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Par lecassin, le 13/03/2013
L'espion aux yeux verts de
Bernard Clavel
Pour moi, il reste l'image d'un grand vieillard bougon, sec et dur comme le vent d'hiver, mais qui avait, dans sa façon de vous regarder ou de vous empoigner la main, une de ces choses mystérieuses et précieuses, qui font partie de ce qu'un homme conserve éternellement parmi les trésors de son enfance. »
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Les Larmes de la Forêt de
Bernard Clavel
Bien entendu, il y avait les lois de la guerre. Pas le droit de mordre un adversaire blessé, interdit de faire du mal aux captifs, pas question de s'en prendre aux bébés loups ni aux enfants renards. Inutile de préciser que, bien souvent, ces lois n'étaient pas respectées. Les mères et les épouses avaient beau pleurer, les combattants ivres de rage ne les écoutaient pas.
Si on leur reprochait leur cruauté, les chefs répondaient invariablement :
- La guerre, c'est la guerre. Ou bien on la fait, ou bien on ne la fait pas. Mais si on la fait, il faut que cela soit du sérieux.
Et, en effet, c'était du sérieux !
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La Grande patience, tome 1 : La Maison des autres de
Bernard Clavel
Le second intervint.
- Vous êtes trop bon, mon pauvre chef. Votre autorité part en brioche ! (Il imita la voix du chef.) Je vais vous le dire, moi, il n'y a qu'un secret dans le métier : le pied au cul. Le pied au cul, tout est là. Quand on a compris ça, le reste vient tout seul.
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Le massacre des innocents de
Bernard Clavel
Je vais en écrire quelques unes, il y en a tellement que je voudrais ajouter.
Il nous a été donné tous les pouvoirs et nous les avons utilisés pour tuer
Certains enfants décharnés qui ne peuvent plus tenir debout, sont portés ou tirés comme des haillons dont les pieds touchent à peine le sol.
Tués, tous leurs parents sont morts
C'est de notre insensibilité que meurent ces enfants.
Un homme un jour a dit en rentrant chez lui : "Tiens, je viens de rencontrer un nègre", au lieu de dire : "j'ai rencontré un homme"
Le regard de cette fillette dont le feu liquide tombé du ciel a dévoré les paupières et qui hurlera des jours et des nuits sans pouvoir dormir.
Un médecin d'une certaine Croix- Rouge me donna ce conseil :"Au lieu de faire venir ces enfants du Viet -nam, vous feriez mieux de leur envoyer des chasse-mouches."
Certains ont fait que la terre devienne aride. Leur science leur a procuré les moyens de semer sur des pays entiers de quoi tuer la vie même des forêts, des champs, des prairies.
Ca porte un nom : la défoliation.
Ca porte un autre nom : la mort.
Ca s'appelle également : crime contre l'homme et contre la nature. Et ça peut aussi s'appeler suicide.
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Par TwiTwi, le 02/08/2009
Le Royaume du Nord, tome 3 : Miserere de
Bernard Clavel
A force de vouloir toujours aller plus vite, c'est sa propre mort que ce monde fou finira par rattraper.
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Par Nef, le 24/02/2013
Le Royaume du Nord, tome 1 : Harricana de
Bernard Clavel
Sur les étendues des pays nordiques, la mort court,plus vorace qu'ailleurs, plus famélique. La vie est rare. Elle se défend âprement. Les imprudents,les faibles, les étrangers,ceux qui sont venus là sans savoir que la mort y réside en permanence, sont des proies faciles. La plupart du temps on ne l'entend pas approcher. Elle vient de nuit,confondue avec l'ombre des bois ou librement, volant au ras du sol,tourbillonnant, vêtue de soie légère. C'est à peine si les gens et les animaux terrés dans leur tanière perçoivent un frôlement. Elle peut entrer partout, même en ces lieu ou nul vent ne pénètre.
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Le tambour du bief de
Bernard Clavel
Il avait lu, dans une revue, que lorsqu'un rossignol chante, les hommes ne perçoivent pas les plus belles notes de son chant. Et bien, lui, Antoine, chef tambour de la Marinière, il était comme les rossignols ; ce qu'il avait de plus beau à dire, les hommes ne pouvaient pas l'entendre. Alors, il se le disait à lui tout seul, dans sa tête. Ou bien il le confiait à Suzette, sa chienne, lorsqu'il se trouvait seul avec elle.
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Par bgn, le 07/11/2012
Malataverne de
Bernard Clavel
Depuis qu'il avait fermé la porte de cette pièce, il ressentait quelque chose d'indéfinissable, quelque chose qui le suivait et qui lui faisait peur.
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Par steppe, le 04/08/2011
Le Royaume du Nord, tome 1 : Harricana de
Bernard Clavel
Vint un temps de cristal. Des journées limpides. Des nuits scintillantes et craquantes pareilles à un brasier glacial. Plus le froid augmentait, plus la lumière s'intensifiait. Sur la meule blanche des neiges durcies, le vent aiguisait sans relâche ses lames d'acier couleur de ciel. C'était le terrible nordet qui file plus vite que les autres, harcelé par le froid qu'il a réveillé au passage, très loin, sur les étendues arctiques. Le vent de l'ours et du loup, qui taille les banquises et leur effile les dents. Le vent moissonneur de toundras qui porte dans sa gueule la faux de la mort. Une belle mort rieuse sous des éclaboussures de soleil.
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Par nastie92, le 27/05/2013
Le voyage du père de
Bernard Clavel
Il se retrouva une fois de plus à la gare et se planta près de l'entrée des voyageurs. Il n'y avait plus d'espoir en lui, plus qu'un instinct de bête dont le maître est mort, mais qui continue pourtant de le chercher parmi les vivants.
Elle était partie en voiture, mais il l'attendait là, près de ce portillon où disparaissaient des manteaux de fourrure et des cheveux blonds, bruns, roux... Il ne savait même pas de quelle couleur étaient aujourd'hui les siens.
Voilà : Quantin, c'était devenu cela. Un vieux sans force, un vieux dont les mains ouvertes pendaient de chaque côté de son corps. Deux grosses mains inutiles, marquées par une vie de peine, habituées à tout entreprendre et à tout mener à bien, mais qui n'avaient rien pu faire pour retenir Marie-Louise.
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