ISBN : 9782914704540
Éditeur : Jigal (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Ce matin-là, ça devait être un paisible départ en vacances, avec femme et enfants, vers le soleil de la Grèce. Mais quand le Juge ouvre le dossier de ce gamin retrouvé noyé dans les calanques, il a la terrible intuition que cela ne va pas être simple.

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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 28 janvier 2011

    Onclepaul
    Cela aurait pu n'être qu'un banal accident, la noyade d'un jeune homme dans les calanques de Marseille. du moins rien qui puisse empêcher le Juge de partir avec femme, enfants et bagages vers la Grèce pour des vacances organisées par Billie, son épouse. Pas de quoi l'enchanter le juge ces longs déplacements, mais il faut bien faire plaisir. Ce noyé le turlupine et le Juge a comme l'intuition qu'il pourrait bien s'agir d'un meurtre déguisé, mais ce n'est qu'un sentiment diffus, comme le flair inhérent de quelqu'un qui a l'habitude d'instruire des affaires pas catholiques. Avant sa virée hellène, il a toutefois le temps de recevoir les parents dans son cabinet, séparément, afin de pouvoir mieux analyser les réactions. le père est conseiller juridique, n'ayant qu'un seul client, l'entreprise de son beau-père, armateur international. La mère est effondrée, on le conçoit aisément. Elle est accompagnée de son père, un Argentin nommé Chaquiri. le petit doigt du juge lui conseille de ne rien négliger et surtout de ne pas classer le dossier sans suite. Alors il requiert les services d'un commissaire de police compétent mis au placard car considéré comme électron libre, donc dangereux pour certaines personnalités. Ne pouvant lui-même superviser l'enquête le policer délègue un de ses adjoints, Juston, qui ne manquera pas de s'atteler à la tâche avec conscience, et fournira ses rapports téléphoniques au Juge, durant le séjour de celui-ci près de la mer Egée.
    Quarante ans auparavant, dans un petit village grec, le jeune Apostolos parfait son éducation auprès d'un vieil instituteur déchu considéré comme gauchiste, pis comme communiste. D'où cette disgrâce. Car Spiros, son mentor, lui révèle les agissements tenus souvent secrets sur les déportations d'enfants en camps ou dans des pays comme la Roumanie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Des faits tus par le pouvoir en place. Il encourage toutefois Apostolos à continuer ses études dans la capitale. Un peu perdu dans cette grande ville et avec la paperasserie à fournir pour l'inscription à l'université, Apostolos trouve un soutien en la personne de la belle Marina, issue d'une famille bourgeoise, mais qui ne se reconnaît pas dans les opinions politiques familiales. Elle l'entraîne dans des réunions de lambrakistes, du nom d'un ministre prônant des idées démocratiques, ou gauchistes, et peu à peu ils se sentent attirés l'un par l'autre. Jusqu'à ce terrible jour du 21 avril 1967, jour où l'armée prend le pouvoir sous la férule de colonels soutenus par les Etats-Unis, et principalement la CIA.
    Ce qui rejoint ces deux fragments d'histoires, le lecteur le découvrira peu à peu, dans ce roman construit comme un mille-feuille. Un roman qui dépasse le cadre strict du polar dans lequel il est confiné par le nom de la collection dans laquelle il est édité. Il s'agit plus d'un roman noir historique, à l'instar de ceux écrits par Didier Daeninckx comme Meurtres pour mémoire et tous ceux qui se sont engouffrés dans ces brèches de l'Histoire dédaignées par les médias. Souvent le rôle joué par les Etats-Unis, et plus précisément par la CIA, dans l'ingérence des affaires politiques de pays étrangers, européens, africains et autres, a été dénoncé, principalement dans des romans d'espionnage (de même que celui de l'URSS, mais décrit par des auteurs de sensibilité politique différente), mais il est bon de continuer à dénoncer ses agissements, même si l'influence de cet organisme tend à s'estomper. du moins on aimerait le croire. A cela s'ajoute une histoire d'amour entre deux jeunes gens épris de liberté, de justice, et la vision d'un juge d'instruction français sur ces événements. Car il faut savoir qu'André Fortin, tout comme son narrateur, est lui-même juge d'instruction, et juge pour enfant. Il sait ce dont il parle, ou plutôt écrit. Et outre cette plongée dans le temps, on ne peut s'empêcher de lorgner du côté de la justice française et des tentatives qui sont effectuées pour la bâillonner, ou du moins l'assujettir. Ce qui n'est pas bon dans un pays qui se dit le chantre des droits de l'homme. Mais n'ais-je pas tout compris de l'actualité.


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  • Par fuligineuse, le 01 juillet 2009

    fuligineuse
    Un (autre) été grec
    Voici une lecture d'été, un polar méditerranéen : Un été grec, par André Fortin. Il nous vient de Marseille, ville faste qui nous a donné beaucoup d'auteurs de polar éminents, je pense au regretté Jean-Claude Izzo, et aujourd'hui à Del Pappas. Pour moi, cette lecture aura été particulière pour deux raisons, d'abord parce qu'elle se situe dans le cadre de l'opération « Masse critique » du site Babelio (le principe : on vous offre un livre, vous en faites la critique) et ensuite en raison de mes liens de longue date avec la Grèce – je n'avais évidemment pas choisi ce titre au hasard.
    Pour en finir avec le titre, justement, l'auteur précise en exergue qu'il « fait volontairement référence à celui, presque éponyme, de Jacques Lacarrière, ce grand helléniste mais aussi amoureux de la Grèce moderne, ce qui ne va pas forcément de pair. » (Je suis d'accord.)
    Le roman se présente comme un récit à la première personne, en chapitres alternés. D'un côté, un juge d'instruction – anonyme mais marseillais – qui se prépare à un paisible départ en vacances, avec femme et enfants, vers le soleil de la Grèce. Au dernier moment, un dossier dérangeant, la mort suspecte d'un adolescent retrouvé noyé dans les calanques, arrive sur son bureau, et le Juge se rend compte très vite qu'il ne pourra pas en faire abstraction, même en vacances.
    De l'autre côté, en contrepoint, une histoire tragique qui s'est passée quarante ans plus tôt à Athènes. A l'aube du 21 avril 1967, Marina et Apostolos, jeunes étudiants révoltés, s'aiment fougueusement alors que les chars investissent la ville et que la junte prend le pouvoir. L'engrenage des années a fait son œuvre, les bourreaux sont morts, les illusions perdues, mais pour le Juge le doute subsiste encore… Ce n'est qu'à son retour à Marseille qu'il pourra « boucler » l'enquête et que le lien – prévisible mais non explicite – entre les deux récits parallèles apparaîtra.
    Cela se lit aisément et assez plaisamment. du côté positif, il y a la bonne connaissance que l'auteur a de l'histoire de la Grèce contemporaine, la période du régime dit « des colonels » mais aussi les deux décennies précédentes, l'immédiat après-guerre, la guerre civile et toute leur incidence sur la politique grecque et sur la vie des gens dans ce pays. Evidemment, j'étais malicieusement à l'affût mais je n'ai pas trouve de bourde majeure : ce n'est tout de même pas bien grave si l'auteur prend le tsipouro pour un apéritif anisé (c'est du marc de raisin). Quelques détails sont improbables quand on connaît la mentalité grecque (par exemple : le fait qu'Apostolos n'ait jamais adressé la parole au taulier de la taverne où son groupe se réunit…). Mais ce n'est pas péché mortel. Une page très réussie : la confession finale d'Apostolos.
    C'est sans doute hautement subjectif mais je trouve moins efficace toute la partie « française » de l'histoire, l'épouse du Juge qui me semble peu crédible, ses enfants (Jules et Jim…) totalement caricaturaux. le problème avec le polar en général et celui-là en particulier, c'est que ce genre littéraire (n'en déplaise à quelques grincheux, c'est un genre littéraire) exige une approche réaliste des choses, et donc un niveau suffisant de crédibilité.
    Pas grand-chose à dire sur le style – si ce n'est que l'auteur abuse des points d'exclamation… Au total : un livre sympathique, sans plus.


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    • Livres 4.00/5
    Par paule, le 19 juin 2009

    paule
    Est-ce un banal accident ? La noyade d'un jeune garçon dans les calanques de Marseille inquiète ce juge d'instruction, lui-même père de deux ados qu'il ne comprend pas toujours. au moment de partir avec femme, enfants et bagages vers la Grèce.
    Avant son voyage à Athènes, il reçoit les parents dans son cabinet, afin de pouvoir mieux analyser; le père est conseiller juridique, n'ayant pour seul client l'entreprise de son beau-père, armateur international. La mère est accompagnée de son père, un Argentin nommé Chaquiri un peu trouble. L'intuition, le doute: noyade ou meurtre ?
    Le juge ne néglige rien et surtout prend la décision de ne pas classer le dossier sans suite; Juston son associé qui ne manquera pas de s'atteler à la tâche avec conscience, fournira ses rapports téléphoniques au Juge, durant le séjour de celui-ci près de la mer Egée. De Marseille à Athènes les vacances en famille risque d'être bien mouvementée d'autant plus que d'informations en informations le puzzle se constitue car toute l'histoire se passe en Grèce:...

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Vidéo de André Fortin

Pitié pour Constance du Juge André Fortin .
© JigalOn ne présente plus le juge André FORTIN qui nous a habitués avec ses derniers polars à ses « coups de pied » dans la fourmilière? Aujourd'hui, avec ce roman, et en allant fouiller du côté de l'ultra-gauche et de quelques affaires récentes, ce n'est plus un coup de pied qu'il nous assène mais un coup de tonnerre ! UN ROMAN PASSIONNANT.








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