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Le massacre des innocents de
Bernard Clavel
Je vais en écrire quelques unes, il y en a tellement que je voudrais ajouter.
Il nous a été donné tous les pouvoirs et nous les avons utilisés pour tuer
Certains enfants décharnés qui ne peuvent plus tenir debout, sont portés ou tirés comme des haillons dont les pieds touchent à peine le sol.
Tués, tous leurs parents sont morts
C'est de notre insensibilité que meurent ces enfants.
Un homme un jour a dit en rentrant chez lui : "Tiens, je viens de rencontrer un nègre", au lieu de dire : "j'ai rencontré un homme"
Le regard de cette fillette dont le feu liquide tombé du ciel a dévoré les paupières et qui hurlera des jours et des nuits sans pouvoir dormir.
Un médecin d'une certaine Croix- Rouge me donna ce conseil :"Au lieu de faire venir ces enfants du Viet -nam, vous feriez mieux de leur envoyer des chasse-mouches."
Certains ont fait que la terre devienne aride. Leur science leur a procuré les moyens de semer sur des pays entiers de quoi tuer la vie même des forêts, des champs, des prairies.
Ca porte un nom : la défoliation.
Ca porte un autre nom : la mort.
Ca s'appelle également : crime contre l'homme et contre la nature. Et ça peut aussi s'appeler suicide.
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Par TwiTwi, le 02/08/2009
Miséréré : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
A force de vouloir toujours aller plus vite, c'est sa propre mort que ce monde fou finira par rattraper.
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Par steppe, le 04/08/2011
Harricana : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
Vint un temps de cristal. Des journées limpides. Des nuits scintillantes et craquantes pareilles à un brasier glacial. Plus le froid augmentait, plus la lumière s'intensifiait. Sur la meule blanche des neiges durcies, le vent aiguisait sans relâche ses lames d'acier couleur de ciel. C'était le terrible nordet qui file plus vite que les autres, harcelé par le froid qu'il a réveillé au passage, très loin, sur les étendues arctiques. Le vent de l'ours et du loup, qui taille les banquises et leur effile les dents. Le vent moissonneur de toundras qui porte dans sa gueule la faux de la mort. Une belle mort rieuse sous des éclaboussures de soleil.
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Les Petits bonheurs de
Bernard Clavel
Si je décide aujourd'hui de feuilleter ces souvenirs, c'est dans l'espoir égoïste - probablement un peu vain - d'en respirer le parfum fané en me racontant ces petits bonheurs de rien du tout dont je ne savais pas, à l'époque, qu'ils allaient imprimer en moi une marque indélébile. B. C.
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Par steppe, le 06/08/2011
Harricana : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
....Il (le vent) enveloppait les maisons des vivants, il serrait dans leur linceul les morts qu'on ne pouvait enterrer dans le sol devenu roche, il talonnait les voyageurs sur les pistes glissantes qu'il barrait ça et là de congères. Les animaux le sentaient venir de loin. Le poil se terrait, la plume lui faisait face pelotonnée, l’œil mi-clos.
Plus les morts que prend l'hiver sont petits, plus il paraît injuste qu'il les emporte. Toutes les mères à qui il a volé un enfant le haïssent. Elles écoutent le vent hurler dans les nuits ;
il passe avec des grincements, des croassements, des coups de griffe qui font penser au vol des charognards.
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Par steppe, le 06/08/2011
Harricana : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
En plein élan, le glacier a buté du nez contre l'échine du pays. Le Sud hâtait sa mort. L'a-t-il senti ? Renonçant à forcer l'obstacle, il a marqué un temps d'hésitation. Effrayé peut-être par ces contrées où le soleil régnait en maître absolu, à court de forces neuves, trop vieux déjà pour s'engager dans le combat, il a piétiné quelques temps....
.... Suant à gros ruisseaux, emplissant les creux de sa transpiration, le glacier est mort en route.
Ainsi devait finir en eau cet orgueilleux venu en conquérant. Ainsi finissent tôt ou tard les tyrans dont le rêve est de domination.
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Par lecassin, le 15/01/2012
Harricana : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
Ils étaient venus là pour faire le pays, ils le feraient. Ils savaient avec certitude qu'ils ne partiraient pas. On ne renonce pas à une ville qui vous a pris votre enfant pour en faire son premier mort.
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Par steppe, le 06/08/2011
Harricana : Le royaume du Nord de
Bernard Clavel
Sur toute l'étendue du pays, la terre se mit en mouvement. Carapace fiévreuse, elle se craquelait de toutes parts, soulevée par l'humeur que secrétait un mal sans remède.
Le printemps venait d'éclater, pareil à un fruit gorgé de sucre.....
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Fleuves, rivières et lacs craquaient dans un vacarme de cataclysme, soudain hérissés d'énormes banquises aux cassures de jade. ....
.... Ainsi une partie du continent, chaque année, depuis des millénaires s'en va-t-elle à la mer sans qu'il y paraisse vraiment autrement que dans ce mouvement....
... Née du soleil et de la lune, montait cette merveilleuse douleur qui fait soupirer, gémir, bramer ; courir et trépigner ; mordre et lécher..
... Le temps était venu de la montée du sang dans les membres encore gourds des arbres étonnés. Les bourgeons s'alourdissaient....
... A l'éveil de la nature, s'ajoutait cette activité des hommes. Elle apportait sur l'Abitibi un lot nouveau de joie et de souffrance, un fardeau de douleur, de peine et d'espérance.
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Par philubi, le 25/05/2010
Le massacre des innocents de
Bernard Clavel
Aucune illusion, toutes les espérances.
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Par latrace, le 07/10/2010
La Révolte à deux sous de
Bernard Clavel
—Tu ne vas pas te plaindre de l’avarice des gens, tu vis de ce qu’ils te donnent.
—Tu n’es pas d’ici, toi. Tu les connais pas. Ce sont surtout les pauvres qui donnent. Mais les grands bourgeois, c’est pas de la radinerie, c’est de la rapiasserie. Ça m’écœure…Tu peux me croire, chef: le pire ne se trouve pas derrière les portes des cellules!
—Toi, tu as toujours de ces trouvailles! Venir chercher la purification près de la prison, ça ferait rire bien du monde.
—Le monde rira moins quand les pauvres se révolteront.
—C’est pas pour demain. Qui sait?
Un silence passe. Puis Pataro ajoute:
—Regarde le fleuve, il lave même la nuit.
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