> Anne-Laure Tissut (Traducteur)

ISBN : 2742766588
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Professeur à l'université de Los Angeles, marié, père de famille et convaincu, à l'heure des funestes bilans de la quarantaine, de n'être qu'un loser, Théodore Larue est en route vers son suicide quand un camion heurte de plein fouet sa voiture et projette son corps à t... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 24 avril 2011

    horline
    Comme beaucoup d'auteurs américains, ce n'est pas l'écriture qui attire et retient l'attention chez Everett mais le récit, un récit porté par un regard corrosif sur la société américaine, un récit très efficace.
    Avec ce qui pourrait apparaître pour une fable fantastique, le roman nous plonge dans la vie rocambolesque de Ted Larue, un Jésus Christ des temps modernes. Un homme accidentellement tué puis ressuscité bien malgré lui suscite une hystérie collective mêlant pêle-mêle ferveur chez les uns, terreur chez les autres.
    Passé à une vie qui n'en est pas, il va se retrouver confronté à tous les excès d'une Amérique en manque de repères qui s'est corsetée dans une morale puritaine.
    Tantôt adulé comme le Messie tantôt craint comme le Démon, Ted vit diverses aventures comme autant de prises de conscience sur le sens de la vie. Des prises de conscience qui lui attribuent des qualités qu'une vie ordinaire dans la banlieue de Los Angeles n'aurait pu lui permettre d'y accéder…
    Bien sûr avec un tel destin, le héros ne pouvait se contenter de vivre une vie paisible de fantôme ou de « supravivant » pour l'éternité. S'il refuse sans cesse d'être assimilé au Christ, il se voit néanmoins lumineusement investi d'une mission dans le désert : comme tout ressuscité il se doit de sauver l'humanité, d'une moins une partie.
    Avec une écriture sans fioriture et des dialogues mordants, ce roman s'avère diablement efficace : on se laisse embarquer dans ce récit complètement loufoque, absurde avec quelques sourires. On observe de manière cocasse une société pleine de névroses. Bien qu'on discerne très vite une parabole de la rédemption, l'auteur parvient à garder une certaine fraicheur ; le récit demeure imprévisible, du moins pour une majeure partie de cette fable.
    Car, il n'en demeure pas moins que le récit apparaît mystérieusement inégal. La pointe d'acidité n'empêche pas l'auteur de ponctuer le récit de certains poncifs facilement identifiables dans les fictions américaines : une construction de la trame en quête de héros, un homme à la vie totalement banale et insipide transformé en un homme meilleur… peut être à interpréter comme une volonté de l'auteur de les dénoncer tant les dernières péripéties de la fin du roman sont farfelues et grotesques. Ce qui conviendrait parfaitement avec la dénonciation des excès de la société américaine tels que nous, européens, aimons lire.
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    • Livres 3.00/5
    Par Plouf_le_loup, le 18 mars 2012

    Plouf_le_loup
    Theodore Larue, professeur d'université un peu terne, époux vaguement minable et père transparent (du moins sont-ce ses impressions), est en route vers son suicide quand un accident de voiture le décapite. Propre, net et sans bavure, sa femme n'identifie que sa tête, bien à part du corps. Bref : selon toute vraisemblance, Ted Larue est mort. Mais pendant ses funérailles, il se redresse soudain dans son cercueil, se lève, se débrouille pour découdre les points qui lui ferment la bouche (en gardant bien entendu en place ceux qui relient grossièrement sa tête à son corps), et parle. Puis repart chez lui avec femme et enfants, au milieu d'une émeute... Est-il vivant ou mort ? Nous le saurons vite... Sans rien comprendre, car ce "détail" est le seul qui ne soit pas réaliste.

    A partir de ce début pour le moins original, Percival Everett nous emmène pour une petite balade dans le Désert américain... Désert au sens propre, à la frontière duquel se passera une partie de l'histoire... et surtout désert d'une culture à la dérive où chacun (en particulier profs d'université petits-esprits, journalistes déshumanisés, badauds moutonnants, fanatiques religieux illuminés, scientifiques cyniques qui ne le sont pas moins, militaires insignifiants) se fera égratigner d'autant plus cruellement que c'est avec un réalisme saisissant, pas du tout caricatural. On imagine en effet facilement l'effet que pourrait produire à tous échelons une telle résurection, dans notre société ou tout se sait plus vite que ne s'enflamme une traînée de poudre...

    La plume est drôle sans exagération, bien que deux scènes du début soient totalement échevelées et franchement désopilantes, le tout est ironique sans scalpel, acide sans méchanceté, le roman se lit en plusieurs couches, de la banale et distrayante histoire presque road movie à lire au premier degré pour le plaisir, au petit traité philosophique sur le sens de la vie et l'essence de la mort, sans prétention ni leçon d'aucune sorte. Un livre réjouissant qui se lit vite, avec simplicité et grand plaisir, et révèle un double fond intelligent et moins intello-inaccessible que je ne le craignais en empruntant un Percival Everett, auteur dont la réputation me faisait peur, à tort, bien qu'il la mérite manifestement... J'y reviendrai sûrement, faire du secouage philosophique de neurone de cette façon, c'est vraiment... trop mortel !
    (extraits sur mon blog)

    Lien : http://ploufetreplouf.over-blog.com/article-desert-american-de-perci..
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    • Livres 2.00/5
    Par clarinette, le 30 juin 2008

    clarinette
    Ted est sur le point de se suicider quand un camion lui rentre dedans, sa tête est arrachée. Puis elle est grossièrement recousue... Pendant les obsèques, il se redresse soudain et se lève de son cercueil. S'ensuit une série de péripéties aux cours desquelles il ouvre les yeux sur ses concitoyens et sur lui-même...Sa "résurrection" le rend en quelque sorte "extra-lucide" et Ted qui se voyait comme un raté de fait le bilan de sa vie passée et réfléchit sur sa vie de couple et de famille.
    Ce roman est une réflexion sur le sens de la vie et de la mort : à partir de quel moment est-on mort ? Comment la mort est perçue par la société ?
    Car Ted n'est ni vivant ni mort. Certains le prennent pour un Messie, d'autres pour le Diable en personne. C'est l'occasion pour Percival Everett de se moquer des sectes et fanatiques de tout poil...
    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-12101286.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 12 juillet 2010

    Chouchane
    Quand on lit en quatrième de couverture qu'il s'agit de l'histoire d'un professeur dépressif qui ressuscite après avoir été décapité on se demande ce que l'on va bien pouvoir trouver... Et c'est une réflexion philosophique déguisée en comédie avec des pointes d'ironie qui nous conduit à réfléchir la vanité de la vie, la peur de mourir et les erreurs de la civilisation face à cette peur. Notre Franckenstein à travers des aventures extravagantes nous conduit dans un monde qui a perdu ses repères et qui cherche à n'importe quel prix des réponses à ses angoisses. On s'attache à ce sympathique mort-vivant qui nous fait une critique en règle des dérives de la société américaine. C'est très incisif avec des trouvailles réjouissantes qui en font un moment de plaisir vraiment pas inutile et puis notre Ted, car c'est son nom, profite de sa mort pour devenir "Enfin" un homme respectable et c'est un beau spectacle de voir un humain devenir quelqu'un de bien.
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  • Par keisha, le 02 octobre 2011

    keisha
    "Vous êtes un ange?
    - Non, madame, je suis un scientifique."


    Après lecture de l'excellent Effacement, je savais que Percival Everett est un auteur qui mérite attention. Grâce à Kathel, ce Désert américain arriva entre mes mains.

    A l'heure des bilans de la quarantaine, lassé sans doute de sa carrière médiocre et d'une terne vie de famille, Theodore Larue décide de se suicider par noyade. Mais même cela, il le rate, puisqu'il est victime d'un accident de la circulation en se rendant au bord de la mer. Sa tête est séparée du corps (l'assistant du coroner "conclut au décès"), recousue à la va vite, et famille, amis, collègues assistent à l'enterrement, au cours duquel le "mort" se redresse dans son cercueil. Mort ? Pas mort?

    "La mort n'est qu'un point sans épaisseur sur la ligne du temps, une entité négligeable dénuée de sens, mais ce point renferme la totalité du savoir sur la vie."

    Évidemment les médias affluent, la vie familiale est bouleversée. Ted attire l'attention de fanatiques religieux plutôt givrés (par exemple l'Ordre céleste de l'adoration pyromantique de Ruach Elohim), de médecins, et de services de recherches ultra secrètes.

    Comme dans Effacement, dans un style impeccable, Everett s'en donne à coeur joie pour tracer le portrait d'une Amérique en proie à ses excès. Les situations frôlent le grand guignol sans jamais y tomber, et l'auteur réussit à rendre Ted et sa famille vraiment attachants. C'est drôle, caustique, mais aussi sans espoir pour Ted, homme ordinaire plongé dans une aventure extraordinaire.

    "Sa mort avait changé sa conception de la vie. Sa résurrection avait enrichi sa personnalité, le faisant accéder à une dimension jamais atteinte de son vivant. Sa vie après la mort l'avait de nouveau transformé. Il avait pris un virage mental, accepté sa condition exceptionnelle, compris, peu à peu, le sens de son immortalité et de son rôle. Son regard était différent, ...). Sa voix s'était adoucie, ses mots, mieux choisis, s'étaient faits plus rares."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-desert-americain..
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Le choeur entonna un chant intitulé, Ce chemin qui nous mène au Seigneur Jésus-Christ, Notre Sauveur, tandis que l'assemblée debout, missels ouverts, articulait des paroles en silence, et que s'échangeaient des regards stupéfaits. C'est alors, dans l'harmonieuse vibration de l'ultime amen, que Théodore Larue se redressa dans son cercueil. Un silence incompréhensible, quoique de courte durée se fit dans l'église. Emily Larue poussa un cri et, agrippant sa mère, tenta de se hisser dans ses bras, tandis que sur la bouche de Perry Larue se formaient en continu les syllabes "pa-pa". Gloria Larue s'évanouit mais resta figée debout, les yeux écarquillés. Sa soeur s'enfuit vers la porte, prit se grands pieds dans le tapis rouge presque au bout de l'allée et vint rouler aux pieds d'un aveugle, robe par dessus tête. Orville Orson se mit à lâcher des pets à répétition, le doyen à prier à voix haute. Dame Beowulf saisit dans son sac la bombe au poivre dont son fiancé lui avait fait cadeau. Face tournée vers le plafond de la Première Eglise chrétienne du Sang sacré et de l'Esprit éternel, Larville Cène leva les mains au ciel et se mit à crier, "Seigneur Jésus-Christ ! Seigneur Jésus, Mon Dieu ! Alléluia ! Un miracle dans mon église ! Dans ma maison de Dieu à moi ! Jésus ! Jésus ! Jésus !
    Puis la chorale à l'unisson se mit à clamer : "Jésus ! Jésus ! Jésus !"
    Parmi les clameurs, les cris et les pets, Ted Larue sortit de son cercueil et fit face à l'assemblée. Son pantalon s'étant trouvé être juste à la taille du sieur Sandre, il était nu à partir de la ceinture, ses organes décrivant devant lui un courbe élégante."
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  • Par kathel, le 01 mai 2010

    Emily fondit en larmes.
    Affligé de la voir plongée dans la peur et la confusion, Ted n’avait pas les idées plus claires, et il essayait en vain de reconstituer le fil des événements, dont ne lui restaient que la vision du camion s’approchant à vive allure et une sensation d’éclaboussure. D’après les lieux où il avait pris – ou plutôt recouvré – conscience, il comprit qu’on l’avait cru mort. Mais il lui était difficile de se faire à l’idée qu’il sortait de son propre enterrement. Il se toucha le tour du cou, sentit les coutures grossières qui tenaient sa tête en place, le fil lisse, les bourrelets gênants sous ses doigts.
    “Ma tête a été…” Il s’interrompit.
    — Complètement arrachée, confirma Gloria.
    — Aïe.”
    Le souci se lisait sur le visage de Gloria et des enfants.
    “Rien que l’idée, fit Ted.
    — J’ai dû identifier ta tête à la morgue, reprit Gloria, à nouveau submergée par le choc de ce souvenir récent. Elle se remit à pleurer, tout en poursuivant “Tu étais là, dans une coupe métallique, on m’a fait te regarder sur un téléviseur, tu avais les yeux fermés, mais la bouche ouverte comme si tu essayais de me dire quelque chose et puis, et puis…”
    Ted prit Gloria dans ses bras. “Je suis là maintenant. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais je suis là.” Se tournant vers les enfants, il leur toucha la tête, peut-être pour vérifier qu’elle tenait bien.
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  • Par Chouchane, le 12 juillet 2010

    Je voudrais ne pas avoir de bouche pour que mon silence ait autant de sens que mes paroles. Je voudrais qu'elles n'aient pas de sens,mais que tous puissent éprouver ce que je ressens mort, afin que la mort ne vous fasse plus peur.
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  • Par keisha, le 02 octobre 2011

    Sa mort avait changé sa conception de la vie. Sa résurrection avait enrichi sa personnalité, le faisant accéder à une dimension jamais atteinte de son vivant. Sa vie après la mort l'avait de nouveau transformé. Il avait pris un virage mental, accepté sa condition exceptionnelle, compris, peu à peu, le sens de son immortalité et de son rôle. Son regard était différent, ...). Sa voix s'était adoucie, ses mots, mieux choisis, s'étaient faits plus rares
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  • Par Chouchane, le 15 octobre 2010

    "D'où viens-tu petit ?"s'adressa-t-il à l'un d'eux. Il s'était toujours demandé s'il se sentirait un jour assez vieux pour dire ""petit"" à un étranger quelque contestable que fût cette pratique.
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Vidéo de Percival Everett

Percival Everett itw .
Entretien avec Percival Everett filmé au Publicis Drugstore (Paris 8ème) le 30 septembre 2008. Interview Isabelle Rabineau / Interprète Dominique Chevalier.Vidéo sous-titrée en français :http://www.dailymotion.com/video/x71nz3?subtitle=frArticle sur Percival Everett :http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/2015/








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