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Par Lapkast, le 09/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Du fric, du fric partout, et pas une miette à dépenser. Je ne pouvais pas y toucher, même avec des pincettes et ça me rendait dingue. Chaque fois que j'allais au garage pour vérifier le butin, je me rendais compte de ce que doit ressentir un alcoolique chaque fois qu'il passe devant un bar. L'odeur de l'argent me rendait malade.
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Par Lapkast, le 09/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Les matons pouvaient - ils ne s'en privaient pas - nous écraser les os et déchirer nos chairs. Notre existence était minimalisée à l'extrême. Nous n'étions rien, et nus comme à la sortie de l'utérus. Mais ce qu'ils ne pourraient jamais faire, c'était coloniser nos pensées.
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Par Lapkast, le 09/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Nous offrons maintenant 500000 $ pour tout information qui nous aiderait à résoudre le vol.
Brinks Inc.
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Par Lapkast, le 05/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Je travaillais à plein temps au casino depuis deux mois. La paye était bonne, et j'avais hâte d'être au lendemain pour rencontrer tous ces nouveaux personnages. Ce jour-là il faisait froid, malgré le soleil qui dessinait de longues ombres le long de la 18e Rue qui menait au casino. Je ne pus m'empêcher de remarquer la grande limousine garée devant et conduite par une très belle femme noire.
La fenêtre descendit doucement au moment où je passais.
« Salut mon pote. Grimpe, sourit Ronnie.
_ À qui tu l'as piquée ?
_ Sois pas con. Je l'ai achetée hier soir à une jeune chanteuse noire très prometteuse du nom de Whitney Houston. Elle va devenir quelqu'un d'important dans la musique, m'assura-t-il. (...) »
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Par Lapkast, le 05/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Notre clientèle venait de tous les horizons. Flambeurs et petites gens, juges et escrocs, ou escrocs et escrocs, comme disait Victor. Il y avait des acteurs et des putes (les meilleurs pourboires); des agents de change de Wall Street (les pourboires les plus pingres); des Arabes et des rabbins hassidiques de Brooklyn; une ballerine célèbre, Raging Bull et une des grands-mères de Norman Rockwell prénommée Anne.
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Par Lapkast, le 04/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Jim O'Neill, du même quartier que moi à Belfast, me tapa gentiment dans le dos. « Te fais pas de bile, Sam. C'est pas aussi dur qu'un changement d'aile dans les Blocs. »
Comme moi, Jim avait passé de nombreuses années avec la Blanket. Désormais loin de l'horreur, il était venu en Amérique pour mener une vie décente. Il s'en sortait bien, il avait fait son chemin vers les sommets de l'arbre à promotion, un arbre que je souhaitais désespérément partager avec lui. J'espérais juste que, si j'y arrivais, Jim me laisserait quelques pommes.
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Par Lapkast, le 26/05/2013
On the brinks de
Sam Millar
« C'est fini, Finbar. Admets-le, mon pote, j'ai dit en venant au secours de J.C.B. Même cette pute de Thatcher n'est pas assez tordue pour laisser un député élu mourir. Alors, fais pas la gueule. Cache pas ta joie. »
Il resta silencieux un instant avant de demander : « Depuis combien de temps es-tu dans la Rébellion, Sam ?
_ Tu connais la réponse, j'ai dit. Comme toi. Plus de quatre ans. Pourquoi ?
_ Oh, je me disais juste qu'on en parlait comme si c'était quatre jours. Tu connais les Beefs aussi bien que moi, tu sais de quoi ils sont capables. »
"Je ne vais pas le laisser m'avoir. Il est juste en train de m'asticoter..."
« Okay, Finbar, comme tu veux. T'as gagné. »
Le tragique, c'est qu'il avait entièrement raison.
Le gouvernement britannique rejeta le résultat du vote avec mépris, affirmant que ça ne changeait rien. Au temps pour la démocratie !
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Par Lapkast, le 04/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
Une semaine plus tard, en dépit des protestations de Jameson, Ronnie fut élevé au rang de directeur où il ne tarda pas à faire sentir sa présence. (...)
Ce qui ne fit qu'accroître l'animosité entre Jameson et lui.
« On a payé beaucoup trop cher d'alcool, dit Ronnie à une réunion de directeurs. La Maison ne consomme pas la moitié de ce que nous avons payé. » (...)
C'était le beau-frère de Jameson qui fournissait l'alcool et l'ex-bosco prit aussitôt sa défense.
« La Maison a obtenu un bon prix du fournisseur. Et, de toute façon, c'est quoi ce "nous" ? On pourrait croire que c'est "toi" qui possède cet endroit à la place de Mac. »
(...)
« Je parle collectivement, expliqua Ronnie d'une voix calme. Les profits et la longévité de la Maison devraient - doivent - passer en premier. »
(...)
« C'est quoi ton association avec Mike Bloom ? demanda Ronnie, en s'approchant de Jameson.
_ Qu'esse tu veux dire par association ? C'est mon beau-frère. Tout le monde le sait, y compris Mac. T'essaies de dire quoi, fils ? siffla Jameson.
_ Je dis que ton beauf se goure dans ses chiffres. Ça peut arriver. Ça veut probablement rien dire du tout... juste de la négligence, peut-être. Je suis sûr qu'il aimerait corriger son erreur, qu'on lui donne une chance. »
(...)
« Mac, dit Jameson d'une voix incrédule. Tu crois vraiment ce voyou ? Il insulte mon beau-frère qui a été plus que correct avec la Maison question prix. »
Mac ne disait rien, il regardait, fasciné par le silence qui s'était installé dans la pièce. Chacun des directeurs - huit en tout - souhaitait être ailleurs. (...)
Ronnie cogna Jameson de toutes ses forces en pleine figure et l'envoya au tapis.
« Tiny ! Monte ici, s'il te plaît, cria Ronnie.
_ Ouais ? fit Tiny, l'énorme videur, en entrant dans la pièce.
_ Balance cette merde dans la benne à ordures.
_ Hein ?
_ Il ne doit plus s'approcher du casino, jamais. Okay ? »
Jameson parti, ce fut au père de Mac de résumer la situation.
« J'ai jamais vraiment fait confiance à ce Jameson, Ronnie. Il picole trop à mon goût, dit-il en attrapant un autre whisky. Jamais faire confiance à un type qui boit trop. »
Ronnie se contenta de sourire. Mac sénior allait devoir faire gaffe.
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Par Lapkast, le 12/05/2013
On the brinks de
Sam Millar
À l'aller, nous ne pouvions nous empêcher de parler, de rire, emplis que nous étions des délices de l'expédition. Mais tout le voyage du retour se passa dans un silence de pierre, comme si ne pas en parler signifiait que ce n'était pas arrivé.
Mon père pleurait presque quand nous sommes rentrés et qu'il nous annonça la terrible nouvelle : « Les Anglais ont assassiné treize personnes innocentes. J'ai cru que vous étiez parmi eux. »
Mon frère ne disait rien. Son silence parlait pour lui : pas question qu'ils s'en sortent comme ça. Le monde ferait triompher la justice.
Nous étions vraiment d'une naïveté risible à l'époque.
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Par Lapkast, le 04/06/2013
On the brinks de
Sam Millar
La rogne de Bronx Tommy était d'un autre genre. Sa vie violente commença quand sa mère perdit la sienne, pendant l'accouchement. « Un bébé affreux et coléreux », plaisanta l'infirmière qui aurait préféré perdre le bébé plutôt que la mère. À l'âge de dix-huit ans, il avait déjà visité Attica, Sing Sing, et Green Haven. Il se fit la main comme gros bras pour le compte de la mafia irlandaise de Boston où il se fit tirer dessus deux fois en pleine figure, ce qui lui causa la perte d'un oeil. « Vraiment chiant, comme d'avoir une balle de golf en guise de pomme d'Adam. » Remarqué par Mac comme un diamant dans sa gangue, il fut embauché comme portier-videur, apportant avec lui toute la perspicacité d'un survivant de la rue et une indéfectible loyauté confinant au fanatisme. Si Doc - un autre des "pit-bosses" (*) - se méfiait des étrangers, Tommy se méfiait de tous, Doc y compris, qu'il suspectait d'empocher plus que ses gages et ses pourboires.
« Vas-y mollo, Tommy, lui conseilla Susan, la directrice adjointe. Tu vas nous faire une crise cardiaque. Nicky va arriver d'ici peu.
_ Ne dis pas de conneries, femme ! On est presque à court de jetons noirs. C'est l'anarchie ici ! Putain de communiste.
_ Par ici, mon coeur », dit Marria, la barmaid portoricaine en lui tendant un verre de Johnny Walker "étiquette noire", comme il passait près du bar.
Tommy hésita, supputant les conséquences d'une dose supplémentaire de whisky dans une situation aussi volatile, avant de se l'envoyer cul sec. Il avait horreur de voir du bon whisky gâché. Il avait horreur de voir du bon whisky aller ailleurs qu'au fond de sa gorge.
« Droit au but, Maria. Mais ça suffit. Ce foutu ulcère est en train de me tuer. »
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