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ISBN : 229030784X
Éditeur : J'ai Lu (2000)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Un jeune Américain, employé par une compagnie de navigation, loue une chambre dans une famille japonaise. Rien de plus simple, mais cette histoire se passe à Hiroshima. Et, peu à peu, malgré la pudeur, la fierté et le stoïcisme de ses hôtes, Sam découvrira un à un les secrets des survivants de la bombe : les souvenirs affreux d'une nuit unique dans l'histoire de l'humanité et les peurs atroces qui assombrissent l'avenir. Enfin, tout parle de la mort atomique jusqu'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
10 juillet 2012
  • 4/ 5
Ce court roman retrace la visite au Japon par un Américain, 15 ans après la bombe nucléaire qui s'est abattue sur la ville d'Hiroshima. Ce dernier, naïf, joue le rôle du touriste innocent qui ne comprend pas les secrets recelés dans cette ville meurtrie. Car si elle s'est relevée, tous les habitants cachent des blessures plus ou moins douloureuses.
De la douleur muette des jeunes filles orphelines qui hébergent l'Américain, à celle physique du mari de la soeur aînée qui se meurt de nombreuses lésions dues à la radioactivité, très vite l'étranger découvre que la ville n'a pas cicatrisé et que les conséquences de la bombe sont encore présentes et terriblement sensibles.
C'est grâce à ce roman plein de pudeur que j'ai pu moi aussi me rendre compte de l'atrocité de l'histoire de cette ville. Certes je savais que la bombe avait rasé les deux villes d'Hiroshima et Nagasaki, mais je n'ai jamais imaginé l'impact de la radioactivité sur le corps humain, même des décennies plus tard. La bombe atomique n'est en réalité qu'une série de bombes à retardement nichées au creux du coeur et du corps des habitants de ces villes meurtries, des bombes qui explosent plus ou moins vite. Mais qui font des victimes à chaque reprise.
Ce fut donc un roman extrêmement éclairant, qui m'a suffoqué parfois. Un beau roman car il met à l'honneur la réserve, la pudeur, la combativité des Japonais qui livrent leur combat quotidien contre ce monstre diffus sans que personne n'en sache rien. Un roman incontournable par une Suédoise voyant à travers le monde et dénonçant inlassablement les injustices et les causes méconnues. Il a reçu le prix Albert Schweistzer en 1961.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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DOMS
29 août 2016
  • 5/ 5
Nous sommes quinze ans après la bombe, quinze ans après l'horreur. Une partie importante de la ville d'Hiroshima a été détruite, de nouveaux quartiers sortent de terre pour abriter les nouveaux venus, qui, arrivant d'autres régions du Japon, n'ont pas subi l'horreur et vont repeupler la ville fantôme. Mais à Hiroshima, il y a aussi les survivants, les rescapés, pas ou peu touchés, en apparence du moins, par les radiations dont les dégâts, même des années après l'explosion et les radiations, sont irréversibles et bien souvent mortels.
Yuka a survécu avec sa jeune soeur à l'horreur de la bombe, mais sa famille a péri. Mariée à Fumio, ils ont deux enfants. Yuka tente par tous les moyens de vivre, normalement, de profiter de chaque instant de bonheur, de vie, de joie, de la beauté de la fleur blanche que l'on cueille dans son jardin, de la tasse de thé que l'on boit en contemplant la nature, des bavardages animés que l'on a au bain avec les voisines. Dans ce pays où le poids des traditions et le respect des anciens passe avant tout, la vie et surtout le bonheur individuel ont peu de chance de s'épanouir.
Sam-san est un jeune américain envoyé à Hiroshima par son entreprise, il ne veut pas loger dans les hôtels impersonnels et préfère être hébergé chez l'habitant. Côtoyer un jeune homme d'une culture aussi différente, sans rien laisser paraitre de ses propres sentiments, voilà ce que veut la tradition, ce que va faire Yuka, jusqu'au moment où il est bien évidement indispensable de dire, de montrer, de faire comprendre à cet étranger devenu ami, pour que lui aussi, à son tour, comprenne et ressente le poids de cette horreur qui a transformé leur vie, qui fait que plus rien, jamais ne pourra être comme avant, léger et beau comme les fleurs de cerisier au printemps.
Alors bien sûr, nous avons tous entendu parler d'Hiroshima, de la bombe, des morts, et vu au moins une fois la photo de cette petite fille qui court, nue, pour fuir la mort. Dans « les fleurs d'Hiroshima », Edita Morris donne vie et corps aux survivants, à tous ceux qui, même si elle ne s'est pas arrêtée ce jour-là, ont vu leur vie irrémédiablement transformée, anéantie, leur normalité remise en question. Et qui pourtant ont assez de force et de courage pour continuer à vivre avec cette apparence de normalité essentielle à l'équilibre des hommes.
Sans la réédition par J'ai Lu du court roman d'Edita Morris « Les fleurs d'Hiroshima », je ne l'aurai certainement pas lu, et cela aurait été bien dommage. J'avais lu il y a quelques mois « 86, année blanche », de Lucile Bordes (Liana Levi) qui évoque Tchernobyl, et l'an passé le très puissant roman « l'expérience » de Christophe Bataille, qui évoque les essais nucléaires en Algérie. « Les fleurs d'Hiroshima » complète ma vision de l'après, celle des hommes qui ont vécu, souffert, et souvent ont tu ce qu'il s'était passé. le roman d'Edita Morris est court et terrible, puissant et émouvant, un roman comme un appel, qui bouleverse et questionne, une lecture indispensable.

Lien : https://domiclire.wordpress...
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missmolko1
24 février 2011
  • 5/ 5
Un livre très émouvant et poétique, ou les personnages, victimes de la bombe tombée sur Hiroshima, font preuve de courage et cachent derrière leurs sourires toute leurs souffrances. Un vrai coup de coeur!!!!
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Elliepamp
19 août 2015
  • 5/ 5
Les fleurs d'Hiroshima fait parti de ces petits romans sans prétention à voir comme ça et qui pourtant sont chargés de sentiments, d'émotions et de sagesse.
L'auteur sait nous raconter à travers les yeux de la gentille Yuka les ravages causés des années plus tôt par la bombe atomique. Malgré la pudeur et la discrétion japonaise, on comprend sous la forme d'un récit très doux les horreurs qu'ont connu les habitants d'Hiroshima, les blessures internes mais aussi externes avec lesquelles ils vivent chaque jour, mais aussi leur situation d'irradiés au sein de la société japonaise. J'ignorais totalement que la génération victime de la bombe était rejetée et considérée comme une caste inférieure de la société japonaise. Les victimes ont du mal à trouver des emplois à cause de leur physique qui effraie la population, mais sont aussi refusés dans certains lieux publics.
Le plus étonnant dans ce roman est le discours pacifique et complètement dénué de haine des victimes de la bombe. Ils vivent en tentant d'oublier ce drame et refusent que d'autres personnes s'apitoient sur leur sort. Pour illustrer cette discrétion, l'auteur nous raconte l'arrivée d'un jeune américain chez une famille d'anciens irradiés. Il faudra la moitié du roman avant que celui ci ne se rende compte de la souffrance que les habitants tentent de lui cacher.
Je me suis beaucoup attachée à la narratrice que j'ai trouvé vraiment très pure, naïve et pleine d'espoir. Son caractère contraste beaucoup avec le thème du roman.
C'est un court roman que je conseille beaucoup car c'est un thème qui est rarement abordé du point de vue des victimes. C'est un roman très dur mais très doux à la fois. Une très bonne découverte qui fait réfléchir.
Lien : https://repairedeslivres.wor..
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audlluc
02 avril 2016
  • 4/ 5
Je n'avais jamais osé réouvrir ce livre qui m'avait tellement marquée lors de sa lecture en classe de 4ème. Je me souvenais d'un livre dur derrière le style léger de l'auteure et la joyeuseté apparente de la narratrice. Je suis aussi chamboulée à 33 ans qu'à 13. Ce livre doux-amer raconte le quotidien après-guerre d'un fragment de famille survivant de la bombe H. "Qui fera le Nuremberg des vainqueurs ?" interroge la préface. Sûrement pas Yuka ni sa jeune soeur Ohatsu qui, par leur pudeur et leur humilité toutes japonaises, seront à jamais les victimes invisibles et silencieuses d'une catastrophe qui a incendié leur mère, leur ville, leurs corps et leur avenir, ainsi que tout espoir de relever un jour la tête, et ce pour des générations à venir.
Ce livre est triste car il est désespéré, on ne peut plus rien pour ces jeunes filles à la dignité sans faille qui cohabitent avec leur bourreau, ces radiations nichées au plus profond de leurs entrailles. Mais j'aime à penser que la forte Yuka et la petite Ohatsu m'ont accompagnée ces 20 dernières années, et ont participé à l'adulte sensible que je suis devenue. Je crois tant aux vertus de la lecture pour construire des humains meilleurs.
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Malahide75Malahide7507 mai 2013
Oh § Il y a des années que je n'ai pas couru ainsi. Je vole littéralement dans notre rue sans lumière et je traverse le terrain vague où chaque matin j'amène mes vieilles amies, Nakano-san et Tamura-san. Le vent a défait mes cheveux qui me balayent le visage et m'aveuglent. Je poursuis ma course, à bout de souffle à chaque pas, courant toujours...
... Et, brusquement, j'ai l'impression de ne plus être seule, que partout autour de moi, il y a des fantômes. Il y a quinze ans, je courais ainsi dans les rues au milieu de la foule éperdue, et pendant quinze ans, ils ont continué à courir dans ma tête. Cette nuit, ils me poursuivent avec leurs visages carbonisés, avec des lambeaux de chair arrachés de leurs épaules. Je les reconnais. Ce sont eux que je vois dans mon cauchemar. Cette fille au visage rongé par les flammes, cet homme qui porte sa femme morte sur son dos, ils couraient avec moi ce jour-là. Ici, c'est un groupe d'écoliers écroulés, les uns sur les autres, tous morts. Là, c'est un chien, les pattes prises dans l'asphalte fondu. C'est ce qui nous attend tous si nous ne courons pas assez vite. Vite, vite, ou nous serons rôtis vivants. Il faut aussi que je retrouve maman. Loin devant moi, j'aperçois la ligne noire du fleuve et des ombres qui plongent dans ses eaux. Comme des torches vivantes, les cheveux en flammes, les femmes s’élancent du rivage en grappes serrées. Est-ce que maman est parmi elles ? Où est maman ? Où est-elle ?
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missmolko1missmolko124 février 2011
- Est-ce que beaucoup de jeunes filles au Japon s'appellent Ohatsu?
Petite sœur lui explique alors la légende d'une jeune fille d'autrefois, appelée Ohatsu, qui se donna la mort par désespoir d'amour. A cause de ce geste romantique, elle est honorée depuis des siècles.
- Se tuer par amour ! Eh bien alors, c'est bien japonais, ça ! s'exclame l'américain. Petite Ohatsu, est-ce que vous feriez ça ? Est-ce que vous vous tueriez par amour ?
- Oh ! oui, bien sûr, bien sûr ! s'écrie ma petite sœur avec passion.
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missmolko1missmolko123 février 2011
Ils sont peu nombreux, les soixante-dix-mille cent cinquante morts d'Hiroshima, au regard des trente-huit millions et quelques centaines des milliers de morts présumés de la Dernière Guerre mondiale. Mais comme les carbonisés d'Oradour, comme les fusillés de Châteaubriant ou de Philippeville, ils pèsent plus lourd que tous les autres dans la conscience criminelle des hommes. Certains ont été punis. D'autres le seront encore.
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DOMSDOMS29 juin 2016
J’ai renoncé à lui cacher certaines choses mais j’ai trop d’amitié pour lui maintenant pour le mettre, sans nécessité, en face de telles horreurs. Sam-san est un homme libre, mais s’il venait à être touché par la pitié – et la véritable pitié est toujours agissante – c’en serait fait de sa liberté. Je veux qu’il reste en dehors de la tragédie d’Hiroshima.
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HenriettaHenrietta18 novembre 2010
... C'est affreux ! Ce rôle de guide est plus que je n'en puis supporter. Dans ce livre, il est dit que le 6 Aout, en une seule minute, entre 8 h 15 et 8 h 16 du matin, 60 000 maisons furent réduites en cendre et 100 000 personnes brulées et écrasées. ...
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