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Par Zebra, le 31/01/2013
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
page 159
[...] Quand j'arrivai à la maison, maman et Rosa m'attendaient, l'air soucieux. Maman fumait cigarette sur cigarette, et Rosa, toujours aussi pragmatique, insistait pour que nous restions calmes, disant qu'on n'arriverait à rien en réagissant comme Cristina.
Cristina était enfermée depuis plusieurs heures dans la salle de bains et refusait d'ouvrir la porte. Rosa s'entêtait à dire que le mieux était de faire sauter la porte pour voir si la petite n'avait pas avalé un autre flacon de médicaments, parce que nous savions qu'au moindre relâchement de sa mère, Cristina faisait main basse sur les médicaments de sa pharmacie. Mais maman, toujours aussi soucieuse du quand-dira-t-on, insistait sur le fait qu'il valait mieux éviter, parce que avec le vacarme que nous allions faire en jetant la porte par terre, tous les voisins seraient alertés. Moi, franchement, je trouvais cette obsession des voisins un peu absurde, comme si à ce stade là, tous n'avaient pas été au courant des scènes de Cristinita !
Je m'approchai de la porte de la salle de bains et, sans grande conviction, murmurai :
- Cristina, c'est moi, Ana, tu vas bien ?
Au début, pas de réponse, mais au bout d'un moment la porte s'entrouvrit, juste un peu, et j'aperçus la tête échevelée de ma sœur qui, lorsqu'elle constata que ni maman ni Rosa n'étaient visibles, ouvrit un peu plus la porte et me laissa passer. J'entrai dans la salle de bains et Cristina referma le verrou derrière moi. [...]
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Par shmoe72, le 12/06/2013
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
On ne regrette pas les personnes qu'on a aimées.Ce qu'on regrette, c'est la partie de nous- mêmes qui s'en va avec elles.
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Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Il vaut mieux regretter le manque que de finir par regretter la présence. Je préfère la nostalgie à la routine.
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Par malaikat, le 07/01/2009
Béatriz et les corps célestes de
Lucia Etxebarria
Car tout ce que l'on écrit n'est finalement qu'une note en bas de page d'un écrit antérieur. Il n'existe qu'un sujet: la vie, et la vie est toujours la même; un même rayonnement imprègne l'univers tout entier et il n'émane d'aucun objet en particulier. Nos actes et nos amours sont la répétition d'actes et d'amours passés, et c'est pourquoi, dans un livre, nous trouverons toujours une réponse à certaines de nos questions. L'ennui c'est que nous ne comprendrons jamais rien à ce qui est écrit avant de l'avoir vécu d'une manière ou d'une autre.
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Par Dosamuse, le 21/02/2013
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Douze heures de mon temps quotidien sont hypothéquées pour obtenir l'argent qui paie ce luxe dont je ne profite pas.
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Par Audreyy, le 06/09/2012
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Le monde est plein de vampires. Celui qui mord a été mordu un jour. Celui qui abuse a souffert d'abus. Celui qui frappe a été frappé. Celui qui abuse a été abusé. Le bien et le mal ne surgissent pas du néant, quelqu'un les a fait entrer dans notre tête à coups de marteau.
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Par Luniver, le 27/05/2013
Béatriz et les corps célestes de
Lucia Etxebarria
Je ne voulus pas lui dire que c'était la première fois pour moi. Il ne s'en rendit pas compte. Il n'y avait eu ni douleur ni sang. On m'avait tant mise en garde quand j'étais plus jeune, que très longtemps j'avais imaginé qu'après la première rencontre amoureuse, on devait garder le lit pendant des semaines pour soigner la blessure, et je me voyais à l'hôpital, avec un bouquet de roses rouges, très rouges sur la table de nuit.
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Par Luniver, le 09/04/2013
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Tu vivras de nombreuses passions, disait ma carte astrale, me plaçant sous l'ascendant d'amours intenses et fugaces. Un rosaire de noms reliés par des baisers, certains sobres, d'autres plus tendres. Ils sont plus ou moins grands, châtains ou bruns, il y en a de toutes sortes. Un trait commun les définit tous, la virilité qui s'agite avec inquiétude entre leurs jambes.
Certaines s'affirment, hautes, orgueilleuses. Fermes et obstinées, dressées comme des mâts. Puissantes et astucieuses, sûres d'elles, bonnes raisonneuses, mûres, décidées, elles envahissent tout. Elles entrent, s'appproprient les lieux et, une fois introduite, solidement encastrées, elles savent qu'elles sont à leur place, connaissent leur rôle. Elles entrent, sortent, s'émeuvent, accélèrent le mouvement, conscientes de leur empire. Empires d'une nuit, monarchies d'un baiser.
Il en est d'autres plus petites, inquiètes et espiègles. Turbulentes, curieuses, elles ne manquent jamais d'espace pour jouer, chercher et se perdre. Douces exploratrices, elles vous échappent parfois, glissantes comme des couleuvres, comme le savon dans la baignoire. Elles patinent, surprises, sur les cuisses mouillées, et repartent à l'escalade, anxieuses et impatientes, bondissant avec vivacité, vers le refuge humide et chaud qui les attend, elles le savent. Petits poissons qui sautent dans votre courant interne, heureux et trempés, peu leur importe comment et où. Jeunes d'esprit, c'est tout juste si elles se prennent elles-mêmes au sérieux.
Tu pourras les aimer beaucoup sans jamais les posséder. Elles pourront t'aimer encore plus sans que tu ne leur appartiennes jamais. Farouches et rieuses, fugaces, bruyantes, elles n'auront laissé ni sillage ni empreintes derrière elles. À peine le souvenir, flou et nostalgique, des heures heureuses, les seules qui comptent, celles qui ont été véritablement vécues.
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Par x-Kah-mi, le 20/12/2010
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
- Ce qu’il ne faut pas entendre. Tu vois ? Moi, comme serveuse, je n’ai pas ce genre de problèmes.
- Tu n’as aucune possibilité de promotion non plus. Et aucun avenir. Aujourd’hui tu as vingt-quatre ans et tu es très jolie derrière un comptoir, mais dans dix ans, quand ta poitrine sera tombée et que tu pourras jouer au foot avec tes seins, personne ne t’engagera comme serveuse. Alors tu comprendras que tu as mal utilisé ton temps et ta tête.
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Par Dosamuse, le 28/02/2013
Amour, Prozac et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Aujourd'hui, presque personne ne sait qui était Lilith, bien que tout le monde connaisse le mythe d'Eve. Ceux qui ont écrit la Bible ont gagné.