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Par c-garau, le 13/07/2008
L'histoire de l'amour de
Nicole Krauss
Au bout du compte, tout ce qu'il reste de nous, ce sont nos possessions. Sans doute est ce pour cela que je n'ai jamais rien pu jeter. Sans doute est ce pour cela que j'ai accumulé le monde : avec l'espoir qu'à ma mort, la somme totale de mes possessions évoquerait une vie plus vaste que celle que j'ai vécue.
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Par Nadael, le 23/08/2011
La grande maison de
Nicole Krauss
Pour moi, ma mère était par-dessus tout une odeur. Indescriptible. Passons. Puis un contact : ses mains sur mon dos, le lainage doux de son manteau contre ma joue. Puis un son et, loin derrière en quatrième position, ma vision d'ele. La façon dont elle ne m'apparaissait que par fragments, jamais entière. Si grande, et moi si petit qu'en une seule fois je ne parvenais à apercevoir qu'une courbe, la chair gonflée au-dessus d'une ceinture, la pluie de taches de rousseur dans le décolleté ou les jambes gainées de bas.
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Par dnal, le 29/11/2009
L'histoire de l'amour de
Nicole Krauss
The first language human had was gestures. There was nothing primitive about this language that flowed from people's hands, nothing we say now that couldn't be said in the endless array of movements possible with the fine bones of the fingers and wrists. The gestures were complexe and subtle, involving a delicacy of motion that has since been lost completely.
During the age of silence basic survival demanded that the hands were almost never still, and so it was only during sleep (and sometimes not even then) that people were not saying something or other. No distinction was made between the gestures of language and the gestures of life. The labor of building a house, say, or preparing a meal was no less an expression than making the sign for I love you or I feel serious. When a hand was used to shield one's face when frightened something was being said, and when fingers were used to pick up what someone else had dropped something was being said ; and even when the hands were at rest, that, too, was saying something. Naturally there were misunderstandings. There were times when a finger might have been lifted to scratch a nose, and if casual eye contac was made with one's lover just then, the lover might accidentally take it to be the gesture for Now I realize I was wrong to love you. These mistakes were heartbreaking. And yet, because people knew how easily they could happen, because they did'nt go around with the illusion that they understood perfectly the things other people said, they were used to interrupting each other to ask if they'd understood correctly. Sometimes these misunderstandings were even desirable, since they gave people a reason to say, Forgive me, I was only scratching my nose. Of course I know I've always been right to love you.
If at large gatherings or parties, or around people with whom you feel distant, your hands sometimes hang awkwardly at the ends of your arms – if you find yourself at a loss for what to do with them, overcome with sadness that comes when you recognize the foreignness of your own body – it's because your hands remember a time when the division between mind & body, brain & heart, what's inside and what's outside was so much less. Clapping, pointing, giving the thumbs-up : all artifacts of ancient gestures. Holding hands, for example, is a way to remember how it feels to say nothing together. And at nights, when it's too dark to see, we find it necessary to gesture on each other's bodies to make ourselves understood.
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Par Outis, le 24/06/2008
L'histoire de l'amour de
Nicole Krauss
Mais elle n’est pas revenue. Et bien que tu sois plus grand, tu t’es senti aussi perdu qu’un enfant. (…) Pendant longtemps, c’est resté vide. Des années peut-être. Et quand enfin cela s’est de nouveau rempli, tu as compris que l’amour neuf que tu ressentais pour une femme aurait été impossible sans Alma. Si elle n’avait pas existé, jamais il n’y aurait eu d’espace vide, ni de besoin de le remplir.
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Par Nadael, le 23/08/2011
La grande maison de
Nicole Krauss
Nous nous tenions dans l'entrée qui était jadis notre maison à tous, une maison remplie de vie, dont les pièces débordaient de rires, de discussions, de larmes, de poussière et d'odeurs de nourriture, de souffrance, de désirs, de colère et de silence aussi, le silence compact de gens serrés les uns contre les autres dans ce qu'on appelle une famille
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La grande maison de
Nicole Krauss
Je n'ai jamais gobé l'idée qu'un écrivain a besoin d'un certain rituel pour écrire.En cas de nécessité,je serais capable de travailler pratiquement n'importe où,aussi bien dans un ashram que dans un café bondé,c'est toujours ce que j'affirme toujours lorsqu'on me demande si je travaille au stylo ou à l'ordinateur,le matin ou le soir,seule ou au milieu des gens,assise sur une selle comme Goethe ou debout comme Hémingway,allongée comme Marc Twain etc.,comme s'il y avait,suspendu en chacun de nous,un secret capable de faire sauter le verrou du coffre-fort qui abrite le roman,tout formé et prêt à la fabrication.Non,ce qui m'angoissait,c'était la perte de mes conditions de travail habituelles:pur sentimentalisme et rien d'autre.
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Par Nadael, le 23/08/2011
La grande maison de
Nicole Krauss
Toutes ces années où j'avais cru qu'elle avait besoin de régularité, de routine, d'une vie que rien d'inhabituel ne devait interrompre, l'inverse était en réalité peut-être vrai. Peut-être avait-elle tout le temps rêvé de quelque chose qui viendrait faire voler en éclats cet ordre soigneusement préservé, d'un train traversant le mur de la chambre ou d'un piano tombant du ciel, et plus je m'efforçais de la protéger de l'imprévu, plus elle étouffait, plus son désir s'intensifiait jusqu'à devenir insupportable.
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La grande maison de
Nicole Krauss
Qu'est-ce qu'un juif sans Jérusalem ? Ce n'est que plus tard que sa réponse se révéla peu à peu, à la façon d'une énorme fresque qui ne commence à prendre un sens que lorsqu'on s'en éloigne : faites de Jérusalem une idée. Faites du Temple un livre, un livre aussi gros, aussi sacré et enchevêtré que la ville elle-même. Enroulez un peuple autour de la forme de ce qu'il a perdu et laissez chaque chose refléter la forme absente. Par la suite, son école fut connue sous le nom de la Grande Maison...
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Par Outis, le 25/06/2008
L'histoire de l'amour de
Nicole Krauss
La première femme a peut-être été Eve, mais la première jeune fille sera toujours Alma (…) Sans doute avais-tu dix ans la première fois qu’elle t’est apparue. Elle était debout au soleil et se grattait les jambes. Ou bien traçait des lettres dans la poussière avec un bâton. (…) Et une partie de toi était attirée vers elle, et une partie de toi résistait.
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Par Nadael, le 23/08/2011
La grande maison de
Nicole Krauss
Je n'insisterai donc pas sur la souffrance de deux être occupés à ouvrir de force leur vie en deux, centimètre par centimètre, sur la soudaine vulnérabilité de la situation, la tristesse, les regrets, la colère, la culpabilité et le dégoût de soi, la peur et la solitude étouffante, mais en même temps le soulagement, incomparable.