Il est rare que je prenne la plume – façon de parler – pour dénigrer un livre que j'ai pris la peine d'acheter, et d'achever. Pourtant, la lecture d'
Arlis des forains m'a été bel et bien pénible.
J'ai acquis ce roman après avoir lu les deux recueils de nouvelles de
Mélanie Fazi, qui s'avère être une jeune auteure reconnue et appréciée. Ses compères ne tarissent pas d'éloges à son sujet, et je ne nie pas avoir été envoûtée par
Serpentine, voire d'avantage par
Notre-Dame-aux-Ecailles. Mais là n'est pas la question. «
Arlis des forains est un petit bijou. » me chuchotait la quatrième de couverture, or mon esprit critique me crie désormais tout le contraire.
Déçue par l'intrigue, par les personnages et par la Chute. le style de l'auteur, qui a su m'emballer lors de mes précédentes lectures, n'a fait ici que m'effleurer, sans réussir à m'enthousiasmer. J'avais, au contraire, l'impression de m'enliser dans la narration à mesure que je lisais. Pour un ouvrage au format de poche de 300 pages, le résultat s'avère quelque peu décevant.
Les personnages, quoique dépeints minutieusement, n'ont pas su éveiller ma sympathie : que ce soit la troupe de forains ou les deux jeunes héros. Ces deux derniers m'ont particulièrement frustrée. Arlis incarne l'orphelin par excellence. Agé d'une dizaine d'année, ce héros-là est réservé, tiraillé par son absence de repères, et une perpétuelle quête identitaire. Faith, la fille du pasteur de Bailey Creek, où se déroule l'histoire, est présentée comme une petite effrontée, qui n'a pas froid aux yeux et qui s'enivre de rites insolites au nez et à la barbe de son père.
Seulement voilà, la sauce ne prend pas. le personnage de l'orphelin est trop focalisé sur lui-même. La troupe des forains, qui est présentée comme sa seule famille, se délite au fur et à mesure, et les rares individus qu'Arlis apprécie sont décrits continuellement. Cela alourdit le récit, ralentit l'intrigue – et la lecture. Les personnages, à force de répétitions, deviennent inintéressants. L'auteur ne lésine pourtant pas sur le suspense, mais à force de trop tirer sur le fil narratif, celui-ci se détend. Et les évènements qui finissent par arriver ne comblent pas l'attente provoquée.
Le récit est mené à la première personne du singulier, à travers le point de vue d'un garçon de onze ans, et perd de sa force. de sa crédibilité. Ce n'est là qu'un point de vue subjectif, bien entendu mais Arlis, dont le nom m'avait charmée, n'a pas su me convaincre. Je suis restée sur ma fin, avec un goût d'inachevé.
L'histoire, malgré sa galerie de personnages, me paraît donc trop ambitieuse et inaboutie.