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Par meyeleb, le 19/05/2012
Sourates de
Jacques Lacarrière
A présent je voyage pour désapprendre. Me déprendre de moi. Non plus être gravide mais me remplir de vide. Idiot qui, tant d'années, a cru te mieux connaître en rencontrant les étrangers alors que le seul but avouable du voyage est de devenir l'étranger de soi-même!
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Par meyeleb, le 19/05/2012
Sourates de
Jacques Lacarrière
Sourates est donc le résultat de cette écoute, menée sans aucun préalable, a priori, interdit ni censure. Menée à partir de mes réflexions personnelles mais aussi de la présence des choses et des paroles les plus infimes. Car là, dans l'abîme du minuscule, réside aussi le mystère des voix.
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Par meyeleb, le 19/05/2012
Sourates de
Jacques Lacarrière
Enfant, je voulais déjà inventorier toutes les fleurs, toutes les plantes de mon jardin. En surveiller les moindres insectes. Dénombrer l'infini en somme, le grouillement, énumérer la multitude, apurer la profusion des choses. Il m'est resté de cette époque un goût microscopique pour le monde, la passion de l'infime, le désir de devenir un jour le géographe des brindilles.
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Par meyeleb, le 19/05/2012
Sourates de
Jacques Lacarrière
Ici, aube et crépuscule n'ont rien de brutal, de soudain. On ne passe du jour à la nuit, de la nuit au jour qu'après un lent rituel d'irisations, de chatoiements, ordonné comme un sacre d'anges. Des milliers d'ailes transparentes se mettent à brasser l'aube et le soir se feuillette comme les pages d'un livre de lumière qu'encrerait peu à peu l'approche de la nuit.
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Par nadejda, le 27/03/2011
Sourates de
Jacques Lacarrière
Un anachorète qui vivait autrefois dans le désert d'Egypte et dont la vie ascétique exemplaire attirait de nombreux visiteurs, vit venir à lui un jeune moine tout impatient qui lui demanda : " Maître, apprends-moi comment sauver mon âme et gagner mon salut." L'anachorète l'examina puis lui dit : "Avant que je t'enseigne, va d'abord t'installer là-bas, au pied de la colline que tu vois et comptes-en les grains de sable. Après tu reviendras." Le disciple ne revint jamais.
Egypte ou Bourgogne, sable ou herbe, on trouve toujours autour de soi de quoi occuper son besoin d'infini. Nous parlerons plus tard de l'Egypte et du sable. Puisqu'elle est à ma porte, devant ma fenêtre, commençons par cette colline et commençons par l'herbe. Car, autant le redire pour que tout cela soit clair, tant que je ne connaîtrai pas l'herbe de cette colline, il me parait vain, stérile et inutile d'aller ruminer le monde.
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Par meyeleb, le 28/04/2012
Poussiere du monde (la) de
Jacques Lacarrière
Seuls les derniers, c'est-à-dire les Amants, ayant franchi les quatre stades de leur avancement et les quarante degrés de leur initiation (chaque stade ayant dix degrés) pouvaient se prévaloir d'avoir congédié en eux toute traces d'égoïsme, de possession, d'orgueil, d'enfermement dans les fausses certitudes du coeur et de l'esprit, et surtout de tout sentiment d'appartenance à une confrérie. Ils devenaient alors véritablement les Amants et ils pouvaient alors rencontrer Dieu par la seule maîtrise d'eux-mêmes puisque Dieu, pour Haci Bektas, ne réside nulle part ailleurs qu'en nous-même. Voilà pourquoi, parti de l'homme, le chemin d'affranchissement, d'épanouissement revient à l'homme.
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Par balooo, le 08/06/2010
Les Gnostiques de
Jacques Lacarrière
À dix-huit siècles de distance, la parole et l'exemple des gnostiques demeurent toujours aussi décapants. Avec ses tueries absurdes, ses violences quotidiennes, ses programmes d'abrutissement collectif, le monde d'aujourd'hui légitime au plus haut point le refus absolu que lui opposaient déjà ces lointains rebelles. Pour eux, une création pareillement ratée ne peut être le produit que d'un Dieu méchant, un Dieu ennemi de l'homme. "Viscéralement, impérieusement, irrémissiblement, note Lacarrière, le gnostique ressent la vie, la pensée, le devenir humain et planétaire comme une œuvre manquée, limitée, viciée dans ses structures les plus intimes. (...) Mais cette critique radicale de toute la création s'accompagne d'une certitude tout aussi radicale, qui la suppose et la sous-tend : à savoir qu'il existe en l'homme quelque chose qui échappe à la malédiction de ce monde, un feu, une étincelle, une lumière issue du vrai Dieu, lointain, inaccessible, étranger à l'ordre pervers de l'univers réel, et que la tâche de l'homme est de tenter, en s'arrachant aux sortilèges et aux illusions du réel, de regagner sa patrie perdue, de retrouver l'unité première et le royaume de ce Dieu inconnu, méconnu par toutes les religions antérieures."
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Par nadejda, le 27/03/2011
Sourates de
Jacques Lacarrière
Sur le rebord de ma terrasse, on a déposé sur des feuilles une figue tout embuée de rosée. Je froisse ces feuilles entre mes doigts --- senteur inoubliable d'aube renouée --- je froisse ces feuilles et je me dis : pourquoi ce monde finirait-il ?
Pourquoi ce monde devrait-il finir ? A notre échelle d'homme, s'entend, et non à celle de l'univers. Nous ne sommes que le derme le plus récent de la Durée, la pelure la plus frêle du Temps.
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Par Gaufredi, le 19/02/2012
L'Eté grec de
Jacques Lacarrière
Athos est une survivance, une parcelle de Byzance enclose en notre époque. Et le monde des vivants y reproduit avec tant de rigueur celui des morts et des ancêtres que les moines donnent parfois l'impression d'être des icônes animées, des silhouettes d'autrefois égarées dans notre présent. Oui, c'est bien une sorte de miroir invisible qu'on franchit en traversant le golfe de Longos au bout duquel tremblent ce mont et ce monde des ombres. Cette fixité, cette pérennité du temps d'Athos n'est pas une impression romantique ou forcée.
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L'Eté grec de
Jacques Lacarrière
Delphes était vide abandonné, livré à tous les fantômes de l’histoire