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Par joedi, le 09/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
... lors de la toute première minute de ma toute première heure de cours, les gamines se trouvant debout, chacune devant sa table, dans l'attente manifeste d'une initiative de ma part, j'avais dit : asseyez-vous ... et j'avais eu la surprise de les voir s'asseoir. Cette expérience concrète d'une efficacité du verbe dont je n'avais eu jusqu'alors aucun témoignage personnel m'avait conquise.
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Par joedi, le 10/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
Ainsi j'assemblais les pièces d'un jeu de patience qui me semblait à moi-même quelque peu délirant, mais, me disais-je, une chose est sûre, la gangrène de la guerre est en nous ; elle ne nous lâchera pas qu'elle n'ait fait de chacun de nous une victime ou un assassin, un esclave ou un traître.
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Par joedi, le 09/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
La guerre. Bien sûr que leurs événements, c'était la guerre. Je la reconnaissais au rythme qu'elle donne à la vie, à sa disparate, ses à-coups, sa façon de s'évanouir comme si elle n'avait jamais existé et de réapparaître comme si elle était notre état naturel. Nous ne l'avions pas laissée derrière nous, elle était là. Elle était la même que toujours et ses protagonistes aussi étaient les mêmes. Rien n'avait changé, ni la lâcheté, ni le courage, ni la délirante violence des hommes.
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Le glacis de
Monique Rivet
Le temps où j’ai habité la ville était le temps de cette violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d’un intitulé pudique : les “événements”, quand l’homme de la rue disait : la guerre. La guerre d’Algérie.
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Par yv1, le 01/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
Je lui demandai si on y avait toujours connu cette ségrégation des communautés ou si c'était un phénomène dû à la guerre.
- La guerre ? Vous appelez cela une guerre ? Nous ne faisons pas une guerre, nous rétablissons l'ordre public. Quant aux communautés, si elles vivent séparées, c'est que cela leur convient, nous n'en avons pas fait une obligation.
Un peu plus tard, comme nous traversions le jardin pour sortir du cercle, Elena me reprocha le mot guerre :
- Ici on dit les événements, au cas où vous n'auriez pas remarqué. (p.14)
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Par yv1, le 01/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
Nous avions vu les logements réservés aux ouvriers ; des barbelés les entouraient et j'avais trouvé étrange qu'on mette derrière des barbelés des hommes supposés libres ; réflexion que j'eus la sottise de formuler tout haut et qui m'attira cette réplique de Saragossa : "ils sont tout à fait libres, libres de retourner dans leurs mechtas pour y crever de faim si ça leur plaît. Les barbelés, c'est pas pour les empêcher de partir, c'est pour la protection des bâtiments. (p.61)
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Par yv1, le 01/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
Le "glacis", au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. Une frontière non officielle, franchie par qui voulait et gravée pourtant dans les esprits de tous comme une limite incontestable, naturelle, pour ainsi dire, à l'instar d'une rivière ou d'une orée de forêt. Ce qui était singulier, ce n'était pas la ségrégation des communautés, habituelle dans ce pays, c'était l'avenue elle-même, comme tirée au cordeau, sa largeur agrémentée d'un terre-plein, la longueur de sa ligne droite, et davantage encore ce nom de glacis qu'elle devait à un fondateur largement oublié malgré une rue dédiée à son souvenir. (p.129)
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Par joedi, le 09/02/2012
Le glacis de
Monique Rivet
- Quand les loups se déclarent la guerre entre eux, chacun hurle avec sa horde.