine. L'existence du commandant Piracci arrive à ce point névralgique où tout doit changer, où l'homme sent enfin en lui la force de faire des choix, si difficiles soient-ils, qui correspondent le mieux à ses aspirations profondes. C'est dans les yeux des émigrants clandestins en route pour l'Italie qu'il a perçu cette force d'y croire, cette volonté de devenir qui lui manque tant. Quelle errance les attends tous? Par quels rivages devra-t-il lui-même passer, et pour aller où, devenir quoi?
    J'ai lu ce roman très vite. J'ai eu l'impression que la mer, implacable et indifférente au sort des hommes, formait une allégorie des multiples destinées humaines, épargnant les uns, submergeant les autres. Un vent tragique souffle encore sur ce roman, saisissant dans le sort des anonymes une sorte de message assez sombre, voire désespéré de la condition humaine.
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    • Livres 2.00/5
    Par Woland, le 28 juillet 2014

    Woland
    ISBN : 9782290006542

    Oui, je sais. Vous vous dites déjà : "Ouh ! là, pas d'extraits annoncés, par même un tout petit ! C'est grave ! ..." Alors, je précise tout de suite :
    1) que je n'ai rien contre Laurent Gaudé dont j'ai aimé "La mort du Roi Tsongor" et dont j'ai encore dans ma PAL "Le Soleil des Scorta" et "La Porte de l'Enfer" ;
    2) que la lecture de son "Eldorado" avait été prescrite par l'EN (!!) aux élèves de Seconde dans le lycée de ma cadette, sans quoi je n'aurais jamais eu ni l'idée, ni le courage de me coltiner un tel pensum ;
    3) et que je tire tout de même mon chapeau à l'auteur pour avoir réussi à slalomer non sans grâce entre l'"angélisme" classique et la consternante bien-pensance auxquels incite, en notre triste époque, le thème qu'il avait choisi - tout au moins quand on ne veut pas se faire traîner en justice par certaines associations dont je ne citerai pas les noms parce que ce serait leur faire trop d'honneur.
    Le problème, je pense, c'est que nous devons tous payer des impôts (surtout à notre époque ) et que ce doit être pour cette seule raison que Gaudé a commis cette cho ... ce roman - il faut bien vivre !
    Vous êtes prêts ? ... Bon, on y va, alors.
    Il y a de cela bien longtemps, en une époque où les religieux, pour ne citer qu'eux, croyaient encore dur comme fer que la Terre était plate, un certain Christophe Colomb - dont le portrait réalisé par Sebastian del Plomo présente une ressemblance criante, soit-dit en passant, avec les traits de l'irremplaçable et à jamais regretté Coluche (si vous ne me croyez pas, allez voir par vous-mêmes) - s'en fut sur les mers et prouva à tous qu'ils se trompaient et que non, la Terre n'était pas plate. Aussitôt, il se trouva des monarques, des prêtres, des généraux, des mercenaires et des aventuriers pour s'en aller vers les nouvelles terres acquises par Colomb à la couronne d'Espagne et une légende courut tout aussi vite : dans ces contrées lointaines, il existait des villes prodigieuses, entièrement faites d'or, d'argent et de métaux précieux. D'où le surnom d'"Eldorado" - je ne vous fais pas la traduction - qu'on donna à ces pays mystérieux, peuplés entre autres d'"Indiens" qui offraient régulièrement en sacrifice à leur dieu de la guerre, le grand Huitzlipotchli, le coeur encore palpitant d'innombrables prisonniers ... S'il y avait certes beaucoup d'or dans les nouvelles colonies espagnoles, il n'y eut bien sûr jamais de ville intégralement bâtie à partir du précieux métal et nombreux furent ceux qui s'embarquèrent dans la certitude de cet "Eldorado", pour revenir de leur voyage - quand ils en revenaient - aussi pauvres qu'ils étaient partis et la désillusion amère au coeur.
    Aujourd'hui, l'Eldorado, c'est l'Europe et, de façon générale, le monde occidental. Les malheureux bourrés d'illusions viennent d'Orient, en particulier d'Afrique et ils sont, il faut bien l'avouer, aussi sûrs et certains de découvrir chez nous l'Eldorado que les aventuriers espagnols et portugais du temps jadis l'étaient d'aborder un jour dans leurs merveilleuses villes aux murailles d'or pur. Je n'évoquerai pas les ravages que ce mythe d'une Europe où tout le monde est riche et où l'on n'aperçoit aucun sans abri dans les rues, a fait, fait et fera encore de part et d'autre de la Méditerranée : si vous prenez vos informations comme moi sur le Net - et non dans les medias aux ordres - vous les connaissez par coeur.
    Laurent Gaudé a donc décidé de s'attaquer au sujet en tentant, non sans courage, d'éviter le manichéisme. A-t-il réussi ? Pas avec moi, en tous cas mais il est vrai que j'ai un mauvais fond. ;o)
    Disons déjà, pour commencer, qu'un sujet de cette importance ne peut se traiter en 219 pages : trop de ramifications, trop de détresse humaine, trop de questions (sociales, culturelles, historiques, etc ...) soulevées. Là où il faudrait une fresque puissante et protéiforme, Gaudé nous donne une miniature appliquée et réductrice. Les chapitres impairs sont consacrés au parcours spirituel de Salvatore Piracci, l'un de ces gardes-côtes qui arrêtent les immigrants clandestins (ou plutôt tentent de le faire) à Lampedusa, les pairs à celui de Suleiman, un jeune Noir islamisé qui, poussé par son frère, tente de rejoindre l'"Eldorado." A un certain moment, les routes des deux hommes vont se croiser et ce sera un peu grâce à Piracci - qu'il aura pris d'ailleurs pour Massambalo, esprit protecteur - que Suleiman ne perdra pas tout espoir.
    Parce qu'il faut que je vous explique que Piracci, en pleine crise morale et spirituelle, est pris tout d'un coup de l'idée parfaitement stup ... non, admirable ;o) de tout quitter pour se rendre, sans papiers, sans argent, sans RIEN, en Afrique du Nord. Tout ça dans sa petite barque de pêche, celle qu'il avait chez lui, à Catane. C'est que le pauvre homme ne voit plus du tout de sens de sa vie : toute cette invasion de pauvres hères qu'il ne parvient ni à endiguer, ni à contrôler, il ne la supporte plus. Tous les jours, ou presque, ça recommence et il ne compte plus ceux qu'il a arrêtés plusieurs fois parce que, même s'ils sont renvoyés dans leur pays d'origine, ils s'entêtent à essayer et réessayer toujours. le mythe fabuleux de l''"Eldorado", y a pas à dire, a la vie dure.
    Bien que Gaudé n'insiste guère sur ce point, Piracci est, sans conteste, une espèce de personnage christique que nous autres, Occidentaux, pouvons être fiers de compter parmi nous. (Eugène Sue aurait pu le mettre dans ses romans, c'est dire.) Tellement bien d'ailleurs que certains esprits moqueurs le jugeront dénué de toute crédibilité mais passons. de l'autre côté, Suleiman est jeune et sans expérience, avec les illusions qui vont à cet âge mais attention, lui aussi, c'est un type bien. Gaudé fait très fort dès le départ en nous expliquant que Jamal, le frère de Suleiman, a contracté le Sida et préfère en conséquence ne pas suivre son cadet, persuadé qu'il est de finir à sa charge sur cette route si longue et si dangereuse. (Bien entendu, c'est avec des prostituées noires, de sexe exclusivement féminin, que Jamal a contracté le Sida. Apparemment, il ne connaissait pas l'usage des préservatifs ou alors, ceux-ci étaient contraires à sa religion, à sa culture et plus encore à son plaisir.) Mais à part ça, il faut le dire, Jamal aussi est un type drôlement bien.
    Abandonné à ses seules ressources, Suleiman va rencontrer toutes sortes de gens qui eux, ne sont pas bien du tout, des malhonnêtes infâmes qui - la chose par contre m'a beaucoup étonnée avant de m'intriguer encore plus - sont tous soit libanais, soit arabes, soit noirs. Absorbé dans sa quête christique et son "pèlerinage aux sources", Piracci rencontrera d'ailleurs à peu près les mêmes. Tenez-vous bien : j'ai eu beau faire, je n'ai trouvé aucun Occidental impliqué dans ces ignobles trafics (il doit pourtant y en avoir mais Gaudé a sans doute tenu à ne pas compliquer les choses ...;o) ) Certes, il y a les gardes-côtes italiens mais après tout, ce ne sont que des militaires qui exécutent la mission qu'on leur a donnée et Gaudé ne les critique pas un seul instant. Il est bien moins aimable pour leurs homologues marocains et, si cela déplaira sans nul doute à certains, moi, je l'avoue, j'ai apprécié.
    Néanmoins, toute cette histoire, ces voyages initiatiques entrecroisés (celui de Suleiman qu'on peut comprendre et celui de Piracci, dont on met longtemps à comprendre la signification réelle) la légende de Massambalo, les sables du désert, les invocations à Dieu en diverses langues, tous ces "frères" qu'on échange à tout-va alors qu'on n'a jamais gardé les chèvres ensemble, le sida qui s'attaque au pauvre Jamal parce qu'il a péché, le non moins pauvre Suleiman, obligé de voler l'un de ses compagnons pour poursuivre son voyage, les "méchants" absolument imbuvables (il y a même une femme parmi eux, vous vous rendez compte ? et elle n'est même pas voilée ! ) et la quête spirituelle de Piracci, avec toutes les questions qu'elle suppose ... tout cela, je le dis poliment, ne m'a pas accrochée. Pour résumer les choses avec simplicité quoique de manière un tantinet triviale : ça m'a même gavée grave. Et puis, que voulez-vous, j'avais fini par comprendre.
    Par comprendre que Piracci s'offre en sacrifice - ben oui, il meurt, à la fin, ne me dites pas que vous ne l'aviez pas deviné ? - pour le salut de nos péchés, à nous, Européens et Occidentaux.
    Remarquez, c'est fait de manière assez subtile et ça reste en filigrane : Gaudé est un écrivain trop intelligent pour tomber dans l'"angélisme" banal. Peut-être aussi n'y croit-il pas plus que vous ou moi, aux bienfaits de l'"angélisme." Peut-être cela le gêne-t-il un peu aux entournures, peut-être a-t-il cherché, avec sincérité mais aussi avec une prudence regrettable, une autre solution, une sorte de "réconciliation" de deux civilisations dans le sacrifice volontaire, complètement halluciné et bien entendu symbolique d'un personnage de fiction. L'ennuyeux, c'est qu'il manque quelque chose - l'audace pour l'auteur d'aller jusqu'au bout des sa pensée intime peut-être ? Plus embêtant encore, malgré les efforts de Gaudé, on sent bien que la balance qu'il s'entête à vouloir impartiale risque de basculer, et toujours du côté habituel dans ce genre de récits. Et puis quelle idée déconcertante, je le répète, de n'imaginer pour un sujet si complexe, qu'une intrigue minimaliste, avec des personnages peu fouillés, voire carrément stéréotypés ...
    En bref, "Eldorado" constitue une jolie tentative de traiter un sujet extrêmement difficile. Une tentative hélas ! bien timide, rouge de confusion, qui s'auto-censure elle-même avec son "message" limite prêchi-prêcha en toile de fond, une tentative qui biaise et ne convainc personne. En tous cas, ni les réalistes, ni les cyniques. Maintenant, si vous êtes "fleur bleue", "Eldorado", en dépit de ses "méchants" innommables, comblera peut-être vos attentes. Seulement, par pitié, si vous ne devez lire qu'un seul roman de Gaudé, fuyez celui-là ! ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 12 juillet 2013

    Missbouquin
    Il faut trois générations. Les enfants de nos enfants naîtront là-bas chez eux. Ils auront l'appétit que nous leur aurons transmis et l'habilité qui nous manquait. Cela me va. Je demande juste au ciel de me laisser voir nos petits-enfants."
    C'est ce qui pousse tous ces jeunes à tenter leur chance et à abattre toutes les frontières. Mais qui pousse Salvatore Piracci, commandant d'une frégate sicilienne, à les intercepter encore et encore ? Son travail ? le sentiment de faire respecter la loi ? de sauver les misérables qui sont abandonnés par leurs passeurs ? Devant l'incapacité de répondre à cette question, le beau commandant va tout quitter pour vivre cette aventure du "bon" côté, celui des migrants qui veulent accéder à l'Eldorado, l'Europe. Parce que tout homme a besoin de croire qu'il existe mieux ailleurs, et que cet ailleurs est à portée de main. "L'Eldorado, commandant. Ils l'avaient au fond des yeux. Ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l'œil sec, nous autres. Et nos vies sont lentes."
    Nous voici également aux côtés de Jamal, qui a amassé petit à petit de quoi payer son passage vers l'Espagne, mais pour qui la route ne sera pas non plus facile. Car "Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. [...] Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes." Et qu'ensuite il s'agit de se reconstruire entièrement dans un nouveau pays, qui ne veut pas de toi.
    Sans juger, Laurent Gaudé nous livre un magnifique roman plein de beauté et d'horreur, avec une plume qui me transporte toujours autant. Un roman qui hante et qui nous fait voir le monde autrement …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/07/04/les-livres-non-chroni..
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Citations et extraits

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  • Par ilea, le 16 janvier 2009

    "l'herbe sera grasse, dit il, et les arbres chargés de fruits. De l'or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbèreront les rayons du soleil. Les forets frémiront de gibier et les lacs seront poissonneux. Tout sera doux la bas. Et la vie passera comme une caresse. L'eldorado commandant. Ils l'avaient au fond des yeux. Ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l'œil sec nous autres et nos vies sont lentes."
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  • Par Eipoca, le 02 avril 2011

    Je me suis trompé. Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s'arracher la peau pour quitter son pays. Et qu'il n'y ait ni fils barbelés ni poste frontière n'y change rien. J'ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l'on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.
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  • Par fredho, le 04 décembre 2013

    Quel étrange métier... Nous sauvons des vies. Nous partons à la recherche d'hommes perdus qui se noieraient sans notre aide ou crèveraient de faim, des hommes qui nous espèrent de toute la force de leur vie et dès que nous les trouvons, chacun se regarde avec crainte. Ni embrassade, ni joie d'avoir été plus rapide que la mer. Nous cherchons des hommes sur les flots et dès que nous les trouvons, nous redevenons des policiers sévères. Aux arrêts. C'est cela qu'ils attendent. Que je les mette aux arrêts...
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  • Par patrick75, le 23 juin 2012

    Elle avait été rouée de coups par le sort. Cela se voyait. Elle avait été durcie par mille offenses successives. Et il sentit que, malgré cette faiblesse physique qui la rendait peut-être incapable de se lever toute seule et de marcher sans aide, elle était infiniment plus forte que lui, parce que plus éprouvée et plus tenace.

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  • Par carre, le 27 octobre 2012

    Il n'était plus personne. Il se sentait heureux. Comme il est doux de n'être rien. Rien d'autre qu'un homme de plus, un pauvre homme de plus sur la route de l'Eldorado.

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Rencontre avec Laurent GAUDÉ autour de ses oeuvres paru chez Actes Sud








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