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ISBN : 225311717X
Éditeur : Le Livre de Poche

Note moyenne : 3.45/5 (sur 967 notes)
Résumé :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'his... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
Lorraine4705 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
C'est avec avidité que j'ai lu cet ouvrage d'Amélie Nothomb.
Je ne suis pas déçue de cette première lecture découverte d'une auteure que j'avais jusque là snobée pour de multiples et fallacieuses raisons: son hypermédiatisation sans doute et son côté déjanté: "je me la joue un tantinet sorcière". Bon passons au roman, belle autobiographie de son enfance jusqu'au moment où elle se lance dans l'écriture, quand elle retrouve son Japon bien aimé.
Enfant surdouée, le passage à l'adolescence est une bien dure épreuve, Amélie parle sans fausse pudeur de son alcoolisme infantile, de son anorexie entre treize et quinze ans, et même si les mots sont crus ils ne sont jamais vulgaires!
J'ai trouvé l'écriture de cet ouvrage très fine et fluide, elle a à la fois la douceur des perles de rivière et le vrombissement d'une cascade de montagne.
Un excellent moment de lecture et une bien belle rencontre, il me tarde de découvrir d'autres ouvrages d'Amélie Nothomb!
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Momiji
Momiji16 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
La faim est la constante de l'enfance et de l'adolescence d'Amélie Nothomb : faim de découvertes, de vie, de connaissances, d'ivresse, de nourriture divine et spirituelle, refus de la faim, douleur de la faim, souvenirs de l'appétit parfois salvateur, parfois destructeur…La faim, c'est ce sentiment universel qui nous relie tous.
Biographie de la faim est probablement un de mes livres préférés d'Amélie Nothomb. Un régal à lire, une écriture délicate, vive et posée en même temps, qui dégage une grande puissance poétique. Comme toujours, Amélie Nothomb me surprend. On commence ses ouvrages comme on engage spontanément une conversation chaleureuse à un moment inattendu avec un inconnu : une digression, ici sur le Vanuatu, pays qui n'a jamais connu la faim. On ne sait pas vers quoi ça va nous mener, mais on sait dès les premiers mots qu'on va savourer l'instant. Souvent évoquée dans ses livres, la nourriture est un sujet fort de l'auteur, qui entretient une relation sensuelle et parfois ambiguë avec elle. Dans cette oeuvre, l'auteur relate son appétit gargantuesque pour toutes les choses de la vie, une faim féroce et inextinguible pour le monde et la volonté de le comprendre. La faim, qui alimente nos rêves et nos existences, qui est pour l'auteur un moteur de l'être et des sociétés : «toute nation est une équation qui s'articule autour de la faim».
Cet ouvrage est un voyage : au sens propre, bien sûr, car Amélie, nous conduit dans ses souvenirs qui se sont construits beaucoup en Asie (Japon, Chine, Bangladesh), mais aussi aux États-Unis, notamment dans la grande pomme. Mais c'est davantage encore un voyage intérieur où l'auteur ravive la flamme de ses émotions passées, de son vécu, de ses questionnements, mariant le recul des années et le prisme du regard de l'adulte à une innocence toute enfantine par moments. Avec authenticité, parfois légèreté elle se livre et évoque cette partie de sa vie. Enfant surdouée, sa vie prend un tournant au moment de l'adolescence et elle évoque les passages douloureux de cette époque : un viol non prononcé directement mais décrit par métaphore (un des passages qui m'a serré la gorge), l'anorexie, le combat contre ce corps qu'elle n'aime pas voir grandir.
Mais beaucoup de joie aussi : celle de ses années à New York (« la liesse ! » en dit-elle, je comprends son exaltation !), des moments passés avec sa soeur adorée et leurs festins de lectures partagés ensemble, sa gourmandise, surtout de sucre (source il est vrai parfois aussi de frustration face aux interdits), une pulsion de vie qui se transmet dans son récit d'un bout à l'autre.
Et en fil conducteur, des réflexions sur la nostalgie du Japon, sur la Chine maoïste et les horreurs qui s'y perpétraient, qu'elle ne comprenait pas toujours au vu de son jeune âge mais un climat pesant qu'elle pouvait ressentir, tout comme l'horreur de la misère au Bangladesh soulevait son coeur. Car le père d'Amélie était diplomate et son métier a beaucoup fait voyager l'auteur qui a conscience qu'au milieu de tant de misère, c'était une personne privilégié, qui a notamment de par sa curiosité, son entourage et son contexte de vie, pu développer des connaissances et un regard aiguisé sur le monde. Autobiographie donc, mais aussi ouvrage de réflexion sur notre rapport à la faim, question de survie, d'existence, de désir.
Amélie Nothomb signe ici un roman captivant, où on ne sait pas toujours où l'on va atterrir au fil des pages mais qui se révèle être une promenade fort agréable, où elle dévoile de nombreux aspects de sa personnalité dans une prose tour à tour passionnée,caustique, légère, grave et douce. On croit s'entretenir avec elle tout au long de cette lecture et on se peut s'empêcher de se sentir nous aussi envahi par cette faim qui la talonne et la rend si vivante.

Lien : http://wp.me/p12Kl4-CJ
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colimasson
colimasson04 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Et si la faim régissait nos vies à notre escient ? Amélie Nothomb exploite cette idée dans Biographie de la faim où, une fois n'est pas coutume, elle reviendra sur les années de son enfance et de son adolescence, ajoutant du mythique à une légende déjà façonnée suite aux Stupeur et tremblements et Métaphysique des tubes.

Cette fois encore, Amélie Nothomb se définit comme personnage central de son roman et se dote de cette caractéristique qu'elle juge rare : la faim. Elle examine le mot et joue avec sa polysémie, abordant non seulement la faim comme manifestation biologique et appétence pour le sucré, mais aussi la faim comme curiosité intellectuelle, comme besoin d'amour, comme appétit de vivre et comme souffrance sublimée jusqu'à l'extase. La faim : la notion est tellement évidente qu'on se demande ce qu'il est possible d'en dire. Et pourtant, la faim serait une des sensations les moins éprouvées de la société occidentale, repue et gonflée jusqu'à l'explosion. Amélie Nothomb glorifie cette faim qu'elle a su reconnaître et cherche à la conserver toujours aussi virulente dans sa manière d'appréhender le monde. Cette sensation compose les différentes étapes de sa vie comme autant de mets aux saveurs nuancées.

La faim est à l'origine de chaque acte. Au Japon, la recherche frénétique du sucré est prétexte à la mise au point de ruses habiles et d'alchimies fantastiques. A New-York, l'ivresse des alcools se mêle aux ambiances excessives et musicales des soirées mondaines. A Pékin, la désertion du corps par l'anorexie ouvre les portes d'un horizon calme et désert consacré aux lectures effrénées et à la traduction de l'Iliade et de l'Odyssée. Amélie Nothomb ne délaisse jamais une faim pour une autre et se montre aussi inspirée lorsqu'il s'agit d'évoquer le plaisir de la manducation et du jeûne, l'extase des nourritures intellectuelles, ou le bonheur éclatant qui naît de l'absorption de l'amour de l'autre.

« de longues recherches m'ont menée à ce constat : l'aliment théologal, c'est le chocolat.
Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. »

On peut croire ou non à la véracité autobiographique du roman d'Amélie Nothomb, mais limiter l'intérêt de sa Biographie de la faim à cette seule question serait aussi décevant que déjeuner dans un restaurant gastronomique alors qu'on souffre de sinusite. Tout ce qu'Amélie Nothomb écrit n'est peut-être –et certainement- pas aussi exact qu'elle le prétend, mais démêler le vrai du faux ou –mieux encore- accepter chaque étape rocambolesque de sa biographie comme on tolère les ruses des contes de fées, permet de jouir pleinement de l'originalité du regard qu'elle porte sur la vie, considérée comme un miracle ou, en tout cas, comme une aventure exaltante, aussi riche et variée qu'il existe de manières différentes de la déguster.
Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-biograph..
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lecassin
lecassin03 juin 2015
  • Livres 2.00/5
Il y a deux ans, la lecture de « Péplum » avait coupé court à ma découverte d'Amélie Nothomb. Une lecture interrompue avant le mot fin tant ce dialogue confus m'était pénible… Une lecture qui avait fait suite à celle d'« Antéchrista » et à celle de « Les Catilinaires », modérément appréciés…
Un peu de classement dans la bibliothèque me fait tomber sur « Biographie de la faim »… Pas de lectures en cours, rien d'urgent, je me lance !
Bon ! C'est lisible… Un texte « autobiographique » couvrant la période de l'enfance de l'auteur qui à l'époque suivait bon gré mal gré les mutations à l'étranger de son père, diplomate… On parle de boulimie, mais aussi d'anorexie ; de potomanie (absorption d'eau en grande quantité) ; d'alcoolisme juvénile… bref, du Nothomb dans toute sa splendeur, pas toujours plausible. Il reste de cette lecture quelques belles pages sur la vie d'expatriés au Japon… en Chine, également… une évocation de la vie au Bengladesh aussi, qui m'a tant rappelé le Pakistan où je fus moi-même expatrié…
« La faim, c'est moi », lit-on en quatrième de couverture… Non, pour moi, la faim, c'est Knut Hamsun dont le roman « Faim » est un chef d'oeuvre... Bon… comme dit plus haut, cette « biographie de la faim » est lisible, même si vous êtes comme moi un peu « chatouillé » par l'emploi immodéré du subjonctif imparfait dans un texte où le style général ne le porte pas ... Lisible…
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dcs919
dcs91901 juin 2014
  • Livres 4.00/5
Mon deuxième Amélie Nothomb après Attentat. Et pas mon dernier.
Biographie de la faim est un voyage.
Un voyage qui commence une digression consacrée à Vanuatu, le pays qui n'a jamais connu la faim, la vraie.
De cette digression, elle conclut que Vanuatu est "l'expression géographique de [s]on contraire" et qu'il n'y a rien de plus terrible que de ne pas connaître la faim.
"La faim, c'est moi. (...) Par faim, j'entends ce manque effroyable de l'être entier, ce vide tenaillant, cette aspiration non tant à l'utopique plénitude qu'à la simple réalité : là où il n'y a rien, j'implore qu'il y ait quelque chose."
S'ensuit un voyage autour du monde au gré des postes de son père diplomate, raconté avec la candeur et l'humour décapant de la petite fille puis de l'adolescente : le Japon, la Chine, New-York, le Bangladesh.
Amélie a toujours faim. Faim d'apprendre, de comprendre, les us et coutumes des pays dans lesquels elle vit, les comportements des adultes qu'elle trouve bien immatures...
Autobiographique, ce bref ouvrage traite aussi, sans avoir l'air d'y toucher, à des sujets graves comme son alcoolisme ou son anorexie d'adolescente.
Une lecture comme aucune autre. Rafraîchissante, divertissante, drôle, caustique, instructive...bref, du Nothomb !
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Citations & extraits (113) Voir plus Ajouter une citation
AifelleAifelle27 avril 2016
Etait-ce parce que j'avais treize ans et demi, l'âge où les besoins alimentaires sont les plus démentiels ? La faim fut lente à mourir au creux de mon ventre. Son agonie dura deux mois qui me parurent un long supplice. La mémoire fut autrement facile à mettre au pas.
Après deux mois de douleur, le miracle eut enfin lieu : la faim disparut, laissant place à une joie torrentielle. J'avais tué mon corps. Je le vécus comme une victoire époustouflante
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kathykathy21 mars 2012
En 1978, le Bangladesh était une rue pleine de gens en train de mourir
Jamais population ne me parut aussi énergique. Tout le monde avait du feu dans les yeux. On crevait avec ardeur. La faim, omniprésente, incendait le sang des Bangladeshis.
Notre maison était un moche bunker où il y avait de la nourriture : luxe suprême.
Les jours des êtres humains avaient pour unique action la lutte contre l'agonie. (...)
J'avais onze ans. Ce n'était pas l'âge de la compassion. Dans ce mouroir géant, je n'éprouvais rien que de l'effroi. J'étais comme une soprano envoyée sur le plus sanglant des champs de bataille et à qui ce spectacle dirait soudain l''incongruité de sa voix, sans que cela le rendît capable de changer de registre. Il valait mieux se taire.
Je me tus. (...)
Sortir dans la rue nous demandait un courage sans précédent : il fallait armer ses yeux, leur préparer un bouclier.
Même prévenu, le regard restait poreux. Je recevais dans l'estomac le direct de ces corps d'une maigreur inconnue, de ces moignons surgissant là où ils étaient inconcevables, de ces plaies, de ces goîtres, de ces oedèmes, mais surtout de cette faim hurlée par tant d'yeux à la fois qu'aucune paupière n'eût pu empêcher de l'entendre.
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iarseneaiarsenea05 septembre 2009
J'insiste sur "à ce point": je ne défends pas absolument la satiété. Il est bon que l'âme conserve une part de son désir. Mais entre rassasier et se payer carrément ma tête, il y avait de la marge.
Les cas les plus flagrants étaient les contes de fées. Un fabuleux créateur d'histoires tirait du néant des commencements formidables: là où il n'y avait rien, il installait des mécaniques sublimes, des astuces narratives qui mettaient l'eau à la bouche de l'esprit. Il y avait des bottes de sept lieues, des citrouilles transformistes, des animaux pourvus d'une belle voix et d'un vocabulaire étendu, des robes couleur de lune, des crapauds qui se prétendaient princes. Et tout cela pour quoi ? Pour découvrir que le crapaud était réellement un prince et qu'il fallait donc l'épouser et avoir de lui beaucoup d'enfants.
De qui se moquait-on ?
C'était un complot dont le but secret devait être la frustration. «On» (qui ? je ne l'ai jamais su) cherchait à tromper ma faim. C'était scandaleux. Hélas, à mon indignation devait très vite succéder la honte, quand je constatai que les autres enfants se satisfaisaient de cette situation-pire, ne voyaient même pas où était le problème.
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Lorraine47Lorraine4705 novembre 2012
Sa première réaction fut la fureur: Elle vole! Et des sucreries en plus! Et du premier choix, notre unique paquet de spéculos, un vrai trésor, on ne risque pas d'en trouver d'autres à Pékin!
S'ensuivit la perplexité: Pourquoi ne me voit-elle pas? Pourquoi se regarde-t-elle manger?
Enfin elle comprit et sourit: Elle a du plaisir et elle veut voir ça!
Elle prouva alors qu'elle était une excellente mère: elle sortit sur la pointe des pieds et elle referma la porte. Elle me laissa seule avec ma jouissance.
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colimassoncolimasson06 septembre 2012
- Au Vanuatu, il y a de la nourriture partout. Nous n’avons jamais dû la produire. On tend les deux mains, il tombe dans l’une une noix de coco, dans l’autre un régime de bananes. On entre dans la mer pour se rafraîchir, et on ne peut éviter de ramasser d’excellents coquillages, des oursins, des crabes et des poissons à la chair raffinée. On se promène un peu dans la forêt, où il y a trop d’oiseaux : on est forcé de leur rendre service en enlevant de leurs nids les œufs excédentaires, et parfois de tordre le cou à l’un de ces volatiles qui ne s’enfuient même pas. Les femelles phacochères ont trop de lait, car elles sont suralimentées, elles aussi, et elles nous supplient de les traire pour les en débarrasser : elles poussent des cris stridents qui ne cessent que si l’on accède à leur demande.
Il se tut. Au terme d’un silence, il ajouta :
- C’est terrible.
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