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Par AgathaMM, le 08/02/2012
Amour, Prozac, et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
Je ne regrette absolument pas ma décision, et jamais, au grand jamais, je ne retournerais travailler dans une multinationale.
Plutôt devenir une pute.
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Par malaikat, le 07/01/2009
Béatriz et les corps célestes de
Lucia Etxebarria
Car tout ce que l'on écrit n'est finalement qu'une note en bas de page d'un écrit antérieur. Il n'existe qu'un sujet: la vie, et la vie est toujours la même; un même rayonnement imprègne l'univers tout entier et il n'émane d'aucun objet en particulier. Nos actes et nos amours sont la répétition d'actes et d'amours passés, et c'est pourquoi, dans un livre, nous trouverons toujours une réponse à certaines de nos questions. L'ennui c'est que nous ne comprendrons jamais rien à ce qui est écrit avant de l'avoir vécu d'une manière ou d'une autre.
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Par ChezLo, le 26/05/2010
Sex & Love Addicts de
Lucia Etxebarria
Elle essaya de ne pas se laisser obnubiler par lui, de se résoudre à ce qu'il n'y ait rien à espérer, pas de rencontre à provoquer, d'évènement à fêter, de secret à découvrir, de relation à entretenir, bien que soit demeuré dans le tréfonds de sa mémoire l'espoir sourd et aveugle, obtus et obstiné, qu'à nouveau quelque chose se passe entre eux, car la nostalgie lui venait au moment le plus inattendu, en voyant quelqu'un reproduire une attitude qu'elle avait vu prendre, en lisant une expression qu'elle avait entendu prononcer.
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Par Aphone, le 24/01/2010
Béatriz et les corps célestes de
Lucia Etxebarria
Ralph me quitta aussi par une nuit de pleine lune. On se revit bien des soirs, à la cafétéria. On discutait de choses et d'autres comme si on ne s'était jamais embrassés, comme si on n'avait pas partagé notre sueur, nos orgasmes dans le lit. Comme si nous n'avions pas de mémoire. J'acceptais cette froideur absurde sans broncher, résignée, comme si cela avait été joué d'avance.
Cela se passa une nuit où Cat travaillait au bar et où je traversais à nouveau un passage à vide. Tout à coup je m'étais retrouvée seule et désemparée, loin de Madrid, loin de chez moi, de Monica, immergée dans une vie que je ne comprenais pas et à laquelle je ne participais pas. J'avais désespérément besoin de parler à quelqu'un, de m'en sentir proche, de traverser les eaux de cet océan boueux, de remonter à la surface et de toucher la lumière du bout des doigts. Je ne pouvais pas me tourner vers Cat car elle n'avait pas le droit de recevoir des appels durant ses heures de travail, sauf en cas d'extrême urgence. J'appelai donc les renseignements et demandai le numéro de Ralph. Mr. Scott-Foreman, 9, Baker Street. Si incroyable que cela puisse paraître, je n'avais pas son numéro, je ne l'avais jamais appelé.
Sa voix sombre et caverneuse, dissociée de sa personne physique, acquérait une nuance différente, follement bandante. Elle m'attrapait d'une façon aussi immédiate que la musique. Je ressentis soudain un besoin impérieux de l'avoir près de moi, de danser au rythme de cette voix cadencée, de me laisser emporter par son courant de testostérone. Il n'avait pas l'air surpris, alors que je ne l'avais jamais appelé auparavant et qu'il ne m'avait jamais donné son numéro. Comment vas-tu ? demanda-t-il. J'attendis quelques secondes pendant lesquelles j'entendais une musique ambient en toile de fond. Je ne sais pas, dis-je enfin. Pas très bien. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? dit-il. Je me sens seule. Nous sommes tous seuls, répondit-il. Plus vite tu t'y habitueras, mieux ça vaudra. Je n'ai pas envie de commencer à m'y habituer cette nuit. Pas vraiment cette nuit. J'espérais qu'il m'inviterait chez lui, mais il se tut. Les synthétiseurs de The Orb reprirent possession du silence. Qu'est-ce que tu fais ce soir ? demandai-je enfin. Je travaille à ma thèse, répondit-il, d'ailleurs je dois m'y remettre. Prends soin de toi. On se voit bientôt. Puis il raccrocha.
Je sortis dans la rue. La froidure s'abattait, la nuit tombait et la brume s'emparait de la ville aussi vite que l'angoisse qui dévorait mon organisme. Les contours des immeubles se diluaient, menaçants. Le monde semblait léger et un peu vide. Je marchais dans Édimbourg et je me sentais comme dans un rêve. Les points de repère - le château, le pont, la colline - étaient suspendus en l'air comme dans un décor de théâtre, isolés au milieu de la brume. J'avançais à la dérive dans un paysage incomplet, une sorte d'ébauche de Édimbourg que je connaissais, lampadaires et tours flottaient hors contexte, dans l'air tacheté de petits points lumineux.
Soudain je la vis dans le ciel, immense, pleine de présage, voilée de larmes et de nuages, embuée par ma propre respiration. L'image brouillée de la pleine lune. Superstition absurde, mais le fait est que par tradition, depuis que je connais Cat, je faisais l'amour toutes les nuits de pleine lune. Toutes les nuits de pleine lune, excepté celle-ci. J'aurais pu, pourquoi pas, rentrer à la maison et attendre qu'elle revienne. Mais je n'avais pas envie de Cat : j'étais déprimée et n'avais ni l'énergie ni les sourires nécessaires. Une sorte de fidélité absurde faite chromosome, imprimée dans mon patrimoine génétique, devait me forcer à désirer Ralph et seulement lui, du moins cette nuit. De sorte que je rebroussai chemin en zigzaguant sur les trottoirs, en esquivant des ivrognes et en réfléchissant. Mon rival, mon compétiteur, mon amant, cet homme dont j'enviais l'argent, la tranquillité et le sang-froid qui me manquaient, m'avait fait faux bond au moment où j'avais besoin de lui.
D'un côté je culpabilisais terriblement de vouloir lui imposer ma présence à toute heure, d'être aussi possessive et pressante, de vouloir qu'il vive pour moi. De l'autre, n'avais-je pas lu dans un tas de livres que cette obsession pour l'objet du désir, cette envie d'exclusivité était un sentiment universel ? On s'était l'un et l'autre comportés comme des lâches. Je ne m'étais pas décidée entre Cat et lui. Il ne s'était pas décidé pour moi.
Je me suis demandé pourquoi, Beatriz, malgré la clarté de ce qui t'arrive, alors que tu as déjà choisi, que tu restes avec la légitime, avec ta fille-chat, celle qui peut t'offrir une stabilité et un lien solide, fondé sur le temps et les complicités construites pas à pas, pourquoi n'assumes-tu pas ton choix jusqu'au bout ? Pourquoi ne cesses-tu pas d'appeler Ralph, pourquoi es-tu obsédée par ce que tu n'as pas ? Mais bordel, pourquoi n'acceptes-tu pas une fois pour toutes l'impossibilité de ce qui ne peut pas être ?
Ce qui fait mal, ce qui faisait vraiment mal, c'était cette blessure infectée d'impuissance, ce vouloir et ne pas pouvoir qui me rongeait. L'essence de mon angoisse était dans les désirs réprimés et les rencontres avortées. Tout ce que j'aurais pu mais ne pouvais ni donner ni recevoir. For all the lovers and sweethearts we'll never meet. Et je me demandais : comment osé-je réclamer une exclusivité que je ne peux moi-même offrir ?
Je me suis arrêtée devant une cabine. J'y suis entrée. J'avais retenu le numéro de Ralph, imprimé dans ma mémoire à l'encre du désir. J'ai introduit une pièce et j'ai composé les sept numéros. Il a décroché.
- C'est encore moi. J'ai envie de te voir.
- Je t'ai dit que ce n'était pas possible.
- Il y a quelqu'un chez toi ? ai-je demandé.
- Non je suis seul.
Pause interminable. On entendait The Orb au loin, bande-son de mon anxiété. Au bout d'un moment, j'ai entendu à nouveau sa voix. Beatriz ... Ce prénom sonnait différemment dans sa bouche, ce n'était plus le mien, celui que m'avait choisi ma mère, c'était celui qu'il m'accordait, lui, qui me muait en quelqu'un d'autre par le seul fait de prononcer le z comme un s. Béatrice ... Il ne voulait pas être mon Dante.
- Beatriz, je crois que tu attends trop de moi. Tu attends ce que je ne peux pas te donner. Il y a des choses que je ne peux pas me permettre.
- Qu'est-ce que tu ne peux pas te permettre ?
- Laissons tomber. Beatriz, je ne veux pas aller plus loin. Je ne veux pas t'expliquer ... Et tu es trop intelligente pour continuer à me questionner.
Je ne soufflai mot.
- Ca va ? ai-je entendu.
Je n'ouvris plus la bouche. Je reposai le combiné à sa place. Il ne m'avait jamais rien promis, il avait raison. Je n'avais même pas le droit de poser des questions.
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Par x-Kah-mi, le 20/12/2010
Amour, Prozac, et autres curiosités de
Lucia Etxebarria
- Ce qu’il ne faut pas entendre. Tu vois ? Moi, comme serveuse, je n’ai pas ce genre de problèmes.
- Tu n’as aucune possibilité de promotion non plus. Et aucun avenir. Aujourd’hui tu as vingt-quatre ans et tu es très jolie derrière un comptoir, mais dans dix ans, quand ta poitrine sera tombée et que tu pourras jouer au foot avec tes seins, personne ne t’engagera comme serveuse. Alors tu comprendras que tu as mal utilisé ton temps et ta tête.
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Par Aphone, le 10/01/2010
Un miracle en équilibre de
Lucia Etxebarria
Un miracle en équilibre
- Je croyais que cela me faisait du bien de naviguer, sans jamais arriver au port, sur l'océan agité de l'alcool qui panse les blessures
- Buvant jusqu'à perdre contrôle
- La réalité est multiforme
- L'argent est un métal sans coeur qui n'achète pas ce que l'on veut (mais au moins, il paie les factures)
- Ceux qui ne s'aiment guère attirent des gens qui les aimeront encore moins
- L'effet bambi ^^
- Les enfants qu'on laisse pleurer sans les consoler apprennent qu'il ne peuvent pas obtenir de réaction de leur environnement, que tout le monde s'en fiche de savoir ce dont ils ont besoin, bref, qu'ils sont seuls au monde.
- Je te regarde me quitter et je te laisse m'en aller ...
- On dit que le sage véritable est celui qui apprend à être heureux, ou du moins à être serein, car il ordonne sa vie et le fortifie par la raison, de façon que les affronts et catastrophes l'affectent le moins possible.
- Ce qui ne te tue pas te rend plus fort
- Que fait un écrivain, sinon se construire une réalité alternative pour fuir celle qui l'entoure ?
- Parce qu'offrir bonheur ou consolation à quelqu'un rend aussi heureux celui qui offre
- Je vivais au pays de l'oubli, au pays gris de l'alcool
- On s'accroche à la drogue parce qu'on a tout un tas de problèmes, et ensuite on en a plus qu'un : la drogue
- Quand on croit aller mal, on peut toujours se dire qu'il y a des gens qui vont encore plus mal. Et ça ne console de rien, ça ne fait que rendre plus triste, on se sent encore plus impuissante si c'est possible.
- Elle sait que parler sincèrement signifie rompre certains liens, mais pour en nouer d'autres, moins resserés, moins étouffants. Des liens anciens qu'il fallait rompre tôt ou tard car il devenait peu à peu la corde qui soutient le pendu. Et que la culpabilité est le prix à payer pour la liberté.
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Par Kro, le 01/05/2010
De l'amour et autres mensonges de
Lucia Etxebarria
Sara contemplait éblouie un tableau dont les tons rappelaient le pelage de son siamois. Ruth ne put s'empêcher de se demander si Rothko plaisait Juan. Il n'y avait pas si longtemps, elle aurait garanti que Juan adorait Rothko. Mais, en réalité, elle n'en était pas si certaine, elle ne se souvenait pas qu'il ait jamais exprimé un avis sur le peintre, ni même qu'il ait semblé le connaître. Ruth avait supposé que Juan appréciait Rothko du simple fait qu'elle l'aimait elle. Elle avait prêté à Juan un goût artistique d'une grande finesse mais, au fond, elle n'avait jamais visité d'exposition avec lui. Ce n'était pas Juan qu'elle avait aimé mais l'idée qu'elle s'était forgée de lui. Elle avait aimé un concept, une image créee par elle. Elle s'était aimée elle-même à travers lui, et son amour n'avait été qu'un mirage, une projection, une illusion.
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Par ennA, le 28/12/2010
Ce que les hommes ne savent pas : Le sexe vu par les femmes de
Lucia Etxebarria
Quand les gens sont mal dans leur peau, ils se raccrochent à n'importe quoi. A l'alcool, au hasch, à la coke, aux chats, aux blogs, à n'importe quoi pour ne plus rester seuls, avec quelqu'un qu'ils ne supportent plus: eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils sont si nombreux à rechercher maladivement une façon de sortir de soi, d'échapper à ce tohu-bohu d'idées qui se bousculent dans leur tête jusqu'à les rendre fous. Ils se raccrochent aussi au sexe.
Car le sexe, nous le savons bien, est capable de procurer l'illusion de ne plus être. Il nous donne ce sentiment de fusion, qui fait croire que l'on cesse d'être soi pour faire partie d'un autre. Ou que l'on quitte son corps pour entrer dans une autre dimension.
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Par Kro, le 01/05/2010
De l'amour et autres mensonges de
Lucia Etxebarria
Avec Biotza, Juan ne connaissait ni la fièvre de la passion ni l'égarement des sens mais une tendresse nourrie de tranquilles habitudes. Il n'avait ni à se battre ni à souffrir pour l'avoir. Elle lui était acquise.(...) Ainsi s'écoulaient les jours, paisiblement, Juan ayant réintégré le rang des gens calmes et de bonne composition pour qui le mieux est l'ennemi du bien.
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Béatriz et les corps célestes de
Lucia Etxebarria
Tu penses que tu souffres d’un amour si désespéré que tu t’obstines à garder ton amie coûte que coûte, bien que tu la craignes et parfois la méprises ou même la haïsses, mais la vérité, la triste vérité, c’est que tu l’aimes aussi. Tu l’aimes à la folie, c’est le cas de le dire. Tu te sens incapable de te passer d’elle car tes affects sont très primaires : tu aimes ton amie de la même manière que tu aurais dû aimer ton père ou ta mère, de façon irrationnelle et infantile. Idéalement, tu le sais, les relations doivent être fondées sur une communauté d’idées, d’opinions et d’intérêts, mais toi, tu les établis exclusivement sur ton besoin désespéré d’amour et tu es prêt à tout sacrifier pour te sentir aimée, y compris tes principes et ta propre sécurité. En même temps, tu sais qu’auprès de ton amie et de son jules tu es en train de dépérir comme une petite lampe qui s’éteint.
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