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ISBN : 2081246333
Éditeur : Flammarion (2010)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 863 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillon... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine2014, le 02 mai 2014

    Erveine2014
    Je viens de relire ‘'La carte et le territoire'' de Michel Houellebecq et je dois dire que je suis confortée dans ma première impression, à savoir que c'est un écrivain qui possède indéniablement, une écriture agréable et unique. Tandis qu'il utilise un mode d'expression qui n'est pas linéaire, oscillant entre un phrasé classique et moderne, ses détracteurs lui prêtent de la platitude et ses admirateurs du brio. En ce qui me concerne, je me rangerais plutôt à sa propre définition, soit que : « la meilleure condition pour exercer un bon style, c'est d'avoir quelque chose à dire » et pour le moins, le texte est riche.
    Donc, à tout prendre, je me garderais bien de remettre en question le talent de cet écrivain dont la prose me porte, au risque de le voir s'exporter ailleurs, un ailleurs où du reste, sa renommée mondiale est déjà faite. Je remarque que sa plume est savante, libre et souvent ironique, mais rarement agressive. J'irais même jusqu'à lui trouver une certaine sensibilité. Houellebecq nous conduit à la carte et nous guide sur le territoire, d'une marche à la fois souple et soutenue. Il nous dépeint un univers social des plus appauvri en ce qui concerne les rapports humains à travers la réalisation professionnelle de Jed Martin qui n'en est pas moins à son troisième essai. Touchant d'abord à la peinture, puis à la photographie, pour finalement revenir à son aspiration initiale, la peinture. Il vit dans le dénuement affectif le plus complet bien qu'ayant connu une brève expérience amoureuse avec Olga. Sa vie s'apparente trait pour trait à celle de son père dont il reconstitue à l'identique, l'existence, lequel père se meut uniquement entre son cabinet d'architecte et ses appartements. Soit que nos deux protagonistes connaissent tour à tour, le succès, dans leur travail à l'exclusion de toute harmonie ou implication dans le domaine de leur vie privée.
    Le roman se constitue de trois parties. Une primo immersion dans une sphère sociale bien spécifique, une intrusion dans la structure mentale des profils avec une lecture sur l'intégrité des personnages et enfin, un basculement tout à fait inattendu dans une atmosphère glaciale, jusqu'à ce que la suprématie de la nature sur l'homme reconquière son territoire. Un tout qui confère à l'auteur une écriture dont la caractéristique est unique. Il eut tenté de m'attendrir à l'annonce funeste de son rapprochement vers Emmanuel Bove qu'il y serait parvenu. Mais, je vous laisse au plaisir de dénouer vous-même, le ruban de moebius.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ode, le 12 avril 2013

    Ode
    La mauvaise foi de Michel Houellebecq me ravit.
    Vous savez, la mauvaise foi telle que l'entend Sartre avec son garçon de café qui joue à être un garçon de café et rien que cela, sa fonction l'emportant sur son humanité. Houellebecq, lui, se complaît dans son rôle de provocateur, toujours prêt à dénigrer la société ou ses semblables, à appuyer là où ça fait mal, avec son air revenu de tout. Une sorte de Gainsbarre de la littérature, la provocation n'excluant pas le talent.
    On sait donc à quoi s'attendre en lisant ses romans : il va chercher à nous choquer d'une manière ou d'une autre. Or en forçant le trait, il nous oblige à voir les choses sous un autre angle, souvent visionnaire, tout en réveillant nos consciences.
    "La carte et le territoire" est en apparence son ouvrage le plus consensuel. Son héros, Jed Martin, a une vie d'artiste presque rangée. Il fréquente encore son père, arrive à séduire des femmes, et n'est pas affligé d'une sexualité compulsive. L'action se déroule dans un futur proche, alors que la France, redevenue rurale, tire ses revenus du tourisme. Jed va connaître la notoriété en commençant à photographier en gros plan des cartes Michelin, avant de se spécialiser dans la peinture. Fortement axée sur le monde de l'art, l'intrigue est un mélange d'enquête policière (suite à un meurtre spectaculaire) et de roman d'anticipation, avec de truculents passages sur les figures médiatiques de notre époque et des noms de marques à foison.
    En réalité, ce semblant de normalité est un cheval de Troie qui dissimule une critique acerbe et pessimiste de notre société, promise à la déliquescence. Critique d'autant plus insidieuse qu'elle touche notre vie quotidienne, comme la structure familiale, l'amour, la mort, le travail... le territoire est le monde réel (imparfait et voué à la mort), la carte la représentation qu'on s'en fait (idéale et intemporelle), et Jed affiche en lettres capitales que « LA CARTE EST PLUS INTERESSANTE QUE LE TERRITOIRE ». Ainsi, l'indifférence de Jed au monde qui l'entoure est frappante. Il passe Noël avec son père parce que cela se fait, mais ils n'ont rien à se dire. le succès qu'il rencontre sans effort, sans vraiment le mériter, caricature les dérives d'une société qui encourage la réussite facile par le biais du spectacle ou de la télé-réalité. Sa relation détachée avec la brillante Olga en dit long sur son égoïsme et sur l'amour/le sexe vus comme un mode de consommation parmi d'autres – un thème récurrent dans l'œuvre de l'auteur.
    Mention spéciale pour la mise en scène de Houellebecq par lui-même. le comique prime sur la mégalomanie et l'on découvre un repoussant spécimen d'écrivain asocial, assidu des bordels thaïlandais et accro à... la charcuterie (!). C'est pathétique, mais conforme à l'image qu'il veut donner de lui : suffisamment antipathique pour qu'on le laisse tranquille. Toutefois, derrière ce leurre burlesque, c'est sans doute chez Jed Martin qu'affleure sa véritable personnalité. Par sa réussite et ses choix de vie, Jed réalise son fantasme de vivre à l'écart d'un monde qui le déçoit. L'exergue poétique de Charles d'Orléans prend alors tout son sens :
    « le monde est ennuyé de moy,
    Et moy pareillement de luy. »
    Or à jouer les dédaigneux, Houellebecq n'en est que davantage courtisé, jusqu'à obtenir le Goncourt. Preuve que son rôle de misanthrope désabusé lui réussit à merveille ! CQFD
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    • Livres 2.00/5
    Par Rouletabille, le 15 juillet 2013

    Rouletabille
    La carte et le territoire est inconstant. Cela fait longtemps que je voulais lire ce Goncourt mais étrangement j'ai eût beaucoup de mal à le trouver, que ce soit dans des libraires, dans les grandes enseignes à dimensions culturelles, il y avait tous les romans de Houellebecq sauf celui là !
    Après l'avoir lu, la raison est peut être assez simple : ce livre est finalement assez banal. Loin, très loin de l'image du sulfureux écrivain avec un regard sombre sur la société. Certes par de rares phrases, l'auteur ponctue son récit sur des interrogations comme la place du travail dans nos vies, de l'argent moteur de toutes les atrocités, décrit une société apaisée post crise à la fin du récit. La question de l'euthanasie est aussi effleurée avec le père du héros. Oui voila le problème de ce Goncourt : à vouloir traiter beaucoup de sujet de la vie, il n'y a pas de réel approfondissement. Les réflexions "philosophiques" sur ces sujets sont consensuelles, du déjà lu, vu.
    Mais la majorité du temps, le lecteur doit supporter de longues descriptions sans intérêt, en particulier du matériel utilisé par Jed Martin, artiste devenu riche ou encore de son chauffe eau tombé en panne et sa difficulté à contacter un plombier !
    Ce Jed Martin va rencontrer Olga et hop en à peine 2 pages ils vont finir dans le même lit !
    Jed Martin va rencontrer ... Michel Houellebecq. Au début j'ai eût peur de ce procédé, Houellebecq parlant de Houellebcq bonjour la mégalomanie. Puis finalement il s'en sort assez bien avec ce personnage de Houellebecq en fin de compte pathétique dans la gestion de sa vie quotidienne.
    La troisième partie s'ouvre par un événement inattendu mais la suite, elle est beaucoup plus classique avec une enquête policière guère captivante. La description de la scène du crime est là aussi interminable, avec tout ce sang cette scène me fait penser à la série Dexter. L'auteur va même tomber dans le vice d'utiliser la fameuse phrase toujours employé par un enquêteur " je sens qu'on passe à coté de quelque chose mais je sais pas quoi" ! Super on est ravi par une telle prouesse littéraire, une telle audace narrative. Recourir à une telle banalité devrait conduire à l'élimination automatique d'un Goncourt !
    Par contre il convient aussi de dire que ce livre ne m'a pas entièrement passionné en raison des nombreuses références artistiques. Or je n'ai pas la culture suffisante sur ce domaine pour apprécier la pertinence ou non de ces réflexions sur les arts.
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    • Livres 4.00/5
    Par ahasverus, le 27 avril 2012

    ahasverus
    Amis de l'éveil et du développement personnel, bonsoir.
    La carte et le territoire nous emmène dans l'univers de Jed Martin, artiste.
    La photographie des cartes d'état major MICHELIN lui ouvre les portes du succès. Sur ce chemin, il se rapproche de son père qui s'éteint, et rencontre Michel Houellebecq, l'écrivain.
    Vieillesse, dégradation, pourrissement. Tout meurt. Tout s'efface. L'homme, ses traces, ses chiens, sont dispersés, lacérés, raccourcis éparpillés comme une toile de Jackson Pollock .
    Jed sûrement l'a sentie, cette dissipation. Il photographie les objets manufacturés, les cartes Michelin, il inventorie le monde. Témoignage inutile et dérisoire avant que le "caractère périssable et transitoire de toute industrie humaine" ne prenne le dessous...
    L'univers se délite. Enfin, l'univers des hommes. """Puis tout se calme, il n'y a plus que des herbes agitées par le vent. le triomphe de la végétation est total""" .
    Jed fait d'autres rencontres : un Jean Pierre Pernault homosexuel et visionnaire et un Julien Lepers un peu stupide nous sauvent de la déprime en aérant un univers sombre où chacun vit dans l'évitement, ennuyé du monde.
    Au royaume des autistes, les mornes sont rois.
    Jed croise des personnages sans les rencontrer. Les gens vers lesquels il va sont dans la fuite. Quant à lui, il laisse partir Olga. Malgré les messages de Beigbeder, (vous savez, l'écrivain), seule personne un tant soi peu positive du roman. Il laisse filer l'amour sans regret. Qu'importe, c'est "sa place dans le processus de production, et pas son statut de reproducteur, qui définit avant tout l'homme occidental".
    La carte et le territoire est une subtile ironie testamentaire sur la précarité des hommes et de leur monde. C'est un excellent livre mais... méritait il un Goncourt ? Que viennent faire ces copier-coller Wikipédia sur les mouches ou sur Beauvais ? Et cette enquête policière soit disant documentée. Documentée ? C'est quand même un peu La Fée Carabine ! Quoi qu'en dise l'auteur dans sa postface, côté documentation, il devrait demander conseil à Laurent Binet (HHhH)... Et ces quelques tics si appuyés que je me demande encore s'il pastichait : "l'auteur de ceci dit..." "l'auteur de cela répéta...".
    Dites donc élève Houellebecq, vous vous êtes pas un peu foutu de ma poire ? Elève Houellebecq, levez vous. Sortez ! Houellebecq ? laissez votre Goncourt sur la table. On verra si on vous le rend.
    Et vous copierez cinquante fois pour jeudi prochain :
    "MICHEL HOUELLEBECQ EST BRILLANT, TRES BRILLANT, MAIS C'EST UN PARESSEUX"
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    • Livres 3.00/5
    Par doyoubnf, le 19 octobre 2010

    doyoubnf
    Houellebecq.
    Le genre d'auteur dont le nom-logo et la figure médiatique risquent d'étouffer à l'avance toute tentative de lecture proche du texte et sans préjugés. Je plaide d'ailleurs coupable, moi qui avais toujours remis à plus tard l'ouverture d'un de ses livres pour ces mêmes mauvaises raisons. Et je suis heureux de voir que la plupart des contributeurs précédents se sont justement attachés à éviter l'écueil du va-et-vient systématique entre l'homme de chair (à média) et l'homme de mots. Pour un nouveau venu comme moi sur Babelio, c'est une preuve de qualité et d'exigence de la part de mes camarades lecteurs, et donc une motivation à participer.
    Alors je profiterai, lâchement, du fait que j'arrive un peu après la bataille pour vous épargner une énième répétition de l'intrigue et des thématiques principales, déjà bien résumées précédemment. Je m'étonne simplement, et c'est ce qui me pousse à écrire une nouvelle critique de "La carte et le territoire", que personne n'ait souligné ici ce qui me semble être l'objet principal de ce livre, comme d'une bonne partie de l'œuvre de Houellebecq (celle que j'ai lue, en tout cas, c'est-à-dire "Extension du domaine de la lutte", "Les particules élémentaires" et donc ce dernier roman) : à savoir la mise en mots du vieillissement individuel et de la coupure radicale entre l'être humain et le monde, qui sont les deux facettes de la même finitude.
    On peut penser que ce sont là des thèmes rebattus. Ils le sont. On peut contester à Houellebecq jusqu'à l'originalité de son intrigue principale (je pense à la critique incisive et peu développée de Peyotl du 02/10, ou à certains billets lus sur des blogs extérieurs et comparant le dernier livre de Houellebecq à celui de Coetzee, "Summertime", par exemple ; ne les ayant pas lus moi-même, je vous laisse juges). D'accord. Mais il reste, me semble-t-il, que "La carte et le territoire", en plus d'être un livre bien écrit (ce qui n'est déjà pas si mal par les temps qui courent) présente une description très précise et sensible du sentiment qui envahit, tôt ou tard, chacun d'entre nous lorsqu'il réalise, vraiment, que le temps passe. Inexorablement.
    Par peur d'être trop long, je me limiterai à commenter trois éléments essentiels du livre, qui ne sont évidemment pas exhaustifs et que je choisis en toute subjectivité (puisqu'on ne peut pas faire autrement).
    Tout d'abord, le rapport qui donne son titre à l'œuvre entre la « carte » et le « territoire ». Houellebecq parvient à renouveler en partie un topos de la littérature et de la pensée, récurrent et déjà analysé ici : la relation qui existe entre la réalité et la fiction, entre l'objet et sa représentation. Entre l'être et la pensée. Depuis Borges et sa réflexion par l'absurde sur une carte d'échelle 1 :1, si parfaite qu'elle recouvre entièrement et point par point le territoire qu'elle devrait représenter (voir « De la rigueur de la science », dans son "Histoire universelle de l'infamie", très court texte qui possède bien des points de rapprochement possible avec le livre de Houellebecq), je n'avais pas lu, pour ma part, de récit plus captivant sur la question (mais j'ai sans doute trop peu lu). En créant un personnage de littérature qui est un peintre décidant un jour de photographier la France à travers des cartes routières, Houellebecq fait même de Jed Martin une sorte de condensé littéraire de l'artifice et de mise en abyme de la représentation.
    Le rapport de Jed avec son père, par ailleurs. Une des trois relations « impossibles » du livre (avec l'amour impossible entre Olga et Jed et l'amitié impossible entre Houellebecq et Jed), et pourtant celle qui se rapproche le plus du contact effectivement établi entre deux êtres, peut-être justement parce que c'est la seule qui, contre vents et marées, « vieillit » avec eux et dure vraiment. A mon sens, un des passages du livre les mieux réussis est celui où le père de Jed consent à venir passer le réveillon chez lui. Outre la Discussion, pour la première fois longue et tendue, qu'ont le père et le fils, j'ai été particulièrement ému (oui, ému, parce que Houellebecq quoi qu'on en dise, c'est d'abord une écriture de la tendresse, inaccessible certes, mais toujours là), par le passage où son père lui demande une cigarette :
    « J'ai envie de fumer une cigarette…dit-il. Tu en as ?
    – Je ne fume pas. » Jed se leva d'un bond. « Mais je peux y aller. Je connais un tabac place d'Italie ouvert tard le soir. Et puis…il consulta sa montre avec incrédulité, il n'est que huit heures.
    – Même le soir de Noël, tu crois qu'ils sont ouverts ?
    – Je peux essayer. »
    Il enfila son manteau. En sortant, il fut giflé par une violente bourrasque ; des flocons de neige tourbillonnaient dans l'atmosphère glaciale, il devait faire dix degrés en dessous de zéro. Place d'Italie, le bar-tabac était en train de fermer. le patron revint en maugréant derrière son comptoir.
    « Qu'est-ce que ce sera ?
    – Des cigarettes.
    – Quelle marque ?
    – Je ne sais pas. Des bonnes cigarettes. »
    L'autre lui jeta un regard excédé. « Des Dunhill ! Des Dunhill et des Gitanes ! Et un briquet !... » (p. 216-217).
    La fin du livre, enfin. Végétale. On retrouve les mêmes thèmes que dans "Extension du domaine de la lutte", où le narrateur termine sa course en forêt (sans que la "fusion sublime" n'ait eu lieu), et "Les particules élémentaires", où un autre narrateur, d'une espèce plus évoluée que la nôtre, nous rend un hommage posthume pour avoir su, finalement, nous autodétruire. Les « représentations des êtres humains », c'est-à-dire les êtres humaines en tant que tels, qui ne sommes pour nous-mêmes que représentations éphémères, « se délitent sous l'effet des intempéries, puis se décomposent et partent en lambeaux [...] le triomphe de la végétation est total » (p. 428).
    Voilà ce qui nous attend et voilà ce qu'écrit Houellebecq, en bon auteur d'anticipation (au sens littéraire du mot ; de science fiction, quoi). Et voilà pourquoi ce livre est « sympathique », au sens étymologique du mot, cette fois-ci : il nous permet de souffrir ensemble.



    Lien : http://doyoubnf.over-blog.com/
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 21 mars 2012
    "Houellebecq ? s'interroge un personnage du roman. [...] C'est agréable à lire et il a une vision juste de la société." Rien à redire. Si ce n'est que l'auteur a perdu le punch et le mordant des origines.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 14 mars 2012
    Dans ce roman exigeant piqueté d'humour, l'auteur réussit un tableau contemporain qui propose sa vision du monde, singulière et cynique, déroutante et pessimiste. Et passionnante.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Hebephrenie, le 24 août 2010

    Vous savez, ce sont les journalistes qui m'ont fait la réputation d'un ivrogne; ce qui est curieux, c'est qu'aucun d'entre eux n'ait jamais réalisé que si je buvais beaucoup en leur présence, c'était uniquement pour parvenir à les supporter. Comment est-ce que vous voudriez soutenir une conversation avec une fiotte comme Jean-Paul Marsouin sans être à peu près ivre mort? Comment est-ce que vous voudriez rencontrer quelqu'un qui travaille pour Marianne ou Le Parisien libéré sans être pris d'une envie de dégueuler immédiate? La presse est quand même d'une stupidité et d'un conformisme insupportables, vous ne trouvez pas?
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  • Par Ode, le 13 avril 2013

    Ce que je préfère, maintenant, c'est la fin du mois de décembre ; la nuit tombe à quatre heures. Alors je peux me mettre en pyjama, prendre mes somnifères et aller au lit avec une bouteille de vin et un livre. C'est comme ça que je vis, depuis des années. [...] Mais au printemps c'est insupportable, les couchers de soleil sont interminables et magnifiques, c'est comme une espèce de putain d'opéra il y a sans arrêt de nouvelles couleurs, de nouvelles lueurs, j'ai essayé une fois de rester ici tout le printemps et l'été et j'ai cru mourir, chaque soir j'étais au bord du suicide, avec cette nuit qui ne tombait jamais. Depuis, début avril, je vais en Thaïlande et j'y reste jusqu'à la fin août, début de journée six heures fin de journée six heures, c'est plus simple, équatorial, administratif, il fait une chaleur à crever mais la climatisation marche bien, c'est la morte-saison touristique, les bordels tournent au ralenti mais ils sont quand même ouverts et ça me va, ça me convient, les prestations restent excellentes ou très bonnes.
    – Là, j'ai l'impression que vous jouez un peu votre propre rôle...
    – Oui, c'est vrai » convint Houellebecq avec une spontanéité surprenante [...]

    Il conduisait rapidement, souplement sa Lexus avec un plaisir visible. « Quand même elles sucent sans capote, ça c'est bien... » marmonna encore vaguement, comme le souvenir d'un rêve défunt, l'auteur des Particules élémentaires, avant de se garer sur le parking de l'hôtel ;
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  • Par Ode, le 12 avril 2013

    Jed trébucha dans une poussette, se rattrapa de justesse au portique de détection d'objets métalliques, se recula pour reprendre sa place dans la file. Il n'y avait à part lui que des familles, chacune de deux ou trois enfants. Devant lui, un blondinet d'environ quatre ans geignait, réclamant on ne savait trop quoi, puis d'un seul coup il se jeta à terre en hurlant, tremblant de rage ; sa mère échangea un regard épuisé avec son mari, qui tenta de relever la vicieuse petite charogne. Il est impossible d'écrire un roman, lui avait dit Houellebecq la veille, pour la même raison qu'il est impossible de vivre : en raison des pesanteurs qui s'accumulent. Et toutes les théories de la liberté, de Gide à Sartre, ne sont que des immoralismes conçus par des célibataires irresponsables.
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  • Par Loutre_des_Rivieres, le 12 novembre 2010

    Pour ce qu'il avait pu en observer l'existence des hommes s'organisait autour du travail, qui occupait la plus grande partie de la vie, et s'accomplissait dans des organisations de dimension variable. A l'issue des années de travail s'ouvrait une période plus brève, marquée par le developpement de différentes pathologies. Certains êtres humains, pendant la période la plus active de leur vie, tentaient en outre de s'associer dans des micro-regroupements, qualifiés de famille, ayant pour but la reproduction de l' espèce ; mais ces tentatives, le plus souvent, tournaient court, pour des raisons liées à la " nature des temps" se disait-il vaguement en partageant un expresso avec son amante. p.105
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  • Par Erveine2014, le 15 mai 2014

    Au bout de quelques semaines, ils constatèrent cependant que les testicules de Michou n’étaient pas descendus, ce qui commençait à devenir anormal. Ils consultèrent un vétérinaire, puis un autre : tous deux s’accordèrent pour incriminer l’âge trop élevé du géniteur. Le second praticien hasarda l’hypothèse d’une intervention chirurgicale avant de se raviser, la déclarant dangereuse et presque impossible. Ce fut pour eux un coup terrible, bien plus que ne l’avait été la stérilité de Jasselin lui-même. Ce pauvre petit chien non seulement n’aurait pas de descendance mais ne connaîtrait aucune pulsion, ni aucune satisfaction sexuelle. Il serait un chien diminué, incapable de transmettre la vie, coupé de l’appel élémentaire de la race, limité dans le temps ㄧ de manière définitive.
    Progressivement, ils se firent à l’idée...
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Videos de Michel Houellebecq

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Vidéo de Michel Houellebecq

L'enlèvement de Michel Houellebecq vu par Axel Roques
Hier soir, j’ai regardé l’enlèvement de Michel Houellebecq de Guillaume Nicloux. Ce film m’a beaucoup plu.
J’apprécie l’écrivain et son œuvre et j’étais heureux de le voir en mouvement car il est avare de ses apparitions et communications. Ne le connaissant pas à la ville, je n’ai pas pu percevoir la différence entre son jeu d’acteur et son comportement réel.
Une chose est certaine : à l’écran, il parle indistinctement la plupart du temps. Selon ses propres mots, il « grommelle ».
Si bien que ses ravisseurs, censés être des brutes épaisses semblent s’exprimer mieux que lui. Bravo, d’ailleurs, aux autres acteurs, qui jouent avec talent et permettent au film d’être réussi. A première vue, comme « ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément », on a l’impression que Houellebecq est limité mentalement. (Merci, à Nicolas Boileau)
Je suis persuadé que ce n’est pas le cas et que Michel Houellebecq est un fin manipulateur. C’est cette finesse supposée qui m’a beaucoup plu. Il parvient aisément à imposer l’image qu’il souhaite donner de lui. Probablement pour avoir la paix tout en entretenant son mythe et le mystère qui l’entoure.
Mais il ne faut pas se fier à son apparente faiblesse ! En quelques répliques acerbes, il règle leurs comptes à Phillipe Sollers et Alain Minc. En deux polaroids, il ridiculise François Hollande. En un dîner alcoolisé, il renvoie ses éditeurs dans les filets. Enfin, il clôt les débats par une fulgurante réflexion sur la démocratie et la liberté. Tout en se payant gentiment notre tête.
Finir une production d’Arte en accusant les hommes politiques de détruire la démocratie, en appelant à l’insurrection et en conduisant une Bentley rutilante à 300 km/heure sur une autoroute française avec un gitan pour passager…N’est-ce pas un coup de pied dans le cul fulgurant à une partie de notre société ?
Bref, j'ai trouvé Michel Houellebecq sympathique et intelligent et je félicite au passage Guillaume Nicloux pour son talent de réalisateur.
Axel Roques








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