ISBN : 2070127818
Éditeur : Verticales (2010)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Munich, 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre, reçoit du peintre Oskar Kokoschka une étrange commande : fabriquer une poupée grandeur nature à l’image exacte d’Alma Malher, sa maîtresse perdue. Tandis que la marionnette prend corps, sa conceptrice note dans un cahie... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cbougeau, le 06 mars 2010

    cbougeau
    Allemagne, 1918, le peintre Oskar Kokoschka blessé dans sa chair et dans son cœur commande une poupée grandeur nature à l'image de sa maîtresse perdue, Alma Mahler (veuve du célèbre compositeur Gustav). Hermine Moos, costumière de théâtre à Munich et qui fabrique des marionnettes est engagé par K pour réaliser cet incroyable objet de désir.
    Enfermée dans son atelier, troublée par cette commande, Hermine écrit un journal intime. Sommée d'abandonner toutes activités, elle commence son œuvre à partir des dessins, des écrits et commentaires de K. Petit à petit elle passe sous son l'emprise de K à la fois maître, Pygmalion, client, mais encore … " Vous me demandez d'engendrer une femme à l'image d'Alma Mahler doublée de mon image qui pourra satisfaire vos envies inavouables … " Nous l'accompagnions dans son quotidien douloureux, de rationnement, de faim, évoquant les difficultés qu'elle a à trouver les matériaux pour " son fétiche "alors que Kokoschka tarde à lui payer ses avances. Malgré ce qu'elle dit, Hermine n'est pas imperméable au discourt de Kokoschka, elle s'identifie à la "Femme silencieuse", nuit et jour dans une passion créatrice elle soigne la "Femme murmure ", elle plie sous les exigences troublante du maître - rendre la forme crânienne " plus semblable à une tête de chat " -, -mon maître voudrait pouvoir ouvrir la bouche –
    Ce texte, à l'écriture parfois surprenante est inspiré et entrecoupé de lettres authentiques, Je l'ai lu en prenant mon temps, en appréhendant de voir arriver la dernière page, signe de la fin de l'histoire. Hélène Frédérick a bien eu raison de prendre le parti d'Hermine et de nous la présenter. Hermine, personnage de l'hombre, ô combien attachante et troublante.
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    • Livres 4.00/5
    Par melusine1701, le 10 février 2010

    melusine1701
    Nous sommes à Munich, en 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre et créatrice de marionnettes, ouvre un journal pour raconter le projet dans lequel elle se lance: le célèbre peintre Oskar Kokoschka lui demande de créer une poupée grandeur nature à l'effigie de la maîtresse qu'il a perdue. Recherche des matériaux, compréhension des désirs fous du maître à travers les croquis qu'il lui fait parvenir, de la nature de celle qu'elle est censée représenter, isolement entre les quatre murs de l'atelier, faim et dénuement d'une guerre qui n'en finit pas, mais aussi fascination pour celui qu'elle sert et pour le travail qu'il lui demande, Hermine consigne tout ceci. Tiraillée entre l'idée d'être indispensable pour combler les désirs du maître et celle de disparaître derrière l'obsession qu'il a pour sa "femme silencieuse", elle finit par s'identifier à celle qu'elle doit créer, suivant les exigences de plus en plus surprenantes du peintre.
    Ce qui me gène dans les romans d'introspection, c'est que l'action s'y fait souvent rare. Ici, heureusement, la construction progressive de la poupée sert de fil rouge. Très étrange, ces pensées de la costumière: jamais elle ne s'explique, le cahier n'est pas là pour ça: elle jette sur le papier ses impressions, ses souvenirs d'une vie de fille de joie qui semble la hanter, ses inquiétudes concernant son ami Heinrich et ses activités révolutionnaires, son enthousiasme devant ses poupées et marionnettes qu'elle multiplie et qui l'isolent du monde extérieur. J'ai surtout apprécié ce décalage entre l'onirisme décadent de cette créatrice qui relève à la fois de Prométhée, Frankenstein et Pygmalion, et la réalité matérielle qui affleure en permanence, depuis les matériaux utilisés jusqu'à la faim ressentie, en passant par l'actualité politique viennoise ou encore l'attitude émancipée voire féministe de la narratrice. L'écriture a néanmoins de quoi dérouter et surprendre, malgré une langue d'une grande qualité: c'est une lecture qui prend du temps.
    Petit bémol cependant: les différents chapitres sont entrecoupés de textes authentiques apparemment de ou adressés à Kokoschka. Mais comme il n'y a aucune indication à ce sujet, je n'ai pas tout compris, surtout que chacun de ces extraits sont surmonté d'une phrase en allemand et que je n'ai pas l'honneur de parler dans la langue de Goethe. Une petite note aurait été bienvenue pour ne pas se sentir trop exclue...

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2010/02/10/16852186.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Pitchoubinou, le 28 avril 2010

    Pitchoubinou
    Une lecture assez troublante mais passionnante. Inspiré d'une histoire vraie, le désir fou d'un artiste de faire fabriquer une poupée grandeur nature représentant sa muse, son amante perdue. C'est Hermine Moos, costumière et marionnettiste qui est chargée de cette "étrange entreprise". Une jeune femme libre et solitaire, qui bientôt sera aussi soumise à l'artiste que la poupée qu'elle tente de créer. Un premier roman réussi et prometteur !
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    • Livres 3.00/5
    Par lependu, le 08 février 2010

    lependu
    Voilà comment je tenterais de vendre La poupée de Kokoschka, si on me demandait de le faire : je mettrais en avant la figure du peintre viennois (que nous avions découvert avec grand plaisir avec l'expo du Grand Palais). Je parlerais du portrait très délicat d'Hermine Moos, petite couturière de théâtre et femme libre de la bohème munichoise de l'époque, chargée de la plus étrange des missions : créer un mannequin grandeur nature de l'amour perdu du peintre, Alma Mahler. J'évoquerais l'atmosphère trouble de l'époque, l'automne 1918, le rationnement, les rumeurs de révolutions et de violence. J'insisterais sur la finesse de l'univers créé par l'auteure : les rêveries et changements d'humeur de l'héroïne, ses relations toutes en nuances avec Heinrich, son amant mime, avec sa chère petite soeur, avec les hommes qu'elle croise, ceux à qui elle se donne contre un peu d'argent ou de nourriture, ceux qu'elle fascine parce qu'elle se refuse à eux. Avec la poupée, enfin, dont la fabrication devient une obsession.
    (lire la suite sur mon blog :http://lependu.blogspot.com/2010/02/la-poupee-de-kokoshka-helene-frederick.html)


    Lien : http://lependu.blogspot.com/2010/02/la-poupee-de-kokoshka-helene-fre..
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    • Livres 5.00/5
    Par Anassete, le 15 janvier 2012

    Anassete
    Un très beau texte qui raconte une histoire malsaine et angoissante de façon légère et enjouée. On sent un véritable travail dans la psychologie d'Hermine et l'aspect du journal n'est pas du tout rébarbatif. Hélène Frédérick maîtrise parfaitement l'art de la narration : elle sait relancer l'intrigue alors qu'il se passe quasiment toujours la même chose.
    Une écriture très fine et juste qui touche à plusieurs thèmes à la fois. Un résumé du livre devient très difficile car il aborde à divers moments et avec plusieurs évolutions le féminisme, les phantasmes masculin et féminin, la prostitution en temps de guerre, la femme objet, le double l'affirmation de soi et la sexualité. Ce dernier n'est jamais le sujet principal de la narration mais il serpente plusieurs chapitres de façon peu ancrée. C'est toujours une mention supplémentaire, comme pour interpréter la scène autrement.

    Lien : http://anassete.blogspot.com/2011/12/la-poupee-de-kokoschka-dhelene...
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Citations et extraits

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  • Par melusine1701, le 10 février 2010

    Je suis la seule à manipuler l’absence, à devoir en faire quelque chose, à devoir la façonner pou ressusciter ce qui ne peut plus être vivant, faute de l’avoir jamais été. En dehors de cette tâche, et même à travers elle, je n’existe pas. K m’écrit pour adresser quelques chimères de plus à sa propre folie. Il m’écrit pour se surprendre lui-même. Il m’écrit sa lubie pour flatter son extravagance.
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  • Par melusine1701, le 10 février 2010

    Je ne suis pas dieu. Si jamais il y en a un, il n’y en a probablement pas deux.
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  • Par Ginettel, le 29 octobre 2010

    « Nous sommes tous sans exception des exilés de l'intérieur."
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