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Par Anneli, le 18/05/2013
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère.
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Par Anneli, le 18/05/2013
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Ce qu'est la mue pour les oiseaux, le temps où ils changent de plumage, cela c'est adversité ou le malheur, les temps difficiles pour nous autres, êtres humains. On peut rester dans ce temps de mue, on peut aussi en sortir comme renouvelé, mais toutefois cela ne se fait pas en public, c'est guère amusant, c'est pourquoi donc il s'agit de s'éclipser.
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Par Anneli, le 18/05/2013
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Si l'on continue à aimer sincèrement ce qui est vraiment digne d'amour et qu'on ne gaspille pas son amour à des choses insignifiantes et nulles et fades, on obtiendra peu à peu plus de lumière et l'on deviendra plus fort.
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Par Anneli, le 18/05/2013
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Une pensée de Renan le frappe, le hante: "Mourir, à soi-même, réaliser de grandes choses, arriver à la noblesse et dépasser la vulgarité où se traîne l'existence de presque tous les individus..."
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Par Anneli, le 18/05/2013
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
trouve beau tout ce que tu peux, la plupart ne trouvent pas suffisamment beau.
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Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
J'éprouve une passion irrésistible pour les livres
et un besoin constant de cultiver mon esprit, d'étudier,
qui m'est aussi vital que le pain.
Cette voie, il faut que je continue à la suivre.
Si je m'arrêtais d'agir, d'étudier, de chercher, alors,
malheur à moi, je serais perdu.
C'est ainsi que je vois les choses, avancer, avancer toujours,
quoi qu'il advienne.
Je serais très heureux si tu ne me voyais point tout simplement
comme une sorte de fainéant.
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Par ptitepao, le 13/07/2012
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Un oiseau en cage au printemps sait fortement bien qu'il y a quelque chose à quoi il serait bon, il sent fortement bien qu'il y a quelque chose à faire, mais il ne peut le faire, qu'est-ce que c'est ? Il ne se le rappelle pas bien, puis il a des idées vagues, et se dit "les autres font leurs nids et font leurs petits et élèvent la couvée", puis il se cogne le crâne contre les barreaux de la cage. Et puis la cage reste là et l'oiseau est fou de douleur.
"Voilà un fainéant", dit un autre oiseau qui passe, celui-là c'est une espèce de rentier. Pourtant le prisonnier vit et ne meurt pas, rien ne transparaît en dehors de ce qui se passe en dedans, il se porte bien, il est plus ou moins gai au rayon de soleil. Mais vient la saison des migrations. Accès de mélancolie, -mais disent les enfants qui le soignent dans sa cage, il a pourtant tout ce qu'il lui faut - mais lui de regarder au-dehors le ciel gonflé, chargé d'orage, et de sentir la révolte contre la fatalité en dedans de soi. "Je suis en cage, je suis en cage, et il ne me manque rien, imbéciles ! J'ai tout ce qu'il me faut, moi ! Ah, de grâce, la liberté, être un oiseau comme les autres oiseaux !"
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Dernières lettres de
Vincent van Gogh
Mais pourtant mon cher frère, il y a ceci que toujours je t'ai dit et je te le redis encore un fois avec toute la gravité que puissent donner les efforts de pensée assiduement fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut - je te le redis encore que je considérerai toujours que tu es autre chose qu'un simple marchand de Corot, que par mon intermédiaire tu as ta part à la production même de cetaines toiles, qui même dans la débâcle gardent leur calme. Car là nous en sommes et c'est là le pricipal que je puisse avoir à te dire dans un moment de crise relative. Dans un moment où les choses sont fort tendues entre marchants d'artistes morts et d'artistes vivants. Eh bien mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié -bon- mais tu n'es pas dans les marchands d'hommes pour autant que je le sache, et tu peux prendre parti, je le trouve, agissant réellement avec humanité, mais que veux-tu ?
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Par Theoma, le 19/05/2011
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
Sans date
... Tu es bon pour les peintres et sache-le bien, que plus j'y réfléchis, plus je sens qu'il n'y a rien de plus réellement artistique, que d'aimer les gens.
Sans date
C'est une perspective assez triste de devoir se dire, que jamais peut-être la peinture que je fais aura une valeur quelconque. Si cela valait ce que cela coûte, je pourrais me dire : je ne me suis jamais occupé de l'argent. Mais dans les circonstances présentes au contraire on en absorbe. Enfin, et tout de même il faut encore continuer et chercher à mieux faire. ...
... la plupart des gens intelligents assez pour comprendre et aimer les tableaux impressionnistes, sont et resteront trop pauvres pour acheter.
Sans date
... il vaut mieux aimer les peintres que les tableaux.
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Par Theoma, le 19/05/2011
Lettres à son frère Théo de
Vincent van Gogh
La dernière lettre, celle que Vincent portait sur lui le 29 juillet 1890
Sans date
Mon cher frère,
Merci de ta bonne lettre et du billet de 50 francs qu'elle contenait.
Puisque cela va bien, ce qui est le principal, pourquoi insisterais-je sur des choses de moindre importance, ma foi, avant qu'il y ait chance de causer affaires à têtes plus reposées, il y a probablement loin.
Les autres peintres, quoi qu'ils en pensent, instinctivement se tiennent à distance des discussions sur le commerce actuel. Eh bien ! vraiment, nous ne pouvons faire parler que nos tableaux.
Mais pourtant mon cher frère, il y a ceci que toujours je t'ai dit et je te le redis encore une fois avec toute la gravité que puisse donner les efforts de pensée assidument fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut - je te le redis encore que je considérerai toujours que tu es autre chose qu'un simple marchand de Corot, que par mon intermédiaire tu as ta part à la production même de certaines toiles, qui même dans la débâcle gardent leur calme.
Car là nous en sommes et c'est là tout au moins le principal que je puisse avoir à te dire dans un moment de crise relative.
Dans un moment où les choses sont fort tendues entre marchands de tableaux - d'artistes morts - et d'artistes vivants.
Eh bien ! mon travail à moi, j'y risque ma vie et ma raison y a fondrée à moitié - bon - mais tu n'es pas dans les marchands d'hommes pour autant que je sache, et puisse prendre parti, je le trouve, agissant réellement avec humanité. Mais que veux-tu?
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