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ISBN : 2290343714
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 5867 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes...
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..."
Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant el... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par jeranjou, le 01 février 2013

    jeranjou
    "Un chouan désarmé, une fée fragile et un garçon taillé dans l'échine"
    Ce livre, jadis dévoré par la gente féminine, trônait fièrement dans notre bibliothèque depuis plus de huit ans. Sur la couverture violette et blanche, des pinceaux attendaient tranquillement dans leur bocal qu'un bon samaritain veuille bien les sortir hors de l'eau un moment.
    Délaissant mes polars préférés pour quelques jours seulement, j'ouvris le manuscrit, quelque peu jauni par le temps, avec une certaine appréhension. Est-ce un roman à l'eau de rose uniquement écrit par une femme, pour les femmes ? N'est-il un peu tard, voire démodé de lire cet ouvrage datant tout de même de 2004 ? Vais-je retrouver un style pompeux et larmoyant aux antipodes de mes bons polars bien noirs et parfois même violents ?
    Eh bien, non… Rien de tout ça…
    Si Anna Galvalda avait sorti ce livre en 2013, il aurait fait un tabac ! Dans les journaux, à la radio, on vous explique qu'une femme avec son gosse est expulsée en plein hiver de sa chambre de 4 m², sous les combles, dans Paris. Quand l'actualité rattrape la fiction ! Malheureusement, le problème du logement, surtout en région parisienne, est encore plus criant aujourd'hui sachant que les jeunes restent les premiers touchés par la cherté de l'immobilier.
    Dès les premières pages de ce roman, l'excellent film « Les Femmes du 6ème étage » m'est revenu instantanément en mémoire. Ce long métrage de Philippe le Guay, avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain, dépeint la vie de bonnes espagnoles vivant au sixième étage d'un immeuble bourgeois parisien dans les années 60. Une vraie bonne découverte pour ceux qui ne l'ont pas encore vu.
    Mais revenons un instant à notre roman d'Anna Gavalda
    Un trio improbable, Camille, femme de ménage et artiste peintre, Philibert, vendeur de cartes postales et aristocrate fan d'Henry IV, Franck, cuisinier, saucier en chef et collectionneur de motos et de nanas. Durant plus de cinq cent pages, on apprend à connaitre nos trois protagonistes dans différents coins de la capitale ou de province : le métier de technicienne de surface, durant la nuit, dans les bureaux des tours de la Défense, les rendez-vous déprimant avec la mère de Camille, les aller-retour express de Frank le lundi pour rendre visite à sa grand-mère, les scènes de vie quotidiennes dans l'appartement de 400 m² dans Paris appartenant à la famille de Philibert Marquet de la Durbellière …
    J'ai adoré bon nombre d'épisodes de ce roman, racontés avec justesse et tendresse par l'auteur, et je souhaitais vous évoquer trois passages marquants :
    - le pique-nique improvisé par Philibert et Camille sous les combles, genre Pat et Mat, dessin animé tchèque pour les enfants, disponible dans toutes les médiathèques de France et de Navarre, même à Ancenis j'en suis sûr,
    - la journée du 31 décembre, somptueusement décrite par Camille, découvrant l'agitation en cuisine dans le restaurant de Frank et la difficulté du métier de cuisinier, quel que soit le poste,
    - ou encore les discussions interminables la nuit avant de dormir, où l'on se confie, comme jamais on ne le ferait à un autre moment de la journée.
    Selon le passé de chacun, ce livre fait remonter des souvenirs sur les joies, les peines ou les difficultés que l'on a rencontrées avec des proches ou de simples connaissances à un moment de notre vie. Qui plus est, Anna Gavalda a truffé cet ouvrage d'expressions ou de petits mots toujours justes et pleins d'humour.
    La seule critique, que je fais, tient au style du roman qui privilégie l'enchainement des scènes de vie, en tout lieu, à tout instant, en multipliant les dialogues sans forcément savoir qui prend la parole. Je trouve ainsi que l'écriture, par moments, est un peu décousue même si, paradoxalement, cette suite de dialogues percutants et drôles s'avère une force indéniable du livre.
    Pour conclure, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de ces personnages fragilisés, au bord du gouffre, qui se relèvent par des seules béquilles humaines, pourtant déjà chancelantes. Comme beaucoup de lecteurs ou de lectrices surement, le personnage de Camille m'a particulièrement touché, à la fois mystérieuse, indécise, cultivée et terriblement vulnérable. Anna Gavalda nous délivre un hymne à la quête du bonheur, parsemé d'obstacles psychologiques et physiques, surgissant parfois d'une enfance brisée, impossibles à franchir si on est seul contre tous.
    Pendant la semaine de lecture, j'ai pris plaisir à poster des expressions ou citations du livre, les plus craquantes les unes que les autres et je terminerai donc par la plus appréciée des lecteurs :
    «Elle feuilleta l'exemplaire de démonstration et fut reprise d'une crise d'admirationnite aigue. C'était si beau… si beau.
    […]
    Le léger déhanché d'une femme élégante vue de dos ?
    En n'employant rien d'autre qu'un peu de couleur noire ?
    Comment ce miracle était-il possible ?
    Plus les éléments employés sont purs, plus l'oeuvre est pure. En peinture, il y a deux moyens d'expression, la forme et la couleur. Plus les couleurs sont pures, plus pure est la beauté de l'oeuvre.»
    Camille
    '----------------------------------------------------------------------------------------'
    PS : la suite concerne mon avant-critique, éphémère par nature :
    En avant-première d' « Ensemble, c'est tout », un roman de 2004…
    Je suis toujours en train de lire ce roman d'Anna Gavalda et je suis traversé par un épineux dilemme. Comment choisir ? Comment trancher ? Je dirai même plus comment tailler à la hache dans tous ces... ?
    Effectivement, le gros, gros problème avec ce roman, c'est qu'il est un véritable piège à citations. A vrai dire, il est truffé de petites anecdotes, de drôleries ou de tendresses à croquer.
    Pour une fois, comme je ne veux et ne peux pas choisir, je vais inverser le processus classique comme le veut la tradition.
    Je vais poster mes citations dans un premier temps au compte-goutte pour ensuite seulement coller ma critique, une fois terminé ce roman. Cela rappellera quelques souvenirs aux très nombreux fans (surtout des fanes) de ce récit.
    Si la citation, jugée la meilleure selon le vote des babeliautes, n'est pas trop longue, celle-ci figura en bonne place dans le texte de ma critique à titre exceptionnel. A vos clics, partez…
    PS2 : je commence dès maintenant par un extrait du livre, bien loin de la caricature comme vous pourriez le penser, qui me rappelle une anecdote bien réelle. Durant mon service militaire (comme scientifique du contingent à l'époque), le premier jour, mon camarade de chambre sort son plumier et écrit avec une facilité déconcertante à la plume, en plein et délié je m'excuse, son nom à double particule (je me souviens parfaitement de son nom mais je préfère taire son titre de noblesse, par respect pour sa personne). Pour ne pas paraitre trop ridicule à coté de cette prouesse venue d'ailleurs (je ne m'en remettrai jamais, je crois), j'avais écrit instinctivement au stylo bille noir sur l'étiquette de mon lit : Jérôme … de Pontaniou (le lieu où nous résidions à l'époque, connu des bretons peut-être). Fièrement, j'ai été appelé ainsi durant près d'une année, à la suite d'une simple rébellion envers la noblesse française ! Incroyable mais véridique.
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    • Livres 5.00/5
    Par GribouilleLechat, le 08 juillet 2009

    GribouilleLechat
    Ca, c'est un livre que je ne suis pas prête d'oublier! Et pourtant, j'en lis des bouquins! Mais là, les 604 pages, je les ai lues en 2 jours et j'aurais voulu que ça ne se termine pas. Il m'a tout fait, je passais du rire aux larmes à tous moments, et ce n'est pas une façon de parler : j'ai vraiment ris tout fort et vraiment pleuré, souvent. Quand je pense que j'ai failli ne pas l'acheter car j'avais lu quelque part que c'était dégoulinant de bons sentiments, mièvre et tout et tout... Comme quoi, il ne faut pas se fier aux critiques et toujours se forger sa propre opinion.
    En tout cas, chapeau Mme Gavalda!
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    • Livres 4.00/5
    Par araucaria, le 05 juin 2012

    araucaria
    J'appréhendais un peu d'ouvrir ce livre, car c'est un gros pavé de plus de six cents pages. Mais, j'ai été enchantée par cette découverte. Ce roman est vraiment captivant, bien écrit. C'est l'histoire de quatre personnes dont la vie a été difficile, qui se rencontrent et qui sont la béquille des uns et des autres. Histoires d'amitiés donc. Beaucoup d'émotions dans ce roman et de très belles pages. A lire donc sans modération.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par LinaBouquine, le 23 juillet 2012

    LinaBouquine
    Ce livre me faisait de l'oeil depuis longtemps. Je n'en voyais que des avis positifs, et ma mère m'a convaincu de le lire car il lui avait vraiment plu. Pourtant je ne l'ai pas acheté, la quatrième de couverture ne me tentait pas trop, l'histoire ne me paraissait pas extraordinaire car en plus de ça, c'est un pavé ! Je n'avais pas vraiment envie d'investir dans un livre que je n'étais pas sûre d'aimer, d'autant plus que je n'ai jamais lu de livre d'Anna Gavalda. Alors quand je l'ai vu dans les rayons de ma médiathèque, autant dire que je me suis jetée dessus ! Et quel livre ! Quel chef d'oeuvre ! Je n'ai pas été déçue du tout.
    Je ne saurai pas raconter l'histoire, car il n'y en a pas vraiment. On va dire que c'est le destin de quatre personnes qui se croisent, qui se détruisent, s'aident, se détestent et s'aiment. Ce livre aborde des sujets fréquents : famille, amitié, solidarité, sentiments et amour qu'on refuse d'admettre. le récit est parfaitement mené, on ne s'ennuie pas une minute.
    Les quatre personnages principaux sont très attachants, et encore, le mot est faible.
    Camille, écorchée vive, pleine de doutes. Elle est un peu paumée, son travail ne l'enchante pas vraiment et elle voue un culte immense à sa passion : le dessin, la peinture. Elle s'interdit de ressentir des sentiments, elle est jeune et pourtant elle paraît blasé par la vie. Sa personnalité m'a touché, et je me suis sentie proche d'elle.
    Franck, grossier, blasé, qui croit avoir tout vécu. Il est cuisinier, et il semble n'aimer personne hormis Paulette sa grand-mère. C'est un homme à femmes, qui n'hésite pas à se servir d'elles pour assouvir ses besoins masculins. Pourtant, derrière cette carapace, nous découvrons un personnage plein de sensibilité, de peur et de questions, et c'est ce qui fait son charme bien qu'il nous agace parfois.
    Philibert, maladroit et gauche, rempli de rêves et d'espérance. Il bégaie, il s'habille et parle de façon « ringarde » mais on l'aime comme ça. Il est tellement bon, tellement gentil, on ne peut que l'apprécier, sans pour autant avoir pitié de lui. C'est ce que j'ai aimé dans ce personnage : ses défauts ne sont pas exagérés, tout est décrit avec justesse pour éviter au lecteur de s'apitoyer sur son sort. Nous découvrons aussi au fil de la lecture qu'il est heureux, et que c'est bien ça qui compte dans la vie : être heureux.
    Et puis, il y Paulette, mal-aimée et pleine de peurs. C'est une vieille dame placée en maison de retraite car elle est trop « faible », elle ne peut plus s'occuper d'elle et pourtant elle as un fort caractère sans passer pour une méchante. Elle veut vivre, elle veut aimer et passer ses derniers jours dans ce qu'elle a de plus cher au monde : son jardin.
    604 pages ? Même pas peur. On ne les voit pas filer, en quelques jours ce roman est avalé, dévoré, englouti. Tout ça parce-qu'on se demande où cette histoire va bien pouvoir nous mené, on se pose des questions même si on devine la fin, pas totalement, mais un petit peu.
    Le style d'écriture d'Anna Gavalda est absolument divin, plein de richesses, d'humour et d'originalité. Seul point négatif, bien qu'il soit minime : durant certains dialogues, nous avons du mal à savoir qui parle. le récit manque d'incises, et j'ai trouvé ça dommage.
    J'ai ris, j'ai pleuré, impossible de lâcher ce bouquin une fois qu'on l'a commencé. Je tire mon chapeau à Anna Gavalda, qui manie l'art des émotions avec un talent hors du commun. J'ai hâte de voir l'adaptation cinématographique, j'espère ne pas être déçue.
    Un pur délice, à lire obligatoirement, car au fond, ce n'est pas un livre, c'est une ôde à la vie.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 mai 2012

    carre
    C'est l'histoire de trois solitaires qui se rencontrent et qui vont s'apprivoiser, qui vont permettrent à chacun d'eux de trouver leur voix et s'épanouir. Enfin.
    Et pour le lecteur c'est d'un bonheur absolu. Un livre qui fait du bien. Gavalda est continuellement sur son filin des émotions et réussit, oh miracle a joindre le point A au point B, sans jamais tomber dans la mièvrerie ou le pathos. Elle aime ces personnages et nous le fait partager. Camille, Frank et Philibert vont trouver leur voix, chacun grâce à l'autre, chacun prenant le temps d'écouter, de comprendre, d'encourager. Un livre sur l'amitié, l'amour, la tolérance, sur les rêves qui le restent sans une petite aide du destin. Un livre qui vous réconcilie avec la vie, comme un oasis dans un désert d'égoisme. Ensemble c'est tout mais c'est beaucoup.
    Et n'hésitez pas à voir l'adaptation de Claude Berri, Canet, Tautou et Stocker sont formidables.
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Citations et extraits

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  • Par lostdaydreamer, le 01 août 2015

    « Ça sentait si bon à l'intérieur... L'odeur du cuir qui avait bien vécu... Tout était joli, je me souviens... Le cendrier en cristal, le miroir de courtoisie, les minuscules poignées pour descendre les vitres, l'intérieur de la boîte à gants, le bois... C'était comme un tapis volant. ‘Avec un peu de chance nous arriverons avant la nuit’ me promettait-il. Oui, c'était ce genre d'homme mon papa, un grand rêveur qui pouvait passer les vitesses d'une voiture sur cale pendant plusieurs heures et m'emmener au bout du monde dans un garage de banlieue... C'était un fou d'opéra aussi, alors nous écoutions Don Carlos, La Traviata, ou Les Noces de Figaro pendant le voyage. »
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  • Par lostdaydreamer, le 31 juillet 2015

    Un peu plus loin, elle vit le dernier album de Sempé. Elle défit son écharpe et la coinça avec son manteau entre ses jambes pour s'émerveiller plus confortablement. Elle tourna les pages lentement et, comme à chaque fois, elle eut les joues roses. Elle n'aimait rien tant que ce petit monde de grands rêveurs, la justesse du trait, les expressions des visages, les marquises des pavillons de banlieue, les parapluies des vieilles dames et l'infinie poésie des situations. Comment faisait-il ? Où trouvait-il tout cela ? Elle retrouva les cierges, les encensoirs et le grand autel baroque de sa petite bigote préférée. Cette fois, elle était assise au fond de l'église, tenait un téléphone portable et se retournait en mettant sa main devant sa bouche : « Allô, Marthe ? C'est Suzanne. Je suis à Sainte-Eulalie-de-la-Rédemption, tu veux que je demande quelque chose pour toi ? »
    Du miel.
    Quelques pages plus loin, un monsieur se retourna en l'entendant rire toute seule. Ce n'était rien pourtant, c'était une grosse dame qui s'adressait à un pâtissier en plein travail. Il avait une toque plissée, une mine vaguement désabusée et un petit bedon exquis. La dame disait : « Le temps a passé, j'ai refait ma vie, mais tu sais Roberto, je ne t'ai jamais oublié... » Et elle était coiffée d'un chapeau en forme de gâteau, une espèce de bavarois à la crème tout à fait semblable à ceux que le monsieur venait de confectionner...

    Il n'y avait presque rien, deux ou trois griffures d'encre et pourtant, on la voyait papillonner des cils avec une certaine langueur nostalgique, avec la cruelle nonchalance de celles qui se savent encore désirables... Petites Ava Gardner de Bois-Colombes, petites femmes fatales rincées au Rejécor...
    Six minuscules traits pour dire tout cela... Comment faisait-il ?

    Camille reposa cette merveille en songeant que le monde était séparé en deux catégories : ceux qui comprenaient les dessins de Sempé et ceux qui ne les comprenaient pas. Aussi naïve et manichéenne qu'elle pouvait paraître, cette théorie lui semblait tout à fait pertinente.
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  • Par lostdaydreamer, le 31 juillet 2015

    Il était près de vingt-deux heures. Les gens étaient élégants, ils trottinaient dans tous les sens les bras chargés de paquets. Les dames avaient déjà mal aux pieds dans leurs escarpins vernis, les enfants zigzaguaient entre les plots et les messieurs consultaient leurs agendas devant des interphones.

    Camille suivait tout cela avec amusement. Elle n'était pas pressée et fit la queue devant la devanture d'un traiteur chic pour s'offrir un bon dîner. Ou plutôt une bonne bouteille. Pour le reste, elle était bien embarrassée... Finalement, elle indiqua au vendeur un morceau de chèvre et deux petits pains aux noix. Bah... c'était surtout pour accompagner son pauillac...

    Elle déboucha sa bouteille et la posa non loin d'un radiateur pour la chambrer. Ensuite, ce fut son tour. Elle se fit couler un bain et y resta plus d'une heure, le nez au ras de l'eau brûlante. Elle se mit en pyjama, enfila de grosses chaussettes et choisit son pull préféré. Un cachemire hors de prix... Vestige d'une époque révolue... Elle déballa la chaîne de Franck, l'installa dans le salon, se prépara un plateau, éteignit toutes les lumières et se lova sous son édredon dans le vieux canapé.

    Elle survola le livret, le Nisi Dominus, c'était sur le deuxième CD. Bon, les Vêpres pour l'Ascension, ce n'était pas exactement la bonne messe et en plus, elle allait écouter les psaumes dans le désordre, c'était n'importe quoi...
    Oh, et puis quelle importance ?
    Quelle importance ?
    Elle appuya sur le bouton de la télécommande et ferma les yeux : elle était au paradis...
    Seule, dans cet appartement immense, un verre de nectar à la main, elle entendait la voix des anges.
    Même les pampilles du lustre en frémissaient d'aise.
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  • Par lostdaydreamer, le 01 août 2015

    — Pourquoi tu me laisses radoter ainsi ? Pourquoi tu t'intéresses à tout ça, toi ?
    — J'aime bien quand les gens ouvrent leur boîte...
    — Pourquoi ?
    — Je ne sais pas. C'est comme un autoportrait, non ? Un autoportrait avec des mots...

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  • Par lostdaydreamer, le 31 juillet 2015

    — [...] Moi j'en avais jamais vu des intellos avant vous deux, mais vous êtes bien comme l'idée que je m'en faisais...
    — Et c'était quoi ton idée ?
    Il agita les mains :
    — C'était : Piou, piou... Oh, les petits oiseaux et les jolis papillons ! Piou, piou qu'ils sont mignons... Vous reprendrez un chapitre mon cher ? Mais oui, mon cher, deux, même ! Ça m'évitera de redescendre... Oh ! non ! ne redescendez pas, ça pue trop en bas !
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