Hygiène de l'assassin nous propose l'immersion dans la vie, ou du moins, les derniers jours de la vie de Prétextat Tach. Un nom mystérieux qui dévoile un personnage aux mœurs les plus dépravés.
Prétextat Tach accumule les difformités, il est laid, informe, disgracieux, sans scrupules, imbu, misanthrope, misogyne, bilieux, revêche, acariâtre. En dépit de tout cela, Prétextat Tach est un immense écrivain gratifié du Nobel de littérature. Cette concession saugrenue tient la base du récit.
Ce dernier souffre du syndrome d'Elzenveiverplatz, syndrome fictif provenant de l'imagination tendancieuse de l'écrivaine au chapeau haut de forme noir. Au fil des entretiens successifs avec les journalistes, la personnalité de l'écrivain se dessine et s‘avère extrêmement sordide. Par à-coups, on apprend que Tach aime regarder la télévision, et juste pour regarder les publicités, sinon il n'aime pas, qu'il n'est sorti de son logis pendant l'entre-deux-guerres que pour s'approvisionner en vivres, que ses tiroirs à livres sont pleins à craquer et que son rythme d'écriture dépasse de loin son rythme de publication.
Amélie Nothomb a choisi pour son œuvre un texte à composante conversationnelle majoritaire, un registre qui s'avère presque nécessaire dans la mesure où la retranscription des entretiens entre journalistes et écrivain ne pouvait en aucun cas être éludée. En outre, ce choix insuffle de la vie au récit, car des dialogues d'une telle tonicité ne pouvaient garder leur vie qu'en étant reportées ad litteram.
Menant haut la main les premiers entretiens en terrassant les premiers journalistes, Tach finit par tomber sur son égal, voire plus fort que lui : une femme journaliste nommée Nina. Ce dernier entretien est celui qui dure le plus ! Pour cause, les dialogues sont houleux et pas faciles.
La lecture d' «
Hygiène de l'assassin » est très amusante. On retrouve le même style dans «
Cosmétique de l'ennemi ».