> Bernard Hoepffner (Traducteur)

ISBN : 2070773086
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
A New-York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle.
Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressusc... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 08 mai 2010

    MarianneDesroziers
    Très bon roman composé d'histoires croisées, entre New York, Israël, la Pologne, L'Amérique du Sud et l'Angleterre, des années 30 à aujourd'hui. De très beaux personnages comme le vieux Léo Gursky, la jeune Alma Singer ou l'étrange Bird, son petit frère. La bonne idée du roman, c'est que le lien entre les personnages est un mystérieux livre intitulé " L'Histoire de l'Amour " écrit en Pologne avant guerre par un très jeune homme amoureux d'une Alma. Jolies idées au cœur du roman (ou plutôt du livre dans le livre) : on peut faire une histoire de la naissance des sentiments et avant le langage, les gens ne communiquaient que par gestes, ce qui créait de nombreux quiproquos mais aussi une attention démultipliée à Autrui et un désir de faire des efforts pour se faire comprendre. La narration est bien menée avec l'alternance des voix des trois personnages ainsi que des passages de ce fameux livre par une mise en abyme assez réussie.
    En plus, l'histoire du manuscrit étant compliquée (de Pologne jusqu'à un kibboutz en Israël en passant par la devanture d'une librairie sud-américaine), et chaque personnage ne détenant qu'une pièce du puzzle, il y a un vrai suspens jusqu'à la fin. Amusant de penser aux échos entre ce roman de Nicole Krauss (son deuxième) et le premier livre de son mari, Jonathan Safran Foer " Tout est illuminé ": on dirait que les deux romans se répondent, tant dans leurs thématiques que dans leurs personnages ou leurs constructions complexes faisant se croiser les époques et les lieux. C'est aussi un bel hommage à la littérature (références explicites à Kafka et Borges) et plus largement au pouvoir de l'imagination.
    Un seul petit bémol au niveau du style : l'expression " et pourtant. " qui revient sans cesse dans la bouche de Léo et qui finit par lasser à la longue.
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    • Livres 3.00/5
    Par EmiLIT, le 13 août 2010

    EmiLIT
    Leo Gursky est un vieil homme maintenant, ancien serrurier, exilé à New York pour échapper aux Nazis. Il mène et a toujours mené une existence solitaire. Heureusement depuis quelques temps, son ami Bruno s'est installé dans l'appartement juste au dessus du sien. Leo a un fils, qui ne le connait pas car Alma, l'amour de sa vie ne l'a pas attendu et s'est marié. Isaac, le fils de Leopold est aujourd'hui un écrivain célèbre comme Leopold rêvait de l'être.
    A la même époque, ailleurs dans New York, Alma, une adolescente apprend à vivre avec la mort de son père, avec une mère dépressive et un petit frère un peu trop religieux. Son nom lui a été donné par son père en hommage au personnage principal d'un roman qu'il aimait beaucoup. Ce roman s'appelait L'histoire de l'amour.
    Destins qui se croisent, récits qui s'alternent, qui s'imbriquent.
    La vie de tous les personnages tournent autour de ce mystérieux livre qui parle d'amour et dans lequel le lecteur croise Alma. Alma a différents visages mais représente à chaque fois la jeune fille aimée.
    Un mystérieux inconnu demande à la mère de la jeune Alma une traduction de ce livre en Anglais car il n'existe qu'en version Espagnol.
    Alma veut absolument savoir ce qui se cache derrière ce livre, et elle découvre au fur et à mesure son étonnante histoire. Une histoire qui la conduira à la rencontre de Leo Gursky.
    Le livre est construit de façon originale, donnant la voix en alternance à Gursky et à Alma, ainsi qu'à "l'auteur" du livre. Des passages du livre L'histoire de l'amour sont aussi présents. Ces changements de narrateur qui interviennent régulièrement, tout au long du récit lui donnent du dynamisme. Les personnages sont attachants, de génération différentes mais presque tous juifs, ils sont hantés par le souvenir de l'holocauste, ce qui transparait dans chacun de leurs actes.
    Ce livre est ambitieux, de par sa construction et de par le message qu'il veut transmettre avec sa réflexion sur la réalité et la fiction. J'ai cependant un peu perdu le fil vers la fin car l'intrigue ne m'a pas paru tout à fait claire et j'aurai aimé un peu plus d'éclaircissements, surtout concernant le fils de Leopold.

    Lien : http://l-ivresque-des-livres.over-blog.com/article-l-histoire-de-l-a..
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 05 janvier 2012

    carre
    Nicole Krauss (compagne du génial Jonathan Safran Foer) confirme l'adage qui se ressemble s'assemble. Avec ce premier roman, à travers le destin de trois personnages dont les vies vont s'entrecroisées par l'intermédiaire d'un livre, la jeune femme réussit un premier roman époustouflant de sensibilité, d'intelligence sur des sujets aussi douloureux (le deuil, l'holocauste).
    Son écriture est brillante, Elle réussit à apporter par moment une certaine légèreté, mais son univers et sa remarquable maitrise nous capte jusqu'au dernières pages. Une sacrée réussite.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par labayonnaise, le 01 novembre 2011

    labayonnaise
    Leurs trois histoires s'imbriquent progressivement les uns dans les autres, comme ces poupées russes, pour n'en former plus qu'une. Leur destin deviendra commun.
    C'est une salle de miroirs littéraires, révélant ses secrets à travers une série d'apparentes impasses, de coïncidences, de malentendus et de déceptions. Comment les personnages surmontent ou tentent de surmonter leur souffrance et lutter contre l'oubli. C'est un livre envoûtant, douloureux et universel. Qui explique ce que c'est d'être humain et d'aimer.
    J'ai été extremement émue par ce livre. Certainement parce que j'ai connu dans ma vie un Leopold.
    A noter que le titre est L'histoire de l'amour (en anglais) non pas L'histoire de l'amour.
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    • Livres 2.00/5
    Par Reka, le 19 mars 2011

    Reka
    Ce livre met en parallèle trois histoires :
    celle de Léo Gursky, ex serrurier à la tragique destinée : ayant dû fuir les Nazis durant la Seconde guerre mondiale, il perdit sa dulcinée, qui, sans nouvelles de lui, se remaria avant d'accoucher du fils qu'elle avait conçu avec lui. Au commencement du récit, cet enfant désormais adulte qui se nomme Isaac n'a pas connaissance de l'identité de son vrai père. Il est écrivain, comme Léo avait rêvé de le devenir,
    celle d'Alma Singer, adolescente qui fait face à la mort de son père, à la tristesse de sa mère et aux délires spirituels de son jeune frère. Alma tient son prénom d'un roman que son père adorait : L'Histoire de l'Amour. C'est cette même histoire qu'un certain Jacob Markus souhaitera faire traduire en anglais, et c'est à la mère d'Alma, traductrice, que reviendra cette commande…
    celle de Zvi Litvinoff, un écrivain polonais ayant écrit, lui aussi, un roman intitulé L'Histoire de l'Amour
    Transie d'admiration, de plaisir, d'émotion et de béatitude devant le roman de son époux (Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer), voilà plusieurs siècles qu'on me recommandait de plonger dans L'Histoire de l'Amour.
    Je ne vous dirai cependant pas grand chose de ce roman, parce que je ne l'ai pas achevé.
    En effet, j'ai commencé par déplorer les tics langagiers de Léo. Ponctuant invariablement sa narration de « Mais. » et de « Et pourtant. », la noradrénaline a concouru à faire tomber ma tête à terre… Mais je l'ai ramassée et j'ai fait l'effort de continuer encore un peu.
    J'ai donc rencontré la jeune Alma qui m'a encore plus énervée que le pauvre Léo. Héhé.
    Alma raconte sa vie en l'énumérant. Ainsi, on apprend au point 4 que son père a perdu la vie quand elle avait sept ans, au point 11 qu'il est mort d'un cancer du pancréas, au point 29 que sa mère lui lisait des extraits de L'Histoire de l'Amour. Comme si ce déplaisant inventaire n'était pas suffisant, s'ajoute dans ces eaux-là un enchâssement très douloureux. Car la mère d'Alma ne se contente pas de lui raconter L'Histoire de l'Amour, on y a aussi droit par le biais de ses traductions…
    Lourd, pénible, peu captivant.
    C'est là que ma tête se décroche et roule à nouveau. Plaignez-moi.
    Même si ce roman rappelle un peu le style et les idées de Jonathan Safran Foer (enfin, je ne sais qui a inspiré qui !), je suis, hélas, passée complètement à côté.
    … Ça m'aura d'ailleurs presque fichu des semelles de plomb.

    Lien : http://marecages.be/?p=3515
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2007
    Lecture jeune, n°121 - D’abord il y a Leo, vieil immigré juif polonais qui croupit dans la crasse et la solitude de son appartement new-yorkais. Ses rares moments de joie, au cours desquels il se remémore son pays, son amour de jeunesse (Alma), et son premier manuscrit – tous trois perdus –, il les partage avec Bruno, un voisin qui pourrait bien n’être qu’un fantôme. Ensuite il y a Alma, 14 ans, New-Yorkaise elle aussi. Depuis la mort de son père, sa mère traductrice est dépressive et son petit frère se prend pour le Messie. Alma doit son prénom à l’héroïne du livre préféré de ses parents, L’histoire de l’amour. A la demande d’un mystérieux commanditaire, la mère d’Alma entame la traduction de ce chef-d’oeuvre méconnu signé Zvi Litvinoff, écrivain chilien d’origine polonaise, aujourd’hui disparu. Alma entre dans l’âge où elle aimerait en savoir plus sur elle-même. Pour cela, elle le sent, il faut qu’elle découvre la genèse de L’histoire de l’amour… Un livre mystérieux est donc au coeur de cet ambitieux roman que Nicole Krauss a construit comme un puzzle. A travers les souvenirs de Leo, le journal d’Alma et les extraits de L’histoire de l’amour, le lecteur happé doit deviner ce qui lie les personnages. Il savoure autant l’élaboration complexe et l’originalité du récit que la justesse des voix : Alma a le mordant, l’humour décalé et la fraîcheur des adolescents, et Leo nous bouleverse lorsqu’il évoque sans concession ni pathos son quotidien de vieillard isolé. Attention, talent ! Gaëlle Glin

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Citations et extraits

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  • Par dnal, le 29 novembre 2009

    The first language human had was gestures. There was nothing primitive about this language that flowed from people's hands, nothing we say now that couldn't be said in the endless array of movements possible with the fine bones of the fingers and wrists. The gestures were complexe and subtle, involving a delicacy of motion that has since been lost completely.
    During the age of silence basic survival demanded that the hands were almost never still, and so it was only during sleep (and sometimes not even then) that people were not saying something or other. No distinction was made between the gestures of language and the gestures of life. The labor of building a house, say, or preparing a meal was no less an expression than making the sign for I love you or I feel serious. When a hand was used to shield one's face when frightened something was being said, and when fingers were used to pick up what someone else had dropped something was being said ; and even when the hands were at rest, that, too, was saying something. Naturally there were misunderstandings. There were times when a finger might have been lifted to scratch a nose, and if casual eye contac was made with one's lover just then, the lover might accidentally take it to be the gesture for Now I realize I was wrong to love you. These mistakes were heartbreaking. And yet, because people knew how easily they could happen, because they did'nt go around with the illusion that they understood perfectly the things other people said, they were used to interrupting each other to ask if they'd understood correctly. Sometimes these misunderstandings were even desirable, since they gave people a reason to say, Forgive me, I was only scratching my nose. Of course I know I've always been right to love you.
    If at large gatherings or parties, or around people with whom you feel distant, your hands sometimes hang awkwardly at the ends of your arms – if you find yourself at a loss for what to do with them, overcome with sadness that comes when you recognize the foreignness of your own body – it's because your hands remember a time when the division between mind & body, brain & heart, what's inside and what's outside was so much less. Clapping, pointing, giving the thumbs-up : all artifacts of ancient gestures. Holding hands, for example, is a way to remember how it feels to say nothing together. And at nights, when it's too dark to see, we find it necessary to gesture on each other's bodies to make ourselves understood.
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  • Par c-garau, le 13 juillet 2008

    Au bout du compte, tout ce qu'il reste de nous, ce sont nos possessions. Sans doute est ce pour cela que je n'ai jamais rien pu jeter. Sans doute est ce pour cela que j'ai accumulé le monde : avec l'espoir qu'à ma mort, la somme totale de mes possessions évoquerait une vie plus vaste que celle que j'ai vécue.
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  • Par Outis, le 24 juin 2008

    Mais elle n’est pas revenue. Et bien que tu sois plus grand, tu t’es senti aussi perdu qu’un enfant. (…) Pendant longtemps, c’est resté vide. Des années peut-être. Et quand enfin cela s’est de nouveau rempli, tu as compris que l’amour neuf que tu ressentais pour une femme aurait été impossible sans Alma. Si elle n’avait pas existé, jamais il n’y aurait eu d’espace vide, ni de besoin de le remplir.
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  • Par Outis, le 25 juin 2008

    La première femme a peut-être été Eve, mais la première jeune fille sera toujours Alma (…) Sans doute avais-tu dix ans la première fois qu’elle t’est apparue. Elle était debout au soleil et se grattait les jambes. Ou bien traçait des lettres dans la poussière avec un bâton. (…) Et une partie de toi était attirée vers elle, et une partie de toi résistait.
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  • Par Outis, le 17 octobre 2007

    Au même instant tu t’es senti la force d’un homme, et au même instant tu t’es apitoyé sur toi-même, te sentant petit et blessé. Une partie de toi pensait : Je t’en prie, ne me regarde pas. Si tu ne le fais pas, je peux encore me détourner. Et une autre partie de toi pensait : Regarde-moi. (…)
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