"Sylvia" inaugure la série policière des douze titres américains portant un prénom féminin. Howard Fast signe pour la première fois du pseudonyme d’E.-V. Cunningham. Il signe, par la même occasion, son meilleur roman policier, que l’on peut d’ailleurs préférer à ses plu... > voir plus
Un riche millionnaire doit bientôt épouser une femme beaucoup plus jeune que lui: Sylvia. Mais peu de temps avant le mariage il s'aperçoit qu'elle lui a menti sur beaucoup de choses et il ne sait plus si elle l'aime vraiment ou si elle en veut à son argent. Il embauche donc un détective pour enquêter et découvrir qui elle est vraiment. Pour ne pas soumettre le détective à la tentation et comme il n'est pas très romantique d'enquêter sur sa promise, le privé a interdiction de rencontrer la belle. Cela ne lui facilite pas la tâche, d'autant que Sylvia a de bonnes raisons de cacher qui elle est en réalité. Un très grand classique du roman policier qui mêle habilement suspense et romance.
(...) Fast a écrit un drôle de roman. C'est un polar qui débute de manière bien classique, par une enquête, et pourtant, pas de crime à élucider. Au fur et à mesure que l'on remonte dans le passé de Sylvia, l'empathie du lecteur s'accroît. Howard Fast dresse le portrait de cette femme étonnante, à la fois fragile et volontaire, par petites touches, s'appuyant seulement sur une foule de petits détails. Mais c'est surtout une très belle histoire d'amour, peu banale, toute en retenue et pudeur. Bien que ce récit se déroule dans les années 50, il demeure intemporel et pourrait tout aussi bien se passer de nos jours. Car finalement, cet envers du décor que nous dépeint l'auteur (Ah ce fameux rêve américain sans cesse égratigné...) est-il si différent aujourd'hui ? Pour certaines femmes ?
Je viens de terminer ce super polar. L'écriture est fluide, le sujet bien amené, l'intrigue se déroule tout au long des pages. J'ai beaucoup aimé. J'imagine bien le film qui pourrait en découler
Claudia
La plupart des gens se contentent de faire ce qu'ils ont toujours fait: aujourd'hui sera comme hier, et demain ça continuera. C'est comme ça pour moi. Je gagne un salaire de misère dans un sale boulot. Dès que j'ai un sou en poche, je peux refuser les tâches vraiment répugnantes et accepter celles qui le sont moins, et alors j'en conçois une certaine estime pour moi-même, aussi vaine et dépourvue de sens que tous les autres sentiments que j'éprouve. Et toujours, comme tous les gens de mon espèce, je rêve que l'impossible va se produire.
Quand un être éclate du besoin d'aimer et d'être aimer, si l'amour ne lui apporte que tristesse et désillusion, il repousse avec une aveugle violence le premier geste de bonté ou d'affection que l'on a pour lui.