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Amers, tome 1 : Le Bréviaire du chaos0Ajouter à mes livres
Litanie inspirée, poème en prose d'une apocalypse imprévue, le Bréviaire du Chaos n'est, au fond, qu'une énumération d'évidences que, trop frivoles et trop lâches, nous n'osons plus regarder en face.
nous sommes ici bas les dupes de nos écorcheurs
et quand nous croyons obéir à Dieu, nous obéissons
à des hommes, des hommes qui nous mènent au
chaos et qui ne nous préservent de la mort, des
hommes ignorants, des hommes impuissants, mais
qui nous en imposent, au nom de ces traditions qu'ils
nous imposent. Car nos autorités ne savent rien, ne
peuvent rien, ne valent rien, ne nous évitent rien et ne
s'entendent plus qu'à nous bercer de menteries, à
seule fin de maintenir l'acquis des privilèges et de
perpétuer leur établissement.
Albert Caraco
Car la nature de ce monde est l'absolue indifférence et c'est encore le devoir du philosophe que de ressembler à la nature de ce monde, sans laisser d'être l'homme qu'il ne pourra cesser d'être : la cohérence, la mesure et l'objectivité sont à ce prix. Tous les problèmes seraient résolus par l'objectivité, la mesure et la cohérence, mais comme la plupart des hommes en sont incapables, tous les problèmes sont insolubles, la catastrophe est à jamais la seule école où les indignes recevront l'enseignement que la sottise et que la folie leur méritent.
Les villes, que nous habitons, sont les écoles de la mort, parce qu'elles sont inhumaines. Chacune est devenue le carrefour de la rumeur et du relent, chacune devenant un chaos d'édifices, où nous nous entassons par millions, en perdant nos raisons de vivre. Malheureux sans remède nous nous sentons bon gré mal gré engagés le long du labyrinthe de l'absurde et nous n'en sortirons que morts, car notre destinée est de multiplier toujours, à seule fin de périr innombrables.