Le deuxième des 3 livres empruntés à la médiathèque, en Mai 2011 et suite de
Métaphysique Des Tubes (que je n'ai pas lu), avec
Le Sabotage amoureux et
Les Combustibles. J'aurais pu me lancer dans cette lecture un peu plus tôt… mais ma grosse déception avec
Le Sabotage amoureux a fait que j'ai trainé les pieds !
Ce roman commence par la description d'un archipel océanien dont personne ne s'occupe : pas de colonisation, pas de guerres… Absolument rien.
La question que l'on se pose : mais pourquoi ? Pour quelle raison ?
Les habitants n'ont faim de rien. Ils sont blasés et n'ont envie (ni besoin…) de rien.
Alors, quel intérêt pourrait-on porter à un peuple qui ne manque de rien ?
C'est ce qui fait office d'introduction à la réflexion d'Amélie Nothomb sur ses propres faims.
« Dieu, c'était moi en état de plaisir ou de potentialité de plaisir : c'était donc moi tout le temps. » (p.33)
Encore un livre où Mademoiselle Nothomb apparait d'une prétention la plus absolue et très imbue d'elle-même. Elle s'aime au point d'apprécier se regarder manger des spéculoos face à la glace et de choisir ses (soit-disantes) amies qu'elle appelle ses « favorites »… Elle n'hésite pas non plus à comparer les gens à elle… de plus, elle trouve à asseoir son autorité sur les personnes (enfants comme adultes) en mettant en avant ses nombreux voyages autour du monde qui,selon elle, lui donne un côté supérieur. Cependant, à lire certaines de ses déclarations,
Amélie Nothomb semble bien niaise…
Comme le titre l'indique plutôt bien, cette autobiographie tourne autour de la faim sous toutes ses formes corporelles et intellectuelles : alimentaire, littéraire, affective, mentale, spirituelle, mystique… et on retrouve également le nombrilisme de l'auteur !
« Regardez comme je suis vive d'esprit et intelligente pour mon âge ! » Et nous, nous sommes censés ressentir quoi ? Notre bêtise ? C'est tout simplement insupportable.
Pour nous parler de ce qui l'anime,
Amélie Nothomb nous fait voyager dans le mode de vie du Japon, le maoïsme chinois, le capitalisme New-Yorkais et la pauvreté du Bangladesh. Alors que l'on aurait pu en apprendre beaucoup sur les « faims » (pour s'exprimer comme elle…) de ces pays, ils ne servent qu'à poser un trop vague contexte.
Même avec un certain recul, le lecteur ne trouvera, dans ce livre, aucune intrigue. Entre les quatre histoires vécues dans ces quatre pays, il n'y a que peu de liens, mise à part la protagoniste. le seul que l'on possède réellement, c'est que, pour Amélie, rien n'égalera jamais le Japon. D'ailleurs, la narratrice se rend encore plus insupportable en dédaignant tout le reste. Si on enlève les quelques batailles entre gamines, l'action est également au point mort.
Ce livre ressemble, d'ailleurs, bien plus à un essai philosophico-nombriliste où l'auteur ne présente pas uniquement sa pensée mais s'y inscrit toute entière. de plus, le vocabulaire est relativement soutenu ferme ces 190 pages à de nombreuses personnes et le rend indigeste.
L'ensemble de l'oeuvre est assez descriptive voire informative, notamment dans les premières pages sur le Vanuatu et lorsqu'elle présente la faim dans le monde mais tout cela revient toujours très rapidement à la petite personne de l'auteur.
Amélie Nothomb cherche à asseoir sa légitimité dans la littérature mais se rend-t-elle compte qu'elle s'en éloigne, surtout en faisant référence à ses bouquins (essentiellement
Le Sabotage amoureux) ? Ce n'est pas la célébrité ou le nombre de livres vendus qui font d'un auteur, quelqu'un de mémorable et qui rentrera dans les classiques…
Lien : http://lireparelora.wordpress.com/2011/06/23/biographie-de-la-faim-a..