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ISBN : 2070578844
Éditeur : Gallimard (2016)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 864 notes)
Résumé :
Monté à douze ans dans les arbres, Côme, baron du Rondeau, décide de ne plus jamais en descendre. Nous sommes en 1770. Des années plus tard, toujours perché, il séduira une marquise fantasque et recevra Napoléon en grande pompe.

Autoportrait, conte philosophique, Le Baron perché est une éblouissante invention littéraire, où Côme circule au milieu des yeuses comme Calvino dans les lignes.



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Critiques, Analyses & Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
Lolokili20 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Carrément perché c'est certain, le jeune baron du Rondeau se réfugia un jour parmi les branches d'un chêne du domaine familial, en guise de protestation contre les injonctions parentales. Puis les nuits succéderont aux jours, les ormes aux yeuses ou aux figuiers, et plus jamais le baron ne redescendra de son fabuleux territoire sylvestre.
Ainsi au fil des années suivrons-nous l'existence imaginaire et poétique de ce doux excentrique, peuplée de rencontres et de péripéties extravagantes, toujours perchée entre rêve et réalité.
Conte écolo avant la mode, roman d'évasion délicieusement burlesque, cette oeuvre originale en dit sans doute beaucoup sur son auteur et la distance particulière de son regard sur le monde.
« Eh bien… peut-être que je vis dans les arbres » admettait-il, un peu rêveur, lors d'un entretien où on lui demandait s'il s'identifiait à son personnage. Séduisante philosophie en effet que de s'affranchir de certaines contraintes sociales, s'en remettre à celles de la nature et prendre un peu de hauteur pour contempler le monde…
Allez, je file sur mon ginkgo biloba moi.


Lien : http://www.ina.fr/video/I000..
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Cath36
Cath3629 juin 2013
  • Livres 4.00/5
Quand l'amour (qui comme chacun sait, donne des ailes) vous fait grimper aux arbres... et n'en redescendre que pour vous mettre (très momentanément) aux pieds de votre bien-aimée....
Entre conte philosophique et aventures à la Munchausen, ce livre admirablement écrit, se dévore d'un bout à l'autre. Sorte de Voltaire italien, Calvino met ici en valeur l'esprit des lumières, à travers l'histoire assez délirante d'un homme de la fin du XVIIIème qui, passé l'enfance, ne vivra plus que dans les arbres.
C'est d'ailleurs un très bel hommage aux arbres que ce livre ! On vole de branche en branche, de feuillage en feuillage, d'arbre en arbre, de saison en saison, et pour finir, on voit notre baron disparaître dans les airs, aussi mystérieusement que dans ses apparitions. Homme-oiseau, homme-mystère, héros quasi légendaire dans son pays, autant respecté que redouté, Côme finira comme il a vécu : au-dessus de la médiocrité et des pesanteurs terrestres.
Un très bon moment de lecture, aussi désopilant que suscitant des reflexions sur notre façon de vivre et sur notre rapport au monde.
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LiliGalipette
LiliGalipette29 novembre 2014
  • Livres 5.00/5
En signe de rébellion, le jeune Côme Laverse de Rondeau quitte un jour la table familiale pour grimper dans le grand chêne du domaine familial. Il décide désormais de vivre dans les arbres et n'en descendra plus jamais. « Toutes les branches des arbres sont mon territoire. Dis donc qu'ils viennent m'y pendre, s'ils le peuvent. » (p. 38) Si le voisinage considère d'abord d'un drôle d'oeil ce fils de baron qui joue les acrobates, il s'habitue peu à peu à voir Côme sauter d'arbre en arbre, surveiller les alentours du duché d'Ombreuse et faire montre de mille excentricités. « Un gentilhomme est un gentilhomme, monsieur mon père, aussi bien au sommet des arbres que sur terre. [...] Tant qu'il se conduit avec rectitude. » (p. 111) le jeune noble grandit dans les futaies et les frondaisons et sa fugue arboricole devient finalement un mode de vie parfaitement réglé. Il étudie les iques et les nouveautés, correspond avec les grands philosophes de l'époque, entreprend des travaux d'aménagement et aime comme peut aimer un homme. S'il a confié la direction du duché d'Ombreuse à son frère cadet, Côme garde la prestance naturelle des maîtres. « Je sais que lorsque j'ai plus d'idées que les autres, je donne mes idées, pour peu qu'on les accepte. Voilà ce que j'appelle commander. » (p. 197)
La littérature italienne est une des lacunes que je désespère de combler. Mais avec ce premier texte d'Italo Calvino, je ne doute pas d'avoir envie de continuer ma découverture des belles lettres de la Botte ! Que ce texte est plaisant et rafraichissant ! C'est tout à la fois une bouffée verte digne des plus belles fables écologiques et une réflexion humaniste sur les liens entre les hommes. À la manière d'un conteur des Lumières, Italo Calvino propose un personnage excentrique au regard de son environnement, mais dont l'excentricité tend finalement à la normalité en mettant en regard les déviances des comportements communément acceptés. Sans attendre, je me mets en quête du Vicomte pourfendu et du Chevalier inexistant, les deux autres volets de la trilogie Nos ancêtres élaborée par Calvino. Andiamo !
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GabyH
GabyH09 octobre 2013
  • Livres 3.00/5
Le Baron perché se situe à la lisière entre roman et conte philosophique. En tous cas, les références – plus ou moins cachées – à de grands maîtres de la philosophie sont nombreuses dans cet ouvrage d'Italo Calvino.
L'argument principal pourrait se résumer ainsi : si Socrate dispensait ses enseignements sous un arbre, Côme, lui, choisit de partir vivre dans les arbres et apprend, en autodidacte, à regarder les hommes et leurs vies avec plus de hauteur et de détachement. le Baron perché raconte l'itinéraire initiatique assez original d'un pré-adolescent, qui va découvrir la vie et se découvrir lui-même en observant ses congénères avec de la hauteur, au travers des branches des arbres, jusqu'à devenir un vieillard entêté et néanmoins idéaliste.
Le livre est construit non seulement à partir de références philosophiques mais c'est aussi une variation sur un thème bien connu de l'ethnologie, celui des jeunes garçons, qui, au moment de la préadolescence, ressentent le besoin, pour s'affirmer, de monter dans les arbres, d'escalader les murs, de grimper partout là où ils peuvent. Côme, le héros, âgé d'une douzaine d'années au début du roman, n'est donc qu'un idéal-type de l'adolescent moyen qui va cependant permettre de développer un conte philosophique, presque une utopie. Belle prouesse littéraire d'Italo Calvino !
C'est un roman jeunesse, agréable à lire pour les adultes, même si certains passages sont entendus, prévisibles. le ton est léger mais c'est en fait une réflexion très philosophique sur notre rapport aux autres, sur notre relation à la différence, à l'originalité, presque à la déviance, et à la nature aussi, érigée en écrin de ce conte philosophique.
Pour conclure, il me semble que c'est un livre à conseiller aux adolescents ou pré-adolescents. Agréable à lire pour les adultes mais qui perd sans doute un peu de sa saveur si on ne le lit pas avec des yeux d'enfants. le Baron perché reste néanmoins une bonne introduction à la lecture de Candide.
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Labyrinthiques
Labyrinthiques04 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Le baron per­ché est un de ces nom­breux livres dont j'ai tou­jours repoussé, depuis l'adolescence, la lec­ture à plus tard. Fina­le­ment, après la lec­ture de Fils Unique de Sté­phane Aude­guy, je me suis dit : tiens pour­quoi pas le baron per­ché ! c'est peut-être le moment de lire ce roman ? Et c'est vrai qu'il y a entre les deux romans, écrits à 49 ans d'intervalle, un fil conduc­teur ténu : il par­tagent en effet pas mal de points com­muns en pre­nant un angle et un ton com­plè­te­ment dif­fé­rents : la fra­ter­nité, la mar­gi­na­lité de ses pro­ta­go­nistes, l'idéal de liberté, la croyance dans le pro­grès, un cer­tain regard iro­nique sur leur société contem­po­raine… et j'ai trouvé très plai­sant, à les lire rap­pro­chés, de tis­ser des liens entre ces deux ouvrages.
Le baron per­ché est donc un conte phi­lo­so­phique et fan­tai­siste qui fait par­tie, avec le Vicomte pour­fendu et le che­va­lier inexis­tant d'une tri­lo­gie sur­nom­mée Nos ancêtres. Phi­lo­so­phique, car en arrière plan de cette lec­ture on voit le pro­fil de Can­dide ou l'ombre de Zadig (peut-être aussi celui de don Qui­chotte ou de Cyrano de Ber­ge­rac pour la ren­contre entre fan­tasque et phi­lo­so­phique), por­tant un regard cri­tique et iro­nique sur la société qui les entoure. Fan­tai­siste voire fan­tasque, parce que le pos­tu­lat de départ du roman ne se pré­oc­cupe pas d'une quel­conque vrai­sem­blance : c'est en quelque sorte à un jeu enfan­tin que nous invite le nar­ra­teur : “On dirait qu'un petit gar­çon mon­te­rait à un arbre et qu'il déci­de­rait de ne plus en des­cendre…”; un jeu auquel le lec­teur doit adhé­rer sans remettre en ques­tion le pos­tu­lat ini­tial sous peine de “rater” l'essentiel du roman.
Cosimo Pio­vasco di Rondò (dit Côme Laverse du Ron­deau en fran­çais je trouve dom­mage de tra­duire en sono­ri­tés fran­çaises un patro­nyme ita­lien, au risque de lui faire perdre sa natio­na­lité) est l'aîné d'une famille noble de la Ligu­rie (région ita­lienne voi­sine de la Pro­vence fran­çaise) et son ave­nir, comme celui de tous les aris­to­crates de son époque, paraît tout tracé. Cepen­dant, Cosimo, à l'âge de 12 ans, pré­texte d'un dif­fé­rend avec son père concer­nant un plat d'escargots et décide de mon­ter dans les arbres et de n'en plus jamais redes­cendre. Ce qu'il va tenir jusqu'au bout. C'est donc l'histoire d'une fugue qui va durer 53 ans. Une fugue jon­chée d'aventures extra­or­di­naires et impro­bables comme en rêvent les enfants quand ils atteignent l'âge où le monde des adultes leur pèse et qu'ils vou­draient choi­sir “autre chose”.
C'est qu'il s'en passe des choses, là-haut dans les arbres : on y découvre le monde sous un angle dif­fé­rent et de ce fait on s'affranchit de ses pré­ju­gés, pre­nant les choses de la vie avec un recul que ne nous per­met pas le plan­cher aux vaches. On y ren­contre toute sorte de gens : des ban­dits, des pirates, des jésuites, de jolies filles, et même Napo­léon ; on y apprend la vie comme en vrai : l'émancipation, la lec­ture, la rébel­lion, la cruauté, l'amour fou, la fra­ter­nité uni­ver­selle ; on y est déjà haut per­ché, mais cela ne suf­fit pas, il faut encore s'élever davan­tage : ima­gi­ner une société uto­piste d'hommes et de femmes vivants dans l'égalité parmi les branches, faire la révo­lu­tion, cla­mer son goût de la liberté mais aussi sup­por­ter le poids de son pesant fardeau…
Je ne m'étendrai pas ici sur l'aspect moral et phi­lo­so­phique de ce conte, ce point étant déjà lar­ge­ment com­menté par ailleurs (voir la biblio-ouèbo-graphie).
Le nar­ra­teur, ce témoin, cet imposteur
Extraits :
« Un bruit de branches remuées, et voilà Côme essouf­flé qui montre sa tête au milieu des feuilles, en haut d'un grand figuier. Elle [Vio­lette], sa cra­vache à la bouche, le dévi­sa­geait, le nez levé, puis dévi­sa­geait les autres, du même regard écra­sant. Côme n'y tint plus, hors d'haleine, il lâcha :
- Tu sais, depuis l'autre fois, je ne suis plus des­cendu des arbres !
Les exploits que fonde une obs­ti­na­tion toute inté­rieure doivent res­ter secrets ; pour peu qu'on les pro­clame ou qu'on s'en glo­ri­fie, ils semblent vains pri­vés de sens, deviennent mes­quins. A peine eut-il pro­noncé ces paroles que mon frère aurait voulu ne les avoir jamais dites ; tout lui devint indif­fé­rent ; il eut réel­le­ment envie de des­cendre et d'en finir. » p. 57
« Ombreuse n'existe plus. Quand je regarde le ciel vide, je me demande si elle a vrai­ment existé. Ces découpes de branches et de feuilles, ces bifur­ca­tions ; ce ciel dont on ne voyait que des écla­bous­sures ou des pans irré­gu­liers ; tout cela exis­tait peut-être seule­ment pour que mon frère y cir­cu­lât de son léger pas d'écureuil. C'était une bro­de­rie faite sur du néant, comme ce filet d'encre que je viens de lais­ser cou­ler, page après page, bourré de ratures, de ren­vois, de pâtés ner­veux, de taches, de lacunes, ce filet qui par­fois égrène de gros pépins clairs, par­fois se res­serre en signes minus­cules, en semis fins comme des points, tan­tôt revient sur lui-même, tan­tôt bifurque, tan­tôt assemble des gru­meaux de phrase sur lit de feuille ou de nuages, qui achoppe, qui recom­mence aus­si­tôt à s'entortiller et court, court, se déroule, pour enve­lop­per une der­nière grappe insen­sée de mots, d'idées de rêves — et c'est fini. Février 1957 » p. 283
Le récit de ce roman est rap­porté par le frère cadet de Cosimo. C'est donc tout l'inverse de Fils Unique où le frère “non-conforme” tente de réta­blir, par un contre-récit, la vérité sur sa propre exis­tence et sur le men­songe odieux de son frère cadet. Ici le frère cadet — l'enfant modèle, celui qui reste dans les canons confor­mistes de l'aristocratie, « cet homme posé, sans grands élans ni tour­ments, un père de famille, noble par sa nais­sance, libé­ral dans ses idées, res­pec­tueux des lois » — raconte les tri­bu­la­tions de son frère aîné avec, tour à tour, une pro­fonde admi­ra­tion, une jalou­sie qu'il a par­fois du mal à conte­nir, une incom­pré­hen­sion totale (jusqu'à le croire fou), etc.
Un autre baron, celui de Münchausen, interprété par Georges Neville dans la célèbre adaptation de Terry Gilliam qui fut un désastre commercial
Un autre baron, celui de Mün­chau­sen, inter­prété ici par Georges Neville dans la célèbre adap­ta­tion de Terry Gil­liam qui fut un désastre commercial
Le nar­ra­teur ne cesse d'ailleurs de s'entourer de pré­cau­tions ora­toires, comme s'il était sou­mis à une déon­to­lo­gie (ana­chro­nique) de jour­na­liste : il jus­ti­fie tout ce qu'il sait de son frère per­ché (duquel il est fina­le­ment le grand témoin absent de ses exploits) en pré­ci­sant que les récits qu'il rap­porte sont recom­po­sés à par­tir d'éléments grap­pillés soit de la bouche même de Cosimo, soit de per­sonnes ren­con­trées, soit des rumeurs qui cir­culent au vil­lage voi­sin, avouant même par­fois qu'il s'imagine que ça s'est passé comme il le raconte.
J'ai trouvé cet élément bien sin­gu­lier : Cal­vino aurait pu faire racon­ter l'histoire par Cosimo en per­sonne, par le biais de quelque jour­nal per­son­nel retrouvé ou autre tour de passe passe que les écri­vains connaissent bien et qui aurait pu col­ler avec la per­son­na­lité de Cosimo. Il n'en est rien. Car, comme le rap­pelle la pre­mière cita­tion, rela­ter par soi-même ses exploits n'est pas glo­rieux et por­teur de sens. On peut pas­ser pour un van­tard, voire un boni­men­teur. Ces “exploits” doivent alors être racon­tés à la 3e per­sonne : la prise en charge par ce frère qui l'observe au pied des arbres semble donc s'expliquer naturellement.
Mais cela va plus loin que cela car en fin de compte : de même que le Baron ne peut jouir de sa liberté, de son pro­jet fou, que par l'entremise, par la dépen­dance, le bon vou­loir et la for­tune de ce frère, de même le récit de ses aven­tures ne peut prendre corps que sous la plume de ce nar­ra­teur tapi à l'ombre de ces arbres.
C'est alors que le der­nier para­graphe plonge le lec­teur dans une grande per­plexité : et si tout cela n'avait jamais existé, si tout cela, Ombreuse, ces arbres, ce baron, si tout cela n'était qu'invention, si la gran­deur du royaume de Cosimo, cette forêt d'Yeuse, de chênes et de mar­ron­niers, si tout cela n'était en fait que que le reflet de l'épaisse forêt que formes les lignes, “la bro­de­rie” de ce roman… et si le nar­ra­teur n'était tout sim­ple­ment qu'un créa­teur d'histoires…
Grim­per aux arbres comme à un livre
Une autre chose m'a fina­le­ment beau­coup séduit : Et si cet acte de grim­per aux arbres n'était pas une manière dégui­sée de décrire l'acte de l'écrivain et par conta­mi­na­tion, celui du lecteur.
Moi, lec­teur je me sens comme Cosimo : je suis un jour monté dans un arbre qui s'appelait un livre, qui était de même matière — mélange de bois, de sève et de temps — et poussé par un sen­ti­ment d'ivresse, de liberté, de soif de connaître, j'ai décidé de ne plus en redes­cendre. Ainsi depuis je saute de page en page, de livre en livre en espé­rant ne plus jamais en descendre…
Pour conclure, le baron per­ché est une oeuvre drôle, avec plein de petits tiroirs d'où sortent des sou­rires, des clins d'oeil, une oeuvre ludique qui quelque part nous ramène à nos cabanes d'enfance ou à nos esca­pades dans les arbres… Au final je me dis que c'est une oeuvre qu'on a plus inté­rêt à lire quand on est adulte, quand le temps est loin où l'enfant que nous étions che­vau­chait les arbres et qui, contrai­re­ment au baron, a fini par redes­cendre de sa branche…
Lien : http://www.labyrinthiques.ne..
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
BenekiwiBenekiwi14 septembre 2016
Parvenu à un âge avancé, il profita pleinement de cette manière d'opérer: la forme des arbres vint alors en aide à ses forces déclinantes. Il a suffi que surviennent ensuite des générations sans discernement, imprévoyantes dans leur avidité, incapables de s'attacher à rien, pas même à leur intérêt bien compris, et tout désormais a changé; nul Côme désormais ne pourra plus cheminer dans les arbres.
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DidiliDidili13 septembre 2016
Pour ses livres, Côme construisit à différentes reprises des sortes de bibliothèques suspendues, qu'il mettait tant bien que mal à l'abri de la pluie et des rongeurs ; il les changeait continuellement de place, selon ses études et ses goûts du moment ; ils considéraient les livres un peu comme des oiseaux et ne voulait pas les voir immobilisés dans des cages.
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DidiliDidili13 septembre 2016
Les oliviers dans leur cheminement tortueux, offraient à Côme des routes faciles et unies : ce sont des arbres accueillants et, malgré la rudesse de leur écorce, amicaux pour qui y passe ou s'y veut arrêter. En revanche ils n'ont que peu de grosses branches et ne présentent guère de variété à explorer. Dans les figuiers, au contraire, il faut toujours vérifier la solidité du bois, mais on n'en a jamais fini de rôder. A l'abri de leur pavillon de feuilles, Côme voyait le soleil transparaître au travers des nervures, regardait les fruits verts se gonfler peu à peu, flairait la sève qui filtre à l'intérieur des pédoncules. Le figuier vous assimile, vous imprègne de sa gomme, du grondement de ses bourgeons ; Côme, après un moment, avait l'impression de devenir figue lui-même : il s sentait mal à son aise et s'en allait. On vit bien dans le dur mûrier ; dommage qu'il soit si rares. On peut en dire autant des noyers.
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AlzieAlzie03 octobre 2015
En somme, il s'était laissé gagner par la fièvre des conteurs qui jamais ne savent quelles histoires sont les plus belles : celles qu'ils ont réellement vécues et dont l'évocation ramène tout un océan d'heures passées, de sentiments délicats - félicités, dégoûts, incertitudes, vanités, écoeurement de soi-même ; ou bien celles qu'on invente, qu'on taille à larges pans, où tout semble facile, mais qui, au fur et à mesure qu'on brode, ramènent - inexorablement - à ce qu'on a vécu ou rencontré.
Chapitre 16, p. 223
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gwenlaotgwenlaot18 août 2010
A vrai dire, on nous avait déjà interdit de nous laisser glisser sur les rampes de marbre de l'escalier. Non de peur que nous nous cassions jambes ou bras - nos parents ne se soucièrent jamais de cela, si bien qu'effectivement nous ne nous cassâmes jamais rien - mais parce que, croissant en taille et en poids, nous risquions de renverser les statues d'ancêtres que notre père avait fait placer sur de petites colonnes surmontant les balustres, à chacun des paliers. Côme avait déjà fait dégringoler une fois un trisaïeul évêque, avec sa mitre et tout. Puni, il avait appris à freiner son élan un instant avant d'arriver au palier et à sauter en bas au moment précis où il allait cogner la statue.
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