Mais qu'est ce qui a pris à
Anna Gavalda ?
574 pages d'un coup??? Elle qui nous habituait à une écriture simple et diluée, mais toujours trés fine. La voilà partie dans une aventure extraordiaire à la
Balzac.
Parce que oui, ce livre là "
Ensemble c'est tout", c'est preque du
Balzac (oui presque parce qu'il faut pas exagérer quand même, mon Honoré, c'est mon Honoré, irremplaçable le bougre).
Donc de quoi peut parler un si long roman intitulé, je le répète, "
Ensemble c'est tout" ?
Et bien il parle de solitude, de trouvaille, de resolitude et de retrouvaille. Il parle de la société (oui oui du balzac je vous dis), de riches, de pauvres, de terre à terre, d'artistique, de vieillesse et de jeunesse. C'est un peu le livre de la vie.
L'histoire sans trop en dévoiler, c'est celle d'un jeune kéké parisien, cuisinier de son état, qui soulève autant de filles que de casseroles.
C'est aussi l'histoire d'une jeune fille paumée, qui dessine trés bien mais fait des ménages pour survivre dans son taudis sous chauffé.
C'est l'histoire d'un jeune aristocrate en pleine démocratie, fier de sa famille et de sa France, mais sans grand talent personnel.
Et puis enfin, l'histoire d'une vieille dame qui sent la vie la fuir, et qui refuse de perdre sa dernière once de dignité.
Tous ces gens vont se retrouver dans cette histoire et nous montrer qu'à deux, trois, quatre ou cinq c'est toujours plus facile que seul.
Alors grande question existentielle du moment... La solitude est-elle une tare ?
La question se pose dans cette société qui nous habitue, depuis trés jeune à vivre avec un gand fantasme, celui de l'amour.
Oui mesdemoiselles et messieurs, ce n'est pas sûr que le grand amour existe malgré ce que nous rapportent les films à l'eau de rose et nos dessins animés d'antan, à grands renforts de princes charmants et de princesses esseulées.
Déjà, personnellement, je ne suis pas blond (or le prince, trés souvent il est blond), je monte trés mal à cheval (et oui le mythe de La Guiche est en train de tomber), et à l'épée, je pense être équivalent à
Jean Pierre Coffe en natation synchronisée c'est dire...
Donc moi pas prince et encore moins charmant. Pas crapaud non plus faut pas exagérer (surtout pas en photo apparement, merci Jennifer...).
Et me voilà donc déprimant, presque dépressif en croyant que jamais je ne pourrais vaincre des dragons sur mon beau destrier pour séduire la belle princesse prisonnière dans sa tour d'argent.
Sauf que quand j'y réfléchis bien, y a pas plus de belles princesses que de prince. Alors c'est quoi ces foutaises monsieur Walt Dysney? Déjà vous m'avez fait croire pendant longtemps que mon chien parlait et me comprenait, que les souris qui courraient dans mon garage vivaient dans les murs en préparant la robe de Cendrillon, que mes chats chantaient du jazz, bref que le monde était beau, rose et plein d'amour.
Peuhhhhhhhh merci du bobard!!!!!
Et moi depuis ce temps là, je cours, je cours, je cours, en tentant de rencontrer cette personne sans qui je ne pourrais me passer, celle qui d'un seul regard m'hypnotiserait, celle qui me ferait devenir prince.
Mais sans grand succés, il faut l'avouer.
Et voilà qu'
Anna Gavalda s'y met à son tour. Et le pire c'est que c'est tellement beau comme histoire, tellement bien écrit qu'on y croit.
Oui Anna a raison. Vivons notre vie en la partageant avec les autres, des gens qui nous ressemblent, des gens que l'on aime.
Tentons de créer un climat d'entente cordiale, de l'amitié, de l'amour même si le coeur nous en dit.
Mais voilà, ma solitude moi, elle me plait. Et puis comme je le disais, je n'ai pas rencontré beaucoup de personnes qui me fassent envisager une excursion dans leur vie quotidienne pour le reste du temps (déjà tentée, déjà pitoyable).
Mais alors me direz-vous, que serais-tu sans les autres???
Oui, je l'avoue. J'ai aussi besoin des autres. Je ne suis pas un reclu, je ne suis pas un ermite. J'ai besoin de vous public (oulah Franck Dubosc sors de mon corps s'il te plait), j'ai besoin de mes amis, de ma famille etc... Je vous fais pas un dessin.
Alors quoi? Seul, pas seul ? Des fois on se dit que la vie est tellement compliquée (et en ce moment je vous promet que la reflexion est intense dans ma petite tête par rapport à l'an prochain, Master 1 de droit pénal en poche, je fais quoi aprés???), que l'on voudrait qu'un grand cratère s'ouvre sous nos pieds et nous engloutisse tous en une seconde. Finies les questions, finis les doutes...
Oui mais non, parce que moi, avec ma chance habituelle, je serai le seul survivant sur terre. Je me vois déjà à six pieds sous terre, tentant de gratter la terre, ou le sable, ou les galets pour revenir à la surface. Et réussir à revenir à la surface (oui pas prince charmant, pas destrier, mais vaillant). Et là autour de moi, plus personne. le vide. Même pas un Mac do. L'enfer!!!!
Bon et moi je fais quoi dans ce nouveau monde, seul, sans personne.
Ben je me dis que j'ai été bien con, d'une part de survivre, et de deux de croire que j'aimais ma petite solitude.
Alors oui, c'est peut-être vrai, la seule chose qui puisse rendre une vie heureuse, c'est d'être
Ensemble, c'est tout.