Alors que
Mikaël Ollivier complexait par rapport aux autres, voilà l'exemple de
Susie Morgenstern qui centre son roman uniquement sur elle-même, en nous confiant toutes ses déprimes, ses déceptions et démotivations au sujet de son surpoids. Elle entreprend méthodiquement un décortication d'elle-même. Lourde tâche...
Comme chez Mikaël, ça commence par un amour déraisonné pour la nourriture. Elle est bonne à tous moments, en cas de peine ou de joie, seule ou avec des amis. le problème réside ici dans une culpabilité qui suit l'auteur depuis l'enfance, quand sa mère très svelte considérait la minceur comme un critère d'accomplissement et de perfection. Malgré la touche d'humour constante apportée par les illustrations et les extraits de poèmes sur la nourriture, on sent une énorme peine filtrer à travers ce livre. L'auteur entame une vraie thérapie et invite son lecteur à y participer, à tenir un cahier de réflexions qui montre bien le besoin de s'exprimer sur ses complexes et son mal-être. Ce n'est
Pas forcément une solution mais ça peut aider au moins.
"Un livre que je n'aurais jamais dû écrire", c'est ainsi que
Susie Morgenstern décrit cet ouvrage sur son site officiel. Derrière ce style vif et pétillant se cache un aveu qui en coûte à l'auteur. L'écriture sert de masque au chagrin comme le sourire infatiguable de Susie dans la vraie vie. Elle essaie malgré tout de clore ce court livre par une fin semi-heureuse, qui pousse à rire jaune, à rire de ses défauts... Même si...
Diable, que c'est déprimant. On est bien loin d'une mentalité à la Beth Ditto... Cela n'en est
Pas moins un livre très touchant, honnête et sincère, pour lequel on peut remercier l'auteur mille fois.
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