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Par totom, le 25/03/2010
Guide de Mongolie de
Svetislav Basara
-Seul l'alcool, m'a-t-il dit, ce désinfectant souverain, est capable d'éradiquer les bêtises qui se sont accumulées dans le cerveau. Il y a des moyens encore plus efficaces, mais ils sont mortels. Si tu rencontres un homme qui ne boit pas, fuis-le comme la peste. Un type capable de supporter toute la misère du monde sans drogue ou sans alcool est certainement dépourvu d'âme.
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Par Herikawa, le 05/10/2009
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
- C'est donc une grosse erreur de dire de la biographie de quelqu'un qu'elle est une description de la vie; une biographie est en fait une description de la mort, comme dirait David Albahari. C'est pourquoi je ne comprends pas que l'on puisse attacher une telle importance au passé, aux souvenirs, aux faits. Ils ne sont qu'un masque sur la face de la mort. Ceux qui disent aimer la vie aiment la mort déguisée. C'est pourquoi rares sont ceux qui parviennent encore à prendre conscience que l'homme est un être immortel.
- Je suis d'accord, lui ai-je dit, la mort est vraiment rusée, même si, en dernière analyse, elle n'a pas d'être. Mais même telle qu'elle est, vu qu'elle a ôté la vie à infiniment de monde, elle a bien plus d'expérience en la matière que n'importe quel individu, lequel ne meurt qu'une fois. On n'y peut rien. C'est un fait. Il nous est seulement donné, au mieux, de savoir que nous ne pouvons rien savoir avec certitude, que choses et événements échappent à notre entendement et à notre logique et qu'il n'y a pas de places pour des observateurs privilégiés. P18
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Par Dylou, le 02/12/2011
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Logan, je m’en souviens bien à une fois marché sur l’eau. Moi je ne l’ai pas fait. Et ne le ferai sans doute jamais. Je suis trop lourd pour cela. Je veux dire : j’ai un MOI trop gros. A vrai dire, je ne suis pas le seul responsable de l’hypertrophie de ce monstre ; ma mère, ma tante et les autres créatures de ma petite enfance portent une grande part de responsabilité dans la note *.
*Voilà comment ma mère, ma tante, ma grand-mère, etc., ont contribué à l’hypertrophie de mon MOI : par la flatterie, par la vulgaire flatterie. Je suis porté à croire que bébé, et même plus tard, je n’ai eu aucun intérêt pour moi-même, mais le lavage de cerveau du genre « Que tu es sage », « Que tu es beau », « Ce n’est pas assez bon pour toi » et plus tard « Tu dois mettre ceci ou cela » a porté ses fruits. Je me suis bientôt vanté d’être vraiment un JE. C’est pourquoi je ne puis marcher sur l’eau.
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Par Papillon, le 19/06/2008
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Une horloge m’indiquait sans ambiguïté qu’il était huit heures vingt, elle écartait les aiguilles, hors de portée en haut sur le mur, elle me provoquait en montrant ses huit heures vingt. Je ne l’ai pas crue. Comment croire un appareil qui de jour en jour, au même rythme, répète la même histoire ? Non, me suis-je dit, jamais plus je ne croirai en un appareil aussi peu crédible. Je n’ajouterai pas foi à quelque chose qui ne cesse de tourner en rond, à quelque chose d’aussi versatile. Car, une minute seulement après avoir affirmé qu’il était huit heurs vingt, cette camelote s’est mise à soutenir autre chose : huit heures vingt et une. L’horloge, visiblement, s’était rendu compte que j’avais perçu à jour sa sale manigance. Elle s’est mise à battre plus discrètement.
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Par Herikawa, le 05/10/2009
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Bon, me suis-je dit, je me suis jeté dans le vide, et je tombe. Il n'y a point de retour en arrière. Cela du moins est clair. Les lois de la physique sont contre moi. Mais rien n'est encore joué. La physique est une affaire de passé et de présent, or le futur peut toujours apporter un changement, en proclament que telle loi n'était qu'une erreur; il suffit de ne pas perdre de vue que le monde a vécu dans l'illusion quant à la forme de la Terre. D'ailleurs, la fameuse chute libre n'est qu'une grosse mystification. Quelle chute libre si je suis forcé de tomber. P22
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Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
"l’équation est simple : trop de MOI= trop de souvenirs = trop de passé = trop d’espoir en l’avenir = trop peu de maintenant = la mort. Tel est le principe de la mort, ici, en Europe"
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Par kathel, le 10/11/2010
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Tout s’est passé très vite : par mégarde, quelqu’un a touché Bobby avec le bout embrasé de sa cigarette ; l’air s’est mis à chuinter et Bobby, en plein milieu de son monologue sur les évènements les plus récents de la vie londonienne, s’est dégonflé. Il gisait dans un coin, bidimensionnel comme un poster qui se serait décollé du mur. Mais il ne montrait aucun signe d’inquiétude ; c’est tout juste s’il regardait avec mépris l’empoté qui l’avait dégonflé.
On passait du Duran Duran.
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Par saphoo, le 24/05/2010
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
C’est la grammaire qui sème la confusion en créant une apparence de mouvement et une illusion que le temps passe. Là-bas, demain, hier, avant, après _ tous ces adverbes sont de pures fictions ; nous sommes jamais ni là, ni là-bas, ni hier, ni avant, ni après, mais seulement ici et maintenant. Or, cela, on le perd de vue, on fait des tentatives d’aller ailleurs, ce qui crée la confusion, et personne en fait, n’est nulle part.
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Par Herikawa, le 05/10/2009
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Nous sommes ainsi arrivés à un autre fait: les objets étaient autrefois solides et durables; c'est un mensonge caractérisé, comme la plupart des faits, car s'il en était vraiment ainsi, il ne serait pas nécessaire qu'apparaissent dans le monde de nouveaux objets, fragiles et éphémères. P13 Le crime parfait
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Par Herikawa, le 05/10/2009
Perdu dans un supermarché de
Svetislav Basara
Je crois qu'il ne faut jamais rien savoir de personne, car ce que l'on sait et ce que l'autre nous dit de lui-même, ce n'est pas du tout lui, mais un fantôme... p10 Etrangers dans la nuit