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ISBN : 2070319393
Éditeur : Gallimard (09/11/2005)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 1211 notes)
Résumé :
Une famille d'Américains s'installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues.

Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren enfin a su se rendre indispensable pour tout et auprès de tous.

Une famille apparemment comme les autres, en somme.

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Critiques, Analyses & Avis (117) Voir plus Ajouter une critique
andman
15 août 2015
★★★★★
★★★★★
« Malavita », la mauvaise vie, a-t-on idée d'appeler sa chienne ainsi ! La condition d'ex-affranchi conduirait-elle à l'autodérision ?
Des idées saugrenues, Giovanni Manzoni n'en manque pas. de là à imaginer le plus loyal des mafieux de Newark, un homme d'une férocité implacable, tomber un jour dans la trahison.
Aujourd'hui repenti, il a entraîné Maggie et leurs enfants Belle et Warren dans une fuite éperdue de ce côté-ci de l'Atlantique. Nuit et jour protégés par les services secrets américains, les Giovanni viennent d'aménager sous un nom d'emprunt dans une ville normande de moyenne importance. La région n'avait pas connu pareil débarquement depuis la guerre : ah ces américains, la discrétion n'est vraiment pas leur fort !

Tonino Benacquista signe avec « Malavita » un roman d'une drôlerie irrésistible, truffé de situations burlesques. Lorsqu'une fieffée crapule quasi analphabète passe du maniement des armes à celui d'un clavier de machine à écrire, son entourage forcément rit sous cape. Le lecteur lui aussi se délecte du piètre style littéraire de ce gangster qu'il vaut mieux ne pas contrarier.

Finir au pays des pommes le corps criblé de pruneaux : Giovanni connaît mieux que quiconque la loi du milieu. De nature insouciante il entend malgré les circonstances mener à sa guise sa petite vie de paria ; Giovanni Manzoni n'est pas homme à s'apitoyer sur son sort, qu'on se le tienne pour dit…

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Missbouquin
11 décembre 2012
★★★★★
★★★★★
Malavita fut une parenthèse littéraire délirante dans ma semaine de boulot. Emporté par hasard pour un trajet de RER, je me suis vite retrouvée happée par ce texte, fascinée par les personnages et l'histoire qui se déroulait sous mes yeux.
Une famille comme les autres s'installe dans la petite ville de Cholong-sur-Avre, en Normandie. Une famille apparemment comme les autres. Mais une chose est sûre, s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner …
Car la petite famille Blake, Américains fraîchement débarqués, cache bien des secrets. En l'occurrence que le père est un ancien mafieux, un repenti qui a balancé ses compagnons sous la pression, et qui aujourd'hui vit grâce au programme américain de protection des témoins … Seulement si Fred Blake est un repenti, ce n'est pas pour ça qu'il ne regrette la vie de prince noir qu'il menait à New York. le retour à la vie « normale » est bien dur (« Comment font les honnêtes gens ? Comment peuvent-ils vivre en se sentant si vulnérables ? Qu'est-ce que ça fait d'être une victime ? ») … le personnage de Fred est merveilleusement construit dans toute son ambiguïté d'ancien mafieux, de père de famille, et d'homme qui se cherche, et qui cherche une nouvelle raison de vivre.
Sans oublier que les mafieux américains sont toujours sur leurs traces …
« Combien vaut un homme ? Quel est le prix d'une vie humaine ? Savoir ce qu'on vaut, c'est comme connaître le jour de sa mort. Je vaux vingt millions de dollars. C'est énorme. Et bien moins que ce que je croyais. Je suis peut-être un des hommes les plus chers du monde. Valoir aussi cher et vivre une vie aussi merdique que la mienne, c'est le comble de la misère. »
En bref, tous les ingrédients sont là pour faire de ce roman un texte déjanté, surtout quand le fameux Fred se fait passer pour écrivain et finit par se lancer vraiment dans ses mémoires … Or, comme le disent ses enfants :
« - Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
– Dis que ton père est analphabète …
– Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot « fuck » ?
– Pas de cochonneries, s'il te plait.
– C'est bien autre chose que des cochonneries. « Fuck » dans sa bouche peut vouloir dire : « Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré ! », ou encore : » Ce gars-là va me le payer cher un jour », mais aussi « J'adore ce film ». Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire. »
Ce passage est parfaitement représentatif du ton employé tout au long du roman, et de l'humour – souvent noir - qui l'imprègne. Sans parler des piques constantes sur les cultures française (que de beurre et de crème !) et américaine (« de la grosse et grasse bouffe de Yankees »). L'auteur a un don pour décrire et faire vivre ses personnages, qui fait que ces derniers m'ont habité pendant plusieurs jours après avoir refermer ce livre …
Un roman riche, intéressant, et à découvrir à tout prix si vous avez besoin de vous détendre et de rigoler un bon coup ! Mais rassurez-vous, malgré les grosses ficelles et les caricatures, il ne manque tout de même pas d'un peu de sérieux (les réflexions sur l'écriture) et de profondeur. Et il a l'avantage de m'avoir donné envie de voir le Parrain (le film culte des mafieux) et Les Affranchis (le film qu'ils détestent car il les montre comme ils sont vraiment … « dépouillés de leur légende, n'apparaissaient plus que leur bêtise et leur cruauté. »). Des « personnages » qui fascinent, malgré nous, et qui sont pour quelque chose dans mon appréciation de ce roman. Car la « mauvaise vie » (la Malavita, qui désigne la terrible mafia américano-sicilienne) est toujours présente, au coin de l'oeil, avec ses tentations et ses pièges qui attendent les honnêtes gens …
Fort heureusement pour moi, il existe une suite qui m'attend sagement : Malavita encore. Je m'en lèche d'avance les babines littéraires.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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SMadJ
07 août 2015
★★★★★
★★★★★
Un pur feel good book, extravagant et drôle dont la seule limite sera le manque d'ambition du scénario.
Le pitch : L'histoire d'une famille de mafieux américains qui vient se cacher, sous couverture, dans un petit village de Normandie pour échapper aux foudres revanchardes de la Cosa Nostra. Pour la petite histoire, Luc Besson en a tiré un film avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer.
Truculent, jubilatoire, hilarant, ce livre est une pépite de charbon qui va allumer un grand barbecue dans votre cœur. Un foyer aux braises chaudes incandescentes dont les flammes vont vous lécher les zygomatiques et alimenter votre larynx d'un rire compulsif sorti de votre gorge sans prévenir. Pas tout du long. Par bribes éparses mais toujours bienvenues.
Vous y trouverez une ambiance décalée avec des personnages perchés et des situations délirantes. Au risque du grand n'importe quoi parfois.
Ce n'est pas l'histoire qui va vous transporter dans "Malavita". Ami(e)s amateurs/trices de scénarios complexes et tarabiscotés, fuyez !
Ce qui donne vraiment saveur et sel, ici, est le travail effectué par Tonino Benacquista sur ses personnages. Des personnalités attachantes.
En effet, la famille Blake ne manque pas de charme et chacun de ses membres en constitue un rouage essentiel. Chaque personnage est une sorte d'icône au caractère affirmé et atypique. Que ce soit le père écrivain auto-proclamé de sa propre vie, la mère qui se lance dans une repentance expiatoire de ses années passées au côté d'un maffioso, la fille dont la seule qualité qu'on lui prête est d'être belle et pleine de grâce ou le jeune fils, parrain en devenir qui s'exerce au collège. Chacun dans son genre va œuvrer réellement, consciemment ou pas, pour transformer la vie de tous ceux qu'ils vont côtoyer. Ah, la vie des normands va s'en trouver chamboulée.
Benacquista a un sens de la dérision qui n'appartient qu'à lui. Il nous raconte notamment une barbecue party à mourir de rire.
"Sans le savoir, Fred vérifiait un théorème universel, qu'il se formula en ces termes : dès qu'un con essaie d'allumer un feu quelque part, il y en a quatre autres pour lui expliquer comment s'y prendre."
Vos voisins de plage, comme les miens, risquent de se gratter la tête en vous observant rire à gorge déployé comme un dément sur votre serviette de bain. Un superbe moment d'écriture et de délectation. Parfait pour l'été.
Lien : http://cestcontagieux.com/20..
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nekomusume
07 mai 2013
★★★★★
★★★★★
J'ai choisi ce livre après avoir lu une critique sur Babelio.
J'ai été très surprise par cette lecture: je ne sais pas trop à quoi je m'attendais mais j'avais cru comprendre que c'était un livre drôle et comme je n'accroche pas à tous les styles s'humour, j'avais un peu peur de ce qui m'attendait.
En fait c'est génial! Alors je ne rangerais pas ce livre dans les comédies, mais je dirais que c'est une vision décalée, celles que je préfère en général: Fred (Giovanni de son vrai nom) est un père de famille qui aurait pu être n'importe quel père désoeuvré qui trouve une machine à écrire et décide de se mettre à la rédaction de ses mémoires sous le regard ébahi de sa famille. Sauf que Tom est un repenti, un ancien mafieux qui a témoignés contre La Cosa Nostra et à permis l'arrestation du Parrain... donc le mec le plus recherché de l'histoire de la Mafia américaine...
Mais sa façon de voir, de vivre et même d'écrire sa vie ont un côté truculent.
Fred n'est pas le seul personnage savoureux de cette histoire, sa femme qui tente de se racheter une conduite, leur fille Belle pour qui tout est dans le prénom, leur fils Warren qui se voit en prochain parrain, leurs gardes du corps qui ne sont peu être pas si éloignés que çà des affranchis...
Bref une galerie de personnages croqués avec humour et dérision mais aussi une touche de gravité; des situations rocambolesques mais peut être pas si éloignées de la réalité, qui sait où commence le fantasme quand il s'agit de la mafia? Et ce passage où notre mafieux à peine capable d'écrire son nom réfléchi sur la métaphysique du point virgule... la subtilité avec laquelle chaque membre de la famille résout ses problèmes...
J'adore!!! et j'en veux encore... alors que lire après Malavita, Malavita encore certainement si j'arrive à mettre la main dessus.
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Nastie92
31 juillet 2014
★★★★★
★★★★★
Vous aimez les films sur la mafia ? Particulièrement les films pleins d'humour comme Mafia Blues avec l'incontournable Robert de Niro ? Foncez, ce livre est pour vous !
Voici donc un roman qui nous raconte sur un mode très humoristique la vie d'un repenti et de sa famille. Et cette vie est loin d'être de tout repos. La quatrième de couverture nous suggère : "s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner". le conseil me semble judicieux car la famille Blake n'est pas une famille ordinaire.
L'équation semble d'emblée impossible : comment imaginer qu'une ex-famille mafieuse puisse vivre incognito dans un petit village normand jusque là bien tranquille ? Chassez le naturel, il revient au galop : les habitants de Cholong-sur-Avre vont vite s'apercevoir que leurs gentils voisins ne sont pas ce qu'ils semblent être.
J'ai beaucoup ri, je me suis vraiment régalée. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant, l'action est très bien menée, avec des surprises et des changements de rythme bienvenus. Les personnages sont très réussis. Pas étonnant que ce livre ait été adapté au cinéma, avec... Robert de Niro dans le rôle principal. le sachant, je l'ai "vu" tout au long de ma lecture, et je ne peux pas imaginer meilleur interprète que lui pour jouer Fred Blake.
C'est fin et pétillant : un divertissement de très grande qualité, à lire de toute urgence si vous avez besoin de détendre vos zygomatiques.
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Citations & extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne22 février 2017
Au tout début de son exercice, elle avait été curieuse des motivations de chacun et avait repéré divers archétypes. Elle avait rencontré des angoissés qui se consacraient aux autres afin de se débarrasser d'eux-mêmes. Il y avait aussi des malheureux qui donnaient faute de n'avoir jamais reçu et, à l'inverse, des nantis mal assumés ou des oisifs fatigués de leur inertie. Il y avait les croyants qui, auréolés de leur sens du sacrifice, allaient au-devant des malheureux en se regardant de trois quarts dans le miroir de la béatification ; ceux-là avaient la gueule de l'emploi, le sourire bienveillant mais compassé, les bras ouverts comme des vallées de larmes, les yeux tristes d'avoir vu tant de misères. On trouvait aussi le progressiste à l'écoute d'autrui pas souci de bonne conscience ; le simple fait de tendre la main vers les déshérités lui procurait un incomparable bien-être intellectuel. D'autres espéraient racheter, d'un coup, tout leurs torts. D'autres encore se contredisaient eux-mêmes et cessaient de justifier leur cynisme par la décadence généralisée. Sans oublier ceux qui, sans s'en rendre compte, passaient enfin à l'âge adulte.
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ladesiderienneladesiderienne21 février 2017
Les joues en feu, le cœur chaud, elle se mit à rêver d'un tout petit coin de terre où régnerait une haute idée de la communauté et des rapports humains. Juste deux ou trois rues perdues où chaque habitant remettrait en question sa seule et unique logique pour s'interroger sur celle du voisin. Dans son petit eden, tous les moyens seraient bons pour aller vers l'autre. On pourrait avouer une faiblesse ou reconnaître une erreur avant de sombrer dans l'obstination. Affirmer qu'on peut se remettre de tout. Approcher celui qu'on redoutait sans le connaître. Assister, malgré l'envie de fuir, une âme en détresse. Oser exprimer ce qui n'allait plus. Gratifier ceux qui ne le sont jamais. Intervenir dans un conflit pour jouer le médiateur. Payer une dette à celui qui ne la réclamait plus. Encourager le penchant artistique d'un proche. Répandre une bonne nouvelle. Se défaire d'une habitude horripilante pour l'entourage. Transmettre un savoir avant qu'il ne se perde. Rassurer un vieillard. Faire un si petit sacrifice qu'on ne s'en apercevrait même pas. Sauver une vie lointaine en se privant d'un énième gadget inutile, et tant d'autres qui restaient à inventer.
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ladesiderienneladesiderienne20 février 2017
Pourquoi fallait-il, tant d'année après, qu'il trouve la force de s'enfermer jusqu'à huit heures d'affilée face à une machine à écrire pourrie ? Pour pousser le principe même de la confession à son point le plus cynique ? Pour revivre ses faits d'armes et immortaliser ses titres de gloire ? C'était comme éprouver la nostalgie du péché. Il trempait sa plume dans toute la noirceur de son âme et cette encre-là ne sécherait jamais.
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ladesiderienneladesiderienne19 février 2017
Le mot que je déteste le plus au monde, c'est "repenti". On me traite de "repenti" : je tire à vue. Le jour où j'ai prêté serment et que j'ai balancé, tous ces magistrats avaient envie de me voir baisser la tête et implorer le pardon. Pires que des curés, tous ces petits juges. Me repentir de ma vie, moi ? Si c'était à refaire, je referais tout, vraiment TOUT, en évitant juste deux ou trois pièges sur la fin. Il paraît que pour les Français, le repentir c'est quand un peintre décide de repeindre par-dessus sa toile. Bon, disons que j'ai fait ça, j'ai recouvert un chef-d’œuvre avec une croûte, et mon repentir s'arrête là. Un repenti, c'est pire qu'un immigré qui ne se sentira pas plus chez lui sur la terre qu'il a quittée que sur celle qui l’accueille. Moi, je ne serai plus jamais chez moi parmi les truands, mes frères, et les honnêtes gens ne me feront de place nulle part. Croyez-moi, repenti, c'est pire que tout.
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ladesiderienneladesiderienne20 février 2017
En tant qu'officier du FBI, Quintiliani avait appris à ne jamais paraître surpris et à faire face à l'imprévu avec sang-froid et méthode - le genre de type qui savait respirer par le ventre quand d'aventure un canon d'un .45 se plantait dans sa nuque. Or, à cette seconde précise, et malgré son aplomb face aux situations inattendues, il fut saisi à la fois par une forte bouffée de chaleur et un vent glacé au creux de ses reins : il transpirait.
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