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Par litolff, le 09/09/2012
Mon cher fils de
Leïla Sebbar
Vous savez, le hijeb, ça ne suffit pas pour se cacher, mon mari ne veut pas le jilbeb, il dit qu'une femme peut faire n'importe quoi avec le voile intégral dans la rue, personne ne peut la reconnaître, ça permet...
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Par litolff, le 09/09/2012
Mon cher fils de
Leïla Sebbar
Dites à mon fils que je l'aime, je sais, chez nous un père ne dit pas ces mots-là à son fils, il ne lui parle pas comme s'il l'aimait, même s'il l'aime, il n'a pas le droit, en France, j'ai remarqué, on dit partout, pas seulement à la télé, n'importe où, à n'importe qui, tout le temps "Je t'aime, nous, chez nous on l'entend dans les chansons à la radio, les chansons de tous les jours, pas dans la vie, jamais de la vie.
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Par litolff, le 28/09/2012
Fatima ou les algériennes au square de
Leïla Sebbar
Elle écrivait les noms de ses enfants lorsqu'elle se retrouvait seule dans l'après-midi, sans course de ménage ni démarche à faire. Elle aimait cet effort qui lui prenait, en peu de temps, plus d'énergie qu'une journée passée à aller de bureau en bureau.
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Par litolff, le 29/09/2012
Fatima ou les algériennes au square de
Leïla Sebbar
Elles apprivoisent le pays étranger de l’exil involontaire pour leurs enfants, pour qu’ils ne soient pas des étrangers dans le pays d’accueil, et qu’ils n’oublient pas les ancêtres musulmans
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Par Bibounde, le 31/10/2010
Fatima ou les algériennes au square de
Leïla Sebbar
Elle lui avait dit qu'elle pourrait prendre sa fille en apprentissage, si elle quittait l'école, si elle ne continuait pas au lycée. Fatima s'était indignée. Sa fille travaillait bien. Elle allait au lycée. Elle aurait le bac et si elle ne voulait pas être institutrice comme elle l'aurait souhaité, elle continuerait ses études. Babette demanda "Pour quoi faire ?" Fatima ne répondit pas. Elle dit "Elle suivra la Faculté, peut-être médecine... je ne sais pas..." Elle vit Babette sourire.
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Par Bibounde, le 31/10/2010
Fatima ou les algériennes au square de
Leïla Sebbar
Il ne parlait pas beaucoup. Elle le trouvait triste, il criait lorsqu'il la battait, il chantait à ce moment-là, il lui faisait peur, elle ne pensait plus que cet homme furieux était son père, ses gestes fous, ses hurlements contre elle, ses injures qui faisaient pleurer sa mère. La ceinture sifflait, la boucle l'atteignait au bras, au dos, à la cuisse, elle ne criait pas nepleurait pas, elle essayait d'échapper aux coups mais la pièce était petite.
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Par zazy, le 26/02/2013
Mon cher fils de
Leïla Sebbar
Et vous savez, chez nous, vous les voyez vous aussi, les chinois ouvriers sur les chantiers, les routes et les autoroutes dans tout le pays et nos jeunes ? On dit qu’ils ne sont pas formés qu’ils ne savent pas travailler, les écoles ça existe, l’argent du gaz, du pétrole, des écoles professionnelles, c’est possible, non ? C’est ce que je répète tout le temps. Le pays n’est pas gouverné, mal gouverné, ils gouvernent pour eux pas pour nous. C’est comme ça depuis trop longtemps… Et tous ceux qui sont morts pour un pays libre, le pays est libre, oui mais un pays, une république, c’est une république chez nous, qui oublie les principes de la justice, l’égalité, le travail, l’éducation, la santé, le logement pour tous, hommes et femmes…. Vous avez vu les bidonvilles ? Je marche dans la ville, partout, et ces bidonvilles, cette misère dans un état si riche…. C’est des voyous, voilà ce que je pense, ce que je dis, des voyous nous gouvernent
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Une enfance juive en Méditerranée musulmane de
Leïla Sebbar
C'était une époque joyeuse et sans soucis, une époque d'innocence et de bonheur, mais peu de ses couleurs chatoyantes et vives étaient teintées de judaîsme, peu de ses merveilleuses sonorités, intenses et variées, étaient de tonalité juive.
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Par zazy, le 26/02/2013
Mon cher fils de
Leïla Sebbar
La jeune fille est assise en face du vieil homme. Elle écrit, elle s’applique. Il suit » « D’une voix basse, il dit « Mon cher fils… ». Elle écrit « Mon chef fils » puis plus rien. L’homme soudain se met à parler avec précaution, son fils, il ne l’a pas vu depuis si longtemps, il lui écrit presque chaque jour, elle peut en témoigner, et il n’entend pas sa voix dans les mots qu’il n’écrit pas, les lettres se perdent, l’avion postal les jette à la mer, l’adresse n’est pas la bonne, son fils est inconnu à cette adresse, il n’en a pas d’autre, il ne veut pas écrire à son fils chez sa femme l’une des filles lirait la lettre, alors quoi comment savoir, son fils où est-il, que fait-il, il ne sait pas qu’il a un père au pays, qui chaque jour, depuis son banc sous la treille, attend le pas du facteur, le facteur à l’âge de son fils, ils se parlent parfois, le facteur s’assoit près de lui, un thé, deux thés et il s’en va
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Par Yannickge, le 02/08/2012
Mon cher fils de
Leïla Sebbar
"Je sais ma fille, je sais. J'ignore ce qui t'intéresse, cette guerre... Si les enfants ne cherchent pas à comprendre, à savoir, s'ils ne posent pas de questions, comment leur raconter sans les ennuyer, comment dire au plus juste, avec des mots simples et précis, des mots qui les touchent des histoires de guerre, de camps, d'exode et de mort qui ne sont pas leur histoire ? Comment ?" Alma interrompt son père "Pourquoi tu me parles comme ça ? On dirait un vieux professeur aigri qui ne sait plus s'adresser à ses fils ni à ses filles, comme si tout les séparait. On parle la même langue, non ?" "Pas toujours, ma fille, pas toujours. Parler la même langue ne suffit pas, déjà, un père et sa fille..."
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