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Par She_Night, le 02/10/2010
La Vie heureuse de
Nina Bouraoui
Elle me demande ce que je veux faire plus tard, dans la vie. Je ne sais pas. Vivre c'est déjà beaucoup, non?
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Par rolandm1, le 18/06/2013
Poing mort de
Nina Bouraoui
La jounée, je marche à tâtons, les orteils écarquillés, le nez en avant, le corps abruti par la peur d'un choc brutal. Je boitille, je trébuche, je bégaie, je confonds, j'ânone. Je fais partie des gens de mauvaise compagnie, ces bouts d'être sur lesquels on saute pieds nus pour les faire plier. Il fallait la parcourir d'un pas rapide.
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Par Orphea, le 26/11/2011
Garçon manqué de
Nina Bouraoui
Ne pas être algérienne. Ne pas être française. C'est une force contre les autres. Je suis indéfinie. C'est une guerre contre le monde. Je deviens inclassable. Je ne suis pas assez typée. "Tu n'es pas une Arabe comme les autres." Je suis trop typée. "Tu n'es pas française." Je n'ai pas peur de moi. Ma force contre la haine. Mon silence est un combat. J'écrirai aussi pour ça. J'écrirai en français en portant un nom arabe. Ce sera une désertion. Mais quel camp devrais-je choisir ? Quelle partie de moi brûler ?
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Par Orphea, le 04/04/2010
La Voyeuse interdite de
Nina Bouraoui
La tristesse me donne bien des mots et des maux, je la touche du bout des doigts et l'empoigne parfois, je bois dans sa coupe et elle me couvre de ses ailes à l'envergure inhumaine, elle enfreint les lois, scalpe la joie, elle transforme les autres en ombres, en empreintes d'ombres, en filtres invisibles, en Noir.
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Sauvage de
Nina Bouraoui
« Je vois Sami partout dans mes mots et […] je sens que je peux pleurer ce soir, parce qu’une année vient de passer et qu’il n’est pas revenu. Et qu’il ne reviendra peut-être plus. » (p. 133)
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Par She_Night, le 02/10/2010
La Vie heureuse de
Nina Bouraoui
Je suis la seule à aimer ici. Ce n'est pas une question d'âge. C'est le coeur qui explose. C'est ma peau qui s'ouvre. C'est son visage dans ma tête. C'est sa voix qui chante. Personne ne sait l'amour ici. Tout le monde se trompe. Ce n'est pas juste embrasser, se regarder dans les yeux, se toucher. C'est une question de vie ou de mort.
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Par carre, le 16/04/2012
Appelez-moi par mon prénom de
Nina Bouraoui
Il me semblait naturel de me presser contre lui, à l’abri du monde que j’oubliais.
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Par Orphea, le 26/11/2011
Garçon manqué de
Nina Bouraoui
Longtemps je crois porter une faute. Je viens de la guerre. Je viens d'un mariage contesté. Je porte la souffrance de ma famille algérienne. Je porte le refus de ma famille française. Je porte ces transmissions-là. La violence ne me quitte plus. Elle m'habite. Elle vient de moi. Elle vient du peuple algérien qui envahit. Elle vient du peuple français qui renie.
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Par zabeth55, le 22/10/2012
La Voyeuse interdite de
Nina Bouraoui
Ce n’est plus du sang qui coule dans mes veines mais des gouttelettes de désespoir ! elles tombent du cœur, sillonnent mes entrailles et perlent mon front, elles brouillent l’espace, bouchent l’horizon et rapetissent mon avenir.
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Par Orphea, le 26/11/2011
Garçon manqué de
Nina Bouraoui
Cette langue qui s'échappe comme du sable est une douleur. Elle laisse ses marques, des mots, et s’efface. Elle ne prend pas sur moi. Elle me rejette. Elle me sépare des autres. Elle rompt l'origine. C'est une absence. Je suis impuissante. Je reste une étrangère. Je suis invalide. Ma terre se dérobe.