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ISBN : 2070319393
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 560 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une famille d'Américains s'installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues.

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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 11 décembre 2012

    Missbouquin
    Malavita fut une parenthèse littéraire délirante dans ma semaine de boulot. Emporté par hasard pour un trajet de RER, je me suis vite retrouvée happée par ce texte, fascinée par les personnages et l'histoire qui se déroulait sous mes yeux.
    Une famille comme les autres s'installe dans la petite ville de Cholong-sur-Avre, en Normandie. Une famille apparemment comme les autres. Mais une chose est sûre, s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner …
    Car la petite famille Blake, Américains fraîchement débarqués, cache bien des secrets. En l'occurrence que le père est un ancien mafieux, un repenti qui a balancé ses compagnons sous la pression, et qui aujourd'hui vit grâce au programme américain de protection des témoins … Seulement si Fred Blake est un repenti, ce n'est pas pour ça qu'il ne regrette la vie de prince noir qu'il menait à New York. le retour à la vie « normale » est bien dur (« Comment font les honnêtes gens ? Comment peuvent-ils vivre en se sentant si vulnérables ? Qu'est-ce que ça fait d'être une victime ? ») … le personnage de Fred est merveilleusement construit dans toute son ambiguïté d'ancien mafieux, de père de famille, et d'homme qui se cherche, et qui cherche une nouvelle raison de vivre.
    Sans oublier que les mafieux américains sont toujours sur leurs traces …
    « Combien vaut un homme ? Quel est le prix d'une vie humaine ? Savoir ce qu'on vaut, c'est comme connaître le jour de sa mort. Je vaux vingt millions de dollars. C'est énorme. Et bien moins que ce que je croyais. Je suis peut-être un des hommes les plus chers du monde. Valoir aussi cher et vivre une vie aussi merdique que la mienne, c'est le comble de la misère. »
    En bref, tous les ingrédients sont là pour faire de ce roman un texte déjanté, surtout quand le fameux Fred se fait passer pour écrivain et finit par se lancer vraiment dans ses mémoires … Or, comme le disent ses enfants :
    « - Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
    – Dis que ton père est analphabète …
    – Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot « fuck » ?
    – Pas de cochonneries, s'il te plait.
    – C'est bien autre chose que des cochonneries. « Fuck » dans sa bouche peut vouloir dire : « Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré ! », ou encore : » Ce gars-là va me le payer cher un jour », mais aussi « J'adore ce film ». Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire. »
    Ce passage est parfaitement représentatif du ton employé tout au long du roman, et de l'humour – souvent noir - qui l'imprègne. Sans parler des piques constantes sur les cultures française (que de beurre et de crème !) et américaine (« de la grosse et grasse bouffe de Yankees »). L'auteur a un don pour décrire et faire vivre ses personnages, qui fait que ces derniers m'ont habité pendant plusieurs jours après avoir refermer ce livre …
    Un roman riche, intéressant, et à découvrir à tout prix si vous avez besoin de vous détendre et de rigoler un bon coup ! Mais rassurez-vous, malgré les grosses ficelles et les caricatures, il ne manque tout de même pas d'un peu de sérieux (les réflexions sur l'écriture) et de profondeur. Et il a l'avantage de m'avoir donné envie de voir le Parrain (le film culte des mafieux) et Les Affranchis (le film qu'ils détestent car il les montre comme ils sont vraiment … « dépouillés de leur légende, n'apparaissaient plus que leur bêtise et leur cruauté. »). Des « personnages » qui fascinent, malgré nous, et qui sont pour quelque chose dans mon appréciation de ce roman. Car la « mauvaise vie » (la Malavita, qui désigne la terrible mafia américano-sicilienne) est toujours présente, au coin de l'oeil, avec ses tentations et ses pièges qui attendent les honnêtes gens …
    Fort heureusement pour moi, il existe une suite qui m'attend sagement : Malavita encore. Je m'en lèche d'avance les babines littéraires.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/12/10/malavita-tonino-benac..
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    • Livres 5.00/5
    Par nekomusume, le 07 mai 2013

    nekomusume
    J'ai choisi ce livre après avoir lu une critique sur Babelio.
    J'ai été très surprise par cette lecture: je ne sais pas trop à quoi je m'attendais mais j'avais cru comprendre que c'était un livre drôle et comme je n'accroche pas à tous les styles s'humour, j'avais un peu peur de ce qui m'attendait.
    En fait c'est génial! Alors je ne rangerais pas ce livre dans les comédies, mais je dirais que c'est une vision décalée, celles que je préfère en général: Fred (Giovanni de son vrai nom) est un père de famille qui aurait pu être n'importe quel père désœuvré qui trouve une machine à écrire et décide de se mettre à la rédaction de ses mémoires sous le regard ébahi de sa famille. Sauf que Tom est un repenti, un ancien mafieux qui a témoignés contre La Cosa Nostra et à permis l'arrestation du Parrain... donc le mec le plus recherché de l'histoire de la Mafia américaine...
    Mais sa façon de voir, de vivre et même d'écrire sa vie ont un côté truculent.
    Fred n'est pas le seul personnage savoureux de cette histoire, sa femme qui tente de se racheter une conduite, leur fille Belle pour qui tout est dans le prénom, leur fils Warren qui se voit en prochain parrain, leurs gardes du corps qui ne sont peu être pas si éloignés que çà des affranchis...
    Bref une galerie de personnages croqués avec humour et dérision mais aussi une touche de gravité; des situations rocambolesques mais peut être pas si éloignées de la réalité, qui sait où commence le fantasme quand il s'agit de la mafia? Et ce passage où notre mafieux à peine capable d'écrire son nom réfléchi sur la métaphysique du point virgule... la subtilité avec laquelle chaque membre de la famille résout ses problèmes...
    J'adore!!! et j'en veux encore... alors que lire après Malavita, Malavita encore certainement si j'arrive à mettre la main dessus.
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    • Livres 3.00/5
    Par manU17, le 03 mars 2013

    manU17
    Chronique d'une rencontre ratée !
    C'est avec ferveur que j'avais décidé de m'attaquer à la lecture de Malavita, de Tonino Benacquista, dont j'ai plus qu'adoré l'excellentissime Saga.
    C'est l'histoire d'une famille américaine venue s'installer dans un petit village de Normandie à cause du père, Fred Blake, ancien mafieux, qui a témoigné contre d'autre mafieux qui du coup veulent sa peau. Dans le cadre de ce programme de protections des témoins, l'ensemble de la famille doit se faire le plus discret possible. Tout se passe bien jusqu'à ce que Fred décide de se prendre pour un écrivain et commence à attirer l'attention sur eux. Quand un insoluble problème d'évacuation des eaux s'en mêle, chassez le naturel, il revient au galop…
    Un livre plutôt bien écrit et l'annonce d'une adaptation avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer, deux acteurs de talents que j'adore, rien n'y a fait. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer mais je n'ai pas accroché, des longueurs, je me suis parfois ennuyé et j'ai lu en diagonale sur la fin. C'est toujours une déception quand on a très, peut-être trop, envie de lire un livre et que la rencontre ne se fait pas. Dommage !


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2013/03/malavita.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Tomisika, le 31 décembre 2012

    Tomisika
    C'est le premier livre de Tonino Benacquista que je lis, ou plutôt dévore. Alors que je m'attendais à un récit classique et banal d'une famille (je lis très rarement les 4e pages de couverture), j'ai été surprise de la trame et ai apprécié chaque ligne.

    Ce récit est incroyablement rythmé, et les protagonistes ont réellement du charisme. Fred, ce mafioso un peu ours mal léché au début, qui brille quand même par son entièreté. Maggie la mère de famille au caractère de feu. Belle, un personnage remarquable. Cette fille est intelligente, magnifique. le type même de protagoniste qui agace car ayant le don de toujours s'en sortir. Mais Tonino Benacquista lui a donné ce petit plus qui fait que même nous, lecteur, ne pouvons que l'apprécier. Warren, le bon petit gars. Et évidemment Tom, le mec de la Witnes, aussi très nuancé.

    Chaque fin de paragraphe donne envie de lire le suivant. Situations cocasses, rocambolesques, déjantées. On ne s'endort pas. L'épisode aux Etats-Unis, énorme mais d'une certaine finesse. Les réactions de la famille délicieuses car hors-normes et pourtant naturelles dans leurs logiques.

    Placer une famille de Mafioso dans une ville paumée de France était déjà un défi, Tonino Benacquista l'a relevé avec brio. Je recommande ce livre pour tous ceux amateurs de contemporains, de nouveautés et d'humour, et pour tous les autres également. Ce n'est pas profond, mais c'est divertissant, et accentué par le côté « Américains débarquant dans la France profonde ».


    Lien : http://lechateaudegaby.wordpress.com/2012/12/31/malavita/
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 26 février 2012

    carre
    Fred et Maggie citoyens américains s'installent avec leurs deux enfants dans un petit village rural de Normandie. En fait, il s'agit de Giovanni Manzoni, repenti de la mafia New-yorkaise qui profite de la protection de témoins pour redémarrer une nouvelle vie. Mais, le passé va rattraper Fred et sa famille pour une nouvelle bagarre finalement pas faite pour lui déplaire.
    Ce qui est génial chez Bénacquista s'est de nous installer dans une histoire assez banale et de nous emmener dans des situations incongrues et surprenantes. Vous rajoutez à ça une dose d'humour bien sentie, un sens du rythme indéniable, une réflexion sur la morale et vous avez une comédie enlevée bien plus complexe qu'elle n'y parait. Benacquista est en forme et nous on se régale.
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 30 juillet 2008

    [... discussion entre les deux ados de la famille ... ]
    - Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
    - Dis que ton père est analphabète ...
    - Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot "fuck" ?
    - Pas de cochonneries, s'il te plait.
    - C'est bien autre chose que des cochonneries. "Fuck" dans sa bouche peut vouloir dire : "Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré !", ou encore : " Ce gars-là va me le payer cher un jour", mais aussi "J'adore ce film". Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire.
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  • Par letypequetuconnaispas, le 06 février 2012

    Page 78, Belle et Warren reviennent de l'école et préparent le barbecue avec leur mère.
    Maggie mit les enfants à contribution dès qu'ils furent rentrés du lycée, le petit à la découpe des légumes, la grande à la préparation du jardin, couverts et décoration. Plus d'une trentaine de personne étaient attendus, autant dire un tiers des habitués des barbecues qu'ils donnaient, dans le temps, à Newark. Un par mois, d'avril à septembre, et personne ne s'avisait d'y couper. Au contraire, ils découvraient toujours de nouvelles têtes qui voyaient là une occasion de forcer délicatement leur porte.
    - Qu'est-ce que les Normands mettent sur leur gril ? demanda Warren.
    - Je dirais des côtelettes d'agneau, répondit sa mère, et, en accompagnement, cette salade à base de radis, de pommes et de fromage blan.
    - Ma préférée ! dit Belle, de passage dans la cuisine.
    - Si on leur avait servi ça, on courrait à la catastrophe, fit Warren. On va leur préparer le BBQ qu'ils s'attendent à trouver.
    - C'est-à-dire ?
    - De la bouffe américaine. De la grosse et grasse bouffe de Yankees. On ne doit pas les décevoir.
    - Très appétissant, mon fils. Ca donne envie de faire des efforts.
    - Ce qu'ils veulent, c'est de la nourriture pornographique.
    Maggie cessa net de gratter son parmesan et, faute d'une repartie, lui interdit de prononcer ce mot.
    - Maman, fit Belle, ton fils n'utilise peut-être pas "pornographie" dans le sens où tu l'imagine.
    - Les Français en ont marre du raffinement et de la diététique, reprit Warren, on ne leur parle que de ça toute la journée. Vapeur, légumes bouillis, poissons grillés, eau gazeuse. On va les déculpabiliser, Mom, On va leur en donner, du gras, du sucré, c'est tout ce qu'ils attendent de nous. Ils vont venir bouffer chez comme on va au bordel.
    - Attention à ce que tu dit, petit-homme ! Tu ne t'y risquerait pas devant ton père.
    - Papa est d'accord avec moi . A Cagnes, je l'ai surpris à jouer l'Américain de base, les gens en redemandaient, ils se sentaient si brillants face à lui.
    Tout en écoutant les élucubrations de son fils, Maggie la dernière main à sa te-mex potato salad, elle tourna sa Caesar salad, égouttas les zitis avant de les plonger dans la sauce tomate. Warren en goûtta un, encore brûlant, à même l'énorme saladier en plastique transparent .
    - La pasta est parfaite, mais elle va nous trahir, Mom.
    - ...?
    - Ils vont s'apercevoir qu'avant d'être Américains, on était des Ritals

    C'est le meilleur extrait que j'ai trouvé. Si vous avez des conseils, n'hésitez pas à me les dire, je passe un exposé dans 2 semaines sur ce livre et j'aimerais avoir vos avis.
    Merci d'avance.
    letypequetuconnaispas.
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  • Par TINUSIA, le 11 août 2010

    Fred s'interrogeait sur les mystère du point-virgule. Le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d'une fin continue, ou d'une continuité qui s'interrompt, ou l'inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu'est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ?
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  • Par TINUSIA, le 11 août 2010

    Maggie se demandait pourquoi les rédacteurs tenaient à donner la meilleure place du journal à toute cette triste et banale misère quotidienne. Elle hésita entre plusieurs réponses : la violence de proximité est ce qui intéresse le plus le lecteur qui adore d'indigner et se faire peur. Ou bien : le lecteur aime à penser que sa ville n'est pas l'antre de l'ennui et qu'il s'y passe autant de choses qu'ailleurs. Ou encore : l'homme rural constate un peu plus chaque jour qu'il subit les inconvénients d'une métropole, sans profiter de ses avantages. Il y avait une dernière hypothèse, la plus triste, l'éternel poncif : rien n'est plus passionnant que le malheur des autres.
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  • Par ageffroy, le 28 mai 2008

    -Si on m'avait dit un jour que je vivrais dans le pays de la crème fraîche, dit Richard
    -C'est pas que c'est pas bon, j'ai rien contre, mais notre estomac n'est pas habitué, reprit son collègue.
    -Hier, au restaurant, ils en on mis dans la soupe, et puis sur l'escalope, et pour finir sur la tarte aux pommes.
    -Sans parler du beurre.
    -Le beurre!Mannagia la miseria! S'exclama Vincent.
    -Le beurre, c'est pas naturel, Maggie.
    -Qu'est ce que vous voulez dire?
    -L'organisme humain n'a pas été conçu pour affronter un corps gras de ce calibre.Rien que d'imaginer ça sur les parois de mon estomac, j'en ai des suées.
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