ISBN : 2915543038
Éditeur : L'oeil neuf éditions (2004)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer. Il n'est pas nécessairement bon nageur mais il sait naviguer. L'océan du savoir qui grise tous les savants, rend modeste le bibliothécaire. La bibliothèque est ce lieu indispensable où le savoir décante. Rega... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Morgouille, le 15 juin 2009

    Morgouille
    J'ai un avis très mitigé sur cet essai. Tout d'abord, je le trouve très bien construit. Heureusement d'ailleurs, parce qu'il est parfois facile de perdre le fil des idées de l'auteur ! Ce Livre a aussi une très grande qualité : il donne à réfléchir.

    La tolérance est une valeur qui me tient à cœur dans la vie de tous les jours et lorsque j'ai lu cet argument en faveur de La sagesse du Bibliothécaire, je me suis sentie subjuguée. Je n'y avais à vrai dire jamais vraiment pensé. Jusqu'ici, dans ma tête, le bibliothécaire choisissait les Livres de sa bibliothèque, point. Mais ce point de vue m'a ouvert encore un peu plus l'esprit et, si l'on renverse la chose, m'a également apporté une autre facette de la tolérance. Et lorsque Michel Melot va plus loin encore, en posant la question de la censure, il dit juste ce qu'il faut, tout devient logique et l'on se sent heureux de pouvoir se dire « Tiens, oui, c'est vrai… ! ». Il amène également de très beaux exemples, à l'image du lecteur à qui on a demandé s'il avait trouvé ce qu'il cherchait et qui répondit : « Je cherche ce que je trouve ».
    Cependant, j'ai trouvé dans cet essai beaucoup de choses dérangeantes. L'auteur est assez mystique ; il s'emporte facilement et part dans des extrapolations qui sortent du sujet principal. De ce fait, tout n'est pas compréhensible. Je pense notamment au deuxième chapitre sur l' « incomplétude heureuse ». J'ai eu beau le relire, il reste flou. Autre chose encore : lorsqu'il dit quelque chose de clair, il va parfois l'expliquer plus profondément et inversement, on trouve des affirmations sans explication qui laissent perplexe.

    Si dans l'ensemble, les arguments sont bons, ils ne sont pas tous très pertinents à mes yeux. L'auteur explique que le bibliothécaire est un gardien parce qu'aujourd'hui le Livre est perçu comme un objet qui force le respect, surtout en occident où tout Livre est sacré… Il me semble que le bibliothécaire n'a parfois pas besoin de raison pour être gardien des Livres de sa bibliothèque. Je pense que les bibliothécaires du monde entier veillent simplement sur leurs Livres. Lorsque j'essaie de me rappeler du Livre dans son entièreté, il me vient à l'esprit quelque chose de très théorique et subjectif de la part de l'auteur, quelque chose qui en pratique pourrait être contesté. Un chapitre en particulier m'a véritablement déplu : il s'agit du cinquième chapitre qui traite des bibliothèques dans le monde en faisant une comparaison entre les bibliothèques latines et les bibliothèques anglo-saxonnes. Cette confrontation me semble venir d'une généralisation absurde. Il est vrai par exemple que chez nous, les gens ont de la réticence à jeter un Livre à la poubelle et que nos bibliothèques regorgent souvent de vieilleries inutiles mais ce n'est pas pour autant que toutes les bibliothèques fonctionnent comme cela. Il existe quelques petites bibliothèques perdues dans la Province du Luxembourg qui vendent, comme en Angleterre, leurs vieux Livres lors de fêtes spéciales. Je pense que le contraste que Melot affirme entre ces deux types de bibliothèques est juste une grosse généralité. Je ne dis pas qu'elle n'est pas fondée, mais je la trouve brutale. Tout comme le fait que les Finlandais s'indignent d'être une machine à prêter des Livres et envient les Français qui font des expositions, des débats, des conférences… Il devrait y avoir des nuances dans ses affirmations.
    Pour ce qui est de la toute fin du Livre, je l'ai trouvé un peu exagérée. Je ne pense pas que la discrétion du bibliothécaire fasse sa sagesse. Si les bibliothécaires ne sont pas (re)connus en tant que bibliothécaires, ce n'est pas de leur propre volonté. C'est la société, les gens qui ne s'intéressent pas à leur parcours. Mais le bibliothécaire ne force pas la discrétion. Dès lors, affirmer que sa sagesse est fondée sur sa discrétion est absurde.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par foxofthelibrary, le 09 septembre 2010

    foxofthelibrary
    La sagesse du Bibliothécaire développe l'aspect social d'une bibliothèque, son esprit ou encore son aura. Egalement le statut du bibliothécaire comme gardien d'un savoir universel. Qui ne doit cependant pas tomber dans la frénésie de la conservation et de l'agrandissement de sa collection. L'importance du choix, de la communication et de la compréhension est primordiale. une bibliothèque doit être harmonieusement constituée, ouverte et tolérante. Elle doit pouvoir correspondre à tout type d'idéologie.
    Se pose également le problème du respect du Livre de la part des usagers de la bibliothèque. Elle doit privilégier son aspect social et communicatif sans pour autant vulgariser le Livre.
    Le bibliothécaire doit oublier son orgeuil, et se mettre au service de la communication, de l'éducation et du partage de la culture pour tous. une bibliothèque ne survit pas à une dictature, elle doit être libre d'acceuillir ou non tout type d'oeuvre ou de lecteurs. Mais le choix implique une forme de censure, et e problème financier accentue cela.
    Le bibliothécaire doit rester malgré tout un guide, un sage dans cette immensité. Il sait qu'il ne sait rien, et c'est ce qui fait sa force.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par vegalia, le 24 septembre 2010

    vegalia
    L'âme du bibliothécaire et son avenir sont disséqués avec brio et réalisme.
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 15 juin 2009

    La conviction que la vérité, autant qu’elle existe, ne peut être que partagée et contingente fonde la sagesse du bibliothécaire. Sinon un seul livre suffirait, comme ce fut longtemps le cas. La légende que des historiens musulmans malveillants ont rapportée à propos du sultan Omar est un contre-exemple de l’esprit de la bibliothèque : après la prise d’Alexandrie par les Arabes, les lieutenants d’Omar lui demandaient ce qu’ils devaient faire des milliers de livres que contenaient les célèbres bibliothèques. Il aurait alors répondu : « S’ils répètent ce qui est dit dans le Coran, ils sont inutiles. S’ils le contredisent, ils sont nuisibles. » Il est évident qu’Omar n’avait pas besoin de bibliothécaire.
    Le bibliothécaire est par définition tolérant. Il vit de la multiplicité et de la diversité des opinions. Il encourt aussitôt la suspicion d’attentisme, d’opportunisme, voire de compromission. Car il sait bien, le bibliothécaire, que sa bibliothèque ne contient pas tous les livres.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par stella_lea, le 03 août 2011

    À la figure du savant fou s’oppose celle du sage bibliothécaire. Pourquoi serait-il sage, le bibliothécaire ? C’est que le bibliothécaire sait qu’il ne sera jamais savant, car, lorsqu’il ouvre un livre, tous les autres restent fermés et il sait, le bibliothécaire, qu’il n’ouvrira jamais tous les livres. Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer. Il n’est pas nécessairement bon nageur, mais il sait naviguer et il sait que ce n’est pas à la nage qu’on va le plus loin. L’océan du savoir qui grise tous les savants rend modeste le bibliothécaire.
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  • Par Morgouille, le 15 juin 2009

    Toutes les bibliothèques de lecture publique distinguent les « documentaires » des « fictions ». Je me souviens de cet enfant auquel la bibliothécaire avait appris à reclasser les livres de sa bibliothèque d’école qui avait mis parmi les fictions une Histoire des religions. Elle eut beau lui expliquer qu’une Histoire des religions était un livre documentaire, l’enfant resta persuadé que ce livre ne contenait « que des histoires ».
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  • Par Morgouille, le 15 juin 2009

    Le choix est un devoir, la censure un abus.
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Video de Michel Melot

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A propos de la bibliothèque idéale
Sont réunit au centre Georges Pompidou, autour de Pierre André BOUTANG : Michel SERRES, Philippe SOLLERS, Roberto CALASSO, Gilles LAPOUGE, Emmanuel LE ROY LADURIE, Christian BOURGOIS et Alain JAUBERT. Ils donnent leur conception de la bibliothèque idéale, parlent des grandes bibliothèques qui ont marquées l'histoire, de la lecture et des types de lecteurs, du plaisir de lire. Michel MELOT,...











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