ISBN : 9782070129256
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 122 notes) Ajouter à mes livres
Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 13 mars 2012

    litolff
    Eblouissant et poétique, joyeux et plein de sens, je viens de terminer « Dans les forêts de Sibérie » et j'en suis baba !
    Quand on a des idées noires, qu'on se sent neurasthénique, décider d'aller s'enterrer tout seul pendant 6 mois dans une cabane en Sibérie n'est pas forcément le premier truc qui vient à l'esprit : relever ce défi était déjà une gageure mais en plus en tirer un livre magnifique : CHAPEAU !
    Sylvain Tesson n'est certes pas un tire-au-flanc et il a beau dire que la méditation est un truc pour justifier la paresse, on sent bien que la paresse n'est pas son penchant naturel et heureusement pour lui car pour survivre en hiver au bord du lac Baïkal, fendre le bois de chauffage, aller puiser l'eau pour boire et cuisiner, sortir pêcher sa nourriture, il faut de l'énergie ! Il faut aussi une sacrée dose de détachement pour supporter la solitude pendant 6 mois dans un endroit où il n'y a rien d'autre à faire que se fondre dans la nature, observer le passage des saisons, la vie végétale et le fourmillement animal, resserrer sa vie autour de l'essentiel en apprivoisant le temps.
    Avec l'aide de cigares, de livres et de stocks conséquents de vodka, il arrive au terme de ces 6 mois pénétré par la beauté de la nature et convaincu qu'elle suffit au bonheur : belle sagesse qu'il nous transmet dans un texte magnifique, empreint de ses réflexions au quotidien, tour à tour drôle et poétique, on ne s'ennuie pas une seconde et on se prend à souhaiter avoir le courage et l'énergie pour se lancer dans une aventure de ce genre…
    PS : A compléter par les magnifiques images du film qu'il réalisé lui-même, (50mn sur youtube) !
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    Critique de qualité ? (29 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 21 novembre 2011

    emeralda
    La Sibérie n'est certainement pas la première destination que vous choisiriez pour vos prochaines vacances, ni même si vous deviez prendre un long break de 6 mois ailleurs que chez vous.
    Je vous rassure, ce n'est pas mon choix personnel non plus, mais ce fut celui de Sylvain Tesson qui n'arrivait plus à trouver assez de réconfort dans ses multiples voyages et errances sur le globe. Pourtant, ces périples, c'était toute sa vie. C'est en marchant, en parcourant le monde qu'il se sentait bien, mais la magie n'opère plus aussi bien. Et c'est dans l'immobilité qu'il pense trouver la solution. Certes, c'est un peu extrême, mais pour lui, c'est presque la routine. Et puis, ce paysage, ces rives du lac Baïkal, il avait promis d'y revenir !
    Ce livre est en fait son carnet de bord, ce qu'il a consigné durant cette retraite volontaire du monde (bien qu'il ne fut pas complètement isolé…. On peut même être envahi dans des coins aussi reculés que cela, incroyable, non ?!).
    6 mois, c'est long et c'est court. le temps n'est plus tout à fait le même une fois que l'on sort de notre société de consommation, de ce carcan mondialisé où ce qui a réellement de la valeur est négligé au profit de quêtes aussi futiles qu'éphémères. Pour cela, j'avoue que j'ai un peu la même vision que Sylvain sur le fait que je souhaite avoir un vie, une existence pleine et qui vaut la peine d'être vécue.
    Nous lisons donc les lignes écrites par Sylvain Tesson juste avant de se retrouver seul dans sa cabane (on débute avec le voyage qui va le conduire jusqu'à son refuge de rondins sur les bords du lac Baïkal) et jusqu'à son retour parmi nous ou presque.
    L'auteur s'étonne lui-même. Il s'attache à des choses, des éléments qu'il aurait cru presque insignifiants auparavant, même si c'est forcément un amoureux de la nature et de ses merveilles pour avoir choisi un tel lieu.
    Le voilà quand il parle d'une mésange qui vient le voir régulièrement :
    "La visite du petit animal m'enchante. Elle illumine l'après-midi. En quelques jours, j'ai réussi à me contenter d'un spectacle pareil. Prodigieux comme on se déshabitue vite du baryum de la vie urbaine."
    Il s'interroge également :
    "La vie de cabane est peut-être une régression. Mais s'il y avait progrès dans cette régression ?"
    Je m'interroge aussi. Je ne vis pas dans une cabane, mais j'essaie de ne pas trop me laisser happer par notre monde qui a certes du bon, mais qui ne me plait pas toujours. Je m'émerveille encore devant des choses toutes bêtes car je les trouve magiques par leur apparente simplicité alors que c'est en réalité tout le contraire.
    On pourrait penser que vivre ainsi en hermine est un calvaire. Certains s'effraient à la perspective de ne pouvoir parler à personne, mais je l'avoue, cela ne me gènerait pas tant que cela. Et puis, 6 mois, ce n'est pas l'éternité non plus. Il faut relativiser.
    Sylvain Tesson aime les gens taciturnes et donc le calme. le fait que l'on ne soit pas obligé de déverser non plus un flot de paroles en continue pour échanger avec autrui est un plus pour lui. Cependant, il se rendra chez ses voisins (des heures de marche dans une météo par toujours clémente : - 32 °, -34° etc...) de temps en temps et recevra des visites dans sa cabane. Reste que parfois, ces rencontres vont presque le déranger :
    "Je crois bien que je vais espacer mes visites".
    Il va même se retenir de ne pas chasser parfois les visiteurs. Ils dérangent sa tranquillité non d'une pipe en bois !
    Les habitudes se mettent en place et sont nécessaires car sans l'oeil critique d'un tiers pour nous faire avancer et une certaine volonté personnelle, l'homme est de nature à se laisser aller.
    Sylvain Tesson y trouvera même du plaisir à cette routine imposée, des gratifications qui réchaufferont son âme presque tout autant que son corps. Il vaut mieux d'ailleurs par de telles températures polaires (voir le début du journal de bord).
    Je suis un peu étonnée de trouver autant d'allusion à de l'alcool, mais après tout nous somme en Sibérie et les Russes n'ont point la réputation de carburer à l'eau plate. Définitivement, je ne peux pas m'imaginer vivre la même expérience à cause du climat, mais aussi à cause de ce facteur alcoolisé. Il me resterait bien les litres de thé à avaler, mais rien que la perspective de me rendre toutes les 1/2 heures aux toilettes dans ce froid, m'en fait passer l'envie immédiatement. Non, il me faudrait trouver un coin plus tempéré et je crois bien que j'ai ma petite idée, mais chut…. Ce n'est ni l'endroit pour vous le révéler, ni le propos de ce billet.
    L'auteur et ses voisins possèdent la faculté de regarder des heures par la fenêtre. le paysage qui s'offre à eux est plus captivant que bien des programmes télévisés que l'on a chez nous. Sur ce point, je peux les comprendre car j'ai également la chance de bénéficié d'un panorama magnifique : j'ai le Mont-Blanc à quelques encablures à peine. Je ne me lasse pas de l'observer au fil des saisons. Il n'est jamais tout à fait le même. A chaque minute, la lumière est différente, les nuages passent et parfois me le dissimule, mais je sais qu'il est là et je l'imagine, je me projette au delà de ce voile. En bref, il me dépasse, il se dégage une certaine magie, une puissance que Dame nature veut bien me laisser admirer. le lac Baïkal doit être tout aussi captivant avec ses eaux prisonnières des glaces, ses forêts tout autour, sa faune, les caprices de la météo…
    Dépaysement garanti.
    Ce journal est agréable à lire même si l'on n'est pas fan de "nature writting" : genre littéraire où se mêle l'observation de la nature qui nous entoure et des considération autobiographiques.
    Sylvain Tesson sait agrémenter volontairement ou non certaines de ses pages de traits d'humour qui m'ont bien déridés durant ma lecture :
    "Ils ont des gueules à dépecer le Thétchène et ils partagent délicatement leur biscotte avec la mésange."
    "25 mai. Je passe des heures à fumer dans mon hamac au sommet de l'éminence, les chiens à mes pieds. A Paris, les miens me croient aux prises avec le froid sibérien, ahanant comme un sourd sur mon billot pour fendre le bois dans le blizzard."
    Le décalage entre ce que l'on croit connaître et la réalité est à son comble. Cela fait du bien de pouvoir être encore surpris et de se dire que tout n'est pas encore perdu.
    Introspection, réflexion, méditation… Tout cela est présent. Six mois pour faire le tour de soi-même et aussi du monde qui nous entoure. On pense également à celui que l'on a quitté et que l'on devra rejoindre passé cette retraite.
    Solitude et rencontre, tel pourrait être le sous titre de cet ouvrage qui décidément incite à ouvrir vraiment nos yeux.
    Pour moi qui recherche de la profondeur dans mes lectures (même s'il m'arrive de lire des choses très légères également), ce fut parfait. Sylvain Tesson avait emporter avec lui beaucoup de lecture et il fait très souvent des parallèles entre les pages qu'il dévore, celles qu'il gratte et ce qui lui sert de cadre d'existence. Il nous suggère parfois de faire de même sans pour autant partir en Sibérie. Peut-être aurions nous un regard plus neuf alors, plus réaliste, plus responsable ?


    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/11/dans-les-forets-de-si..
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 18 novembre 2011

    EMOTION
    Voici vraiment un récit-littérature, très loin du récit de Delphine de Vigan ! Bien sûr, de par leur thème, ces deux récits ne peuvent être comparés mais la qualité littéraire du récit de Sylvain Tesson explose à chaque page. Évidemment j'aurais pu être rebuté par une certaine idéologie véhiculée parfois au fil des auteurs cités (Paul Morand, un des hussards ; Mircea Eliade dont les accointances avec des mouvements fascistes roumains semblent réelles ) . La sanctification du tsar Nicolas II célébrée par l'auteur m'a interpellé. Malgré tout cela ce livre ferait indubitablement partie de ma bibliothèque si je devais me ressourcer sur une île déserte ( j'arracherai juste la page où surgit inopinément le nom d'un homme politique français qui ressemble si peu à la flamboyance de ces lignes ! Je plaisante bien sûr car on n'abîme pas un livre pour une incongruité). Quand un homme vient trouver la paix sur les rives du lac Baïkal, à des heures de toute humanité, parce qu'il en a assez de devoir choisir entre quinze sortes de ketchup, on ne peut qu'être séduit. Fragilité du monde, caractère éphémère de l'existence et en même temps jouissance totale de cette existence (Le chant du monde de Giono), contemplation et amour de chaque être, fusion entre les hommes-animaux-nature : la beauté à l'état pur, l'authenticité régénératrice. Sur cette terre où les températures voisinent souvent avec l'insupportable, on ne cherche pas le gadget, l'artificiel, on s'efforce tout simplement « de passer l'hiver ». J'aurais pu donner dix, vingt, trente citations de ce livre, toutes aussi bouleversantes les unes que les autres, toutes célébrant à la fois le rire et la mort. le bandeau qui orne ce livre m'inquiétait plutôt : le livre qui va changer votre vie ! Et si c'était vrai ? Et si ce récit, à défaut de bouleverser totalement notre vie, allait faire germer en nous une réflexion féconde? le sacré, dans sa forme la plus universelle, caresse chaque mot de ce livre : « lire, tirer de l'eau, couper le bois, écrire et verser le thé deviennent des liturgies ». Récit de l'âme et du bonheur, du regard attentionné et de l'humour. Je ne peux qu'encourager tous les amoureux de l'écriture et de la vie à parcourir ce bel ouvrage que je relirai bientôt très volontiers.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fee-tish, le 17 décembre 2011

    fee-tish
    Passer six mois dans une cabane en Sibérie, au bord du lac Baïkal, avec pour seuls voisins proches les arbres, les ours et la neige, c'est le choix qu'a fait Sylvain Tesson pour expérimenter le temps.
    La notion de temps est-elle la même pour un parisien que pour un ermite ? Peut-on se supporter soi-même lorsque les seules occupations sont couper du bois et pêcher ?
    Ce sont ces questions et beaucoup d'autres que va se poser Sylvain Tesson, ce globe-trotteur amoureux de la Russie.
    Divisé en six parties représentant les six mois passés loin de tout (de février à juillet 2010), ce récit est rédigé à la manière d'un journal de bord : tous les jours sont égrénés. Avec un froid dépassant parfois les -30° C, la cabane devient un refuge, presque une matrice chaude, où l'auteur se surprend à ralentir ses gestes, à "blanchir" et à regarder par sa petite fenêtre avec un intérêt immense. Les montagnes, le lac gelé, la neige, les arbres, les animaux deviennent son environnement, sa vie. Une pointe d'étonnement lorsqu'il se rend compte que sa vie "d'avant" ne lui manque pas? Incroyable de se passer aussi facilement de la vie que l'on mène depuis toujours. Et quelle joie aussi de remarquer que dans cet univers l'ermite ne nuit à aucun être vivant, sauf l'arbre qu'il débite et les poissons qu'il mange. Une certaine spiritualité émerge des tâches de la vie quotidienne.
    Deux idées m'ont beaucoup plu dans cet ouvrage.
    La première étant que l'homme seul ne peut pas être tout à fait convaincu de la justesse de sa perception du monde, si aucun compagnon n'est là pour lui assurer qu'il voit la même chose. La nature est-elle comme l'homme la voit ?
    La seconde est d'une justesse étonnante, qui part d'une seule phrase de l'auteur : "l'ermite ne s'oppose pas, il épouse un mode de vie"Comme on le voit, une philosophie et une spiritualité naissent au contact de cette vie atypique. Des réflexions aussi étrangent que regarder la poussières au travers d'un rayon de lumière.
    J'ai noté des points négatifs, notamment deux réflexions qui m'ont déplu à titre personnel. Tout d'abord, lorsqu'il remarque le "Da Vinci code" de Dan Brown chez un ami, il parle de "baisse de civilisation". Je trouve cela un poil arrogant et qui peut blesser beaucoup de lecteurs. Ensuite, lors de son séjour, sa soeur accouche et il en parle sans aucune tendresse, ni un minimum de gentillesse. Visiblement cet enfant n'est qu'un nouvel habitant dont la Terre ne voudrait peut-être pas.
    Néanmoins, cela n'enlève en rien l'excellente maîtrise de la langue française de Sylvain Tesson, avec un rythme parfois lent, parfois extrêment rapide. le vocabulaire est très riche et nous fait ressentir beaucoup d'émotions.
    L'exercice est donc réussi et l'on se demande comment le retour à la société parisienne s'est faite.
    Ce livre intrigue et fait réfléchir sur l'importance de tout ce qui constitue notre société de consommation.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par trust_me, le 04 décembre 2011

    trust_me
    Sylvain Tesson s'est fait un serment : avant ses 40 ans, il vivra plusieurs mois dans une cabane. Direction donc le fin fond de la Russie, sur les bords du lac Baïkal. de février à juillet 2010, l'écrivain voyageur investit une Isba, une cabane sibérienne isolée à cinq heures de marche de toute présence humaine. Dans les forêts de Sibérie est son journal d'ermitage. Il y consigne chaque jour ses réflexions et les menus événements qui rythment son quotidien : « La cabane, royaume de simplification. Sous le couvert des pins, la vie se réduit à des gestes vitaux. le temps arraché aux corvées quotidiennes est occupé au repos, à la contemplation et aux menus jouissances. L'éventail des choses à accomplir est réduit. Lire, tirer de l'eau, couper le bois, écrire et verser le thé deviennent des liturgies. En ville, chaque acte se déroule au détriment de mille autres. La forêt resserre ce que la ville disperse. »
    La lecture, l'écriture, la pêche, les longues promenades, le patinage sur le lac gelé et les excursions en canoë après le dégel... L'existence se réduit à une quinzaine d'activités. Quelques visites impromptues viennent troubler la solitude du reclus. L'occasion de partager des litres de vodka et de refaire le monde.
    Il y a du Rousseau et du Walden dans ce journal. Tesson se fait le chantre de l'autosuffisance : « L'homme des bois est une machine de recyclage énergétique. le recours aux forêts est recours à soi-même. Privé de voiture, l'ermite marche. Privé de supermarché, il pêche. Privé de chaudière, son bras fend le bois. le principe de non-délégation concerne aussi l'esprit : privé de télé, il ouvre un livre. »
    Épris de silence et de solitude, l'ermite Tesson s'enchante à chaque tressaillement de la nature. L'activité des mésanges, la noblesse de l'ours, la force du vent, la noirceur du lac, le vrombissement des milliards d'insectes l'été venu, tout est prétexte à la contemplation et à l'éblouissement. Par rapport à nombre de récits du même genre, Dans les forêts de Sibérie se distingue par sa qualité littéraire. La plume est ici d'une rare élégance, la profondeur de la réflexion impressionne et les aphorismes sont d'une concision remarquable. Petit exemple en passant : « La vie en cabane est un papier de verre. Elle décape l'âme, met l'être à nu, ensauvage l'esprit et embroussaille le corps, mais elle déploie au fond du cœur des papilles aussi sensibles que les spores. L'ermite gagne en douceur ce qu'il perd en civilité. » Magnifique, non ?
    En quête de liberté intérieure, Sylvain Tesson aura appris pendant ces quelques mois de réclusion volontaire à vivre non plus contre lui-même mais avec lui-même. Un texte somptueux.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/12/dans-les-forets-de-si..
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Critiques presse (7)


  • Telerama , le 16 novembre 2011
    Les lauriers dont [Dans les forêts de Sibérie] est désormais le récipiendaire ne devraient faire qu'accentuer l'engouement autour de ce livre il est vrai plus qu'attachant, tout ensemble descriptif et songeur, limpide et tissé de sobres et justes réflexions sur les conditions d'existence de l'homme dans le monde contemporain.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 24 octobre 2011
    Véritable écrivain, Tesson se distingue des aventuriers de librairie [...] par l'élégance de la plume, la profondeur de la réflexion, la concision des aphorismes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeFigaro , le 22 septembre 2011
    L'écrivain, qui a passé six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Russie, offre un journal intime brillant et riche en réflexions.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LesEchos , le 06 septembre 2011
    Le récit de ces six mois sibériens est joyeux, poétique et philosophe. Le style est éblouissant.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LePoint , le 06 septembre 2011
    Tesson, qui manie là comme jamais la phrase qui tranche et éblouit, porte toujours bien son nom. Et désormais, mieux que jamais, son prénom : Sylvain, celui qui vit dans la forêt.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Bibliobs , le 02 septembre 2011
    Le contraste entre cette douceur de caractère et l'âpreté de la nature sibérienne fait de ce livre un beau, sobre et dépouillé d'emphase «chant du monde», dont les harmoniques résonnent longuement dans l'esprit du lecteur.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 29 août 2011
    On se régale à lire ce croisement entre Jean-Jacques Rousseau et Bear Grylls, le héros survivaliste de la série télé culte Man versus Wild. Un croisement détonant comme une vodka par - 32 °C.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 21 octobre 2011

    Quand deux petits chiens vous fêtent au matin, la nuit prend la saveur de l'attente. La fidélité du chien n'exige rien, pas un devoir. Son amour se contente d'un os. Les chiens? On les fait coucher dehors, on leur parle comme à des charretiers, on leur aboie dessus, on les nourrit des restes et de temps en temps, vlan! une baffe dans les côtes. Ce qu'on leur offre en coups, ils nous le rendent en bave. Et je comprends soudain pourquoi les hommes ont fait du chien leur meilleur ami : c'est une pauvre bête dont la soumission n'a pas à être payée en retour. Une créature qui correspondait donc parfaitement à ce que l'homme est capable de donner.
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  • Par Corboland78, le 18 octobre 2011

    L’ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus. La solitude : ce que les autres perdent à n’être pas auprès de celui qui l’éprouve. A Paris, avant le départ, on me mettait en garde. L’ennui constituerait mon ennemi mortifère ! J’en crèverais ! J’écoutais poliment. Les gens qui parlaient ainsi avaient le sentiment de constituer à eux seuls une distraction formidable. « Réduit à moi seul, je me nourris, il est vrai, de ma propre substance, mais elle ne s’épuise pas… » écrit Rousseau dans les Rêveries.
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  • Par Myrtle, le 21 octobre 2011

    La marque Heinz commercialise une quinzaine de variétés de sauces. Le supermarché d'Irkoutsk les propose toutes et je ne sais quoi choisir. J'ai déjà rempli six caddies de pâtes et de Tabasco. Le camion bleu m'attend. Micha, le chauffeur, n'a pas éteint le moteur, et dehors, il fait -32. Demain, nous quittons Irtoutsk. En trois jours, nous atteindrons la cabane, sur la rive ouest du lac. Je dois terminer les courses aujourd'hui. Je choisis le "super hot tapas" de la gamme Heinz. J'en prends dix-huit bouteilles : trois par mois.
    Quinze sortes de ketchup. A cause de choses pareilles, j'ai eu envie de quitter ce monde.
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  • Par EMOTION, le 16 novembre 2011

    L'homme libre possède le temps. L'homme qui maîtrise l'espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu'il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont.
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  • Par Myrtle, le 21 octobre 2011

    Je pense au destin des visons. Naître dans la forêt, survivre aux hivers, tomber dans un piège et finir en manteau sur le dos de rombières dont l'espérance de vie sous les futaies serait de trois minutes... Si encore les femmes couvertes de fourrure avaient la grâce des mustélidés qu'on écorche pour elles. Il y a cinq jours, Sergueï m'a raconté une histoire. Le gouverneur d'Irkoutsk s'adonnait à la chasse à l'ours de son hélicoptère dans les montagnes qui dominent le Baïkal. Le MI8, déstabilisé par une rafale, s'est écrasé. Bilan, huit morts. Sergueï : "Les ours devaient danser la polka autour du brasier."
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