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Par Hebephrenie, le 29/08/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Recette à scandale : un écrivain sulfureux, une vision de l'art trop réaliste, un name-dropping sans délicatesse?
Et vous obtiendrez : un prétendu prétendant à la présumée plus haute récompense littéraire française, le Goncourt.
Alors, au-delà des vitupérations des bien-pensant, je dirai que je suis déçue. J'avais tant aimé le Houellebecq d'Extension du domaine de la lutte. Ici, je suis choquée par la fadeur. Le style est travaillé, la construction orchestrale (avec une troisième partie empruntant au polar), mais la mise en scène d'un alter-ego à peine masqué (MH lui-même) est de trop.
On connait sa misanthropie. On sourit devant ses attaques du monde de la presse, sa défense contre la jalousie (ex)acerb(é)e qu'il génère.
Sa vision de la société, que tous les critiques portent aujourd'hui aux nues alors qu'ils la décriaient il y a quelques années, a toujours cette acuité.
Mais c'est comme s'il manquait quelque chose. Ce petit rien qui faisait de quelques lignes une claque en pleine gueule. Peut-être parce que j'ai grandi? Parce qu'il s'est assagi?
Je ne pourrai pas trancher : mais quand même, pas le Goncourt...
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Par doyoubnf, le 19/10/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Houellebecq.
Le genre d’auteur dont le nom-logo et la figure médiatique risquent d’étouffer à l’avance toute tentative de lecture proche du texte et sans préjugés. Je plaide d’ailleurs coupable, moi qui avais toujours remis à plus tard l’ouverture d’un de ses livres pour ces mêmes mauvaises raisons. Et je suis heureux de voir que la plupart des contributeurs précédents se sont justement attachés à éviter l’écueil du va-et-vient systématique entre l’homme de chair (à média) et l’homme de mots. Pour un nouveau venu comme moi sur Babelio, c’est une preuve de qualité et d’exigence de la part de mes camarades lecteurs, et donc une motivation à participer.
Alors je profiterai, lâchement, du fait que j’arrive un peu après la bataille pour vous épargner une énième répétition de l’intrigue et des thématiques principales, déjà bien résumées précédemment. Je m’étonne simplement, et c'est ce qui me pousse à écrire une nouvelle critique de "La carte et le territoire", que personne n’ait souligné ici ce qui me semble être l’objet principal de ce livre, comme d’une bonne partie de l’œuvre de Houellebecq (celle que j’ai lue, en tout cas, c'est-à-dire "Extension du domaine de la lutte", "Les particules élémentaires" et donc ce dernier roman) : à savoir la mise en mots du vieillissement individuel et de la coupure radicale entre l’être humain et le monde, qui sont les deux facettes de la même finitude.
On peut penser que ce sont là des thèmes rebattus. Ils le sont. On peut contester à Houellebecq jusqu’à l’originalité de son intrigue principale (je pense à la critique incisive et peu développée de Peyotl du 02/10, ou à certains billets lus sur des blogs extérieurs et comparant le dernier livre de Houellebecq à celui de Coetzee, "Summertime", par exemple ; ne les ayant pas lus moi-même, je vous laisse juges). D’accord. Mais il reste, me semble-t-il, que "La carte et le territoire", en plus d’être un livre bien écrit (ce qui n’est déjà pas si mal par les temps qui courent) présente une description très précise et sensible du sentiment qui envahit, tôt ou tard, chacun d’entre nous lorsqu’il réalise, vraiment, que le temps passe. Inexorablement.
Par peur d’être trop long, je me limiterai à commenter trois éléments essentiels du livre, qui ne sont évidemment pas exhaustifs et que je choisis en toute subjectivité (puisqu’on ne peut pas faire autrement).
Tout d’abord, le rapport qui donne son titre à l’œuvre entre la « carte » et le « territoire ». Houellebecq parvient à renouveler en partie un topos de la littérature et de la pensée, récurrent et déjà analysé ici : la relation qui existe entre la réalité et la fiction, entre l’objet et sa représentation. Entre l’être et la pensée. Depuis Borges et sa réflexion par l’absurde sur une carte d’échelle 1 :1, si parfaite qu’elle recouvre entièrement et point par point le territoire qu’elle devrait représenter (voir « De la rigueur de la science », dans son "Histoire universelle de l’infamie", très court texte qui possède bien des points de rapprochement possible avec le livre de Houellebecq), je n’avais pas lu, pour ma part, de récit plus captivant sur la question (mais j'ai sans doute trop peu lu). En créant un personnage de littérature qui est un peintre décidant un jour de photographier la France à travers des cartes routières, Houellebecq fait même de Jed Martin une sorte de condensé littéraire de l’artifice et de mise en abyme de la représentation.
Le rapport de Jed avec son père, par ailleurs. Une des trois relations « impossibles » du livre (avec l’amour impossible entre Olga et Jed et l’amitié impossible entre Houellebecq et Jed), et pourtant celle qui se rapproche le plus du contact effectivement établi entre deux êtres, peut-être justement parce que c'est la seule qui, contre vents et marées, « vieillit » avec eux et dure vraiment. A mon sens, un des passages du livre les mieux réussis est celui où le père de Jed consent à venir passer le réveillon chez lui. Outre la discussion, pour la première fois longue et tendue, qu’ont le père et le fils, j’ai été particulièrement ému (oui, ému, parce que Houellebecq quoi qu'on en dise, c'est d'abord une écriture de la tendresse, inaccessible certes, mais toujours là), par le passage où son père lui demande une cigarette :
« J’ai envie de fumer une cigarette…dit-il. Tu en as ?
– Je ne fume pas. » Jed se leva d’un bond. « Mais je peux y aller. Je connais un tabac place d’Italie ouvert tard le soir. Et puis…il consulta sa montre avec incrédulité, il n’est que huit heures.
– Même le soir de Noël, tu crois qu’ils sont ouverts ?
– Je peux essayer. »
Il enfila son manteau. En sortant, il fut giflé par une violente bourrasque ; des flocons de neige tourbillonnaient dans l’atmosphère glaciale, il devait faire dix degrés en dessous de zéro. Place d’Italie, le bar-tabac était en train de fermer. Le patron revint en maugréant derrière son comptoir.
« Qu’est-ce que ce sera ?
– Des cigarettes.
– Quelle marque ?
– Je ne sais pas. Des bonnes cigarettes. »
L’autre lui jeta un regard excédé. « Des Dunhill ! Des Dunhill et des Gitanes ! Et un briquet !... » (p. 216-217).
La fin du livre, enfin. Végétale. On retrouve les mêmes thèmes que dans "Extension du domaine de la lutte", où le narrateur termine sa course en forêt (sans que la "fusion sublime" n'ait eu lieu), et "Les particules élémentaires", où un autre narrateur, d’une espèce plus évoluée que la nôtre, nous rend un hommage posthume pour avoir su, finalement, nous autodétruire. Les « représentations des êtres humains », c'est-à-dire les êtres humaines en tant que tels, qui ne sommes pour nous-mêmes que représentations éphémères, « se délitent sous l’effet des intempéries, puis se décomposent et partent en lambeaux [...] Le triomphe de la végétation est total » (p. 428).
Voilà ce qui nous attend et voilà ce qu’écrit Houellebecq, en bon auteur d’anticipation (au sens littéraire du mot ; de science fiction, quoi). Et voilà pourquoi ce livre est « sympathique », au sens étymologique du mot, cette fois-ci : il nous permet de souffrir ensemble.
Lien : http://doyoubnf.over-blog.com/
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Par Kalliope, le 07/12/2011
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Un ouvrage de cet auteur, c’est toujours un peu… spécial ! Et celui-ci est encore bien différent des précédents. En effet, Houellebecq s’y met en scène, mais comme si le texte était écrit par un autre écrivain. Cela ne manque en tout cas pas d’originalité. En plus de l’histoire proprement dite, j’ai beaucoup apprécié les passages d’une sorte de « chronique mondaine » pleine d’un humour au 36ème degré. J’ai moins aimé les passages peu ragoûtants de l’enquête policière qui, tout à coup, s’immisce dans le livre.
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Par Stemilou, le 27/10/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Débuter un Houellebecq c’est entrer dans la polémique c’est bien connu mais pas cette fois, à mon grand étonnement ce roman est réellement épatant et plein d’humour.
C’est avec un personnage énigmatique que l’auteur nous balade à travers le temps (puisque le roman de déroule sur plusieurs années), à travers la vie de Jed Martin mais surtout de son destin. Un homme qui prend la vie comme elle vient, il est photographe puis peintre puis photographe ; le succès est toujours au rendez-vous quoiqu’il présente, le talent probablement ou bien la chance sauf que Jed s’en moque un peu, lorsque son galeriste l’informe qu’il a gagné 15 millions grâce à ses œuvres cela lui fait ni chaud ni froid.
Ses relations avec le monde extérieur sont quelques peu limitées, celles avec les femmes quasi inexistantes, il s’enferme dans son atelier et s’abandonne à son art, seul son père est pour ainsi dire présent du début à la fin, enfin il y pense. La solitude est son mode de vie.
Il est donc question de l’art et de l’artiste et de ce que celui-ci nous apporte de sa vision du monde, de la société, des autres notamment des personnages emblématiques de notre époque plongés dans cette fiction, tel un Jean-Pierre Pernaut gay, ou Bill Gates mais aussi des écrivains Frédéric Beigbeder et Michel Houellebecq himself (dépeint en écrivain torturé, triste et pathétique)! Un genre de réalité virtuelle de notre société de consommation sur laquelle l’auteur tire à bout portant.
Tout est limpide et complexe à la fois, blanc et noir, un roman sur l’art qui se termine en thriller, décidément l’art d’écrire est quand même bien plus subtil qu’il n’y paraît.
Une chose étrange toutefois c’est cette facilité à passer du coq à l’âne, on est fermement encré dans l’histoire lorsque l’auteur décide de nous plonger dans une notice d’appareil photo voire de voiture, sans que cela ne paraissent pas plus étrange que ça. Un style dépouillé et apathique voire dépressif avec une pincée d’humour. Original.
Que dire de plus sinon que j’ai aimé et c’est un bon roman, oui oui !! j’ai écrit bon roman en parlant du dernier Houellebecq.
Lien : http://www.stemilou-books.com/article-la-carte-et-le-territoire-michel-houell...
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Par Pepina, le 07/11/2011
La Possibilité d'une île
de
Michel Houellebecq
J'ai mis un temps fou à me mettre à Houellebecq. Et je ne le regrette par car je n'étais pas prête. Mais là j'ai su vraiment l'apprécier. Houellebecq est quand même très fort, n'endéplaise à ses détracteurs, parce qu'il construit super bien son roman, il connait les ficelles pour faire un bon roman de science-fiction mais il ne fait pas que ça, c'est quelque chose de très contemporain, avec un véritable travail littéraire par la présentation de ses chapitres, la narration... Bref il est fort! Et puis c'est drôle, c'est pas cucul la praline. En ce qui me concerne j'ai été rapidement happée par l'intrigue, j'avais envie de savoir ce qui arriverait au personnage principal et j'avais plus du tout envie de m'arrêter.
En plus, voilà encore un livre qui réussi à être autre chose que juste un passe-temps parce que quand on le referme on ne peut pas ne pas avoir une sensation étrange, un peu inconfortable... Mais c'est ça qui est bon!
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Par bvb09, le 24/10/2011
La Possibilité d'une île
de
Michel Houellebecq
Houellbecq a un ennemi qui écrit des livres à son sujet, qui ennonce qu´il s´agit de littérature pour quadragénaire de classe moyenne sous-cultivé. Me reconnaissant dans ce portrait que j´estime flatteur - j´aurais pu être arrogant, snob et parisianiste, j´ai lu ce livre et j´ai aimé le premier roman de sciences fiction humaine de ma vie... Comme j´ai aimé les autres. J´ai aussi apprécié la confession d´un critique littéraire qui regrettait de ne pas avoir plus soutenu ce livre lors de sa sortie. Imagination et talent.
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Par Malaura, le 04/09/2011
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Scandée par les problèmes de chauffe-eau de son appartement, les dîners de fin d'année avec son père, architecte à la retraite en fin de vie, les relations féminines éphémères qu'il laissera échapper (notamment avec la belle russe Olga), la vie de l'artiste Jed Martin se déroule dans un état de solitude morne et apathique.
Seules ses oeuvres artistiques génèrent un semblant de socialisation et lui apportent célébrité et argent.
Si sa rencontre avec l'auteur Michel Houellebecq et plus tard la mort tragique de celui-ci, insufflent en Jed un peu d'intérêt et de dynamisme, il ne tarde pas à retomber dans sa solitude, à l'écart des gens et du monde.
Toute sa vie, Jed se sera mis à l'abri des passions.
Sans bonheur véritable et sans réelle peine, les jours s'égrèneront ainsi entre travail, silence et réflexion.
En se faisant plus consensuel, Michel Houellebecq a enfin réussi à rafler le Goncourt !
Au détriment cependant de ce qui le caractérisait comme auteur de premier plan, provocateur, sulfureux, critique cynique et acerbe d'une société ultra-libérale décadente.
Un écrivain qui irritait, agaçait, mais savait mettre le doigt là où ça fait mal par des analyses aussi embarrassantes que pertinentes.
Tout ceci semble faire défaut dans ce dernier texte.
Si l'on y retrouve les thèmes chers à l'auteur - la solitude, les réflexions existentielles, le sentiment de vacuité - le tout reste terne, à l'image du personnage principal, et comme voilé d'ennui.
La lecture est toujours agréable mais la provocation n'est pas au rendez-vous. Dommage...
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Par brigittelascombe, le 29/11/2011
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Quelle idée "ronflante"!
Il a fait fort: renaître dans un Jed Martin, personnage principal parti bas de gamme et grimpant allègrement la côte raide du marché de l'art grâce à des photos de cartes Michelin, croisant une superbe superwoman qui bosse pour..Michelin et lui présente tout le gratin intellectuel parisien, se faire seconder par une Marylin moche guerrière qui "ressemble à Christine Angot" en plus sympathique",s'intégrer dans les petits grands papiers d'un Houellebecq entre "tortue malade" asociale et "débris torturé" brûlant cigarette sur cigarette, fréquentant un Beigbeder aux yeux rougis de cocaïnomane (chantant éméché J'aurais voulu être un ar-tis-te) alors que sur un lointain écran Jean Pierre Pernaut accomplit sans broncher "sa tache messianique" quotidienne,ergoter sur les morceaux d'Houellebecq agencés à la Pollock suite à son assassinat, laisser euthanasier son père architecte frustré aux projets chimériques inachevés, bâtir son territoire et disparaître seul comme un chien.
Fallait y penser!
On ne meurt que deux fois.Quoiqu'il fasse pour échapper à son destin il le rattrappe. Michel Houellebecq a beau se tourner en dérision et s'autodétruire à coup de jets d'acide toxique, son écriture est là,elle palpite et saigne.
J'ai trouvé ça génial. Pollock ou Bacon, j'hésite.
Non Houellebecq, Le sens du combat prix de Flore 1996, La possibilité d'une île 2005,La carte et le territoire 2010......................................
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Par HK, le 13/12/2010
La Possibilité d'une île
de
Michel Houellebecq
"La possibilité d'une île" m'a plutôt déçu. Bien sûr, on y retrouve les ingrédients qui ont fait le succès de Houellebecq: style lançinant, thématique omniprésente de l'ennui... Cependant, le livre se serait beaucoup bonifié en gagnant en concision. Car l'impression constante de parcourir un brouillon mal dégrossi prédomine. De ce fait, les lieux communs succèdent aux temps forts et contribuent grandement à en atténuer la portée. Pour cette principale raison, je situe "La possibilité d'une île" nettement en deça des romans précédents "Extension du domaine de la lutte","Les particules élémentaires" ou même "Plateforme".
En conclusion, une oeuvre donc difficile mais pleine d'ambition et qui aurait du bénéficier de plus de soin de son auteur quant à son peaufinement..
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Par argali, le 11/12/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Je l'ai emprunté à la bibliothèque, pas acheté car je n'ai pas aimé les livres lus précedemment du même auteur. Et je n'ai pas aimé celui-ci non plus. Je n'ai d'ailleurs pas fini, ce qui m'arrive assez rarement. Sauf avec lui !
C'est terne, peu enthousiasmant et plein de banalités !
Le style ne me plaît pas davantage.
Dans La Nouvelle Revue Française, il écrivait en janvier 1998 : « J’essaie de ne pas avoir de style ; idéalement, l’écriture devrait pouvoir suivre l’auteur dans les variétés de ses états mentaux, sans se cristalliser dans des figures ou des tics. » Si c’est cela son but, pour sûr, il est atteint !
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Par poilabois, le 14/02/2009
Les particules élémentaires
de
Michel Houellebecq
J'ai bien aimé ce livre qui me semble mériter le succès qu'il a eu à sa sortie, mais mérite surtout qu'on le lise au calme, en oubliant les interventions médiatiques de son auteur.
Formé (académiquement) dans les sciences du vivants, Houellebecq en a tiré une vision de la vie totalement déchristianisée, matérialiste, mais aussi (malheureusement?) très noire.
Je déconseille ce livre aux lecteurs à tendance dépressive.
Au delà de cette mise en garde, je n'ai jamais lu de livre équivalent, et posant autant de question sur la vie humaine au temps des manipulations génétiques.
Fort.
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Par Dude76, le 30/09/2008
La Possibilité d'une île
de
Michel Houellebecq
Qu'on aime ou pas, c'est un livre qui fait réagir.
Je donne mon avis comme j'ai vécu/ressenti le livre.
Sous prétexte de vouloir se montrer libre, de revendiquer sous une certaine forme d'être "cool" ou d'assumer sa relation avec la sexualité, le départ de se livre sombre en fait carrément dans la vulgarité. Très mauvais début.
Ensuite, il enchaîne avec une étude psychologique de société à 2 balles, se livrant de facilités en raccourcis, avec parfois quelques rares bons mots (un peu de cynisme) qui peuvent faire apparaître un sourire. Profitez-en, ça ne va pas durer...
Je suis persuadé que cet auteur possède une immense culture, et - cette fois-ci - on sent bien une forme de provocation : il s'amuse à sortir tout un tas de mots compliqué, j'ai personnellement dû aller plusieurs fois consulter mes dictionnaires.
Ensuite ... et bien ensuite, le livre sombre de plus en plus dans la déprime la plus complète. Attention, si vous êtes déprimés, ne lisez pas ce livre, vous finiriez suicidaire !
En me penchant rapidement sur sa biographie, j'ai lu qu'il avait subit une profonde dépression; Il a su brillamment en tirer toutes les trames pour nous faire sombrer à notre tour dans ces psychoses...
Visiblement, M. Houellebec n'aime pas l'Islam. En fait, visiblement, il n'aime pas les religions. Ses attaques ici sont souvent faciles, et, pour une fois, parfois grossissent bien le trait des absurdités ou des axiomes dogmatiquement admis par tous (quelque soit la religion).
En fait, qu'est-ce qu'aime M. Houellebec ? Je n'en sais rien...
C'est - je pense - par provocation donc, face aux religions, que l'œuvre ici s'appuie et se construit sur les Elohimites (la secte des Raélien c.f. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_ra%C3%ABlien ) et sa base de clonage pour atteindre une forme de vie éternelle, vie sans saveur, dénuée de tout attachement, de tout rebondissement, en bref, de tout.
J'ai lu ce livre parce qu'on m'avait demandé mon avis dessus.
Pour une fois, je crois que je ne serais pas aller au bout d'un livre si tel n'était pas le cas.
C'est avec un véritable bonheur que j'ai commencé à lire un autre livre...
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Par Luniver, le 09/01/2012
Les particules élémentaires
de
Michel Houellebecq
Après avoir assez bien accroché sur "La possibilité d'une île", un peu à contre-courant des autres lecteurs, j'attendais beaucoup des particules élémentaires. Pourtant, j'ai eu l'impression de lire un brouillon du livre précédent.
Le thème est approximativement le même : l'être humain est réduit au sexe, celui que n'est plus désirable, celui qui n'est plus capable de bander, doit sérieusement songer à disparaître. Mais alors que dans La possibilité d'une île, l'histoire est racontée par un humoriste désabusé auquel ce cynisme convient parfaitement, dans Les particules élémentaires, on a plutôt droit à des morceaux d'histoire sans vraiment de liens entre eux, les personnages sont pâles et sans grand intérêt (j'ai d'ailleurs confondu les deux demi-frères tout au long du roman). Le décorticage de notre société sonne comme de la philosophie de comptoir. Le prologue et l'épilogue dénotent complètement du reste du roman, je ne vois pas vraiment ce qu'ils viennent faire là.
Une belle déception donc. Au risque de me répéter, La possibilité d'une île parle des mêmes thèmes, en étant beaucoup plus abouti.
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Par gigi55, le 25/09/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Houellebecq est un scanner qui analyse un monde occidental fatigué comme les personnages qui traversent les pages un peu tristes de ce livre.
Moins iconoclaste que ses précédents romans ce livre apparait comme le compte-rendu clinique des vies de quelques hommes et femmes, organismes mus par des envies, des besoins élémentaires, qui parviennent parfois, à quelques rares moments, à se dégager de l'animalité pour parvenir à un fragile statut d'humanité.
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Par melusine1701, le 21/03/2010
Les particules élémentaires
de
Michel Houellebecq
L'histoire est celle de deux demi-frères, Bruno et Michel. Nés d'une mère aux mœurs particulièrement libres, ils sont tous deux abandonnés chez leurs grand-parents respectifs. Michel vit une vie détachée, désabusée, ne semble pas s'intéresser à ce qui se passe autour de lui, y compris la belle Annabelle qui finira par se détourner de lui, et poursuit ses recherches sur le renouvellement génétique de la race humaine. Bruno, après les viols et humiliation qu'il subit dans son internat, satisfait tous ses fantasmes avec les prostituées ou dans des clubs libertins, ce qui ne l'empêche pas de lorgner les inconnues dans le bus.
Je n'ai pas accroché du tout. L'auteur fait le choix de deux points de vue crus et cyniques sur notre société, entrecoupés de véritables chroniques sur notre société qui restent froide et détachée. Pas de personnages auxquels s'attacher, pas de narration à suivre. Pas convaincue.
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Par paulotlet, le 20/02/2011
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Je n'avais jamais lu Houellebecq. La Carte et le territoire m'a surpris. Je m'attendais à un exercice narcissique, à un livre centré sur le nombril de son auteur, incapable de parler de ce qui fait la vie d'une société, inutile pour comprendre l'époque dans laquelle nous vivons. Hé bien non, La Carte et le territoire est un témoignage puissant sur le monde d'aujourd'hui. L'auteur oscille sans cesse du propos le plus privé et particulier aux réflexions générales et publiques. Cela ne suffit pas à en faire un Zola ou un Balzac mais cette posture le place indubitablement dans le peloton de tête de la littérature française d'aujourd'hui.
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Par gilles3822, le 16/01/2011
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
Je n'avais rien lu de Houellebecq, me méfiant des modes. Mais cette mode s'incruste. Pourquoi pas ?
En dehors de l'intrigue-anecdotique- je trouve une photographie de notre société très juste, sans affect, froide et distanciée. La vacuité de nos contemporains y est décrite avec une plume acérée. Que ça ne fasse pas plaisir, on peut le comprendre puisque nous faisons partie de ce troupeau dont il décrit les travers, les lachetés et l'artificialité abyssale(si je puis dire).
Ce livre est un miroir et, accessoirement, notre mauvaise conscience, sans illusions, bonnes ou mauvaises.
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Par HK, le 15/12/2010
H. P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie
de
Michel Houellebecq
Dans cette biographie, Houellebecq célèbre un autre auteur torturé : H.P. Lovecraft. Et à la lecture de cet ouvrage, on s’aperçoit que l’influence de l’Américain sur le Français n’est pas négligeable. Si leurs styles sont rigoureusement opposés (l’un privilégiant l’emphase, l’autre la sobriété), les deux écrivains se rejoignent dans la misanthropie. En effet, Lovecraft et Houellebecq vouent un mépris sans limite à leurs contemporains. Et cette perception négative du monde transparaît dans leurs œuvres. Elles baignent ainsi constamment dans un climat très pessimiste au sein duquel les personnages ressemblent à des marionnettes de papier amenées à être broyées par un destin cruel et immaitrisable. L’origine d’un tel négativisme prend sa source dans leur incapacité commune d’intégration. Au début de leur vie, surdoués autodidactes, ils éprouvent une aversion pour l’école car ils s’y ennuient. Plus tard, ils vont se heurter violemment aux exigences du monde matérialiste et rater complètement leur passage à la vie adulte. Ces deux éternels adolescents, quelque peu schizoïdes, vont dès lors privilégier leur monde intérieur sur lequel ils peuvent exercer un contrôle total. Houellebecq a notamment déclaré à cet égard qu’il aimait jouer à Dieu lorsqu’il écrivait et il ne fait aucun doute que Lovecraft aussi.
Cette fausse biographie comporte des traces de ce que sera la future littérature de l’aveu. Des passages de la vie de Lovecraft seront suivis de commentaires orientés de Houellebecq. Pourtant, lorsqu’il décortique l’œuvre proprement dite, il le fait avec objectivité et recul.Par conséquent, l’ensemble a de quoi dérouter mais témoigne d’une richesse sémantique peu courante due à ses différents niveaux d’écriture.
Une œuvre donc hétéroclite et néanmoins très accessible que tout amateur de l’un ou l’autre écrivain se doit de lire pour mieux comprendre leurs parcours respectifs.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Plateforme
de
Michel Houellebecq
L'auteur, cinglant et drôle, nous livre, en observateur attentif, une fable sur les voyages organisés de nos jours. Il ne rate rien de son époque et porte un regard cynique (réaliste?) et la sociologie d'une certaine population occidentale qui perd la richesse des relations humaines. Il commente les agissements et reflexions de son personnage sans avoir peur d'être très lucide et provocateur.
C'est un roman que j'ai lu avec plaisir et qui me semble intéressant pour découvrir l'auteur car sa lecture est facile.
Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2005/06/plateforme-roman.html
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Par annie, le 04/11/2010
La carte et le territoire
de
Michel Houellebecq
ecture de la rentrée littéraire
un roman non dénué d'humour... pas un pastiche mais pas loin non plus. Roman sur l'art contemporain... et ses dérives, mais aussi une belle galerie de portraits de people du moment... grinçant et agaçant quelquefois, mais aussi de beaux moments de tendresse et de mélancolie. Et, cerise sur le gâteau... un petit meurtre et une enquête policière.
J'ai vraiment été séduite par ce livre, et pas du tout gêner par les emprunts à wikipédia... et au moins il n'est pas tomber dans le "botulisme" d'un BHL qui avait omit de le faire !
Par contre, pas trop envie de faire un compte-rendu de lecture, la presse en a déjà parler si longuement qu'il ne reste pratiquement rien a en dire sans dévoiler le livre et gâcher la lecture d'un futur lecteur.
Par contre, je me demande comment vieillira ce roman... lorsque tous les protagonistes seront morts et oubliés...
Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/