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Grande Jonction de
Maurice G. Dantec
p25 : "- L'homme que j'ai vu à Junkville ne prononçait plus que des suites de nombres binaires, à une allure folle et sans discontinuer, la nuit comme le jour. Il ne mangeait plus, ne dormait plus et arrivait tout juste à boire quelques rations d'eau quotidiennes. Et lorsque je l'ai revu il y a deux jours... Lorsque je l'ai revu, Seigneur ! ce n'était plus un homme.
- Plus un homme ? Mais quoi, alors ?
- C'était un modem. Il débitait du code numérique binaire à la vitesse d'un modem du début du siècle. Mon Dieu, il ouvrait la bouche et ce grésillement en sortait, tu sais, cette sorte de bruit blanc digital, le son de 128 kilo-octets d'informations à la seconde jaillissait directement de son larynx. Demain ou après-demain, il sera mort."
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Par Spilett, le 16/12/2009
Grande Jonction de
Maurice G. Dantec
Pour l'Anome ce sont des cerveaux nomades, purement scripturaux mais des cerveaux tout de même. Et la mutation alphanumérique concerne tout ce qui a trait à la cognition et au langage. Oral, comme écrit. Comprenez bien son mode de fonctionnement, l'Anome se sert des différentes phases de sa transformation du monde comme épreuves de sélection pour ceux qui appartiendront à la néo-humanité, quand la transformation sera achevée. Si elle détruit le langage écrit comme oral c'est parce qu'elle va modifier en profondeur nos modes de communication. Le langage est dépassé, avec l'Anome, nous formons un réseau non individué, nous serons bientôt à même de savoir chacun ce que pensent les autres, nous allons devenir une entité globale, nous serons le monde, monsieur Silverskin.
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Babylon babies de
Maurice G. Dantec
Les journalistes, occidentaux surtout, étaient de ceux à qui il fallait sans cesse rappeler les évidences.
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Babylon babies de
Maurice G. Dantec
Vivre était donc une expérience incroyable, où le plus beau jour de votre existence pouvait s'avérer le dernier, où coucher avec la mort vous garantissait de voir le matin suivant, et où quelques règles d'or s'imposaient avec constance: ne jamais marcher dans le sens du vent, ne jamais tourner le dos à une fenêtre, ne jamais dormir deux fois de suite au même endroit, rester toujours dans l'axe du soleil, n'avoir confiance en rien ni en personne, suspendre son souffle avec la perfection du mort vivant à l'instant de libérer le métal salvateur. Quelques variables pouvaient à l'occasion s'y glisser, la position du soleil dans le ciel, le temps qu'il faisait, et à qui on avait affaire.
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Par Prigent, le 26/05/2010
Laboratoire de catastrophe générale : Journal métaphysique et polémique 2000-2001 de
Maurice G. Dantec
Voici donc pourquoi nous devons impérativement toujours écrire comme si chaque livre allait être le dernier.
D'abord parce que cela peut se révéler douloureusement exact, grâce au monde moderne et à ses catastrophes quotidiennes ; aucun écrivain n'est à l'abri d'un autobus, d'un microbe, d'une bombe, ou d'un simple abruti.
Ensuite parce que nous, les derniers hommes, nous sommes de ceux qui connaîtront cette tragique époque des derniers livres, et que si nos livres sont en effet les derniers à être produits, encore faut-il qu'ils soient produits comme tels.
Enfin parce que toute littérature est dernière...
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Par lecassin, le 28/01/2012
Cosmos Incorporated de
Maurice G. Dantec
Le THV est un long serpent d'aluminium anodisé de couleur bronze. Il est parfaitement silencieux lorsqu'il vient glisser le long du quai d'embarquement. L'ouverture des portes électriques laisse une petite note bourdonnante résonner dans le vaste hall souterrain à l'épreuve des bombes nucléotactiques. Comme tous les objets techniques qui se dévoilent à sa vue depuis son arrivée en ce monde, le THV semble représenter un paradoxal corrélat, une relation qui semble être comme "la colle qui tient ensemble le monde". Ici, plus une technologie est récente, plus elle semble vieille, plus une technologie est neuve, moins elle semble efficiente. Il y a comme une étrange réversion du progrès ici-bas, note-t-il : plus on avance dans le siècle, plus la technique régresse, plus l'homme vieillit, moins il sait faire de choses.
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Les Racines du mal de
Maurice G. Dantec
La manie du secret n'épargne personne, dès lors qu'on fait partie d'un système dont la principale source d'énergie réside dans le jeu ô combien excitant du pouvoir.
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Par lecassin, le 28/01/2012
La Sirène rouge de
Maurice G. Dantec
Un problème prévu est un problème en moins.
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Babylon babies de
Maurice G. Dantec
Toorop perça l'épiderme de la pointe de son couteau de combat, y désincrusta le petit composant, le jeta au fond du ravin, et la montre en or au fond d'une de ses poches.
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Par lecassin, le 22/01/2012
Laboratoire de catastrophe générale : Journal métaphysique et polémique 2000-2001 de
Maurice G. Dantec
Ce n'est pas parce qu'une proposition repose sur trois termes qu'elle échappe aux lois de la dialectique, même si celles-ci s'avèrent bien souvent infondées.