ISBN : 2266128833
Éditeur : Pocket (2004)


Note moyenne : 3.37/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Ce récit se présente sous la forme d'un journal, celui d'Angélika, l'amie et belle-sœur de Klara qui revient d'Auschwitz à Paris après une déambulation à travers l'Europe en août 1945. Le journal s'organise autour de la parole de Klara qui, jour après jour, pendant un m... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 04 décembre 2010

    horline
    Traditionnellement je suis assez réticente au genre journal intime, aussi bien en raison de la forme (une écriture spontanée, hétérogène) que sur le fond ((c'est l'écriture de l'épanchement des sentiments, du repli de l'intériorité souvent excessif face aux évènements).
    Pourtant, Soazig Aaron m'a réconciliée avec ce style dans cette œuvre avec le journal intime d'une femme (Lika) confrontée au retout d'Auschwitz de sa meilleure amie et belle-sœur, Klara.
    Il s'agit bel et bien d'une confrontation puisque Klara n'est plus la Klara d'avant-guerre : on découvre une femme réduite par les nazis à un état sauvage, dominée par ses instincts primitifs, jamais apaisée et dont la parole est souvent âpre, brutale, détachée. Quoi de mieux que l'écriture intime pour exprime le désarroi, l'impuissance et l'incompréhension de Lika face à cette Klara usée par la haine et balayée même jusqu'à l'identité.
    D'autant plus que Soazig Aaron maîtrise parfaitement l'écriture intime à mon goût : pas d'effusion excessive des sentiments, le ton est sobre et pudique ; le texte n'est pas noyé dans les émotions.
    Ce qui est agréable également c'est que l'auteur détourne les codes du journal intime : ce qui est retranscrit ce sont avant tout les émotions et pensées de Klara exprimées lors de ses monologues. Lika apparait alors comme le témoin, et ce journal intime comme un témoignage de ce qu'on ne pouvait imaginer.
    Et ce témoignage est réellement poignant...déroutant aussi.
    Très vite on comprend que derrière la morgue affichée et infligée à Lika, Klara n'est plus que refus et indifférence à la vie, elle se considère comme morte. La seule façon alors d'exister est de dire NON. Non à un retour de semblant de vie normale, à la maternité, à l'amitié. C'est également un refus de sa langue maternelle (l'allemand) et même de son identité.
    Dans cette Europe dévastée, Klara ne peut se reconstruire sur des ruines. Elle fait alors un choix radical.
    Assurément un récit à recommander ne serait-ce que pour l'intensité émotionnelle distillée finement tout au long des pages. J'ai réussi à faire abstraction de cette prose (on reste tout de même dans le domaine de la parole de l'intimité, des émotions et donc de l'écriture de l'immédiat) ; tout du moins le récit est si captivant qu'on oublie le style littéraire.
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    • Livres 3.00/5
    Par Lali, le 19 mai 2011

    Lali
    Je n'ai pas été capable de m'attacher à Klara. Pourtant, j'aurais bien voulu, Mais je suis restée là, à l'écart, à la surface des choses.
    Est-ce le ton? Est-ce le fait que le retour de Klara nous soit relaté par sa belle-sœur plutôt qu'elle-même? Est-ce la froideur de celle dont il est question? Est-ce la somme de ses « non »? Est-ce l'écriture elle-même? le choix d'un journal décousu? Tout ça? Probablement.
    Non, je n'ai pas été en mesure d'entrer totalement dans Le Non de Klara de Soazig Aaron. Je savais pourtant que ce n'était pas un livre facile. Je savais que l'héroïne, après 29 mois de camp, était brisée, physiquement et psychologiquement. Qu'elle allait refuser de voir sa fille âgée de trois ans. Que Paris serait sa dernière halte avant le grand départ pour l'Amérique. Tout cela je le savais. Tout cela je l'ai trouvé. Presque juste cela. Consigné dans un journal factuel, loin, si loin des émotions.
    Est-ce le ton? le côté compte rendu des choses? le presque détachement face à l'horreur? Je sais juste que je n'ai pas été touchée par le récit de Soazig Aaron alors que j'aurais tant voulu l'être.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=40785
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 02 juin 2011

    canel
    Un autre éclairage sur les conséquences de la Shoah, bouleversant comme tant d'autres : l'incapacité d'une jeune mère, de retour des camps, de rester auprès de son enfant pour l'élever. Cela lui est impossible après ce qu'elle a subi.
    A relire.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 02 octobre 2010

    MissG
    J'ai été fortement impressionnée par c'est excellent récit, très dur, mais très pudique, écrit de façon intelligente et intéressante sous forme d'un journal : celui d'Angélika qui couche sur papier durant un mois les confessions de sa belle-soeur Klara, retrouvée au Lutetia en 1945, après 3 années de déportation.
    Klara est revenue mais n'est pas revenue, Klara n'est plus la personne qu'elle a été et ne le sera jamais plus et elle s'obstine, elle veut partir, elle ne veut pas revoir sa fille, jamais.
    Il est très difficile de rester impassible devant cette lecture, et il faut sans cesse se rappeler que c'est un roman et non un récit.
    L'auteur pose des questions vraiment intéressantes et tente d'y répondre.
    Un roman qui chamboule, une presque claque qui permet de prendre conscience de beaucoup de choses, et qui fait s'interroger.
    Un roman d'une telle classe, d'une telle justesse, mérite d'être connu et lu.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.com/2010/10/le-non-de-klara-de-soazig..
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    • Livres 3.00/5
    Par odie, le 28 août 2011

    odie
    Pour penser aux victimes aux victimes des camps de concentration autrement
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Citations et extraits

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  • Par horline, le 04 décembre 2010

    Ceux qui sont revenus sauront à jamais ce que sont les extrêmes, toutes les possibilités des extrêmes, et même l'entre les extrêmes, toutes les nuances de l'Être. Alors, plus de philosophie. Jamais. Comme Dieu est parti en fumée, la philosophie est partie en fumée, toutes les parties de la philosophie, la morale, l'esthétique, etc., tout, tout s'est effondré là-bas, rien n'a tenu
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  • Par MissG, le 16 septembre 2010

    Un jour, oui au début, une Polonaise a dit, "tu as de la chance d'avoir été e France, nous ici, on disait, heureux comme Dieu en France" alors j'ai dit, Dieu s'est fait rafler en France, i lest ici à Oswiecim, il part en fumée tous les jours, on est les premiers à le savoir.
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  • Par lisette, le 08 mars 2008

    A l'intérieur je ne suis que mort,j'ai un goût de mort, je pue la mort, pour longtemps encore, peut-être pour toujours. Les enfants le sentent. Je ne veux pas qu'elle renifle cette odeur qu'elle n'a pas encore eu dans le nez.
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  • Par horline, le 04 décembre 2010

    -J'ai dit bêtement, "tu as dit oui à la vie".
    -Je n'ai pas dit oui, j'ai dit non à tout. C'était peut être un oui comme tu le dis, mais je l'ai pensé non, c'est sans doute ce qui me convenait le mieux. Avec un oui, je serais morte, physiquement morte.J'ai toujours dit non.
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  • Par MissG, le 16 septembre 2010

    Klara est revenue, mais ne nous est pas rendue.
    Klara est revenue, mais ne nous est pas revenue.
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