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Par oceane, le 23/11/2008
Le premier qui pleure a perdu de
Sherman Alexie
Avant, je croyais que le monde se divisait en tribus. En noir et blanc, en indien et blanc. Mais je sais à présent que ce n'est pas vrai. Le monde n'est divisé qu'en deux tribus : ceux qui sont des enfoirés et ceux qui n'en sont pas.
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Par oceane, le 23/11/2008
Dix petits indiens de
Sherman Alexie
Je sortais de ma salle de gym dans le centre et un gros pickup s'est arrêté à ma hauteur. (...) et le gros symbole phallique au volant s'est penché à la portière et m'a crié: 'Retourne dans ton pays!' (...) Et c'est bien le comble de l'ironie, non ? Je riais tellement que le camion était déjà loin quand j'ai repris mon souffle pour lancer : 'Toi le premier!' William et le chauffeur s'exclaffèrent. Deux hommes à la peau noire sensibles à l'humour noir.
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Par trust_me, le 17/10/2011
Flight de
Sherman Alexie
Quand j’ai eu dix ans, tante Z m’a donné vingt dollars et m’a envoyé chercher des hamburgers et des frites. A mon retour, elle avait disparu. Elle n’est jamais revenue.
A onze ans, je me suis enfui de chez ma première famille d’accueil et je me suis soûlé dans la rue en compagnie de trois indiens SDF venant d’Alaska.
A douze ans, je me suis enfui de chez ma septième famille d’accueil.
A treize ans, j’ai fumé du crack pour la première fois.
A quatorze ans, j’ai volé une voiture et je l’ai bousillée en percutant un immeuble sous le viaduc de l’Alaska Way.
A quinze ans, j’ai rencontré un ado du nom de justice qui m’a appris à me servir d’un pistolet.
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Par oceane, le 23/11/2008
Dix petits indiens de
Sherman Alexie
- Qu'est-ce que vous êtes ? interrogea le chauffeur. Vous n'êtes pas blanc, votre peau, elle est noire comme la mienne. - Pas autant.
Comme il y avait beaucoup de chauffeurs de taxis musulmans à travers le monde, on avait souvent demandé à William s'il était juif. On le prenait toujours pour ce qu'il n'était pas. Il constituait une ambiguïté ethnique, lui qui se situait quelque part dans la case la plus sombre de la grande boîte de crayons de couleur américaine, encore qu'il soit plutôt beige que marron, plutôt mauve qu'ocre brun.
- Je suis indien, dit-il.
- Indien des Indes ?
- Non, pas indien-bijou-sur-le-front, dit William. Indien-arc-et-flèches. (...) Je suis un Spokane. Nous sommes le Peuple du Saumon.
- (...) Vous ne ressemblez pas aux Indiens que j'ai eu l'occasion de voir.
- Je sais. Les gens me prennent souvent pour un Mexicain aux cheveux longs.
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Par oceane, le 23/11/2008
Le premier qui pleure a perdu de
Sherman Alexie
- 'Dis p'pa, les indiens rendent grâce pour quoi, au juste ? - On devrait leur rendre grâce de ne pas nous avoir tué jusqu'au dernier.' On a rigolé comme des bossus.
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Par oceane, le 23/11/2008
Le premier qui pleure a perdu de
Sherman Alexie
(...) parce que mon père et ma mère sont les soleils jumeaux autour desquels je gravite, et que mon univers EXPLOSERAIT sans eux.
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Par oceane, le 23/11/2008
Dix petits indiens de
Sherman Alexie
Pour une Indienne, l'université était un sport extrême. Elle méritrait peut-être une médaille d'or pour avoir pris Histoire de l'Amérique et ne pas avoir tué tout le monde durant l'heure et demie où ils avaient couvert cinq siècles d'histoire indienne.
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Par oceane, le 23/11/2008
Dix petits indiens de
Sherman Alexie
Elle n'était pas Ulysse et son voyage de huit heures en car ne méritait guère le nom d'odyssée. Mais peut-être qu'Ulysse n'était pas non plus un héros si extraordinaire, songea-t-elle. C'était un drogué et un voleur qui abusait les handicapés. Le géant était peut-être grand et fort, n'empêche qu'il n'avait qu'un oeil. C'est trop facile d'échapper à un monstre privé du sens de la perspective. (...) A y réfléchir, et Corliss y avait souvent réfléchi, le poème épique était avant tout une oeuvre de propagande militaire. Homère avait fait d'un crétin de menteur colonial l'un des personnages littéraires les plus admirés de l'histoire humaine.
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Par ChezLo, le 07/04/2011
Le premier qui pleure a perdu de
Sherman Alexie
"- Arnold ?
- Quoi ?
- Je peux te poser une grosse question ?
- Ouais, sans doute.
- Tu es pauvre ?
Je ne pouvais plus lui mentir.
- Oui, je suis pauvre.
Je pensais qu'elle allait sortir de ma vie sur-le-champ. Mais non. Au lieu de cela, elle m'a embrassé. Sur la joue. Je pense qu'on n'embrasse pas les pauvres sur les lèvres. J'ai failli lui crier dessus pour lui reprocher d'être superficielle. Mais là, je me suis rendue compte qu'elle se comportait en amie. Une vraiment bonne amie en fait. Elle se souciait de moi. Je pensais à ses seins, et elle, elle pensait à toute ma vie. C'est moi qui était superficiel.
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Le premier qui pleure a perdu de
Sherman Alexie
J'ai quatorze ans et je suis allé à quarante-deux enterrements.
Ça, c'est vraiment la plus grande différence entre les Indiens et les Blancs. [...]
Et mes amis blancs peuvent compter leurs morts sur les doigts d'une main.
Moi je pourrais compter mes doigts, mes orteils, mes bras, mes jambes, mes yeux, mes oreilles, mon nez, mon pénis, mes fesses et mes tétons, je serais encore loin de mes morts.