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Par lehane-fan, le 22/11/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Il était une fois un gentil petit garçon , Ludovic , choyé par des grands-parents aimants et une maman surprotectrice qui le couvait de son amour journalier . Bon , visiblement , ce scénario ininteressant et convenu à la miévrerie sirupeuse n'a pas tapé dans l'oeil de Queffélec qui a décidé d'en conter son exact opposé . Une couverture rose , pastichant de façon éhontée la délicieuse collection Harlequin , gage d'amour forcément contrarié mais au final toujours vainqueur . Huuum , prometteur tout ça ! Amour contrarié , le doux euphémisme que voilà ...
Ludovic , victime expiatoire d'une jeune mere démissionnaire et aussi encline aux marques d'affection que le Trésor Public à vous restituer de l'argent , connaitra une vie météorique au cours de laquelle il découvrira un panel de sentiments divers et variés tels que tristesse , désillusion , peur , colere...mais jamais au grand jamais il ne touchera du doigt ce sentiment maternel bien légitime que l'on nomme amour !
Ludo est le fruit d'un viol ! Fruit pourri dès sa naissance . Cicatrice que l'on cache au grenier , tache indélébile sur l'arbre généalogique des Blanchard , batard emmuré dans un silence familial se voulant punitif . Sept longues années à ruminer , seul , à espérer et quémander le moindre signe d'affection de la part de Nicole , sa maman qu'il aime malgré tout...A entendre , par une lucarne , le bruit de la mer qu'il n'a jamais vu mais qu'il apprécie terriblement .
Pas facile de se construire...Puis vient le temps de l'espoir symbolisé par Micho , un brave mécanicien veuf assorti de son fils , Tatav , publicité vivante des méfaits du Mc Do et peu partageur quand à l'amour paternel . Tatav est un passionné malgré tout ! Il vit pour deux choses : emmerder le monde et s'emmerder tout seul en pratiquant un petit loisir assez peu représenté dans le milieu associatif : la scatophilie . Une mere desormais esclavagiste , un demi-frere jaloux et merdique , un beau-pere aimant mais ayant bien du mal à s'affirmer face à sa nouvelle compagne : rien de nouveau sous le soleil . Ludovic subit encore et encore . Ses rares éclaircies , il les doit à Nanette , la cousine qui voit en lui ce qu'il est , à savoir un petit garçon en mal d'affection qu'elle s'efforcera de lui apporter avant de personnifier l'adage : ce sont toujours les meilleurs qui...Quand ça veut pas...
Nicole ne supporte plus son fils . Désormais prégnante , c'est là l'occasion de s'en débarasser en l'expédiant illico presto dans une pension assez particuliere : le Centre Saint-Paul ,établissement mixte dévoué aux simples d'esprit . Car si Ludo n'est pas attardé , il en présente tous les symptomes . Son phrasé est parfois incohérent et souvent aléatoire , ses réactions atypiques mais comment en etre autrement apres un tel parcours ? Mademoiselle Rakoff , vieille fille acariatre , regne en maitre sur ce petit monde et prendra tres rapidement en grippe le dernier arrivant . Les pensionnaires sont éclectiques . Cela va de l'autiste au délirant en passant par l'halluciné . Un monde hétéroclite favorisant peu l'épanouissement personnel . Olidon , nain trigant et posteur , verra d'un tres mauvais oeil sa cote de popularité chuter au profit d'un Ludo n'ayant rien fait pour . Bref , les jours passent et se ressemblent , le confortant dans sa solitude innée , ses parents trouvant toujours un pretexte pour échapper à la visite dominicale . Quand ça veut pas...
Et le pire reste à venir . Ce bouquin est une ode à la désillusion filiale . Un chant puissant clamant haut et fort les couleurs de la solitude et du ressentiment . Porté par une écriture magistrale , ce récit vous colle un bourdon terrible . Ce petit bonhomme , condamné des la naissance , cristallisant la faute supreme sans en etre en rien responsable , est desormais voué à une vie de ténebres , à une quete sentimentale que l'on sait vaine mais en laquelle il s'evertuera à croire jusqu'au bout , son reve ultime etant de se retrouver enlacé dans les bras de sa mere , désormais baigné d'un amour maternel qui toujours lui fit défaut .
L'on peut accoler pléthore de rimes aux Noces Barbares : carambar , canard , Giscard , j'en passe et des moins bons . Il en est un que l'on doit taire impérativement : espoir .
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Par LiliGalipette, le 25/01/2012
La puissance des corps
de
Yann Queffélec
Un gamin se fait enlever sur une plage bretonne. Pour Rémus, son tuteur, c’est Martinat, le magnat de l’entreprise Paneurox, qui se venge. Pour retrouver l’enfant, Rémus engage Onyx, une nénette pas épaisse et un peu étrange. Entre ces deux-là, c’est la guerre à couteaux tirés, d’autant plus que les méthodes de Rémus sont de celles qui mettent Onyx face à ses dégoûts.
Rémus a des relations compliquées avec les femmes, surtout la sienne qui est enceinte et dont l’enfant ne l’intéresse pas. Rude et maladroit, il sait qu’il s’y prend mal. « Les femmes savent tout, mais elles veulent des mots. Tant que les phrases n’ont pas franchi nos lèvres, elles n’existent pas. » (p. 130) Et ces phrases, Rémus ne sait pas les dire.
Onyx est sauvage, toujours la main sur sa lame, toujours dans le combat. « Dire oui, c’était contraire à ses principes. Elle faisait des choses, éventuellement elle agissait, mais dire oui, c’était plier, s’aligner, commencer à demander pardon à quelqu’un qui méritait qu’on lui tranche les nerfs, pour la peine. Dire oui, c’est balancer. Dire oui, c’est perdre et elle était déjà assez perdue comme ça. » (p. 168) Cette indépendance farouche, Onyx la tire d’une enfance que l’on devine âpre et grise. Elle court après sa revanche, après sa vengeance. Ah, si elle pouvait s’illustrer… « C’était mal connaître Onyx qui ne perdait jamais de vue qu’elle était une personne quelconque. Foutue ni bien ni mal, une gueule passe-partout, elle ne pouvait inspirer que des sentiments quelconques à des êtres dépourvus d’intérêt. C’était en fait son unique folie, l’orgueil : un mal qui lui rongeait les sens. Être belle, ô mortels, être belle, ô mortels, comme un rêve de pierre…, pour les voir tous baver, se traîner à ses pieds. » (p. 172)
Voilà un roman bien bordélique ! On passe de la fraude alimentaire de bêtes malades aux coulisses d’un pouvoir présidentiel que l’on découvre plein de trahisons et de mensonges. Il y a aussi cette légère anticipation puisque nous sommes en 2013, le rapt d’un enfant réfugié d’Afghanistan et les relents de mazout d’un cargo que beaucoup voudraient voir finir par le fond. Si Rémus m’a profondément agacée, voire écœurée, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Onyx qui m’a un peu rappelé celui de la désormais célèvre Lisbeth Salender de Millenium. Toutefois, je ne garderai pas un souvenir marquant de ce roman, trop éparpillé et parfois inutilement vulgaire.
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Par Luniver, le 30/01/2012
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Le récit commence avec l'histoire de Nicole, alors âgée de 13 ans, et tombée amoureuse d'un soldat américain sur le point de repartir au pays. Il l'invite dans sa base la veille de son départ, avec des promesses de retour et de mariage plein la bouche. Mais une fois dans sa chambre, le soldat et ses deux compagnons de chambrée violent la jeune fille à tour de rôle.
Neuf mois plus tard, Ludo arrive dans la famille, haï par tout le monde : pour sa mère, il est le rappel constant du cauchemar qui lui est arrivé. Pour ses grands-parents, la fin de la bonne réputation de la famille, la preuve que leur "fille honnête pour laquelle ils ont tout sacrifié" s'est comportée comme une "catin". Pour ne pas devoir supporter sa vue, on l'enferme dans le grenier. Seule sa tante lui témoigne un peu d'affection et vient le voir de temps en temps.
Son sort semble s'améliorer quand Micho décide d'épouser Nicole. Mais Ludo recherche en vain l'identité de son père, et l'amour de sa mère, qu'il tente de conquérir par tous les moyens : sang versé dans son café pour devenir frères de sang, vol d'argent pour lui offrir un beau présent, ... Si son beau-père a pris sa défense dans les premiers temps, il capitule finalement devant l'insistance de son épouse, qui tient à tout prix à éloigner Ludo de la maison. Il finira par être envoyé dans un institut pour "simples d'esprit" où il s'attire les foudres de la directrice et de certains pensionnaires pour n'être pas assez docile. Il finira par s'enfuir pour vivre seul, dans une épave abandonnée.
Le roman est dur et triste : l'histoire d'un garçon rejeté de toute part et qui ne demande finalement qu'un peu d'affection.
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Par nanougo44, le 22/11/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Ce livre raconte une histoire boulversante, une histoire d'amour impossible, triste et douloureuse entre une mère et son fils.
Nicole a horriblement été violée pendant son adolescence, par trois soldats américains et de ce drame va naître Ludovic, dit Ludo.
Rejeté par sa mère et ses grands-parents, il va vivre caché aux yeux de tous, dans le grenier de la boulangerie familiale pendant des années, car personne ne doit savoir que ce « batard », « demeuré » existe. Voilà les mots prononcés chaque jour pendant des années à l'encontre de cet enfant qui n'a rien demandé et qui se retrouve traité pire qu'un chien à manger les restes et vivre cloîtrer. Etrange réaction de la part des parents de Nicole consistant à « ignorer » le drâme et l'enfant. Ils persuaderont Nicole qu'elle a raté sa vie par ce pêché et qu'elle ne sera plus bonne à rien si elle ne s'en sépare pas...et vite.
Autre temps, autres moeurs !
La seule personne a prendre Ludo sous son aile à ce moment là est Nanette, la cousine de Nicole qui, ayant perdu un fils, reporte son amour sur Ludo et le traitera comme un enfant écorché par la vie et non comme une bête. Il se découvre aussi une curiosité passionnée pour la mer qu'il entend de son grenier et qui le fascine.
Il va finir par sortir de son isolement grace à Micho, un garagiste veuf, d'une gentillesse profonde, sincèrement amoureux de Nicole et père de Tatav'qui fera de Ludo son souffre douleur.
Micho épouse Nicole en espérant construire une vraie vie de famille et donner à Ludo une chance de prouver à sa mère qu'il n'est pas un simplet et qu'il mérite son amour, mais Ludo n'arrivera jamais à trouver l'amour de sa mère qui reste hantée par le douloureux souvenir du drâme qui lui a retiré toute innocence, tout amour , toute envie de vivre. Elle va se réfugier dans l'alcool, fuir le plus souvent possible son foyer et son fils.
Ludo est ensuite placé dans un centre pour handicapés mentaux légés, pour soulager cette mère qui, emprisonnée à jamais dans sa douleur, n'en peut plus de le voir.
Il attendra chaque dimanche avec l'espoir que Nicole vienne le voir...mais en vain. Et ne trouvant personne pour comprendre son désespoir, il quittera le centre pour aller se réfugier sur l'épave d'un bateau.
Le retour à la mer, le retour à la mère ( phrase volée d'une autre critique... mais que je trouve juste)
Ce roman est aussi triste que beau et même avec la boule au ventre, j'ai vraiment adoré le lire en espérant au fil des pages, que la condition de Ludo s'améliorerait...même si tout semblait sans espoir et inévitable.
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Par mimipinson, le 10/11/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
« On ne choisit pas toujours dans la vie »
En lisant ce livre, il m’est revenu les paroles d’une chanson de Maxime Le forestier : « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille….. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que Ludo, "l’idiot" dans la bouche de sa mère, n’a pas choisi, mais en plus il a tiré le mauvais lot…
Né dans la souffrance, né d’une souffrance, il a grandi dans la souffrance au milieu d’une famille elle-même en souffrance.
« C’est alors qu’on l’avait enfermé là-haut. Pour ne pas ajouter le meurtre au viol. »
Comment s’étonner ensuite que ce pauvre gosse ne tourne pas mal ? Conçu sans amour, dans la haine, la violence et la terreur par "trois saloperies". Délaissé par une mère qui n’est pas en mesure d’aimer ce gamin qui lui rappelle tant de souffrances, et elle-même rabaissée par une mère et un père plus préoccupés du qu’en dira-t-on, que des états d’âme de Nicole.
Et pourtant, il l’aime tant sa mère. Il la cherche, la recherche.
« Plus le temps passait, plus Nicole évitait son fils, et plus il cherchait à la voir. »
Enfermé dans un grenier, habitant un temps en famille, puis laissé pour un demeuré dans un dépotoir pour gamins dont personne ne veut, il n’aura de cesse de se d’inventer mille et une choses pour qu’enfin l’on s’intéresse à lui, pour être aimé.
Jusqu’au bout j’ai espéré un miracle, jusqu’au bout j’ai espéré tout court. La fin est surprenante, violente, passionnelle.
Le style colle parfaitement à l’histoire. L’écriture est alerte, passionnée, chaotique, percutante. Les personnages ont tous une très forte présence. J’avais de la peine pour Ludo, qui dans un autre milieu, serait devenu quelqu’un d’autre. J’avais quelques indulgence pour Nicole qui n’a pas été aidée comme elle aurait du l’âtre. J’ai détesté ce couple de boulangers, ses parents qui portent une grosse part de responsabilité à ce désastre. Que dire des trois saloperies……si ce n’est qu’ils méritaient la corde pour les pendre…..
Peut-on parler d’un coup de cœur avec un sujet aussi lourd et douloureux ? Le mot est-il bien choisi ? Un livre qui marque, un livre coup de poing.
Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/11/les-noces-barbares.html
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Par sylvaine, le 05/12/2011
Le plus heureux des hommes
de
Yann Queffélec
Gare du Nord la galerie marchande est déserte,abandonnée par tous ,seule une jeune femme échevelée erre dans la parfumerie inconsciente de l'étrangeté des évènements.Quelques jours plus tard Julius Caïn , désespéré du départ de sa compagne Anja va déposer un avis de recherche .L'inspecteur Blaise qui le reçoit est un drôle d'olibrius qui préfère lire plutôt que penser à ,sa carrière cependant Julius pique sa curiosité ;certes fan de Tchekhov mais inspecteur avant tout!
Commence alors un échange par narrateurs interposés entre ces 2 personnages ..Yann Queffelec que je découvre avec ce roman nous peint avec brio le portrait d'hommes et de femmes ,jeunes ou non, aux passés douloureux éternels écorchés vifs.
Une fois commencé , je n'ai pas pu lâcher ce livre ,thriller psychologique plus qu'enquête policière.A découvrir sans aucun doute.
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Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Un livre dur mais très bien écrit et qui ne s'oublie pas facilement.
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Par LiliGalipette, le 02/04/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Roman de Yann Queffélec. Lettre Q de mon Challenge ABC critiques Babelio.
"À treize ans, bientôt quatorze, elle en paraissait dix-huit avec ce corps déjà mûr, cette bouche sanguine, ces yeux bleus en amande, et ces longs cheveux vermeils comme un feu sur les épaules." (p. 13) D'être aussi jolie, la jeune Nicole Blanchard, fille des boulangers du village, devient la proie de trois militaires américains. De belles promesses en viol collectif, la vie de Nicole chavire et se brise à tout jamais. De cet épisode liminaire étourdissant de violence naît Ludovic, Ludo, un gamin qui ne cessera jamais de mendier l'amour de sa mère.
On rencontre Ludo après une ellipse de sept ans. L'enfant est cloîtré dans un grenier sordide et il guette les visites de sa mère. Légèrement idiot, il se sait banni, honni, vomi par une famille qui n'a pas voulu de lui. "Nicole avait refusé son lait ; le boulanger refusait son pain." (p. 30) Quand Michel Bossard, dit Micho, propose d'épouser Nicole et d'assumer Ludo, un horizon se dévoile pour l'enfant. "Ce mignon qui n'avait pas de papa, avec une maman qu'osait pas l'aimer comme il faut, il a les deux maintenant. Et même un frangin. Tu vas m'appeler papa, mignon ! " (p. 61) Mais le gros bon coeur de Micho ne suffit pas à construire un foyer dans lequel Ludo et Nicole peuvent cohabiter et s'apprivoiser. Nicole voit en son fils l'incarnation de son malheur et, de haine dégoûtée en mépris sournois, elle n'a de cesse de repousser ce gamin affamé de tendresse et de reconnaissance. Ludo est envoyé dans un centre pour malades mentaux, mais il n'y trouve pas davantage sa place. C'est finalement sur un vieux cargo échoué et rongé de rouille qu'il créera son havre de paix, face à l'océan qui le fascine et dans l'attente inassouvie d'un geste de celle qui n'a jamais su être sa mère.
Ces noces barbares, c'est d'abord le viol que subit Nicole, enfant dans un corps menteur. Ludo, ensuite, sera un éternel enfant, rêvant de noces de sang avec sa mère. Ébloui d'amour, il trace sans les comprendre des dessins macabres : "son obsession favorite : un visage de femme entrevu par les doigts écartés d'une main noire." (p. 116) Sans le savoir, il trace la ligne de son propre destin en "une allégorie du malheur : la main comme une gifle au néant, les cheveux laqués rouges pareils à du vrai sang." (p. 204)
Ludo le mal-aimé débite un monologue muet, un souffle intérieur sans ponctuation dans lequel il rassemble ses sentiments et ses peines. Son cri silencieux est un aveu d'amour à l'indifférence incarnée. "Il écrivait à sa mère, mais n'envoyait plus les lettres. Il avait détourné son cahier de catéchisme à cet usage : journal de bord sans date où, s'adressant des réponses imaginaires, il prenait livraison des sentiments qu'on lui refusait. [...] La réalité semblait courir à son rythme, il entendait en lui battre des mots qu'il s'interdisait d'écouter : on l'abandonnait. Dans ses mains calleuses, il contemplait cette évidence : on l'abandonnait. Dans ses yeux il voyait sa mère absente, il fuyait les miroirs, il fuyait sa mémoire, et vaincu fuyait ce dont il était sûr depuis sa naissance : on l'abandonnait." (p. 257)
La détresse de ce gamin qui pousse au hasard du malheur est puissamment mise en mots par Queffélec. J'avais lu ce texte vers mes douze ans et l'impression bouleversante n'est jamais passée. Le reprendre aujourd'hui, c'est retrouver la même émotion et la même haine impuissante face à la figure maternelle. Prix Goncourt en 1985 (décidément une année exceptionnelle !), ce roman ne fane pas. Intemporel, il chante pour toujours la douleur des enfants orphelins d'amour.
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Par charlottelit, le 08/01/2012
Et la force d'aimer
de
Yann Queffélec
où l'on retrouve le charme du canal Saint Martin, de ses petits bistrots, des apéros entre copains ; dans une autre vie ...
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Par quenlore, le 30/10/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Nicole est violée dans son adolescence par trois soldats américains et tombe enceinte à la suite de ce viol. L’enfant se prénomme Ludo. Il passe son enfance caché dans un grenier par les parents de Nicole. Il ne sera jamais aimé par sa mère et sera ostracisé par sa propre famille. Quelques personnes vont tout de même lui laisser entrevoir une certaine forme d’affection : Nanette, une cousine de sa mère, et Micho le nouveau mari de sa mère. Il développera même une certaine complicité avec Tatav, le fils de Micho, après bien des mauvais coups de sa part. Sa mère finira à force d’insister à le faire interner dans un pensionnat pour attardés mentaux dont Ludo s’échappera finalement pour trouver refuge sur l’épave d’un navire échoué sur une plage. Tout au long de son enfance et son adolescence, il cherche à obtenir une preuve d’amour de la part de sa mère.
Les noces barbares est un roman très dur mais qui possède un certain magnétisme. On sent dans les noces barbares la passion de Yann Queffélec pour la mer, surtout dans la partie finale du roman où Ludo vit sur un bateau.
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Par Aaliz, le 28/12/2011
La femme sous l'horizon
de
Yann Queffélec
Ce roman m’a beaucoup rappelée Les Hauts de Hurlevent par son atmosphère si sombre, ses personnages si entiers et ses sentiments si forts.
Rien que le décor : un vieux manoir délabré près d’un lac au cœur de la forêt, où vit une famille d’aristocrates russes exilés. Il y fait très froid, la grand-mère, chef de famille, ne supportant pas le feu ni la moindre petite flamme.
Les habitants : la grand-mère acariâtre, méchante, ne vit qu’à travers ses souvenirs bons et mauvais. Elle maltraite tout son monde y compris ses deux fils. L’aîné, Vladimir, complètement sous l’emprise néfaste de sa mère, est alcoolique, violent et ne se remet pas de la mort de sa femme qui le rendait pourtant fou de jalousie jusqu’à en ressentir des pulsions de meurtre. Le cadet est un peu plus à l’écart mais reste d’une passivité déconcertante . Les petites-filles ne sont pas mieux loties, battues ou simplement ignorées, leur destin reste tragique à toutes les deux. On a beau essayer de prendre Tita (alias Ilinka), le personnage principal, en sympathie, c’est difficile tellement elle est … bizarre. Sa troublante ressemblance avec sa mère fait qu’elle suscite la haine de sa grand-mère et de Vladimir. Il semblerait qu’à travers Ilinka, ce soit sa mère qui revive, ce qui n’a pour d’autre effet que d’exacerber les rancoeurs que sa mère inspirait déjà.
Ce roman est d’une noirceur incroyable, l’atmosphère est glauque et glaciale. Yann Queffélec parvient à dresser le portrait de ses personnages avec beaucoup de force. On ne peut pas rester de marbre. Et encore une fois, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec les personnages d’Emily Brontë.
Le style est en plus vraiment agréable et assez poétique sans tomber dans l’excès. Les descriptions sont justes, intégrant les éléments de décor souvent caractéristiques du genre fantastique et traduisent ainsi vraiment bien l’atmosphère qui règne. Bref on s’y croirait.
Le seul reproche que j’ai à formuler est que l’on devine bien trop tôt le pourquoi du comment de l’intrigue et ça gâche un peu l’effet.
Sinon, j’ai vraiment beaucoup aimé et surtout pour les passages sur la jalousie (un des thèmes dominants de ce roman) magnifiquement bien traitée et qui m’ont particulièrement touchée. La haine et la violence sont également des thèmes qui, avec la jalousie, accompagnent le lecteur jusqu’au bout sans lui accorder aucun répit.
Si vous avez aimé Les Hauts de Hurlevent, il est fort probable que vous aimerez La femme sous l’horizon.
Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-la-femme-sous-l-horizon---yann-qu...
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Par Jemlyre, le 07/03/2010
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Il était dans mes projets depuis quelques années de lire un livre de Queffélec, c'est désormais chose faite.
« Les noces barbares » est le genre de livre qui me réconcilie avec la lecture. C'est avec délectation que j'ai parcouru ces pages, transportée par le récit, les paroles incisives, crues et tellement réalistes.
Ludovic est conçu dans la souffrance, une nuit infernale, où sa mère, encore petite fille se heurte à la dure réalité du profond fossé qui sépare les attentes amoureuses d'une personne de son âge et les instincts bestiaux, primitifs d'hommes plus âgés.
Incomprise par son entourage, plus préoccupé par le « qu'en dira-t-on »que par les dégâts psychologiques subis par leur fille, elle évoluera comme un mort-vivant parmi ses semblables, cachant « le fruit de la honte » dans un grenier.
Ludovic grandira en subissant la loi de son entourage qui le rejette et en ne sachant pas ce qu'est l'affection maternelle. Heureusement que quelques personnes autour de lui, d'ailleurs les plus éloignées génétiquement, s'inquiètent de son instruction et lui apportent un peu de douceur.
En lisant ces mots, on se rend encore plus compte à quel point un enfant s'appartient peu...
Après l'épisode du grenier, Ludovic sera balloté de part et d'autre au gré des envies et lubies des adultes.
Il sera taxé d'attardé, exilé le plus loin possible puisqu'il rappelle ce que l'on voudrait tellement oublier. Ce qui ne peut en aucun cas appartenir à l'histoire de la famille...
D'ailleurs, il a les yeux verts de son père...mais qui est son père ? « les trois saloperies » lui répondra-t-on...
A propos, j'ai adoré le clin d'œil à l'efficacité de certains diagnostics psychiatriques...
L'enfant observe sa mère, si belle et si lointaine. Ses tentatives de rapprochement sont très touchantes et les sentiments éprouvés très ambigus.
Le summum de l'ambiguïté, de la complexité de ces sentiments et du désir de possession est atteint sur le bateau. L'épisode final des noces barbares.
Un livre à découvrir en urgence et un énorme coup de cœur pour moi.
Lien : http://partage-lecture.over-blog.com/
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Par charlottelit, le 08/01/2012
Et la force d'aimer
de
Yann Queffélec
avis mitigé sur ce road movie de Paris à la provence ... on a déjà lu cette intrigue mais où ?
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Par ziggypop, le 18/09/2011
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
C'est un livre dur, les premiers chapitres sont insoutenables.
Il décrit avec beaucoup de force la recherche désespérée du plus grand amour (et normalement du premier), celui d'une mère pour son enfant.
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Par silvi, le 07/03/2011
Mineure
de
Yann Queffélec
Yann Queffélec raconte par la voix de Michel 55 ans homme marié à Claire 40 ans, depuis 20 ans comment le désir sexuel pour une femme s'estompe, s'envole, prend la poudre d'escampette.
Le couple à une vie professionnelle et sociale plutôt réussie, mais voilà après 20 ans de mariage, pour entretenir un semblant de vie sexuelle Michel et Claire font l'amour une fois par semaine, le devoir dominical, enfin...... couche ensemble, je n'aime pas cette expression, mais n'affirme telle pas l'état du désir ?
Pourtant Michel aime sa femme, son socle, son piédestal, jamais il ne la quitterait, il y a bien eu quelques annexes au contrat, mais rien de dangereux, alors qu'aujourd'hui une gamine de 13 ans vient chambouler ses sens, ses désirs, ses passions.
Michel résiste, mais ne se refuse pas à imaginer une histoire avec cette gamine en pleine métamorphose en jeune fille, au corps ferme et encore enfantin, avec des petits seins qui le chamboule. Il se compare à un pédophile, en s'avouant cette envie, ce désir.
Face à cette jeune fille, tout juste adolescente, il confronte son désir à ses responsabilités d'homme et de père mais la gamine est bien décidée à séduire cet homme qu'elle sait fragile et prêt à s'abandonner à cette passion interdite.
Du grand Queffélec avec une écriture vive, sincère, tranchante et réaliste.
Lien : http://silvi.over-blog.com/article-mineure-yann-queffelec-68794287.html
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Par cornille8, le 31/03/2008
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Lu il y a très longtemps...souvenir d'un livre dur, poignant...et qui m'a profondément marqué
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Par zabeth55, le 08/02/2012
Mineure
de
Yann Queffélec
J'ai aimé beaucoup de livres de Queffelec, mais je pense que je n'en lirai plus. Il vieillit très mal. Le démon de midi ? Comment l'idée lui est -elle venue d'écrire un tel roman, déplacé, glauque, malsain et en plus, c'est mal écrit.
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Par ChezLo, le 14/03/2011
Vert cruel
de
Yann Queffélec
La jeune Zoé a un père présentateur de télé. Oui mais un jour, la vie parisienne le fait flirter avec la dépression, il n'en peut plus et décide d'enmener toute le petite famille à la campagne, "au vert" comme on dirait "au paradis", avec la ferme intention d'y vivre bien loin du quotidien moderne, pollué de la capitale, mais aussi loin du confort. Zoé et son grand frère Ben sont assez réticents, quoique Zoé attende de voir et approuve silencieusement ce père qu'elle veut aider. Une nouvelle vie commence, creusant le fossé entre ce père aux idées radicales et la réalité de ce Vert cruel...
L'écriture de Yann Queffélec, résolumment contemporaine, cinglante, ironique, donne une force incroyable à ce court roman. En à peine cent pages clairsemées, l'auteur nous immerge dans cette famille, nous fait comprendre les personnalités de chacun autour de ce père en crise et nous précipite vers l'inattendu. Cette retraite rurale sera vécue différemment des prévisions. Chapeau M. Queffélec !
Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2007/11/vert-cruel.html
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Par louve, le 21/10/2010
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
J'avais déjà eu l'occasion de lire un roman de yann queffelec auparavant. je comptais donc découvrir un nouvel ouvrage de cet auteur que j'apprécie beaucoup.
En ouvrant ce roman j'ai de suite compris que jamais je n'avais lu quelque chose de si dure, de si cruel et pourtant tout est tout à fait possible.
Lien : http://louvinette.over-blog.com/article-les-noces-barbares-de-yann-queffelec-...
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Par petite-fee, le 30/07/2010
Les Noces barbares
de
Yann Queffélec
Je l'ai lu il y a très longtemps.
J'en ai gardé un souvenir fort, une émotion vibrante encore au seul nom de ce livre, une souffrance dans les mots, à vous donner la chair de poule.
La barbarie de l'être humain est parfois insoutenable.