Par Svetislav Basara

Note moyenne : 2.9/5 (sur 10 notes)
Les Allusifs Editions 2008
ISBN : 2922868729  
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Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, le narrateur entre dans un supermarché pour acheter « une bricole » – en fait, des lames de rasoir, parce qu’il a besoin de se raser, à moins que ce ne soit pour s’ouvrir les veines –, et il s’y perd…
Les nouvelles de Svetislav Basara, tout comme ses romans Le miroir fêlé et Guide de Mongolie, explorent une poétique de l’absurde. Elles nous entraînent sur le terrain littéraire singulier d’une métaphysique hard, foisonnant d’inventions, dans un monde où l’auteur, ses personnages et le lecteur évoluent ensemble et se rejoignent infailliblement devant le néant.

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nouvelles   littérature serbe  

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Critiques et avis sur Perdu dans un supermarché


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    • Livres 4.00/5
    Par sebastienL, 2008-12-10 23:12:21

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    On vénère Basara pour son sens du non-sens. Ses nouvelles, ce sont des contes philosophiques dont on ne peut capter l’essence qu’après s’être penché sur la chose « pour de vrai », et même, il faut tomber dedans, se casser les bras, les jambes. Perdre la tête. Alors, on comprend.



    La moindre des choses, c’est de lui dresser un autel dans votre bibliothèque. Au nouveau roi de l’absurde.



    la suite, sur le blog!

    Lien : http://lireplus.mabulle.com/index.php/2008/07/25/150782-svetislav-ba..
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    • Livres 1.00/5
    Par yo, 2008-08-01 14:16:04

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    Ce livre est un recueil de nouvelles écrites par un auteur serbe, Svetislav Basara. Ce recueil est néanmoins particulier, car les nouvelles se répondent : les personnages croisés dans une nouvelles réapparaissent quelques pages plus loin, dans une autre. L'auteur, qui intervient beaucoup dans le texte, fait suivre ces réflexions sur plusieurs nouvelles (ou devrais-je quasiment dire chapitre !).



    Voilà pour la forme. Pour le fond, je suis malheureusement incapable de faire un résumé de cet ouvrage, ni même de faire part de mes impressions, si ce n'est celle d'etre passé à coté de ce livre. Plusieurs fois, les nouvelles ont un début "réel", comme celle qui donne son nom au recueil, avant de sombrer dans un univers sans queue ni tête, dans lequel je me suis littéralement perdu. Je n'ai pas réussi à saisir l'absurdité du recueil, et à faire mon miel de ce que nous propose l'auteur. Un raté en ce qui me concerne.



    la suite ici : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-21614766.html

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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, 2008-07-11 16:23:27

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    Issu du projet Masse critique





    Marie Anne m'avait prévenue: c'est un livre qui ne ressemble à rien d'autre. D'autres, ici ou ailleurs ont parlé d'OVNI, OLNI et autres phénomènes incongrus occupant sans vergogne la voute cranienne des lecteurs assoiffés.

    Et après lecture il s'avère que c'est plutôt vrai. Plutôt, parceque mon esprit adore la nuance. Vrai, parceque basara nous offre ici un dépaysement littéraire absolu.

    Laissez moi d'abord vous citer le quart de couv':

    Qui prétend que s’interroger sur l’absurdité de notre condition est une activité morose ? Pour preuve du contraire, voici une vingtaine de très stimulantes histoires où l’on apprend comment on peut réussir un crime parfait, ce qui passe par la tête de quelqu’un qui est en train de tomber de la tour Eiffel, comment on retrouve sa mère enlevée par les marchands d’esclaves, ce qui arrive à un homme enfermé la nuit dans un supermarché où il s’est perdu, ce qui peut se passer lors d’une boum fatale, et bien d’autres aventures loufoques où l’intelligence est à la fête.





    (NDLR Vous remarquerez que l'annonce est vraiment alléchante, du moins passablement intrigante. En plus je n'ai jamais été déçue par les éditions des allusifs, c'est donc avec goinfrerie que je me suis ruée sur cet innocent livre vert)



    Voici la liste des nouvelles, au titre décalé:



    Etrangers dans la nuits

    un crime parfait

    histoire d'une chute

    le monde merveilleux d'agathe christie

    souvenirs de la saison de football 1959-1960

    la boum fatale

    peine de verveine

    cinq notes sur le séjour de Fin à Pekin

    commentaire critico paranoïaque

    Jazz

    l'apprentissage

    un mur

    le cinéma où l'on projette de mauvais rêves

    huit notes sur les vacances de fin

    la saga de horn

    recherche

    explosion

    réformateur

    Chönid bardo

    perdu dans un supermarché

    Return of Jedi

    le énième tour du cercle

    Reprendre une à une les nouvelles ci-dessus énumérées pour vous détailler ce qu'elles "racontent" (on verra par la suite combien ce terme est inadapté) serait une offense à leur nature même, à leur absurdité essentielle. Donc je m'en dispenserai.



    Prolégomènes: Laissez moi prévenir les lecteurs encore moins aguerris que moi - Perdu dans un supermarché désarçonne. Ce canasson retors est dépourvu des structures habituelles et rassurantes, jalonnées de certitudes chronologiques: début, milieu fin. Dépourvu, peut être pas. Disons qu'il existe un vernis chronologique qui explose littéralement sous le doute que l'auteur sème à tous vents. L'auteur joue avec son lecteur qui finit par se sentir comme un petit insecte tourneboulé. Parfois on pense aussi à de longs monologues intérieurs au sein desquels serait plongé le lecteur.



    On est ici. Ou peut être pas. Ou peut-être que oui mais pas tout à fait.



    Autre trait à la fois génial et dérangeant: les nouvelles sont truffées de portes par lesquelles l'auteur fait intrusion dans l'univers ou la tête du lecteur. C'est très bien fait, en exacte concordance avec, par exemple, les numéros de page, les polices de caractères .... Un peu comme si le personnage sortait du livre, s'asseyait à coté du lecteur, et se mettait à parler avec lui.



    Quelque chose que j'ai beaucoup aimé, c'est le maniement de l'absurde, la volontaire confusion sujet/objet, homme/objet, les situations grotesques comme celle du gardien de foot qui court et du coup tout le monde se met à courir avec lui. Des fois, de lointains échos kafkaiens semblent bruire, puis on pense ensuite à certains auteurs contemporains russes pour leur humour similaire mais jamais identique à celui de Basara qui est, de loin, infiniment kitchissime - esthétique de l'éphèmère et du dérisoire.



    Concernant l'articulation entre les nouvelles, on est ici dans quelque chose de plus "classique", comme par exemple dans la théorie quantitative de la démence de Self, où on retrouve des lieux / personnages / objets communs d'une nouvelle à l'autre. Avec en plus chez Basara une sorte d'effet de miroir (passer du point de vue de celui qui écrit à celui qui critique - moi à ce moment je n'ai pu me dispenser de penser à Lodge et à ses excellents exercices de Thérapie).



    Ajoutez à celà une écriture où on se retrouve parfois complètement, comme un écho à soi-même...



    ****



    Je ne fais rien. J'invente. tout ce qui a un nom -- existe. Inventer, c'est réduire le néant. Les bougies bleues se consument. Tous les objets transpirent le néant, comme tout ce qui m'entoure, en dépit de la solidité apparente de tout cela. Pure apparence: sous le nom-- c'est le néant.



    ****



    Je joue dans le sable, je bâtis de sombres châteaux sans fenêtres, je les admire, ils finissent par m'ennuyer, je les démolis, puis les reconstruis. Je me conduis comme l'histoire



    *****



    La phase un peu hésitante dépassée, j'ai adoré. A tenter, donc. je pense que soit vous aimerez, soit vous ne finirez pas :)

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    • Livres 2.00/5
    Par Wunschtraum, 2008-07-03 09:19:30

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    Lu grâce à Masse Critique. Sincèrement, je dois dire que je n'ai pas vraiment aimé ce livre. Je trouve les histoires un peu désordonnés et difficiles à suivre. Cela me fait penser à un récit schizophrène. Je remercie Masse Critique car ce fût quand même une "bonne" découverte.
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    • Livres 3.00/5
    Par rose, 2008-07-02 11:09:46

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    Au pays de Kafka… ou de Ionesco ?



    Que feriez-vous si vous vous retrouviez perdu dans un supermarché après la fermeture ? Vous vous organiseriez confortablement pour passer la nuit ? Vous seriez saisi d’une violente crise d’angoisse ? Le héros de Svetislav Basara, lui, commence par s’en prendre aux horloges. Et puis, il reçoit un coup de téléphone ; c’est Dieu au bout du fil… Il lui enjoint de se pencher sur son passé…

    Toutes les nouvelles (une vingtaine) du recueil « Perdu dans un supermarché » du Serbe Basara, à l’image de ce Dieu, obligent le lecteur à s’interroger, à mettre ses certitudes de côté et à plonger résolument dans un monde absurde, où l’on peut être mort et continuer à écrire, où les personnages sont très conscients de n’être que des êtres de papier et aspirent, non pas à vivre encore un peu, mais à atteindre la page 151, où l’histoire pour se dire a besoin parfois d’avoir recours non plus à des mots mais à des croquis ou des photos, où le fait le plus simple est toujours sujet à caution : je crois qu’elle était venue s’installer dans cette ville après sa naissance. Elle n’est née que plus tard.

    On se promène dans un univers hérité de Ionesco (le Bobby dégonflé de « La boum fatale » évoque les personnages sans profondeur de « La cantatrice chauve » ou de « Rhinocéros ») ou de Kafka (Gruber chassé de chez lui et victime passive de la police et de l’Inquisition rappelle, lui, le héros du « Procès »), et de façon plus lointaine de Diderot et des romanciers qui ont joué sur les niveaux de lecture des romans (le même Gruber se réjouit que ceux qui l’arrêtent ne puissent pas lire les notes de bas de page qui le mettraient en danger).

    Parfois on se croirait au cinéma, comme dans l’ »histoire d’une chute », nouvelle dans laquelle, comme dans certains films burlesques, tout le monde se met à courir, poursuivant on ne sait plus trop qui ; une nouvelle, « Le cinéma où l’on projette de mauvais rêves », a même pour héros un personnage de film, obligé d’agir selon le scénario et regardant du coin de l’œil les réactions des spectateurs. D’autres nouvelles sont des réécritures absurdes de romans policiers ou de romans noirs (comme « Un crime parfait » ou « Le monde merveilleux d’Agatha Christie »).

    C’est drôle souvent, mais toujours au service d’un questionnement sur le sens de l’existence, la conscience… L’homme y est parfois réduit à n’être qu’un mannequin en plastique, à la vision du monde très limitée, à l’existence aléatoire (Bob Horn peut ne jamais sortir de chez lui et courir tous les matins au parc), obligé d’apprendre ce que c’est que d’être, tout simplement, puis la différence entre être quelqu’un et être quelque chose…

    On a l’impression que la même histoire se réécrit de nouvelle en nouvelle ; il faut dire que les mêmes protagonistes reviennent régulièrement, Svetislav, sa mère, son copain Sandoz, la belle Etiemble, le docteur Wong, Fin, Bob Horn ou Gruber… La même histoire, non, mais en tout cas les mêmes interrogations chronologiques (le temps est souvent trompeur), métaphysiques…

    Un recueil à lire petit à petit (l’ensemble est passionnant mais ces reconstitutions étranges gagnent à être découvertes progressivement, pour ne pas se lasser et se laisser distancer dans cette grande course au sens). J’avoue un faible pour la « boum fatale » et la curieuse mode qui s’y propage et qui consiste pour ces hommes-mannequins à « se dégonfler »… « Pourquoi serais-je la seule à ne pas me dégonfler, à être ringarde, à passer inaperçue ? » se lamente Anna. Rien que pour cette courte nouvelle jubilatoire et méchante, je suis contente d’avoir découvert Svetislav Basara.

    http://rosealu.canalblog.com/archives/2008/07/02/9781667.html
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Citations et extraits de Perdu dans un supermarché


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  • Par Herikawa, 2009-10-05 20:14:39

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    Bon, me suis-je dit, je me suis jeté dans le vide, et je tombe. Il n'y a point de retour en arrière. Cela du moins est clair. Les lois de la physique sont contre moi. Mais rien n'est encore joué. La physique est une affaire de passé et de présent, or le futur peut toujours apporter un changement, en proclament que telle loi n'était qu'une erreur; il suffit de ne pas perdre de vue que le monde a vécu dans l'illusion quant à la forme de la Terre. D'ailleurs, la fameuse chute libre n'est qu'une grosse mystification. Quelle chute libre si je suis forcé de tomber. P22
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  • Par Herikawa, 2009-10-05 19:47:37

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    - C'est donc une grosse erreur de dire de la biographie de quelqu'un qu'elle est une description de la vie; une biographie est en fait une description de la mort, comme dirait David Albahari. C'est pourquoi je ne comprends pas que l'on puisse attacher une telle importance au passé, aux souvenirs, aux faits. Ils ne sont qu'un masque sur la face de la mort. Ceux qui disent aimer la vie aiment la mort déguisée. C'est pourquoi rares sont ceux qui parviennent encore à prendre conscience que l'homme est un être immortel.

    - Je suis d'accord, lui ai-je dit, la mort est vraiment rusée, même si, en dernière analyse, elle n'a pas d'être. Mais même telle qu'elle est, vu qu'elle a ôté la vie à infiniment de monde, elle a bien plus d'expérience en la matière que n'importe quel individu, lequel ne meurt qu'une fois. On n'y peut rien. C'est un fait. Il nous est seulement donné, au mieux, de savoir que nous ne pouvons rien savoir avec certitude, que choses et événements échappent à notre entendement et à notre logique et qu'il n'y a pas de places pour des observateurs privilégiés. P18
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  • Par Herikawa, 2009-10-05 19:36:33

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    Nous sommes ainsi arrivés à un autre fait: les objets étaient autrefois solides et durables; c'est un mensonge caractérisé, comme la plupart des faits, car s'il en était vraiment ainsi, il ne serait pas nécessaire qu'apparaissent dans le monde de nouveaux objets, fragiles et éphémères. P13 Le crime parfait
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  • Par Herikawa, 2009-10-05 19:35:06

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    Je crois qu'il ne faut jamais rien savoir de personne, car ce que l'on sait et ce que l'autre nous dit de lui-même, ce n'est pas du tout lui, mais un fantôme... p10 Etrangers dans la nuit
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  • Par sebastienL, 2008-12-10 23:12:55

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    "l’équation est simple : trop de MOI= trop de souvenirs = trop de passé = trop d’espoir en l’avenir = trop peu de maintenant = la mort. Tel est le principe de la mort, ici, en Europe"
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