ISBN : 2742769323
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 223 notes) Ajouter à mes livres
À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (29)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 24 novembre 2011

    Nadael
    Deux histoires en parallèle, deux hommes de chaque côté de la barrière. En quête d'un avenir meilleur, Souleiman rêve d'un pays sans misère. Quant à Piracci, il doit tout mettre en œuvre pour barrer la route à tous les clandestins qui tentent le terrible voyage, faisant voler en éclats les images d'Eldorado qui emplissent leur tête.
    le commandant Salvatore Piracci est en charge de la surveillance des frontières maritimes italiennes. Il doit repérer les embarcations suspectes – regorgeant d'hommes, de femmes et d'enfants souvent abandonnés par les passeurs. Il lui arrive de sauver ces gens de la noyade, d'avoir pitié d'eux, d'être en colère...mais son métier est de les empêcher de passer, c'est ainsi qu'à chaque fois, il remet son « chargement » aux autorités. Pourtant, une femme va complètement bouleverser la vie de cet homme en levant le voile sur ses responsabilités, sa morale et sa raison d'être humain.
    Souleiman envisage de tenter la grande odyssée qui le mènerait en Europe avec son frère Jamal. L'amour qui les unit renforce le courage de partir et apaise la douleur de quitter leur pays et leur famille. Mais, amputé très vite de son frère, Souleiman devra faire la route seul...Par deux fois, il croisera le chemin de Piracci.
    Ce roman, tellement d'actualité, met en lumière ce que ressentent les clandestins ; les problèmes d'identité et d'origine, les attaches viscérales que tout homme a avec son pays, l'importance des traditions, des coutumes et superstitions, les désillusions, les souffrances, l'intégration ... Gaudé ne joue pas sur la corde sensible avec le lecteur, il nous parle de ce fléau avec pudeur et avec une grande humanité.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-eldorado-89686110.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par clamy, le 05 avril 2012

    clamy
    Ce nouveau roman de Laurent Gaudé (pour moi) n'est certainement pas en retrait par rapport à ceux que j'ai déjà lus (La mort du Roi Tsongor ou Le soleil des Scorta). Roman profodément humaniste, où la réalité des clandestins essayant de fuir la misère locale nous est dépeinte sans emballage. Vérité crue, sévère, mais hélas trop d'actualité.
    Ce roman se passe encore en Italie, ou plutôt en Sicile, mais le sujet traité n'est-il pas malheureusement universel ?
    La subtilité supplémentaire est d'y avoir intégré un individu intègre, qui, à force d'effectuer ce travail ignoble, et au hasard d'une rencontre, en vient à se poser des questions existentielles sur sa propre vie. Comment continuer à se regarder tous les matins dans son miroir quand on est en partie responsable du renvoi au pays de tous ces clandestins venus tenter leur chance dans un pays en lequel ils croyaient ?
    Destins parallèles, destins croisés, on suit deux frères qui quittent leur patrie avec pour seul bagage l'espoir d'un monde meilleur, et ce commandant de fégate qui en vient à avoir honte de lui-même devant tant de misère et d'injustice.
    Ce récit ne fait aucun cadeau, décrit la vie de ces pauvres gens et leurs tentatives de fuite de la façon la plus crue, à tel point qu'on s'imagine parfois à l'époque du mur de Berlin, ou bien pendant la deuxième guerre mondiale quelque part dans un camp en Pologne.
    En ces périodes de campagne électorale, périodes pendant lesquelles on entend quelques propos fustigeant une certaine immigration, on n'a qu'une envie, celle d'expédier cet ouvrage à tous les candidats à l'élection présidentielle.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2011

    kathel
    J'ai beaucoup aimé La porte des enfers, et aussi Le soleil des Scorta, c'est encore l'Italie en toile de fond qui me parle ici. Mais quelle Italie ! Celle de la Sicile et de Lampedusa, celle où débarquent, quand ils sont chanceux, des centaines de candidats à l'émigration, sur des barcasses de fortune, laissés à la merci de passeurs dénués de scrupules ou abandonnés sur les flots. le commandant Piracci les recueille souvent à bord de sa vedette, c'est son métier de les confier ensuite aux carabinieri, ce métier qu'il pratique sans état d'âme depuis une dizaine d'années, jusqu'à une rencontre. Une femme l'aborde et lui revient son regard lorsqu'elle avait débarqué, puis il apprend sa terrible histoire. Il ne sera plus le même ensuite, jusqu'à tout laisser et partir pour un voyage peu ordinaire.
    De l'autre côté, là-bas, en Afrique de l'Est, deux jeunes hommes quittent leur mère, prennent la route pour l'Europe, quelques liasses de billets en poche pour tout viatique…
    Ces deux points de vue sur l'émigration sont plutôt originaux. C'est un sujet qui me touche et m'intéresse, et qui est souvent traité du côté de ceux qui arrivent et tentent de s'insérer dans le pays qu'ils ont élu. C'est le cas dans America de T C Boyle, dans Ru de Kim Thuy, Et les hommes sont venus de Chris Cleave, dans Tea-Bag d'Hennig Mankell, en partie aussi dans Le temps des miracles de Anne-Laure Bondoux. Plus rarement, et c'est le cas ici, parle-t-on de ceux qui ne sont pas encore partis et qui tentent par tous les moyens de rejoindre leur « Eldorado », tout chimérique qu'il soit. le point de vue qui consiste à montrer un marin chargé de patrouiller en Méditerranée pour intercepter toutes embarcations suspectes, est lui, tout à fait inédit dans mes lectures, et l'évolution du commandant Piracci est aussi inattendue que poignante.
    J'ai beaucoup aimé ce roman plein de sensibilité, ses personnages bien dessinés, avec leurs forces et leurs faiblesses, roman qui sait surprendre le lecteur malgré des ressorts dramatiques, et par conséquent des fins possibles, relativement attendus : émigration réussie ou retour au pays, vie ou mort…

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-laurent-gaude-eldorado-8..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par elfe, le 17 juillet 2009

    elfe
    A Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Gardien de la citadelle Europe depuis vingt ans, il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins qui ont tenté la grande aventure en sacrifiant toute leur misérable fortune… en sacrifiant parfois leur vie, car il n'est pas rare que les embarcations que la frégate du commandant accoste soient devenues des tombeaux flottants, abandonnés par les équipages qui ont promis un passage sûr et se sont sauvés à la faveur de la nuit, laissant hommes, femmes et enfants livrés à la plus abominable des dérives. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant Salvatore Piracci, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Touché par l'histoire qu'elle lui raconte, il se laisse peu à peu gagner par le doute, par la compassion, par l'humanité… et entreprend un grand voyage."4e de couverture"
    Ce livre parle de l'immigration. Nous marchons à côté de ces hommes qui affrontent les pires conditions pour passer la frontière et essayer de tenter leur chance dans un pays plus riche que le leur. Sans vouloir nous émouvoir, Laurent Gaudé nous raconte la vie quotidienne de ces hommes désespérés. C'est un livre dur, intense et qui fait réfléchir!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yoshi73, le 09 juillet 2011

    yoshi73
    Salvatore Piracci est garde-côte à Catane, Sicile. Son travail : repousser les bateaux de clandestins et, parfois, les sauver, lorsque la mer est déchaînée ou lorsque les bateaux ont été abandonnés en pleine mer par les passeurs. Salvatore est consciencieux dans son travail. Cependant, une faille va naître en lui à la rencontre d'une jeune femme. Celle-ci à rejoint l'Italie par le biais de passeurs sans scrupules. Elle a été abandonnée dans un bateau avec de nombreux autres clandestins. Lorsque l'équipe de Piracci les a localisé, il était déjà trop tard pour nombre d'entre eux, dont l'enfant de cette femme, mort et jeté à la mer. Quelques mois plus tard, elle reconnaît Piracci dans une rue de Catane et lui demande de l'aide : elle souhaite se venger et demande à Piracci de lui donner une arme.
    A partir de cet épisode, toutes les certitudes de Piracci vacillent. Il n'arrive plus à faire son travail. le regard de ces clandestins qui ont tout sacrifié pour s'offrir le voyage vers l'Eldorado européen et qui finissent par devoir rentrer chez eux ou par mourir loin des leurs dans des conditions inhumaines ne lui permet plus de garder la tête haute.
    Il décide alors de tout quitter et va entreprendre le voyage inverse des clandestins. C'est par bateau qu'il va rejoindre les côtes libyennes. Au gré des rencontres, il essaye de dissuader les locaux d'engager un voyage vers l'Europe en leur expliquant que l'Eldorado n'est qu'un fantasme, que l'Europe est touchée par le chômage et que leur vie là-bas ne sera pas facile. Mais Piracci se rend vite compte qu'il se heurte à un mur. Personne ne veut le croire.
    En parallèle de l'histoire de Piracci, l'auteur nous fait suivre le voyage d'un jeune soudanais pour rejoindre l'Europe.
    J'ai beaucoup aimé l'écriture de Laurent Gaudé que je découvre avec ce livre. Un livre dont la thématique est malheureusement d'actualité. Ce livre est plein d'humanité et, je pense, très réaliste. C'est une lecture qui ne laisse pas indemne ...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (21)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ilea, le 16 janvier 2009

    "l'herbe sera grasse, dit il, et les arbres chargés de fruits. De l'or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbèreront les rayons du soleil. Les forets frémiront de gibier et les lacs seront poissonneux. Tout sera doux la bas. Et la vie passera comme une caresse. L'eldorado commandant. Ils l'avaient au fond des yeux. Ils l'ont voulu jusqu'à ce que leur embarcation se retourne. En cela ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l'œil sec nous autres et nos vies sont lentes."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (21 votes positifs)
  • Par Eipoca, le 02 avril 2011

    Je me suis trompé. Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s'arracher la peau pour quitter son pays. Et qu'il n'y ait ni fils barbelés ni poste frontière n'y change rien. J'ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l'on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par ChezLo, le 18 décembre 2010

    - Vous dépouillez des miséreux, dit alors Salvatore Piracci en serrant les dents.
    - J'ai été comme eux, répondit-elle. Je sais ce qu'ils endurent. Et crois-moi, ils sont soulagés de trouver quelqu'un à qui donner leur argent, quelqu'un qui va prendre en charge leur douleur et leur offrir ce qu'ils veulent. Si je ne le faisais pas, d'autres le feraient. Plus mal. Et plus cher. Mes clients sont pauvres. Oui. Mais je ne vois pas pourquoi je devrais ajouter à leur désespoir en leur refusant la traversée. Ils se jetteraient à la mer pour y aller à lanage, s'ils ne m'avaient pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par stefferon, le 16 mars 2012

    Il pensa aux corps (...) il les voyait disparaître de la surface puis continuer à flotter dans les courants sous-marins, comme de grands oiseaux, bras écartés et bouche ouverte, loin du tumulte de la surface. Combien d'hommes étaient en train de mourir ainsi cette nuit, sans cri, sans témoin, avec leur seule peur pour escorte ? Il contemplait la mer tout autour de lui et il aurait voulu hurler. [...] Alors il demanda à Matteo de faire retentir la sirène en continu. Pour que les flots soient remplis de ce bruit. (...) Pour dire qu'ils avaient tout fait pour les trouver et pour s'excuser de n'y être pas parvenus.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par wictoria, le 19 janvier 2010

    Tuer. Elle n'avait vécu que pour cela. Le commandant se passa la main sur le visage. Il avait chaud. Il voulait se lever, faire quelques pas, lui parler de la vie qui lui restait à vivre, du passé qu'il fallait laisser derrière soi. Parler du malheur, lui dire qu'on ne se venge pas d'une tempête ou d'un cataclysme. Mais avant qu'il n'ait pu le faire, elle repris la parole et sa voix le gifla.
    - Ils m'ont fait payer le billet de mon fils. Mille cinq cent dollars, commandant. Mille cinq cent dollars pour mourir de soif dans mes bras. Comment voulez-vous que je pardonne ça ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Eldorado par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (362)

> voir plus

Quiz