Ajouter une critique

Critiques sur Le Vicomte pourfendu (11)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par Ptitgateau le 20/05/2012


    Le vicomte Médard de Terralba prend part à une bataille contre les Turc et se retrouve coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent à vivre indépendamment, l'une semant la terreur dans le comté, l'autre faisant le bien. Un surprenant roman plein d'humour (noir) qui revêt des allures de conte philosophique. Me penchant sur la carrière d'Italo Calvino, je peux lire qu'il fut un écrivain réaliste, un fabuliste et un philosophe. A travers ce conte fantastique, il nous apporte une réflexion sur l'être humain, non pas une vision manichéiste qui voudrait que le bien existant chez l'homme vient du ciel et le mal des ténèbres les deux à l'origine d'un combat permanent, mais plutôt un constat : l'homme possède en lui le bien et le mal qui l'équilibrent, l'un n'allant pas sans l'autre : c'est ainsi que le « mauvais vicomte » dit « l'infortuné » récolte la haine des villageois pour sa méchanceté et son injustice, le « bon » créée des tensions (Il n'est pas si facile d'être la bonté même)
    J'ai commencé par prendre beaucoup de plaisir lors de la lecture, d'abord parce qu'Italo Calvino manie l'humour noir en virtuose, ensuite parce que je me suis attachée aux personnages, enfin parce que je me suis bien demandée comment allait finir cette histoire qui m'a donné envie de lire encore d'autres œuvre de ce grand écrivain.


    Lien : http://1001ptitgateau.blogspot.fr/

    critique de qualité ? (22 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par ballad le 17/05/2012


    Ce petit livre bien sympathique est un conte philosophique sans prétention particulière sinon de délivrer un message tout simple. Il est pétri d'infiniment d'humour noir. Pendant la guerre contre les Turcs, le vicomte Médard de Terralba est frappé par un boulet de canon qui le coupe en deux dans le sens de la longueur. Une moitié de son corps est sauvée par les équipes soignantes et l'autre est retrouvée par deux ermites. L'un est le mauvais côté, l'autre est le bon. L'un comme l'autre vont sillonner la campagne, tous deux hantés par la part d'ombre et de lumière qui les obsèdent : faire le bien ou faire le mal autour d'eux, sans trouver de réelle satisfaction. Ce conte a pour but de démontrer que le mauvais nous est nécessaire comme le bon pour vivre harmonieusement.

    Dans le livre, plusieurs exemples illustrent ce clivage. Les huguenots, a priori des hommes suivant de bons préceptes, se révèlent pleins de noirceur. Les lépreux, a priori des hommes que l'on imaginerait profondément tristes, se révèlent des êtres très gais et heureux. Pierreclou, l'artisan qui fabrique de belles potences, s'en désespère. C'est un peu comme si on avait besoin du côté noir des choses pour être heureux en société.

    J'ai aimé cette lecture car elle était d'une belle harmonie, originale et pleine de richesses.

    critique de qualité ? (21 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par sultanne le 10/01/2012


    Etonnante lecture qui tient du conte philosophique à la Voltaire.

    Conte initiatique, ce récit traite, mine de rien et sous un mode particulièrement cynique, de nombreuses questions existentielles . La question du bien et du mal est omniprésente et démontre au lecteur médusé que la quête de l'absolu reste vaine, que son objet soit le bien ou le mal.
    Différents modèles de société sont proposés, de la cellule familiale otarcique à la vie communautaire, en passant par le retour à la vie sauvage, Italo Calvino ne semble se satisfaire d'aucun modèle stéréotypé.
    Le rapport à la sensualité est évoqué de façon très comique et l'initiation à la sexualité se fait de façon métaphorique et très amusante : en effet, tour à tour embarqué dans une scène d'orgie de lépreux, recueilli par une mère nourricière dépourvue de toute sexualité et débarqué au sein d'une histoire d'amour dévastatrice, le jeune homme que nous accompagnons finira par être le témoin d'un mariage pour le moins détonnant.
    Le récit est court mais riche, il évoque, en filigranne la place de la femme dans une société menée par les hommes, le question de la "bonne" façon de gouverner, la science et le progré technique...

    Une lecture qui peut également être proposée aux jeunes et aux adolescents parce qu'elle peut se faire à différents degrés. C'est d'ailleurs au collège que j'avais rencontré pour la première fois cet étrange vicomte pourfendu.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par BoulieBouffeTout le 12/08/2010


    Tout à fait étonnant comme bouquin.
    Je ne connaissais pas cet auteur et c'est une belle découverte.
    Une double lecture possible sur tout le livre, c'est fort !
    A découvrir.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



  • Par le-mange-livres le 06/04/2012


    Où le professeur Trelawney essaye (sans succès) d'emprisonner les feux follets ;

    Où des doigts coupés indiquent le chemin ;

    Où Maître Pierreclou perfectionne son savoir-faire en matière de construction de potence ;

    Où les lépreux remplacent les femmes de mauvaise vie à Préchampignon ;

    Où le vicomte décide de tomber amoureux de la petite bergère Pamela.

    L'incipit


    « On faisait la guerre aux Turcs. le vicomte Médard de Terralba, mon oncle, chevauchait à travers les plaines de Bohême. Il se dirigeait vers le camp des chrétiens. Il était suivi d'un écuyer appelé Kurt. de blancs vols de cigognes traversaient, près de terre, l'air opaque et figé ».


    Comment en suis-je arrivée là ?


    J'ai lu récemment un autre roman de Calvino : Si par une nuit d'hiver un voyageur, qui constitue une passionnante réflexion sur la littérature en général et le roman en particulier, menée de main de maître et sous une forme très inhabituelle, où Calvino joue véritablement avec son lecteur. Emballée, j'enchaîne avec Le vicomte pourfendu, le premier volume de la « trilogie héraldique », complétée par Le Baron perché et Le chevalier inexistant.


    De quoi s'agit-il ?


    Le vicomte Médard de Terralba se porte volontaire pour combattre les Turcs dans les rangs de l'armée de l'empereur, et quitte ainsi sa terre ligure natale. Mais dès le premier jour des combats, il est touché, du fait de son inexpérience, par un boulet qui le frappe de front et coupe son corps en deux moitiés, depuis le sommet de la tête jusqu'aux pieds.


    Il s'en retourne donc atrocement mutilé dans son fief. Et c'est vraisemblablement la « mauvaise » moitié (la moitié droite) qui est rentrée, et le demi-vicomte fait dès lors trembler la contrée, en se livrant à des exactions cruelles qui épouvantent les villageois.


    Soudain, pourtant, la seconde moitié ressurgit, pour commettre, cette fois, des excès de bonté … mais s'agit-il vraiment de la meilleure part du vicomte ?


    La citation


    « Si tout ce qui est entier pouvait être ainsi pourfendu ! dit mon oncle, couché à plat ventre sur l'écueil et caressant les spasmodiques moitiés de poulpe. Si chacun pouvait sortir de son obtuse, de son ignare intégrité ! J'étais entier, et toutes les choses étaient pour moi naturelles, confuses et stupides comme l'air ; je croyais tout voir et ne voyait que l'écorce. Si jamais tu deviens la moitié de toi-même, et je te le souhaite, enfant, tu comprendras des choses qui dépassent l'intelligence courante des cerveaux entiers » (p.59-60)


    Ce que j'en ai pensé


    C'est une fable pleine de malice et de poésie, et finalement presque un conte philosophique, prétexte à une jolie réflexion sur la nature humaine, sa dualité, ses paradoxes et même ses contradictions. En somme un texte brillant, où l'on comprend que l'excès (dans un sens comme dans l'autre) est néfaste.


    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/05/le-vicomte-pourfendu-ital..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par flavie982 le 16/02/2012


    J'ai trouvé ce texte étrange : les contours historiques sont plutôt flous : il y a à la fois des chevaliers, des écuyers mais aussi des canons, il y est question de saint empire, d'inquisition, de lépreux, de huguenots et de turcs, je propose une datation large du 17ème au 18ème siècle.

    La tonalité du texte est également très particulière : scènes d'horreur, ironie, absurdité, parfois aussi débauche et des scènes de vie quotidienne plutôt champêtre et un soupçon d'histoire d'amour. Bref, ce mélange des genres ne m'a pas spécialement plu. Heureusement que le texte est court, sinon j'aurais abandonné !


    Lien : http://vivelesbetises2.canalblog.com/archives/2012/02/14/23519233.html

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par annie le 18/11/2008


    Au cours d'une bataille contre les Turcs, Médard de Terralba, chevalier génois, est coupé en deux par un boulet de canon.

    Ses deux moitiés continuent de vivre séparément, fane faisant le bien, l'autre mutilant tout sur son passage.

    Ce conte est pétri d'humour et de cynisme.

    Le monde imaginaire de Calvino où des doigts coupés indiquent la route à suivre, où les lépreux vivent heureux a pourtant toutes les couleurs du réel

    Et Le Vicomte pourfendu prouve avec brio que la vertu comme la perversité absolues sont également inhumaines.

    Calvino a toujours été attiré par la littérature populaire, l'univers de la fable, en particulier.

    Dans Le Vicomte pourfendu, il exploite la veine fantastique : le cadre est celui de la fable tandis que la narration se fait sur deux niveaux : le plus immédiatement perceptible, le récit fabuleux, mais aussi le niveau allégorique et symbolique qui est très riche (il développe notamment les thèmes du contraste entre réalité et illusion, idéologie et éthique, etc.).

    Mais la morale du roman est d'abord une invitation à la nuance, puisqu'il apparaît que la vérité absolue est une chimère.

    Les deux autres romans de la trilogie Nos ancêtres obéissent au même principe de fonctionnement. le héros du Baron perché est un alter ego de Calvino, désormais débarrassé de ses anciennes conceptions et qui ne voit plus la littérature comme porteuse d'un message politique.

    Le chevalier inexistant, dernier de la trilogie, est un roman plus sombre, en revanche.

    À côté de cette production « fabuleuse », Calvino continue à traiter dans ses œuvres de la réalité quotidienne.


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par ameliepimousse le 06/09/2011


    Un livre que j'ai lu au collège, et que j'ai relu par la suite avec plaisir! Une histoire surprenante et plaisante pour l'historienne qui sommeille en moi ;)

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par camo77 le 07/04/2012


    Livre assez bien si on aime les histoires à dormir debout. Malgré cela ce livre a un sens caché dénonçant que chacun à une part mauvaise et une part bonne en lui.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par medsine le 30/01/2012


    Un conte léger, idéal pour une reprise de lecture après plusieurs mois sans ouvrir un bouquin !Il s'agit de l'histoire d'un compte coupé en deux partie alors qu'il combattait à la guerre.La bonne partie a disparue, reste le mauvais côté de l'homme.Original.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Vicomte pourfendu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (247)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz