ISBN : 2756009679
Éditeur : Delcourt (2008)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Extrême Nord du Groenland, 1897. Une fois de plus, l'Américain Robert Peary n'a pas réussi à planter son drapeau au pôle Nord malgré l'aide de ceux qu'on appelle encore les Esquimaux. Mais pour l'explorateur, pas question de rentrer les mains vides. L'idée lui vient alo... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 31 août 2011

    chocobogirl
    Il y a un mois, je vous parlais d'une bande dessinée sur l'histoire de Minik, le jeune inuit qui a été emmené avec d'autres membres de sa communauté en plein New York, par le commandant Peary. Ma lecture du Minik d'Hippolyte et de Marazano a donc été suivie de peu par l'album ici présent de Cruchaudet.
    Nous sommes au Groenland en 1897. le commandant Peary et ses hommes sont sur le départ pour retourner en Amérique. Les cales sont chargés de "souvenirs" à ramener de son expédition comme une énorme météorite qui devrait impressionner le muséum. Les questions du petit Minik au commandant vont entraîner un peu par hasard son départ avec sa famille pour ce pays qui lui semble si étrange qu'il ne croit pas à son existence. L'arrivée en Amérique et le quotidien qui les attend va être rude... Vous le savez déjà : sur les 5 inuits arrivés, seul le petit Minik survivra à la maladie contre lesquels ils n'étaient pas imunisés. Et c'est seul que Minik devra affronter cette nouvelle existence.
    Difficile de ne pas inscrire cette lecture dans un procédé de comparaison avec l'autre album.
    Ici Chloé Cruchaudet débute son récit au Groenland. On y découvre l'attitude un peu détestable de Peary qui semble ne chercher qu'un quelconque profit et remercie les locaux à coup de boites de conserves et d'aiguille à coudre alors qu'il se lance dans de grandes diatribes poétiques dans son journal personnel ! Mais c'est surtout l'occasion pour l'auteur de nous faire partager la vie quotidienne des inuits en pénétrant l'intimité de quelques uns. On y découvre leur générosité, leur timidité et leur maladresse face aux objets occidentaux. Y sera évoqué également les avis partagés qu'ils ont sur le commandant Peary, sorte de fou un peu têtu. L'arrivée à New York se révèlera assez traumatisante pour eux, assaillis par des milliers de curieux qui viennent les voir comme des animaux exotiques. Alors qu'ils se meurent peu à peu, Peary se préoccupe bien plus de l'argent que cette expédition peut lui revenir à coup de représentations, objets-souvenirs, etc... qui lui permettrait de repartir. On voit le jeune inuit grandir et s'intégrer comme il peut, jusqu'au jour où une découverte choquante réveille violence et désir de vengeance contre ce Peary qui ne tient pas ses promesses.
    Bien évidement, Peary comme d'autres américains sont ici montrés du doigt pour leur égoisme et leur racisme intrinsèque. Pour eux, les "esquimaux" sont juste des bêtes curieuses qui rapporteront quelque avantage financier ou dépayseront pour un temps les badauds locaux. Leurs sentiments sont totalement niés et la découverte fracassante du petit Minik le prouve bien.
    Pas grand chose à dire que je n'ai déjà dit pour l'album Minik. On retrouve la même trame et les mêmes dénonciations.
    Néanmoins, Chloé Cruchaudet choisit ici de débuter et de terminer son récit au Groenland. Elle évoque ainsi le retour de Minik sur sa terre natale et surtout l'impossibilité du garçon de se réadapter à son ancienne vie et à s'intégrer dans un nouveau groupe qui a tout oublié de lui et de sa famille. Voilà une perspective fort intéressante qui était absente de Minik et donne un nouvel éclairage à la destinée du jeune homme, plus tout à fait esquimau, ni tout à fait américain.
    Néanmoins, du fait qu'il fasse suite à ma lecture de Minik, je ne lui ai pas trouvé la force et l'impact que le premier album m'avait offert. La découverte de Minik qui va entraîner sa rébellion m'a, par exemple, semblé moins "choquante", moins forte : certainement que je m'y attendais déjà.
    Côté dessin, rien à redire ! le trait de Cruchaudet que je découvre est de grande qualité. Les tons sont majoritairement éteints et soulignent le froid de la banquise comme celui de New York. Elle intercale dans son récit des pages plus oniriques dans un style graphique différent plus coloré de genre naïf, comme des articles de journaux évoquant Peary ou Minik.
    Dans sa narration, elle réussit avec brio à relever les différences et les incompréhensions entre les 2 peuples. On trouvera par ailleurs une postface documentaire accompagnée de photos anciennes et d'une bibliographie.
    En conclusion, j'ai pris du plaisir à lire cet album qui tient d'une certaine façon au récit ethnographique en s'interrogent sur l'éthique de l'exploration et sur les difficultés d'intégration de différentes cultures, mais j'ai pour ma part une petite préférence pour le Minik qui, par ma découverte personnelle du sujet, par le parti-pris plus dramatique et poétique m'a emporté avec plus de force sur les pas du jeune inuit.
    Un album à découvrir dans tous les cas !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-groenland-manhattan-ch..
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  • Par keisha, le 19 octobre 2008

    keisha
    Des cinq déracinés arrivés à New York, seul Minik survivra ; son père et les autres décèderont, vraisemblablement de tuberculose. Minik est élevé dans la famille Wallace, dont il prendra le nom.
    Jusqu'au jour où, en visite au Muséum d'histoire naturelle, il aperçoit exposé dans une vitrine le squelette d'un esquimau ! Il apprend alors que les siens ne sont pas dans les tombes où il les croyait. Minik est effroyablement choqué. Scandale dans le pays.
    Par la suite Minik voudra retourner parmi les siens. Sans pervenir à s'y refaire une place.
    Figurez vous que c'est une histoire vraie ! le village de Minik n'existe plus, détruit par les américains en 1953 ; la population dut partir 150 kilomètres plus au nord, abandonnant tout. Quant aux quatre squelettes, ils furent expédiés dans le village... en 1993 .
    Cette histoire incroyable est racontée plutôt sobrement. J'ai bien aimé la façon dont l'incompréhension entre les deux civilisations est rendue, non sans humour, ainsi que la découverte de ce nouveau monde par Minik et ses compagnons . Les cinq "sauvages du nord" ont vraiment servi d'objets d'étude !
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 01 février 2012

    kathel
    Ce que j'ai aimé dans cette bande dessinée :
    - le choix des couleurs, entre le sombre et le pastel, des violets, prune, verts d'eau, bruns, rehaussés parfois de rouge, sans compter des blancs à peine colorés pour la banquise.
    - l'histoire touchante de Minik, rapporté à New York par Robert Peary pour l'édification des masses américaines qui se croyaient tellement supérieures aux Esquimaux.
    - la documentation très fouillée de Chloé Cruchaudet, qui a complété le livre par des photos et une postface de Delphine Deloget, réalisatrice du documentaire « Qui se souvient de Minik ? »
    - les vues de New York à la fin du XIXème siècle, du Museum d'histoire Naturelle, du Groenland, des bateaux à voile…

    Ce que je n'ai pas aimé : trois fois rien, concernant le graphisme, je trouve les expressions des visages un peu figées.
    Globalement, une très bonne bande dessinée, sur un sujet qui mérite d'être connu, et qui reste en mémoire.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-chloe-cruchaudet-groenla..
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    • Livres 4.00/5
    Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    MonsieurO
    Groenland Manhattan est un premier album signé Chloé Cruchaudet. l'‘histoire vraie de Minik, cet esquimau arraché à sa terre natale et ramené à New-York en 1897 par l ‘explorateur Robert Peary pour être « exposé » avec sa famille à la curiosité du public. Victimes de la tuberculose, ils décèderont les uns à la suite des autres. Minik est alors adopté par l ‘un des conservateurs du musée et vit la vie d ‘un jeune américain, jusqu ‘au jour où il découvre le squelette de son père, qu ‘il croyait enterré, exposé dans une vitrine du musée…
    Entre histoire et témoignage reconstitué, Chloé Cruchaudet parvient avec Groenland Manhattan, à rendre Minik à sa véritable histoire en comblant par la fiction l ‘espace laissé vaquant par le temps et la mémoire des « vainqueurs ». Elle donne ainsi corps à la détresse de cet éternel déraciné, victime de cette idéologie coloniale et raciste validée par la politique et la science, comme le rappelle dans la postface Delphine Deloget réalisatrice du documentaire : Qui se souvient de Minik ?

    Lien : http://monsieur-o.fr/2008/03/11/groenland-manhattan-chloe-cruchaudet..
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  • Par Bulle_Tine, le 20 mai 2011

    Bulle_Tine
    Un joli récit, surtout mis en valeur par les dessins magnifiques de Chloé Cruchaudet, tout en rondeur, finesse, nuances, poétiques et en même temps bien ancrés dans un récit difficile. L'histoire de ces Esquimaux propulsés dans la New-york urbanisée du 19e siècle, et vus comme des bêtes de foire est vraiment prenante.
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Critiques presse (1)


  • Du9 , le 14 juin 2011
    D’une certaine façon, Chloé Cruchaudet revient à la tradition du documentaire ethnographique comme voie d’accès privilégié à la culture Inuit. Elle le traite comme sujet, et dans sa démarche de documentation
    Lire la critique sur le site : Du9

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Citations et extraits

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  • Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    L ‘histoire de Minik pose avant l ‘heure les questions de la double culture et du sentiment d ‘appartenance. Elle parle aussi du deuil impossible et de blessures qui ne cicatriseront jamais. Condamné l ‘exil à vie, Minik Wallace porte dans son nom l ‘ambivalence de son identité.(…) Si le drame de Minik interroge aujourd ‘hui notre rapport à l ‘autre, il était à l ‘époque totalement ancré dans une idéologie coloniale et raciste validée par la politique et la science. En ce qui concerne la France, rappelons-nous les expositions coloniales, véritables zoos humains, ainsi que de la tragique histoire de la Vénus hottentote, cette femme africaine au bassin développé, qui fà»t exhibée dans les cirques au début du XIXè siècle. Toutes ces histoires hantent depuis deux siècles les couloirs des musées d ‘Europe et des États-Unis.

    Delphine Deloget
    Réalisatrice du documentaire : Qui se souvient de Minik ?
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Vidéo de Chloé Cruchaudet


IDA 1. Grandeur et humiliation (Bande annonce)
Bande annonce du 1er tome de la nouvelle série BD "IDA" par Chloé Cruchaudet. Sortie le 7 octobre 2009 aux Éditions Delcourt. Plus d'informations : www.editions-delcourt.fr








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