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ISBN : 2246288517
Éditeur : Grasset (1983)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un roman qui porte sur une période de soixante-dix ans n'est plus un roman mais {plusieurs}. Il commence par une nuit de noces en 1913, celle d'Hermine, une femme peintre qui connaîtra la célébrité. Il se poursuit par la naissance de sa fille Louise, en 1918, puis par l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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  • Par ManouParis, le 26 septembre 2014

    ManouParis
    Fille d'Hermine et d'Adrien, mais aussi un peu de Lou, Louise Morvan grandit dans l'ombre de deux mères fantasques et d'un père effacé. Adolescente complexée, rêvant de faire médecine, elle côtoie la bande des Infâmes avant de tomber éperdument amoureuse de Jean-Marie, qu'elle épouse. Veuve à moins de trente ans, elle rencontre un bel Américain au lendemain de la Libération mais épouse le très sérieux et égoïste Arnaud Castéjà. Il naît de cette union trois filles, aux personnalités bien différentes. Sa carrière évoluant au fil du temps, Louise débute comme secrétaire, puis devient journaliste et enfin écrivain. Mais quel regard porter sur elle-même aux trois quarts du chemin, à la soixantaine ?
    Ce bilan d'une vie, qui démarre en 1913 (la nuit de noce d'Hermine) et s'achève dans les années 70, est forcément l'oeuvre d'une grande dame. Benoîte Groult, dont j'admire le travail et la personnalité depuis quelques années déjà, est une de nos plus illustres féministes. Auteure du très célèbre Ainsi soit-elle, son courage à rappeler sans relâche le combat mené par les femmes pour la conquête de leur droit, comme celui inaliénable de disposer de leur corps, me touche profondément. Tout comme sa défense répétée et sans conditions de l'avortement. Aussi me suis-je plongée avec bonheur dans ce roman. Une semaine à vivre aux côtés de Louise, cette héroïne si humaine, si Femme, m'a vraiment enchantée. Car l'auteure est une exploratrice de l'âme humaine à la vision tellement précise et juste que cela en devient presque troublant. Il y a des passages entiers où l'on se reconnait, où l'on aperçoit l'ombre d'un homme aimé (le salaud, le flippé de l'engagement, l'obsédé du paraître, l'amant bienveillant...). Les émotions qui traversent Louise sont celles que toutes les femmes ressentent un jour ; l'amour, le désir, la jalousie, le deuil... Elle traite de la difficulté de s'accomplir en tant que femme ; à la fois comme épouse, amante, mère mais aussi salariée. Elle évoque le machisme de la société (qui n'a pas évolué autant qu'on aimerait nous le faire croire...), les rapports hommes/femmes, l'avortement, la pilule, la sexualité (même des séniors !).
    En écrivant la vie de son héroïne, Benoîte Groult nous parle des évolutions de la société, des combats qui ont été menés hier, qui seront à mener demain. Son écriture d'ailleurs, parlons-en ! Un vrai régal ! La langue est soutenue, expressive, foisonnante. Féminine ? Sûrement. J'ai refermé ce roman la tête pleine de questions. Sur le bonheur, l'accomplissement de soi, de ses rêves. Sur l'amour, sur le couple. Peut-être qu'une réponse est à chercher du côté de Louise : "Le bonheur, ce n'est peut-être pas la réussite, se disait Louise en nageant, suspendue sans poids dans l'eau transparente et se laissant pénétrer par la beauté calme de cet océan, de ce ciel ardent, de la côte où les champs pas encore moissonnés blondissaient au soleil. Ce n'est pas forcément l'amour fou, totalement partagé. C'est plutôt un amour indistinct pour la vie toute entière. C'est de s'accorder au monde, de ne pas rompre l'harmonie d'un paysage." . Je vous laisse faire sa connaissance...
    http://manoulivres.canalblog.com/archives/2014/09/25/30506093.html

    Lien : http://manoulivres.canalblog.com/
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  • Par PiertyM, le 30 septembre 2013

    PiertyM
    Une histoire de Louise, née d'une mère peintre, ambitieuse, elle s'est forgée une personnalité imposante. Ce que cette mère n'a su transmettre à sa fille, elle plus modeste, plus réfléchie, aucune ambition d'escalader les marches du succès. Elle veut simplement vivre. Que même le choix de son petit copain déplaît à Hermine sa mère... Jean-Marie, le petit ami, va souffrir de la tuberculose, une maladie incurable à l'époque....
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Citations et extraits

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  • Par claudine42, le 24 octobre 2014

    Chaque matin, je me lève comme si de rien n'était, pleine d'ardeur et d'amour pour la vie comme je me suis toujours levée, même aux pires jours, et puis je me croise dans la glace de ma salle de bain et c'est le choc :
    " C'est moi, ça ? " Certainement pas. Alors je change d'angle, j'arque les sourcils, je prends ma tête à miroirs, complètement falsifiée. Ah bon ! C'est mieux ainsi. Mais dans la journée, on rencontre toujours une glace imprévue, celle de la boucherie notamment. je ne sais pas pourquoi je suis toujours hideuse dans la glace de la boucherie ! Et c'est chaque fois le coup de matraque.
    J'ai fini par traverser la rue où la lumière est impitoyable pour éviter certaines vitrines et ménager mon moral. Je ne voulais pas la voir, cette femme là. De l'intérieur, je me sentais si formidablement jeune, ou disons
    sans âge, que je ne parvenais pas à intégrer ces disgrâces naissantes à mon image intime. J'ai une santé de fer, d'acier inoxydable et je n'ai mal nulle part sinon à ma cinquantaine. Il fallait donc agir, refuser ce vieillissement insidieux, lui intimer l'ordre de repasser dans dix ans.
    J'allais m'offrir une nouvelle tête.
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  • Par ladesiderienne, le 10 janvier 2013

    D'où l'obligation de préparer soi-même sa sortie avant que l'idée de la mort ne devienne trop angoissante. Je me suis donc affiliée à une association philanthropique mais non dénuée d'humour puisqu'elle a choisi de d'intituler "Exit" ! On ne saurait mieux résumer son programme. Ce club a pour but de fournir à ses adhérents une liste de trucs épatants pour quitter cette terre en douceur, sans risquer de faire sauter un immeuble en ouvrant le gaz ou d'être réduit à enjamber un rebord de fenêtre, avec l'affreux aléa d'y survivre, plus mal en point encore. La Providence est si contrariante !
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  • Par PiertyM, le 30 septembre 2013

    "Ma mère à moi m'a laissée me marier sans me poser une seule question sur mes sentiments et je n'avais que dix-huit ans. Cela n'a pas toujours été une réussité. Je n'en parle jamais mais je te le dis aujourd'hui: c'est dur d'être toujours la plus forte. et malgré les apparences, Je sais que toi aussi tu seras la plus forte dans ton couple. Ne crois pas que ça soit la meilleure place. pas tous les jours. Ne laisse pas s'installer les habitudes. Moi, j'ai eu Lou, heureusement.
    - Mais Adrien t'adore
    - Je l'adore aussi mais c'est faible. Et les faibles, ce sont eux qui vous bouffent, contrairement à ce que tu crois.
    - Mais je ne pense pas du tout que Jean-Marie soit un faible
    - Peut-être, mon chéri, mais il peut le devenir s'il te sent forte....
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  • Par sweetie, le 23 février 2014

    Dans la vie, les défaites sont bien plus riches que les victoires. Elles font réfléchir, évaluer, alors que le bonheur est souvent un statu quo.

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  • Par larcinagnes, le 10 avril 2013

    J'ai l'impression qu'il faut être tellement dure, simplement our ne pas être détruite. Après il reste à peine assez de force pour exister, pour devenir soi-même.

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Vidéo de Benoîte Groult

Annie Butor - Comment voulez-vous que j'oublie... Madeleine et Léo Ferré, 1950-1973 .
À l'occasion du Festival International Etonnants Voyageurs 2013, Annie Butor vous présente son ouvrage "Comment voulez-vous que j'oublie... Madeleine et Léo Ferré, 1950-1973" aux éditions Phébus. Préface de Benoîte Groult. http://www.mollat.com/livres/annie-butor-comment-voulez-vous-que-oublie-madeleine-leo-ferre-1950-1973-9782752909459.html Notes de Musique : "Pirates Of The Coast" by Black Bones (http://www.myspace.com/blackbonescom)








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