Monté à douze ans dans les arbres, Côme, baron du Rondeau, décide de ne plus jamais en descendre. Nous sommes en 1770. Des années plus tard, toujours perché, il séduira une marquise fantasque et recevra Napoléon en grande pompe.
Autoportrait, conte philosophique,... > voir plus
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman. le début est lent, un peu bizarre. Finalement on a envie de lire jusqu'au bout ce roman assez multiple.
On se demande jusqu'à la fin s'il va un jour descendre.
A la manière de Robinson Côme organise sa vie dans les arbres de manière assez réaliste.
Et on a de belles réflexions sur la société, sur le fait de vivre en société. Je ne l'ai pas adoré, ne le relirai pas. Mais je suis contente de l'avoir lu. Au sujet d'un abbé qui fut emprisonné car il avait eu la détestable idée d'écouter (et après apprécier) les philosophes de la fin du 18ème siècle.
"Il mourut sans jamais avoir compris, après une vie toute entière consacrée à la foi, en quoi au juste il pouvait croire - mais s'efforçant d'y croire fermement, jusqu'à la fin."
Un incontournable de ma bibliothèque. Je me souviens de la première fois où je l'ai lu, sous l'impulsion de ma prof. de français au collège je crois et de mes parents. Et le souvenir de cette lecture m'a accompagnée au fil des ans jusqu'à ce que je le relise et le redécouvre avec bonheur il y a quelques temps de cela. Un grand livre et une leçon de liberté !
Tout bonnement déçu. Je l'avais dans ma biblio perso depuis des années (ma prof d'italien me l'avait conseillé au lycée...), et bien je l'ai lu. Voilà. Je pensais me faire embarqué par ce personnage charismatique et si unique qu'est Le baron perché. Malheureusement je n'ai pas su peut être lire entre les lignes pour être plus touchée et conquise?
Un baron fou qui se perche sur le haut d'un arbre par révolte et esprit d'insoumission. Un livre totalement délirant avec un personnage déjanté, mais si attachant... Et une écriture superbe.
Côme monta jusqu'à la fourche d'une grosse branche, où il pouvait s'installer commodément, et s'assit là, les jambes pendantes, les mains sous les aisselles, la tête rentrée dans le cou, son tricorne enfoncé sur le front.
Notre père se pencha par la fenêtre:
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d'idée! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d'idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras!
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.
A vrai dire, on nous avait déjà interdit de nous laisser glisser sur les rampes de marbre de l'escalier. Non de peur que nous nous cassions jambes ou bras - nos parents ne se soucièrent jamais de cela, si bien qu'effectivement nous ne nous cassâmes jamais rien - mais parce que, croissant en taille et en poids, nous risquions de renverser les statues d'ancêtres que notre père avait fait placer sur de petites colonnes surmontant les balustres, à chacun des paliers. Côme avait déjà fait dégringoler une fois un trisaïeul évêque, avec sa mitre et tout. Puni, il avait appris à freiner son élan un instant avant d'arriver au palier et à sauter en bas au moment précis où il allait cogner la statue.
C'EST le 15 juin 1767 que Côme Laverse du Rondeau, mon frère, s'assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m'en souviens comme si c'était d'hier. Nous étions dans la salle à manger de notre villa d'Ombreuse ; les fenêtres encadraient les branches touffues de la grande yeuse du parc. Il était midi ; c'est à cette heure-là que notre famille, obéissant à une vieille tradition, se mettait à table ; le déjeuner au milieu de l'après-midi, mode venue de la nonchalante cour de France et adoptée par toute la noblesse, n'était pas en usage chez nous. Je me rappelle que le vent soufflait, qu'il venait de la mer et que les feuilles bougeaient.
« J'ai déjà dit que je n'en voulais pas et je répète que je n'en veux pas », fit Côme en écartant le plat d'escargots.
On n'avait jamais vu désobéissance plus grave. Le baron Arminius Laverse du Rôndeau, notre père, coiffé d'une perruque Louis XIV descendant jusqu'aux oreilles et démodée comme tout ce qui lui appartenait, siégeait à la place d'honneur. Entre mon frère et moi était assis l'abbé Fauche-lafleur, chapélain de notre famille, notre précepteur. En face de nous, la générale Konradine du Rondeau, notre mère, et notre soeur Baptiste, la nonne de la maison. Au bas de la table, en costume turc, l'avocat AEneas-Sylvius Carrega, hydraulicien, régisseur de notre propriété et notre oncle naturel.
Les exploits que forment une obstination intérieure doivent rester secrets; pour peu qu'on les proclame ou qu'on s'en glorifie, ils semblent vains, privés de sens, deviennent mesquins.
Il mourut sans jamais avoir compris, après une vie toute entière consacrée à la foi, en quoi au juste il pouvait croire - mais s'efforçant d'y croire fermement, jusqu'à la fin.