Par Hélène Frédérick

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Verticales 2010
ISBN : 2070127818  
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Munich, 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre, reçoit du peintre Oskar Kokoschka une étrange commande : fabriquer une poupée grandeur nature à l’image exacte d’Alma Malher, sa maîtresse perdue. Tandis que la marionnette prend corps, sa conceptrice note dans un cahier le trouble que lui inspire cette folle entreprise. D’autant que les exigences du « maître » ne semblent connaître aucune limite… Mais au fil de ce journal intime, l’obsédante créature de chiffon cède bientôt la place à l’autoportrait d’une artiste bohème dans une société allemande entre débâcle et révolution. Et la jeune femme qui se dessine alors, modeste et iconoclaste, solitaire et émancipée, nous entraîne dans le libre dédale de ses désirs les plus insoupçonnés. S’inspirant d’une histoire authentique, La poupée de Kokoschka réinvente sa version secrètement féminine au moyen d’une langue émotive et concrète. Une fiction qui interroge, dans l’acte de création comme dans le pacte amoureux, la monstruosité de tout fantasme de possession.

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Critiques et avis sur La poupée de Kokoschka


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    • Livres 4.00/5
    Par cbougeau, 2010-03-06 18:15:55

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    Allemagne, 1918, Le peintre Oskar Kokoschka blessé dans sa chair et dans son cœur commande une poupée grandeur nature à l’image de sa maîtresse perdue, Alma Mahler (veuve du célèbre compositeur Gustav). Hermine Moos, costumière de théâtre à Munich et qui fabrique des marionnettes est engagé par K pour réaliser cet incroyable objet de désir.



    Enfermée dans son atelier, troublée par cette commande, Hermine écrit un journal intime. Sommée d’abandonner toutes activités, elle commence son œuvre à partir des dessins, des écrits et commentaires de K. Petit à petit elle passe sous son l’emprise de K à la fois maître, Pygmalion, client, mais encore … " Vous me demandez d’engendrer une femme à l’image d’Alma Mahler doublée de mon image qui pourra satisfaire vos envies inavouables … " Nous l’accompagnions dans son quotidien douloureux, de rationnement, de faim, évoquant les difficultés qu'elle a à trouver les matériaux pour " son fétiche "alors que Kokoschka tarde à lui payer ses avances. Malgré ce qu’elle dit, Hermine n’est pas imperméable au discourt de Kokoschka, elle s’identifie à la "Femme silencieuse", nuit et jour dans une passion créatrice elle soigne la "Femme murmure ", elle plie sous les exigences troublante du maître - rendre la forme crânienne " plus semblable à une tête de chat " -, -mon maître voudrait pouvoir ouvrir la bouche –



    Ce texte, à l’écriture parfois surprenante est inspiré et entrecoupé de lettres authentiques, Je l’ai lu en prenant mon temps, en appréhendant de voir arriver la dernière page, signe de la fin de l’histoire. Hélène Frédérick a bien eu raison de prendre le parti d’Hermine et de nous la présenter. Hermine, personnage de l'hombre, ô combien attachante et troublante.

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    • Livres 4.00/5
    Par melusine1701, 2010-02-10 10:34:34

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    Nous sommes à Munich, en 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre et créatrice de marionnettes, ouvre un journal pour raconter le projet dans lequel elle se lance: le célèbre peintre Oskar Kokoschka lui demande de créer une poupée grandeur nature à l'effigie de la maîtresse qu'il a perdue. Recherche des matériaux, compréhension des désirs fous du maître à travers les croquis qu'il lui fait parvenir, de la nature de celle qu'elle est censée représenter, isolement entre les quatre murs de l'atelier, faim et dénuement d'une guerre qui n'en finit pas, mais aussi fascination pour celui qu'elle sert et pour le travail qu'il lui demande, Hermine consigne tout ceci. Tiraillée entre l'idée d'être indispensable pour combler les désirs du maître et celle de disparaître derrière l'obsession qu'il a pour sa "femme silencieuse", elle finit par s'identifier à celle qu'elle doit créer, suivant les exigences de plus en plus surprenantes du peintre.



    Ce qui me gène dans les romans d'introspection, c'est que l'action s'y fait souvent rare. Ici, heureusement, la construction progressive de la poupée sert de fil rouge. Très étrange, ces pensées de la costumière: jamais elle ne s'explique, le cahier n'est pas là pour ça: elle jette sur le papier ses impressions, ses souvenirs d'une vie de fille de joie qui semble la hanter, ses inquiétudes concernant son ami Heinrich et ses activités révolutionnaires, son enthousiasme devant ses poupées et marionnettes qu'elle multiplie et qui l'isolent du monde extérieur. J'ai surtout apprécié ce décalage entre l'onirisme décadent de cette créatrice qui relève à la fois de Prométhée, Frankenstein et Pygmalion, et la réalité matérielle qui affleure en permanence, depuis les matériaux utilisés jusqu'à la faim ressentie, en passant par l'actualité politique viennoise ou encore l'attitude émancipée voire féministe de la narratrice. L'écriture a néanmoins de quoi dérouter et surprendre, malgré une langue d'une grande qualité: c'est une lecture qui prend du temps.



    Petit bémol cependant: les différents chapitres sont entrecoupés de textes authentiques apparemment de ou adressés à Kokoschka. Mais comme il n'y a aucune indication à ce sujet, je n'ai pas tout compris, surtout que chacun de ces extraits sont surmonté d'une phrase en allemand et que je n'ai pas l'honneur de parler dans la langue de Goethe. Une petite note aurait été bienvenue pour ne pas se sentir trop exclue...

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2010/02/10/16852186.html
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    • Livres 3.00/5
    Par lependu, 2010-02-08 09:46:29

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    Voilà comment je tenterais de vendre la poupée de Kokoschka, si on me demandait de le faire : je mettrais en avant la figure du peintre viennois (que nous avions découvert avec grand plaisir avec l'expo du Grand Palais). Je parlerais du portrait très délicat d'Hermine Moos, petite couturière de théâtre et femme libre de la bohème munichoise de l'époque, chargée de la plus étrange des missions : créer un mannequin grandeur nature de l'amour perdu du peintre, Alma Mahler. J'évoquerais l'atmosphère trouble de l'époque, l'automne 1918, le rationnement, les rumeurs de révolutions et de violence. J'insisterais sur la finesse de l'univers créé par l'auteure : les rêveries et changements d'humeur de l'héroïne, ses relations toutes en nuances avec Heinrich, son amant mime, avec sa chère petite soeur, avec les hommes qu'elle croise, ceux à qui elle se donne contre un peu d'argent ou de nourriture, ceux qu'elle fascine parce qu'elle se refuse à eux. Avec la poupée, enfin, dont la fabrication devient une obsession.

    (lire la suite sur mon blog :http://lependu.blogspot.com/2010/02/la-poupee-de-kokoshka-helene-frederick.html)



    Lien : http://lependu.blogspot.com/2010/02/la-poupee-de-kokoshka-helene-fre..
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Citations et extraits de La poupée de Kokoschka


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  • Par melusine1701, 2010-02-10 10:35:12

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    Je suis la seule à manipuler l’absence, à devoir en faire quelque chose, à devoir la façonner pou ressusciter ce qui ne peut plus être vivant, faute de l’avoir jamais été. En dehors de cette tâche, et même à travers elle, je n’existe pas. K m’écrit pour adresser quelques chimères de plus à sa propre folie. Il m’écrit pour se surprendre lui-même. Il m’écrit sa lubie pour flatter son extravagance.
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  • Par melusine1701, 2010-02-10 10:35:22

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    Je ne suis pas dieu. Si jamais il y en a un, il n’y en a probablement pas deux.
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