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ISBN : 225311717X
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 3.46/5 (sur 701 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lorraine47, le 05 novembre 2012

    Lorraine47
    C'est avec avidité que j'ai lu cet ouvrage d'Amélie Nothomb.
    Je ne suis pas déçue de cette première lecture découverte d'une auteure que j'avais jusque là snobée pour de multiples et fallacieuses raisons: son hypermédiatisation sans doute et son côté déjanté: "je me la joue un tantinet sorcière". Bon passons au roman, belle autobiographie de son enfance jusqu'au moment où elle se lance dans l'écriture, quand elle retrouve son Japon bien aimé.
    Enfant surdouée, le passage à l'adolescence est une bien dure épreuve, Amélie parle sans fausse pudeur de son alcoolisme infantile, de son anorexie entre treize et quinze ans, et même si les mots sont crus ils ne sont jamais vulgaires!
    J'ai trouvé l'écriture de cet ouvrage très fine et fluide, elle a à la fois la douceur des perles de rivière et le vrombissement d'une cascade de montagne.
    Un excellent moment de lecture et une bien belle rencontre, il me tarde de découvrir d'autres ouvrages d'Amélie Nothomb!
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 04 septembre 2012

    colimasson
    Et si la faim régissait nos vies à notre escient ? Amélie Nothomb exploite cette idée dans Biographie de la faim où, une fois n'est pas coutume, elle reviendra sur les années de son enfance et de son adolescence, ajoutant du mythique à une légende déjà façonnée suite aux stupeur et tremblements et Métaphysique des tubes.

    Cette fois encore, Amélie Nothomb se définit comme personnage central de son roman et se dote de cette caractéristique qu'elle juge rare : la faim. Elle examine le mot et joue avec sa polysémie, abordant non seulement la faim comme manifestation biologique et appétence pour le sucré, mais aussi la faim comme curiosité intellectuelle, comme besoin d'amour, comme appétit de vivre et comme souffrance sublimée jusqu'à l'extase. La faim : la notion est tellement évidente qu'on se demande ce qu'il est possible d'en dire. Et pourtant, la faim serait une des sensations les moins éprouvées de la société occidentale, repue et gonflée jusqu'à l'explosion. Amélie Nothomb glorifie cette faim qu'elle a su reconnaître et cherche à la conserver toujours aussi virulente dans sa manière d'appréhender le monde. Cette sensation compose les différentes étapes de sa vie comme autant de mets aux saveurs nuancées.

    La faim est à l'origine de chaque acte. Au Japon, la recherche frénétique du sucré est prétexte à la mise au point de ruses habiles et d'alchimies fantastiques. A New-York, l'ivresse des alcools se mêle aux ambiances excessives et musicales des soirées mondaines. A Pékin, la désertion du corps par l'anorexie ouvre les portes d'un horizon calme et désert consacré aux lectures effrénées et à la traduction de l'Iliade et de l'Odyssée. Amélie Nothomb ne délaisse jamais une faim pour une autre et se montre aussi inspirée lorsqu'il s'agit d'évoquer le plaisir de la manducation et du jeûne, l'extase des nourritures intellectuelles, ou le bonheur éclatant qui naît de l'absorption de l'amour de l'autre.

    « de longues recherches m'ont menée à ce constat : l'aliment théologal, c'est le chocolat.
    Je pourrais multiplier les preuves scientifiques, à commencer par la théobromine qu'il est seul à contenir et dont l'étymologie est criante. Mais j'aurais un peu l'impression d'insulter le chocolat. Sa divinité me semble précéder les apologétiques. »

    On peut croire ou non à la véracité autobiographique du roman d'Amélie Nothomb, mais limiter l'intérêt de sa Biographie de la faim à cette seule question serait aussi décevant que déjeuner dans un restaurant gastronomique alors qu'on souffre de sinusite. Tout ce qu'Amélie Nothomb écrit n'est peut-être –et certainement- pas aussi exact qu'elle le prétend, mais démêler le vrai du faux ou –mieux encore- accepter chaque étape rocambolesque de sa biographie comme on tolère les ruses des contes de fées, permet de jouir pleinement de l'originalité du regard qu'elle porte sur la vie, considérée comme un miracle ou, en tout cas, comme une aventure exaltante, aussi riche et variée qu'il existe de manières différentes de la déguster.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-biographie-de-la-faim-2004-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par dcs919, le 01 juin 2014

    dcs919
    Mon deuxième Amélie Nothomb après Attentat. Et pas mon dernier.
    Biographie de la faim est un voyage.
    Un voyage qui commence une digression consacrée à Vanuatu, le pays qui n'a jamais connu la faim, la vraie.
    De cette digression, elle conclut que Vanuatu est "l'expression géographique de [s]on contraire" et qu'il n'y a rien de plus terrible que de ne pas connaître la faim.
    "La faim, c'est moi. (...) Par faim, j'entends ce manque effroyable de l'être entier, ce vide tenaillant, cette aspiration non tant à l'utopique plénitude qu'à la simple réalité : là où il n'y a rien, j'implore qu'il y ait quelque chose."
    S'ensuit un voyage autour du monde au gré des postes de son père diplomate, raconté avec la candeur et l'humour décapant de la petite fille puis de l'adolescente : le Japon, la Chine, New-York, le Bangladesh.
    Amélie a toujours faim. Faim d'apprendre, de comprendre, les us et coutumes des pays dans lesquels elle vit, les comportements des adultes qu'elle trouve bien immatures...
    Autobiographique, ce bref ouvrage traite aussi, sans avoir l'air d'y toucher, à des sujets graves comme son alcoolisme ou son anorexie d'adolescente.
    Une lecture comme aucune autre. Rafraîchissante, divertissante, drôle, caustique, instructive...bref, du Nothomb !
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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 23 mars 2012

    kathy
    Dans ce roman autobiographique Amélie Nothomb relate les vingt premières années de sa vie. Vie marquée et influencée par deux composantes majeures : la faim et les voyages.
    La FAIM, qui est le moteur de l'auteure, et qui s'entend au sens de « plaisir ». C'est une sensation agréable liée à la satisfaction d'un besoin ou à la réalisation d'un désir. Quant aux VOYAGES, je les définirais au sens de voyages ET séjours en expatriation, c'est-à-dire dans le sens d'une découverte de l'Autre dans sa manière de vivre et de penser.
    Bref, une vie "riche", nourrie de connaissances (livresques) et de rencontres (les GENS), propice à attiser l'appétit boulimique de l'auteure, puis à le rassasier tout en déclenchant, à la fois, un plaisir jouissif mais AUSSI des maux.
    Je dirais que ce livre m'a fait voyager. L'auteure au fil des pages retrace ses souvenirs d'enfance passée dans les Iles Vanuatu, à Tokyo, en passant par le Japon, la Chine, la Birmanie, le Bangladesh et New-York.
    Il m'a également questionnée, car Amélie Nothomb y évoque ses errances mentales, ses questionnements, ses étrangetés de fillette, puis d'adolescente. La lecture et l'écriture seront sa planche de salut.
    Pour moi, un livre « improbable » quant au vécu psychologique de l'auteure durant son enfance.
    Plus plausible, par contre, au moment de l'adolescence : période pendant laquelle A. Nothomb a pu se sentir comme sur une pente dont elle n'avait pas le contrôle. Pour preuve, enfant brillante et bonne en classe, sa faible estime de soi accompagnée d'une recherche permanente d'un dépassement de soi, la conduiront à rencontrer l'anorexie.
    Un livre dans lequel Amélie Nothomb se dévoile avec sincérité, humour, pudeur, impudeur et cynisme.
    Un livre à la fois léger et grave, dont le style peut parfois agacer.
    Un livre qui ne laisse pas indifférent.
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  • Par Elora, le 12 novembre 2012

    Elora
    Le deuxième des 3 livres empruntés à la médiathèque, en Mai 2011 et suite de Métaphysique Des Tubes (que je n'ai pas lu), avec Le Sabotage amoureux et Les Combustibles. J'aurais pu me lancer dans cette lecture un peu plus tôt… mais ma grosse déception avec Le Sabotage amoureux a fait que j'ai trainé les pieds !
    Ce roman commence par la description d'un archipel océanien dont personne ne s'occupe : pas de colonisation, pas de guerres… Absolument rien.
    La question que l'on se pose : mais pourquoi ? Pour quelle raison ?
    Les habitants n'ont faim de rien. Ils sont blasés et n'ont envie (ni besoin…) de rien.
    Alors, quel intérêt pourrait-on porter à un peuple qui ne manque de rien ?
    C'est ce qui fait office d'introduction à la réflexion d'Amélie Nothomb sur ses propres faims.
    « Dieu, c'était moi en état de plaisir ou de potentialité de plaisir : c'était donc moi tout le temps. » (p.33)
    Encore un livre où Mademoiselle Nothomb apparait d'une prétention la plus absolue et très imbue d'elle-même. Elle s'aime au point d'apprécier se regarder manger des spéculoos face à la glace et de choisir ses (soit-disantes) amies qu'elle appelle ses « favorites »… Elle n'hésite pas non plus à comparer les gens à elle… de plus, elle trouve à asseoir son autorité sur les personnes (enfants comme adultes) en mettant en avant ses nombreux voyages autour du monde qui,selon elle, lui donne un côté supérieur. Cependant, à lire certaines de ses déclarations, Amélie Nothomb semble bien niaise…
    Comme le titre l'indique plutôt bien, cette autobiographie tourne autour de la faim sous toutes ses formes corporelles et intellectuelles : alimentaire, littéraire, affective, mentale, spirituelle, mystique… et on retrouve également le nombrilisme de l'auteur !
    « Regardez comme je suis vive d'esprit et intelligente pour mon âge ! » Et nous, nous sommes censés ressentir quoi ? Notre bêtise ? C'est tout simplement insupportable.
    Pour nous parler de ce qui l'anime, Amélie Nothomb nous fait voyager dans le mode de vie du Japon, le maoïsme chinois, le capitalisme New-Yorkais et la pauvreté du Bangladesh. Alors que l'on aurait pu en apprendre beaucoup sur les « faims » (pour s'exprimer comme elle…) de ces pays, ils ne servent qu'à poser un trop vague contexte.
    Même avec un certain recul, le lecteur ne trouvera, dans ce livre, aucune intrigue. Entre les quatre histoires vécues dans ces quatre pays, il n'y a que peu de liens, mise à part la protagoniste. le seul que l'on possède réellement, c'est que, pour Amélie, rien n'égalera jamais le Japon. D'ailleurs, la narratrice se rend encore plus insupportable en dédaignant tout le reste. Si on enlève les quelques batailles entre gamines, l'action est également au point mort.
    Ce livre ressemble, d'ailleurs, bien plus à un essai philosophico-nombriliste où l'auteur ne présente pas uniquement sa pensée mais s'y inscrit toute entière. de plus, le vocabulaire est relativement soutenu ferme ces 190 pages à de nombreuses personnes et le rend indigeste.
    L'ensemble de l'oeuvre est assez descriptive voire informative, notamment dans les premières pages sur le Vanuatu et lorsqu'elle présente la faim dans le monde mais tout cela revient toujours très rapidement à la petite personne de l'auteur.
    Amélie Nothomb cherche à asseoir sa légitimité dans la littérature mais se rend-t-elle compte qu'elle s'en éloigne, surtout en faisant référence à ses bouquins (essentiellement Le Sabotage amoureux) ? Ce n'est pas la célébrité ou le nombre de livres vendus qui font d'un auteur, quelqu'un de mémorable et qui rentrera dans les classiques…

    Lien : http://lireparelora.wordpress.com/2011/06/23/biographie-de-la-faim-a..
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 21 mars 2012

    En 1978, le Bangladesh était une rue pleine de gens en train de mourir
    Jamais population ne me parut aussi énergique. Tout le monde avait du feu dans les yeux. On crevait avec ardeur. La faim, omniprésente, incendait le sang des Bangladeshis.
    Notre maison était un moche bunker où il y avait de la nourriture : luxe suprême.
    Les jours des êtres humains avaient pour unique action la lutte contre l'agonie. (...)
    J'avais onze ans. Ce n'était pas l'âge de la compassion. Dans ce mouroir géant, je n'éprouvais rien que de l'effroi. J'étais comme une soprano envoyée sur le plus sanglant des champs de bataille et à qui ce spectacle dirait soudain l''incongruité de sa voix, sans que cela le rendît capable de changer de registre. Il valait mieux se taire.
    Je me tus. (...)
    Sortir dans la rue nous demandait un courage sans précédent : il fallait armer ses yeux, leur préparer un bouclier.
    Même prévenu, le regard restait poreux. Je recevais dans l'estomac le direct de ces corps d'une maigreur inconnue, de ces moignons surgissant là où ils étaient inconcevables, de ces plaies, de ces goîtres, de ces oedèmes, mais surtout de cette faim hurlée par tant d'yeux à la fois qu'aucune paupière n'eût pu empêcher de l'entendre.
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  • Par iarsenea, le 05 septembre 2009

    J'insiste sur "à ce point": je ne défends pas absolument la satiété. Il est bon que l'âme conserve une part de son désir. Mais entre rassasier et se payer carrément ma tête, il y avait de la marge.
    Les cas les plus flagrants étaient les contes de fées. Un fabuleux créateur d'histoires tirait du néant des commencements formidables: là où il n'y avait rien, il installait des mécaniques sublimes, des astuces narratives qui mettaient l'eau à la bouche de l'esprit. Il y avait des bottes de sept lieues, des citrouilles transformistes, des animaux pourvus d'une belle voix et d'un vocabulaire étendu, des robes couleur de lune, des crapauds qui se prétendaient princes. Et tout cela pour quoi ? Pour découvrir que le crapaud était réellement un prince et qu'il fallait donc l'épouser et avoir de lui beaucoup d'enfants.
    De qui se moquait-on ?
    C'était un complot dont le but secret devait être la frustration. «On» (qui ? je ne l'ai jamais su) cherchait à tromper ma faim. C'était scandaleux. Hélas, à mon indignation devait très vite succéder la honte, quand je constatai que les autres enfants se satisfaisaient de cette situation-pire, ne voyaient même pas où était le problème.
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  • Par Lorraine47, le 05 novembre 2012

    Sa première réaction fut la fureur: Elle vole! Et des sucreries en plus! Et du premier choix, notre unique paquet de spéculos, un vrai trésor, on ne risque pas d'en trouver d'autres à Pékin!
    S'ensuivit la perplexité: Pourquoi ne me voit-elle pas? Pourquoi se regarde-t-elle manger?
    Enfin elle comprit et sourit: Elle a du plaisir et elle veut voir ça!
    Elle prouva alors qu'elle était une excellente mère: elle sortit sur la pointe des pieds et elle referma la porte. Elle me laissa seule avec ma jouissance.
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  • Par colimasson, le 06 septembre 2012

    - Au Vanuatu, il y a de la nourriture partout. Nous n’avons jamais dû la produire. On tend les deux mains, il tombe dans l’une une noix de coco, dans l’autre un régime de bananes. On entre dans la mer pour se rafraîchir, et on ne peut éviter de ramasser d’excellents coquillages, des oursins, des crabes et des poissons à la chair raffinée. On se promène un peu dans la forêt, où il y a trop d’oiseaux : on est forcé de leur rendre service en enlevant de leurs nids les œufs excédentaires, et parfois de tordre le cou à l’un de ces volatiles qui ne s’enfuient même pas. Les femelles phacochères ont trop de lait, car elles sont suralimentées, elles aussi, et elles nous supplient de les traire pour les en débarrasser : elles poussent des cris stridents qui ne cessent que si l’on accède à leur demande.
    Il se tut. Au terme d’un silence, il ajouta :
    - C’est terrible.
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  • Par Schimisa, le 01 février 2014

    Jamais était le pays que j'habitais. C'était un pays sans retour. Je ne l'aimais pas. [...] Jamais m'avait désignée : j'étais ressortissante du pays de jamais.
    Les habitants de jamais n'ont pas d'espoir. La langue qu'ils parlent est la nostalgie. Leur monnaie est le temps qui passe : ils sont incapables d'en mettre de côté et leur vie se dilapide en direction d'un gouffre qui s'appelle la mort et qui est la capitale de leur pays.
    Les jamaisiens sont de grands bâtisseurs d'amours, d'amitiés, d'écritures, et autres édifices déchirants qui contiennent déjà leur ruine, mais ils sont incapables de construire une maison, une demeure, ou même quoi que ce soit qui ressemble à un logis stable et habitable. Rien, pourtant, ne leur parait aussi digne de convoitise qu'un tas de pierres qui serait leur domicile.
    [...]
    Les jamaisiens savent à l'âge de trois ans ce que les gens des autres pays savent à peine à soixante-trois ans.
    Il ne faudrait pas en déduire que les jamaisiens sont tristes. C'est le contraire : il n'y a pas de peuple plus joyeux. Les moindres miettes de grâce les plongent dans l'ébriété. Leur propension à rire, à se réjouir et à s'éblouir est sans exemple. La mort les hante si fort qu'ils ont de la vie un appétit délirant.
    [...]
    Le symbole qui fleurit leur blason est la jusquiame.
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Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »








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