> Michel Lederer (Traducteur)

ISBN : 2226154965
Éditeur : Albin Michel (2004)


Note moyenne : 4.21/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Dans une Amérique fragilisée par la menace terroriste, tout est source de divisions : les sexes, les races ou les classes sociales. À travers dix récits au timbre unique, portés par le souffle chamanique de la culture Spokane, Sherman Alexie brossent le portrait d'une i... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 25 mars 2010

    Folfaerie
    Depuis que j'ai découvert Alexie avec le remarquable Indian killer, je suis sa carrière d'assez près. J'avoue que j'ai un peu de mal à apprécier ses nouvelles. Ce recueil m'a posé les mêmes difficultés que La vie aux trousses. Sur les 9 nouvelles, j'en ai vraiment aimé 5, plaisir mitigé pour la sixième (moteur de recherche) et pas apprécié Sais-tu où je suis et Qu'est-ce qui est arrivé à Franck Snake Church.
    Chez Alexie, la plupart de ses protagonistes sont des Indiens, Spokanes en majorité, ou des métis. Des hommes et des femmes en proie aux mêmes problèmes existentiels que les américains blancs, trouver un boulot, aimer, être heureux, trouver sa place dans la société... A quelques détails près, comme l'auteur nous le rappelle dans l'excellente nouvelle "Partie de juriste", où un jeune politicien Spokane fait l'amère exéprience du racisme au cours d'une partie de basket.
    "La vie et l'oeuvre d'Estelle Walks Above" m'a rappelé un peu l'univers de John Irving, c'est un beau personnage de femme, tandis que "Ce que tu mets en gage, je le rachèterai" est doute celle qui se rapproche le plus d'un conte traditionnel. Enfin, une autre de mes préférées, Plans de vol, illustre de manière sarcastique combien les préjugés ont la peau dure.
    Alexie a une manière bien à lui d'évoquer son peuple, avec ironie et beaucoup d'humour. S'il égratigne impitoyablement les blancs, les Amérindiens ne sont pas épargnés non plus, en tout cas ceux qui se lamentent sur leur sort et boivent comme des trous.
    Il y a quelque chose qui me frappe dans l'oeuvre de Sherman Alexie : la nature est quasiment absente. Les Indiens d'Alexie sont de purs citadins. En cela, il est l'exact opposé de Louis Owens pour qui la nature était synonyme de rédemption. De plus, Sherman est bien ancré dans son époque, il ne semble guère aimer évoquer le passé, au contraire de James Welch par exemple. Sa manière à lui d'échapper aux clichés et préjugés sans doute. Je pense qu'il est l'un des auteurs majeurs de la littérature Amérindienne, mais je le préfère romancier plutôt qu'auteur de nouvelles.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nepenthes, le 18 janvier 2012

    Nepenthes
    Bien que n'étant pas une très grande lectrice de nouvelles, j'ai eu le coup de cœur pour celles de Sherman Alexie. Auteur d'origine amérindienne, il brosse des portraits assez variés de différents indiens spokanes, de l'homme politique qui a bien réussi au SDF empêtré dans le cercle vicieux de l'alcoolisme et de la pauvreté. Ses nouvelles sont à la fois pleine de cynisme, d'amertume, de colère et de rancœur, mais aussi d'amour et d'empathie. On pourrait les qualifier comme des petits "instants de vie", des vies remplies de questions de société : racisme, sexisme, peur du terrorisme qui induit souvent la peur de l'autre... le style d'Alexie est vraiment très agréable à lire, c'est drôle, c'est attendrissant, c'est révoltant. En somme, les nouvelles se font le reflet du monde, et elles suscitent chez le lecteur des sentiments nombreux. Même si l'on pourrait reprocher que chaque nouvelle a un côté répétitif, Sherman Alexie sait quand même montrer qu'il explore le genre de la nouvelle sous différentes formes (l'interview, le style journal intime, les listes à puces...) ; chaque personnage, chaque histoire possède son style, sa petite caractéristique qui la distingue des autres, à l'image des parcours très différents de chaque narrateur.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par oceane, le 23 novembre 2008

    oceane
    Portraits d'indiens Spokanes à Seattle. Nouvelles très vivantes, intelligentes, drôles aussi (de par la répartie d'Alexie sur les USA, le métissage, l'ignorance), révoltantes souvent (de par le sort "réservé aux indiens", le racisme par exemple).
    La première nouvelle est très mignonne : c'est l'histoire de Corliss, une jeune étudiante Spokane qui adore la poèsie. On découvre sa famille, on apprend que les Spokanes vivent sur un mode matriarcal. Il y a des choses assez cocasses et rigolotes.
    On a aussi la relation mère-fils, un chat perdu retrouvé par un couple, un spokane SFD en quête de l'achat de la robe de pow wow de sa grand-mère, et enfin un ranger indien voulant honorer la mémoire de ses parents en rejouant au basketball...
    Je ne suis pas très friande des nouvelles, mais les réflexions sont tellement bien trouvées, intelligentes, drôles et dramatiques ici que ça se lit plus que volontiers! Et finalement ce n'est pas plus mal de faire une histoire par personnage, chaque personnage étant spokane mais métissé différemment.. c'est passionnant. Certaines histoires se déroulent sur plusieurs années, d'autres sur une semaine. Alexie fait passer beaucoup de messages forts à travers chacun de ces indiens spokanes uniques et originaux. Et comme dirait un blanc : "Comment vous autres, les Indiens, pouvez vous rire autant ?"
    Encore carton plein pour Sherman Alexie!
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    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Je poursuis ma découverte avec ce livre de nouvelles .J'aime bien les nouvelles .
    J'ai eu du mal avec la première mais après c'était vraiment agréable de retrouver les personnages de Sherman Alexie. J'aime ce style à la fois direct et poétique .Le rapport que certains personnages ont entre eux, leur intimité .
    Il y a qq chose d'étrange que je n'ai lu chez personne c'est la façon dont les personnages peuvent avoir des relations homosexuelles sans que ça ne remettent en question quoique ce soit. Au pire , on passe à autre chose sinon ça ne vaut même pas d'être souligné ,c'est comme ça. Chez Sherman Alexie la bisexsualité semble être la base. Et pourquoi pas.
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Citations et extraits

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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    - Qu'est-ce que vous êtes ? interrogea le chauffeur. Vous n'êtes pas blanc, votre peau, elle est noire comme la mienne. - Pas autant.
    Comme il y avait beaucoup de chauffeurs de taxis musulmans à travers le monde, on avait souvent demandé à William s'il était juif. On le prenait toujours pour ce qu'il n'était pas. Il constituait une ambiguïté ethnique, lui qui se situait quelque part dans la case la plus sombre de la grande boîte de crayons de couleur américaine, encore qu'il soit plutôt beige que marron, plutôt mauve qu'ocre brun.
    - Je suis indien, dit-il.
    - Indien des Indes ?
    - Non, pas indien-bijou-sur-le-front, dit William. Indien-arc-et-flèches. (...) Je suis un Spokane. Nous sommes le Peuple du Saumon.
    - (...) Vous ne ressemblez pas aux Indiens que j'ai eu l'occasion de voir.
    - Je sais. Les gens me prennent souvent pour un Mexicain aux cheveux longs.
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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    Je sortais de ma salle de gym dans le centre et un gros pickup s'est arrêté à ma hauteur. (...) et le gros symbole phallique au volant s'est penché à la portière et m'a crié: 'Retourne dans ton pays!' (...) Et c'est bien le comble de l'ironie, non ? Je riais tellement que le camion était déjà loin quand j'ai repris mon souffle pour lancer : 'Toi le premier!' William et le chauffeur s'exclaffèrent. Deux hommes à la peau noire sensibles à l'humour noir.
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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    Elle n'était pas Ulysse et son voyage de huit heures en car ne méritait guère le nom d'odyssée. Mais peut-être qu'Ulysse n'était pas non plus un héros si extraordinaire, songea-t-elle. C'était un drogué et un voleur qui abusait les handicapés. Le géant était peut-être grand et fort, n'empêche qu'il n'avait qu'un oeil. C'est trop facile d'échapper à un monstre privé du sens de la perspective. (...) A y réfléchir, et Corliss y avait souvent réfléchi, le poème épique était avant tout une oeuvre de propagande militaire. Homère avait fait d'un crétin de menteur colonial l'un des personnages littéraires les plus admirés de l'histoire humaine.
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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    Il voulait que ses compagnons de voyage sachent exactement qui il était : Je suis un indien et j'ai donc dix mille fois plus de raisons de terroriser l'US Army que n'importe lequel de ces connards de talibans, mais j'ai choisi la place de devenir un bon citoyen américain, de sorte que vous, les blancs, vous devriez admirer ma gentillesse, ma probité morale et ma formidable aptitude à l'oubli. Il devrait peut-être mettre une chemise de daim décorée de perles quand il prend l'avion, apporter un tambour et chanter "Way, ya, way, ya, hey", ou encore lancer des jetons de casino à la foule.
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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    Pour une Indienne, l'université était un sport extrême. Elle méritrait peut-être une médaille d'or pour avoir pris Histoire de l'Amérique et ne pas avoir tué tout le monde durant l'heure et demie où ils avaient couvert cinq siècles d'histoire indienne.
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Rencontre avec Sherman Alexie
Decouvrir une autre Amerique a travers le regard de ses ecrivains, voila ce que propose Francois Busnel, une fois par mois, avec ces 'Carnets de route'. Sept emissions de rencontres, de surprises et d'emerveillements, mais aussi d'interrogations et parfois meme de critiques impitoyables.
Episode 7. Un reve californien. De Los Angeles a San Francisco, en passant par Santa Barbara, la Californie reflete mieux qu'aucun autre Etat l'idee du reve americain. Son nom, d'abord : Californie. Lorsqu'il la decouvrit au XVIe siecle, l'explorateur Cortes la baptisa ainsi parce que California etait le nom d'une mysterieuse princesse regnant sur un royaume ou coulaient d'abondance le miel et l'or. Ou trouva-t-il son inspiration ? Dans un roman ! Decidement, le pouvoir de la litterature est bien plus grand qu'on ne le pense...








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