Le recueil contient une vingtaine de fabliaux, 2 contes complets, un partiel, et des extraits rimés, le tout transposé en français moderne. Un bon début pour aborder la littérature médiévale de manière ludique.
Contrairement au roman courtois ou à la chanson de Geste qui vise un public socialement élevé, le fabliau s'adresse plus facilement à la classe bourgeoise citadine, et de fait, son apogée correspond au développement de la bourgeoise dans le nord de la France. Bien sur c'est un résumé réducteur, mais... il faut donc s'imaginer un public de gens peu versés dans l'écriture et la lecture, travaillant pour gagner sa vie, et qui cherchaient dans la représentation de fabliaux, comme de farces, détente, défoulement et rire, si possible aux frais des classes privilégiées: d'où une profusion de personnages stéréotypés, immédiatement reconnaissables: le paysan riche et stupide, la vieille acariâtre et rouée, le clergé ridicule qui n'hésite pas à s'enrichir sur le dos du peuple... Et des situations tout aussi attendues: les avares, les menteurs, les ingrats seront punis à la fin, MAIS, plus étonnant, la morale est assez souvent élastique. En gros, la tromperie, le vol, c'est mal. Enfin, sauf lorsqu'elles s'exercent aux dépends d'un avare, ingrat, riche, borné...
Je ne vous cacherai pas que l'Exemplum ( les fabliaux "moraux"c'est à dire l'exemple à suivre, ou plus souvent, la mise en avant de l'exemple à ne pas suivre, sur fond religieux) est un genre assez pénible, car très très chrétien ( Idem pour le conte" le chevalier au Barisel": il faut souffrir pour obtenir la rédemption, tant pis si tu meurs de faim pauvre et miséreux, ton âme et sauvée, plutôt que de vivre riche et bien portant mais comme un mécréant). Là, j'avoue, j'ai du mal avec ce genre de concept.
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