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Petit traité de la décroissance sereine1Ajouter à mes livres
" La décroissance n'est pas la croissance négative. Il conviendrait de parler d " a-croissance ", comme on parle d'athéisme. C'est d'ailleurs très précisément de l'abandon d'une foi ou d'une religion (celle de l'économie, du... > voir plus
Serge latouche est un économiste qui a déjà écrit plusieurs ouvrages sur la décroissance. Ce livre est un résumé qui répond aux questions qui lui sont régulièrement posées sur ce sujet qui fait polémique car souvent incompris ou mal interprèté.
La décroissance a pour idée principale d'abandonner l'objectif de la croissance illimitée, dont le moteur n'est autre que la recherche du profit par ceux qui détiennent le capital. Mais la décroissance n'est absolument pas la croissance négative. La décroissance est envisagée dans une ''société de décroissance", c'est à dire dans le cadre d'un système répondant à une autre logique.
Il donne un exemple de ce qui peut choquer les esprits aujourd'hui: des crevettes danoises vont se faire décortiquer au Maroc, pour revenir au Danemark, pour en repartir vers le lieu de commercialisation. Est-ce logique? Ou bien les langoustines écossaises s'expatrient en Thaïlande pour se faire décortiquer à la main dans une usine Findus, puis reviennent en Ecosse pour y être cuites et vendues.
L'auteur élabore une règle en R: Réévaluer, c'est à dire redonner aux choses leur vraie valeur, Reconceptualiser: ce changement de valeur entraine un nouveau regard sur le monde, comme la redéfinission des concepts de rrichesse et de pauvreté dans le monde; Restructurer, donc adapter l'appareil de production et les rapports sociaux en fonction du changement de valeur, Redistribution des richesses, entre le Nord et le Sud et Relocalisation pour produire localement, Réduire l'impact écologique
La recette de la décroissance s'applique à faire mieux avec moins, mais pas dans le sens de la rationalisation économique. Il est aussi possible d'oser la décroissance dans l'hémisphère sud, en enclenchant un principe vertueux, c'est à dire, en renouant avec des produits et des valeurs oubliés ou abandonnés liés au passé de ces pays.
Ces idées font actuellement débat, bien qu'elles ne soient pas si récentes que cela, l'auteur en retrace l'historique. J'ai retrouvé ce petit ouvrage instructif, il éclaire les idées dans un contexte économique difficile, et surtout il permet de faire le point sur tout ce qu'on entend à ce sujet, que l'on adhère ou non à ces idées.
Le mot d’ordre de la décroissance a surtout pour but de marquer fortement l’abandon de l’objectif de la croissance illimitée, objectif dont le moteur n’est autre que la recherche du profit par les détenteurs du capital avec des conséquences désastreuses pour l’environnement, donc pour l’humanité. Non seulement la société est réduite à n’être plus que l’instrument ou le moyen de la mécanique productive, mais l’homme lui-même tend à devenir le déchet d’un système qui vise à le rendre inutile et à se passer de lui. (p.20-21)
On peut synthétiser l'ensemble en un "cercle vertueux" en huit "R" : réévaluer, reconceptualiser, restructurer, redistribuer, relocaliser, réduire, réutiliser, recycler.