> Maurice Javion (Traducteur)
> Roland Barthes (Préfacier, etc.)

ISBN : 2020490463
Éditeur : Editions du Seuil (2001)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 68 notes) Ajouter à mes livres
Un jour que Charlemagne passe en revue ses paladins, il fait une curieuse découverte : dans l'armure blanche d'Agilulfe Bertrandinet des Guildivernes, il n'y a personne. Agilulfe n'existe pas. Ce qui ne l'empêche pas de combattre, de veiller à la discipline, de commande... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par mireille.lefustec, le 23 mai 2012

    mireille.lefustec
    Quand aurait-il été possible de donner la vie à Agilulfo,le cavalier inexistant,sinon de nos jours,au coeur de la plus abstraite civilisation de masse ,dans laquelle la personne humaine est si souvent effacée derrière l'écran des fonctions,des attributions et des comportements pré-établis?
    Qui n'est pas plus semblable à un guerrier enfermé dans son armure que les milliers d'hommes enfermés dans leurs automobiles et qui les voient défiler sous leurs yeux de façon ininterrompue?
    Mais ce qui compte le plus ,c'est que "Le cavalier inexistant" se lit ,faisant abstraction de toutes les significations possibles , en se divertissant des Aventures de Agilulfo et de Gurdulu,de la fière amazone Bradamante et du jeune Rambaldo, du sombre Torrismondo...
    Parmi ces successions de trouvailles bouffonnes,de batailles et duels et naufrages, on ne tarde pas à reconnaître le ton habituel de Calvino ,sa morale active et son ironique et mélancolique réserve,son aspiration à une plénitude de vie,à une humanité totale.
    sources:Oscar Mondadori
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  • Par mireille.lefustec, le 22 mai 2012

    mireille.lefustec
    "Sur cette donnée insolite_(Agilulfe n'existe pas_)seront repris parodiquement,à un rythme endiablé,tous les thèmes de la chanson de geste,du roman courtois et de la quête du Graal. C'est la bataille à coups d'injures des chrétiens contre les maures et l'initiation décevante du niais jouvenceau,Raimbaut; ce sont les tendres,les explosifs sentiments de la paladine Bradamante, bien vainement éprise de la vide armure; c'est la quête anxieuse de Torrismond,né d'Aventures assez obscures entre sa mère et le saint Ordre du Graal; et c'est aussi le mystérieux contrepoint lyrique de soeur Théodora qui,dans la paix de son couvent,rédige la chronique de tant de merveilles."
    4è de couverture le Seuil,1962
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  • Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Ma première expérience avec Le chevalier inexistant a été sous la forme d'une pièce de théâtre complètement folle dans laquelle les acteurs portaient en guise de heaume des passoires en métal sur lesquelles étaient soudés des guidons de vélo pour en simuler le cimier. C'était génial.
    Au temps de Charlemagne, vivent les paladins. Pas ceux qui font des impositions des mains et qui sont équipés d'une épée vorpale, non, ce sont des paladins imposants qui accompagnent l'empereur à la guerre pour ne pas à avoir à supporter leurs femmes à la maison. Or tandis que Charlemagne passe en revue ses troupes, il croise le plus inflexible de ses paladins, qui répond au doux nom d'Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra. Ce brave chevalier a une particularité de taille : il n'existe pas. Son armure est vide, même si elle bouge et qu'une voix sort de son heaume. Et c'est le plus pénible des chevaliers, car il est bourré de valeurs chevaleresques et de vertus inflexibles.
    À ce personnage central s'ajoutent d'autres intervenants :
    - Gourdoulou (aussi appelé Martinzoust ou encore Martinbon, Bertinzoust, Pestanzoust, Jean Piffre ou Pierre Pignoche), le fou qui sert d'écuyer à Agilulfe.
    - Bradamante, la belle femme chevalier qui s'est tapée toute la chevalerie franque mais qui cherche le chevalier ultime qui saura la rendre captive d'amour.
    - Raimbaut, un jeune bachelier qui ne désire qu'une chose : venger son père qui a été occis par un infâme mahométan.
    Le tout prend la forme d'une courte fable burlesque (170 pages) racontée par une mystérieuse nonne qui narre comment tous ces personnages servent dans l'armée de Charlemagne et qui vont devoir partir en quête pour justifier le titre de chevalier d'Agilulfe. En effet, ce dernier a été adoubé après avoir sauvé une vierge des griffes d'une bande de gredins. Or des révélations surprenantes tendent à prouver que la belle n'était plus vraiment pure au moment des faits. S'ensuivent quiproquos, rencontres mystérieuses, voyages aventureux et moult rebondissements, le tout raconté par une nomme pas très catholique qui passe plus de temps à parler d'elle qu'à être fidèle au récit. En invité surprise, nous avons même droit aux chevaliers du graal.
    Italo Calvino se moque donc là des romans médiévaux en décrivant une armée de balourds. Un triangle amoureux sert de moteur à l'histoire qui est l'occasion de toucher à de multiples clichés médiévaux : la pureté des vierges, la réclusion des nonnes, le sauvetage d'une veuve en danger... C'est délicieux de cynisme tant Calvino s'amuse à dénaturer les valeurs de l'époque. On se dit bien évidemment que Calvino n'a rien inventé, que c'est une sorte de Sacré Graal à l'italienne. Et puis l'on regarde la date de parution de l'ouvrage : 1959. Ouach.
    Et qu'apprends-je ? Le chevalier inexistant n'est en fait que le 3ème tome d'une trilogie ? Aaaargh. À moi Le Vicomte pourfendu et Le baron perché. S'ils sont aussi amorales et drôles que le dernier volume, c'est un délice assuré.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/12/le-chevalier-inexistant.html
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 04 décembre 2008

    sentinelle
    Arrivé à hauteur de ses soldats, il est de tradition que chaque chef d'escadron se nomme et se découvrisse en relevant la visière du heaume devant leur roi. Mais lorsque Charlemagne s'arrête devant un chevalier à l'armure blanche, aussi immaculée qu'impeccable et sans la moindre éraflure, il est plutôt étonné que ce dernier se permette de se nommer sans se découvrir comme le veut la tradition. C'est qu' Agilulfe Edme Bertrandinet des Guidivernes et autres de Charpentas et Syra, chevalier de Sélympie Citérieure de Fez, le chevalier à l'armure blanche, n'est pas comme vous et moi : Agilulfe (faisons court) est tout simplement inexistant ! Il est mais il n'existe pas ! Son armure ne couvre qu'un corps absent, aussi vide à l'intérieur que rutilante en apparence. Il n'empêche, Agilulfe est, sans conteste, un soldat modèle et des plus valeureux, tellement parfait d'ailleurs que tous le trouvent franchement antipathique…
    Mais voilà-t-il pas qu'un jeune homme, Raimbaut de Roussillon, bachelier et fils du regretté marquis Gérard, surgit derrière une haie et se met à l'observer. Arrivé au camp le jour précédent, il veut livrer son premier combat pour venger son père, mort en héros sous les remparts de Séville, dans la bataille livrée contre ce chien galleux d'Emir Izoard. Pour ce faire, il demande conseil auprès du chevalier blanc…
    Conte à multiples facettes et niveaux d'interprétations, autant fable qu'allégorie à la symbolique très riche, burlesque mais néanmoins teinté d'amertume, « Le chevalier inexistant » présente une galerie de portraits qui ne manquent pas d'attraits, les chevaliers arthuriens parodiques à la conquête du graal n'étant qu'un exemple parmi tant d'autres présents dans le roman. Un conte à haute portée philosophique mais également un conte très agréable à lire et divertissant !
    « Le chevalier inexistant » fait partie d'une trilogie intitulée « Nos ancêtres », comprenant trois romans ou plutôt trois contes philosophiques : « Le Vicomte pourfendu » (1952), « Le baron perché » (1957) et « Le chevalier inexistant » (1959). Il n'est pas nécessaire de lire ces romans dans l'ordre d'apparition, chaque conte se composant d'une histoire totalement indépendante. Il n'en reste pas moins que ces trois contes composent une vision allégorique de l'identité et de la condition humaine, mâtinée de fantastique. Ces contes philosophiques sont également une sorte d'hommage à Voltaire et à l'esprit du XVIIIe siècle.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-25459070.html
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    • Livres 2.00/5
    Par petite_fleur, le 06 mars 2012

    petite_fleur
    Voici un conte qui revisite de manière bien étrange les récits médiévaux. le lecteur suit le récit d'une nonne, dont on ne comprendra le rôle qu'à la toute fin, réservant ainsi une surprise au lecteur peu habitué à ces retournements de situations dans ce type de récit. Et cette nonne nous conte les Aventures du chevalier Agilulfe, dont l'armure est vide. Il n'existe pas. Pourtant, il est très réel et, contrairement aux autres chevaliers de l'armée de Charlemagne, il est épris de perfection et de noblesse. Tous ses collègues ne dissimulent derrière leurs brillantes armures que rêves de gloire, argent, conquête féminine.
    Tous les motifs classiques de la littérature médiévale sont ici repris sur le ton de l'humour : celui qui brigue la perfection n'existe pas ; la jeune fille poursuit son preux chevalier de ses assiduités ; les champs de bataille ne sont que du grand n'importe quoi ; les nuits d'amour sont décrites avec précision…
    Alors oui, l'exercice de style est intéressant et ce petit conte se lit plaisamment et rapidement. Je n'ai rien de particulier à reprocher à ce récit, plutôt bien construit, avec humour d'ailleurs par l'auteur. Ceci dit, je n'ai pas été emballée plus que ça, je m'attendais à mieux. Je ne serais pas trop expliquer pourquoi : certaines fois, on passe simplement à côté de nos lectures, sans raison particulière.


    Lien : http://nourrituresentoutgenre.blogspot.com/2012/03/le-chevalier-inex..
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Citations et extraits

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  • Par mireille.lefustec, le 22 mai 2012

    Veille de départs,ce soir-là,au camp des Français.Agilulfe s'équipa méticuleusement et prit grand soin de sa monture. L'écuyer Gourdoulou empoigna au petit bonheur couvertures,étrilles,gamelles,en fit un énorme tas qui l'empêchait de voir dans quelle direction il allait,prit la route opposée à celle de son maître et s'en fut au galop,éparpillant en chemin tout son bagage.
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  • Par mireille.lefustec, le 22 mai 2012

    L'ordre de l'univers,en cet Age ancien où se déroule mon histoire,était encore plein de hasards.Plus d'une fois,il arrivait qu'on se trouvât mis en présence de vocables,de notions,d'institutions et de formes à quoi ne correspondait rien de réel;en revanche,le monde regorgeait de choses,d'énergies et d'êtres que rien ,pas même un nom ne différenciait du reste: bref une époque où la volonté opiniâtre d'être là,de marquer son passage,de se colleter avec tout ce qui existe,demeurait souvent sans emploi.
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  • Par mireille.lefustec, le 22 mai 2012

    Cette besogne des vautours est loin d'être chose simple. Sitôt que le combat tire à sa fin,les voilà qui descendent :seulement,le terrain est parsemé de corps vêtus de cuirasses d'acier contre lesquelles les becs des oiseaux de proie cognent,cognent en vain;pas moyen de faire brèche.
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  • Par mireille.lefustec, le 22 mai 2012

    Le moindre laisser-aller dans l'accomplissement du service donnait à Agilulfe une envie furieuse de tout contrôler,de surprendre négligences ou bévues dans le travail du voisin. Il ressentait une irritation douloureuse devant tout ce qui a été fait de travers,mal à propos.;;
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  • Par sentinelle, le 04 décembre 2008

    Sous les murs rouges de Paris, s'était déployée l'armée de France : Charlemagne devait passer les paladins en revue. Ils attendaient depuis trois grandes heures, dans la touffeur d'un après-midi de début d'été. Un peu couvert, nuageux ; on mitonnait dans les cuirasses, comme dans des marmites mises à cuire à feu doux. Peut-être bien que, dans cet alignement imperturbable de chevaliers, quelqu'un déjà s'était évanoui, ou simplement assoupi : de toute façon, l'armure les maintenait bien cambrés sur leur selle, tous pareils. Et soudain, trois sonneries de trompette ; dans l'air immobile, les plumails des cimiers tressaillirent comme au passage d'un vent coulis. D'un coup s'éteignit cette sorte de rumeur marine qu'on avait perçue jusque-là : ce n'était, bien sûr, que le ronflement des guerriers, assourdi par l'embouchure métallique des heaumes. Enfin ! Là-bas au fond, c'était lui, Charlemagne ! Il s'avançait sur un cheval qui semblait plus grand que nature, sa barbe étalée sur sa poitrine, ses mains posées sur le pommeau de la selle. Régner et guerroyer, guerroyer et régner, pas de trêve, pas de repos : il avait quelque peu vieilli, depuis la dernière fois où ses soldats l'avaient vu.
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"Les villes invisibles" d'après Italo Calvino Photographies et conception : Francesco Acerbis.








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