ISBN : 2070301028
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 203 notes) Ajouter à mes livres
Qui n'a jamais fait le rêve d'être quelqu'un d'autre ? D'imaginer sa conscience prendre place derrière les rétines d'un autre, plus beau, plus fort, plus malin. Qui n'a jamais conçu l'expérience, simplement par jeu, en utilisant le si facile vecteur de l'évocation secrè... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Marcelline, le 27 décembre 2011

    Marcelline
    Lu d'une traite, ce roman m'a laissée perplexe.
    Si j'ai été déçue de ne pas y retrouver l'humour subtil que j'avais aimé dans Saga et que me promettait la quatrième de couverture de celui-ci, j'ai bien accroché au suspense habilement distillé par l'auteur, qui alterne les chapitres concernant les trajectoires de Thierry et Nicolas, deux inconnus qui se font le pari de devenir Quelqu'un d'autre, celui qu'ils auraient toujours voulu être, et de se retrouver 3 ans après, jour pour jour.
    L'évolution de Nicolas, un être dont l'anxiété l'empêche de devenir vraiment celui qu'il est (déjà) au fond, m'a beaucoup gênée car cela tourne rapidement, et subtilement, à une apologie de l'ivresse, pour ne pas dire de l'alcoolisme. Heureusement que je n'avais pas de Vodka à portée de main, j'étais à 2 doigts de me laisser tenter par l'expérience!...
    Dans son parcours, j'ai cependant beaucoup aimé les grandes envolées lyriques que, sous l'emprise de l'alcool, il peut déclamer face à son collègue imbu de lui-même!
    Quant à Thierry, pour qui l'échec de son épanouissement repose sur une mâchoire qui ne lui convient pas, il base toute sa métamorphose sur un coup de bistouri qui lui permettra d'envoyer balader tout son passé, en un bloc, sans aucune reconnaissance pour ce que son entourage a pu lui apporter.
    Au moment où il revient incognito parmi ses anciennes connaissances, j'ai cru que ce serait l'occasion d'une réflexion sur ce qui forge un individu: ses rencontres, tout au long de son existence, ses expériences, ratées et réussies, ses projets, mûris avec le temps... Mais rien de tout cela: rien qu'un être égoïste, avide quand même de savoir ce que l'on pense de lui, mais incapable de gratitude envers ce même entourage dont il guette les jugements sur sa personne.
    Bref, un sujet intéressant sur ce que l'on fait de notre vie et sur ce que, au fond de soi, l'on voudrait être vraiment, mais un livre qui n'est resté, pour moi, qu'un bon suspense bien écrit.

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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 29 avril 2011

    liratouva2
    Quand n'ai-je pas rêvé d'être une autre?
    N'est-ce pas là une de mes meilleures excuses pour aimer me perdre autant dans les livres?
    Vivre la vie des autres. c'est sûrement ce que je recherche avant tout dans mes lectures.
    Je lis pour oublier ce moi qui ne me satisfait pas totalement et qui m'ennuie à force d'être toujours le même!
    ***
    C'est ce que se sont dit, un soir, dans un bar, Thierry Blin et Nicolas Gredzinski, à l'approche de la quarantaine. Ils ne se connaissent pas mais viennent de disputer un match de tennis d'enfer dans leur club. Peu importe que Blin ait gagné : chacun a donné le meilleur de lui-même et retrouvé ses plus beaux coups.
    Ils font connaissance autour de quelques verres d'alcool en évoquant leurs plus beaux souvenirs de jeunesse quand ils se croyaient encore tout permis et, de fil en aiguille, ils se lancent un défi : celui de retrouver cet autre moi rêvé, celui qu'ils n'ont jamais eu le courage de faire naître. L'alcool aidant, ils se promettent de partir à la recherche de ce "Quelqu'un d'autre" et ils se donnent rendez-vous dans ce même bar, le même jour, à la même heure, dans trois ans.
    Dès lors le récit alterne leur histoire durant ces années où chacun d'eux essaie sincèrement de se transformer mais ils sont si différents que leurs choix le seront tout autant. L'un est logique, décidé, actif, précis, l'autre est hésitant, anxieux et vient à peine de découvrir les joies de l'alcool.
    Comment chacun va-t-il s'y prendre pour changer radicalement de vie et devenir un autre ?
    Réussiront-ils d'ailleurs?
    Toujours est-il que trois ans plus tard, le 23 juin, quelques heures avant le rendez-vous, ils se retrouvent séparément sur leur terrain de tennis puis dans leur bar. Se sont-ils reconnus ? Leur pari est-il réussi ? Sont-ils devenus autres?
    J'ai trouvé la fin très réussie!
    Pas seulement la fin d'ailleurs mais toute l'histoire, en étant cependant plus intéressée par l'aventure de Blin, le vainqueur du match, le plus actif et le plus déterminé.
    De cet auteur, j'ai lu et beaucoup aimé aussi : «La Maldonne des sleepings», «Saga» et « Malavita », mais ce roman-ci est très différent, plus sérieux, plus ambitieux aussi sans doute bien que toujours avec cette touche de vivacité et cette pointe d'humour typique du style de Benacquista qui me plaît tant !
    Bref un excellent moment de lecture.
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  • Par LiliGalipette, le 01 octobre 2009

    LiliGalipette
    Thierry Blin et Nicolas Gredzinsky se rencontrent sur un match de tennis. A l'issue d'une partie redoutable, le premier engage le second dans un défi étrange: devenir un autre pour échapper à leurs existences étriquées. Chacun a trois ans pour réaliser l'impossible. Pour Thierry, il s'agit de changer d'identité, de profession et de vie. Pour Nicolas, il faut cesser d'avoir peur. Pour ce faire, il plonge dans la boisson. Trois ans après ce défi lancé à l'irrationnel, les deux hommes se retrouvent, mais qui sait s'ils se reconnaîtront eux-mêmes.
    Excellent! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit. Pas le "Excellent!" que se lancent les jeunes de nos jours à propos de tout et surtout de n'importe quoi... le "Excellent" de l'excellence, de la course à la perfection. C'est un peu ça qui anime les deux protagonistes, avec un petit air de Ad augusta per angusta (que je traduis grossièrement après des années de latin par "Vers les plus hauts sommets par les voies les plus étroites", devise odieuse des prépas littéraires...). Les chemins de la perfection ne sont pas simples à arpenter, mais sous la plume de Benacquista, la narration se déroule avec légèreté et finesse. Il y a de l'excellence dans la matière de traiter ce sujet, de l'excellence dans la façon de passer d'une histoire à l'autre, de l'excellence dans la leçon qui émane du texte, de l'excellence surtout parce que chacun fait bien ce qu'il veut de la leçon donnée.
    J'ai passé un très bon moment de lecture, et je conseille ce livre à tout le monde.
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    • Livres 2.00/5
    Par Giwago, le 15 avril 2008

    Giwago
    J'ai bien aimé ce livre jusqu'à… la fin !!! L'idée de départ est très bonne : deux hommes qui se lancent pour pari de changer de vie, devenir celui qu'ils ont toujours voulu être. Appétissant comme thème. La manière dont Benacquista a traité le sujet est à la fois très originale et très « classique ». Il a pris pour « sujets d'étude » deux hommes affligeants de normalité et de banalité, qui, au cours de ce « pari » vont découvrir qui ils sont vraiment. Ce livre m'a amené à me poser une question : ne conduit-on pas nos vies en fonction du regard des autres et des conventions qui régissent la société ? Bref, ne fait-on pas tout ce qu'il faut pour être politiquement correct dans une société trop aseptisée ? La solution pour être heureux dans nos vies ne serait-elle pas de se débarrasser de tout ces codes, de toutes ces conventions qui nous entourent et nous emprisonnent (je ne parle pas, bien évidemment, de vivre sans lois) ?
    Je disais que j'avais apprécié ce livre jusqu'à son dénouement, pour une simple raison, je trouve la fin trop abrupte. A mon sens, le dénouement arrive un peu trop vite, il est amené par l'auteur sans réelle transition, et je suis resté quelque peu sur ma faim…
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    • Livres 4.00/5
    Par fersenette, le 15 juillet 2009

    fersenette
    Du bonheur d'être soi ...
    Vers Tonino Benacquista j'avance, pas à pas. Ceux qui suivent savent que je n'ai encore lu que « Le serrurier volant » (courte histoire) et « la boîte noire » (recueil de nouvelles). J'ai donc encore de nombreux Benacquista à lire ;-) Ce qui me désole avec Fred Vargas c'est d'avoir tout lu, heureusement il est des auteurs qui se relisent même lorsque la PAL est vertigineuse comme le bord d'une falaise.
    « Quelqu'un d'autre » est passé du statut de roman dans ma PAL à celui de défi blog-o-trésors. Briévement le concept, sur une généreuse idée de grominou : chaque participant donne la liste des 10 livres qui ont marqué sa vie de lecteur, toutes les listes sont compilées, d'où chaque participant choisira 4 titres qu'il s'engage à lire et commenter. « Quelqu'un d'autre » est l'un de mes choix. Je l'avais déjà acquis lors d'une foire aux livres et retrouvé avec confiance dans la compilation des romans qui ont marqués la vie d'un lecteur. Où il mérite sa place.
    L'idée du roman est d'emblée originale. Deux hommes se rencontrent, s'ensuit une cuite et un pari simple. Ils se séparent avec le défi mutuel de changer leur vie en 3 ans et de se retrouver dans ce bar. Les deux personnages vont se succéder au fil des chapitres, le lecteur suit la métamorphose de l'un qui va radicalement changer de nom, de métier, et même de visage ; tandis que l'autre va se révéler meilleur au fur et à mesure qu'il se laisse aller à l'alcoolisme.

    Benacquista propose deux procédés contre les faux-semblants, deux alternatives aux apparences prédéfinies. J'ai adoré le thème. Merveilleuses métaphores que l'encadreur qui explose discrètement pour sortir sa vie d'un cadre, et le cadre qui devient supérieur le jour où il cesse de se plier aux bienséances et à la langue de bois dès lors qu'il boit ...
    L'écriture de Tonino Benacquista semble simple, elle est accessible, elle parle vrai, pourtant elle réserve des effets sublimes. L'auteur assène par-ci par-là quelques coups de poignard aux absurdités sociales que nous subissons par défaut, auxquelles hélas nous nous plions tous, même les meilleurs.
    Quand je pense que j'étais à moins une de passer le chapitre le plus jouissif ! Faut dire qu'il commence et s'étend largement sur la logorrhée d'un personnage suffisant, étalant ses exploits de restaurateur de plafond devant une assemblée de bouches bées. Je n'avais rien vu venir, je sous-estimais Benacquista qui ne m'aurait jamais fait perdre ainsi mon temps mes yeux pour rien. Je ne peux pas vous dire comment car je m'en voudrais de vous gâcher ce bonheur, mais la gifle fut magistrale.
    Un bémol, le point noir que je voudrais presser de deux doigts déterminés : une ode à l'alcool, la mélopée de l'ivresse, gare aux chants des sirènes ! Dieu vous préserve de l'alcoolisme.









    Lien : http://www.affinitiz.com/space/polars
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Citations et extraits

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  • Par Musikant, le 05 février 2012

    Méfie-toi de la sagesse des autres. Rien n'a de sens. Tout se contredit, même les vérités premières. Personne ne peut savoir où tu vas puisque tu ne le sais pas toi-même. Les chemins tortueux que tu prends vont paraître obscurs, ils le sont, mais veille à ce que personne ne t'en détourne
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  • Par Musikant, le 05 février 2012

    L'anxiété le forçait depuis toujours à reconnaître ses limites et à fuir les rapports de force. Tout ce temps perdu à se préparer au pire avait fait de lui un individu effacé. Ni éteint ni timoré, mais à l'écart. Il fallait ne douter de rien pour être offensif, ou même menaçant ; Nicolas doutait de tout. Il gardait en mémoire ce jour où il était arrivé juste à l'heure du biberon chez un couple d'amis fiers de présenter au monde leurs jumeaux. L'un d'eux était colérique, fébrile à l'idée de téter ; de peur de déclencher des hurlements, sa mère le nourrissait en priorité. L'autre, timide, retenu, attendait son tour en silence. Nicolas y voyait une métaphore universelle : les emmerdeurs passeraient toujours les premiers.
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  • Par julinou, le 24 juillet 2010

    [...] nous assistions à un championnat de patinage artistique en direct des Etats-Unis. [...] A un moment, une des filles a glissé et s'est retrouvée à terre dans une position ridicule. La pauvre s'est relevée comme si de rien n'était et a continué jusqu'au bout, comme elles le font toutes. Les téléspectateurs, à cette seconde précise, se divisent en trois catégories. La première, sûrement la plus courante, sont ceux qui attendent le ralenti. Ils ont vu cette fille se casser la gueule et quelque chose de formidablement excitant les pousse à revoir un moment aussi terrible. [...] La seconde catégorie serait celle qui plaint sincèrement la malheureuse. Ils laissent échapper un petit cri la première et la seconde fois qu'ils voient la chute. "Oh, la pauvre ... !". [...] Et puis il y a une troisième catégorie, extrêmement rare, dont tu fais partie. Au moment du ralenti, je t'ai vu détourner brusquement le regard. Tu ne voulais en aucun cas revoir ça. Trop pénible. On ne sait pas à quoi tu pensais, peut-être au vrai drame de cette fille, à ces mois ou ces années d'entraînement acharné pour en arriver là, ce petit instant atroce, devant des millions d'yeux.
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  • Par clarinette, le 05 juillet 2008

    Cette année-là, pour la première fois depuis longtemps, Thierry Blin décida de rejouer au tennis dans l’unique but de se confronter à celui qu’il était naguère : un joueur honnête qui, sans jamais se faire une place dans un classement officiel, avait fait trembler plus d’un ambitieux. Depuis, la machine s’était enrayée, ses coups s’étaient émoussés, et le simple fait de courir après une petite balle jaune n’allait plus vraiment de soi. Pour en avoir le cœur net, il ressortit sa vieille raquette Snauweart à moyen tamis, ses Stan Smith, quelques autres reliques, et fit une entrée prudente aux Feuillants, le club le plus proche de chez lui. Après avoir réglé son inscription, il demanda au gardien s’il connaissait un joueur en quête de partenaire. On lui désigna un grand type seul qui, devant un mur, se renvoyait la balle avec une belle régularité.
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  • Par Zazette97, le 04 mars 2011

    Les esprits malades qui divorcent d'eux-mêmes sont répertoriés par la psychiatrie qui leur a donné des noms compliqués, son cas devait sûrement en porter un.
    S'il avait connu ce fameux mot, peut-être aurait-il été tenté de se faire soigner, il suffisait de changer de service. Rodier lui avait laissé une chance de tout arrêter sur-le-champ, pourquoi pas Joust? Lequel entra, se fendit de quelques paroles d'usage et traça, en silence, des lignes sur le visage de son patient. Le tranquillisant commençait à faire effet ; s'il en avait encore le désir, Blin ne pouvait déjà plus se rétracter. Ses épaules tombèrent d'un coup et son corps entier se mit à flotter. Le sourire du ravi se dessina sur ses lèvres quand il vit arriver le brancardier.
    Dans le bloc, il croisa une dernière fois le regard de Joust, ça n'avait déjà plus d'importance, comme si la conscience de Blin quittait lentement son corps pour rejoindre celui de Vermeiren.
    L'anesthésiste lui injecta dans les veines un liquide blanchâtre qui lui chauffa le bras, lui demanda de compter jusqu'à cinq.
    Ce fut le dernier visage qu'il vit avant de perdre le sien. p.203
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Vidéo de Tonino Benacquista

Les comédiens des Fous de la Rampe présentent SAGA de Tonino Benacquista à Bordeaux en Février 2011. Date : 12 et 15 février 2011 Lieu : au marché de Lerme à Bordeaux








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