J'ai le souvenir d'une journée à Amsterdam. Visitant le musée
Van Gogh, je suis littéralement tombée en émotion devant un tableau intitulé "branche d'amandier en fleurs" , le commentaire disait que Vincent l'avait peint à la naissance de son neveu ,le fils de Théo. J'en ai encore les larmes aux yeux, ce sont ses sentiments qu'il a transmis ce jour-là , c'est comme cela que je le ressens.
Ces lettres sont les dernères qu'il ait écrites d'Auvers sur Oise, où il pensait sincèrement apaiser ses angoisses. Elles sont destinées à Théo et Jo, sa femme, à Wil sa soeur, sa mère et
Paul Gauguin. Vincent s'interroge, entrevoit la possibilté d'une nouvelle peinture mais ne se sent pas à la hauteur, se sous-estimant, pris par son admiration pour d'autres peintres, tel Puvis de Chavannes qu'il aime pour son intemporalité. Il souffre, il souffre de son art qui régit sa vie, il souffre du manque de sa famille, surtout de ce frère, son double, qui le soutient mais ne peut l'aider plus qu'il ne le fait déjà. Cet homme méconnaissait toute l'emotion et le choc artistique que son oeuvre picturale a apporté au XXeme siècle. le meilleur écrit qu'il soit pour le comprendre, lui Vincent, l'écorché vif.