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ISBN : 225311118X
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.66/5 (sur 1979 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'annonce de la mort imminente de Prétextat Tach, Prix Nobel de littérature, misanthrope et obèse, suscite un engouement sans précédent chez les journalistes du monde entier. Rares sont ceux qui ont le privilège d'approcher le grand homme&#... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 07 août 2012

    cicou45
    Il est vrai que jusqu'à présent, je connaissais très peu Amélie Nothomb et c'est une nouvelle fois ma belle-mère qui m'a orientée vers cette lecture en me disant que c'est LE Livre d'elle qui l'avait poussé à découvrir par la suite tout ce qu'elle avait écrit.
    Ce dernier nous plonge dans l'univers de Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, et auquel il ne reste que deux mois tout au plus à vivre, étant atteint d'une maladie assez rare touchant les cartilages. Cet homme obèse de quatre-vingt-trois ans est un monstre d'obscénité et de vulgarité. Il se plait à écraser lamentablement tous les journalistes venus l'interviewer, se sentant supérieur à eux et sachant pertinemment qu'aucun d'entre eux n'a réellement lu ce qu'il a écrit, sinon ils n'auraient pas eu envie de le rencontrer car ce qu'il écrit est ignoble mais relevant inexorablement du pur génie.
    Aussi, plusieurs sont tombés face à lui, humiliés et se sentant rabaissés plus bas que terre...tous jusqu'à ce qu'arrive Nina, une brillante journaliste (une fouille-merde pour reprendre ses propres termes) qui, malheureusement pour elle, part déjà avec un gros désavantage de son côté aux yeux de Prétextat Tach : celui d'être une femme. Mais pourquoi Prétextat Tach exècre-t-il les femmes à ce point-là et en a-t-il toujours été ainsi ?
    Cependant, ce que ce dernier ignore, c'est que Nina sera la seule à le sortir de sa torpeur d'ennui et à même à le faire revenir à la vie ou à la mort si vous préférez, pour le peu de temps qui lui reste à vivre (enfin, cette phrase est très ambigüe pour tout le commun des mortels mais pas pour Prétextat Tach et si vous voulez savoir pourquoi, je vous invite à lire cet ouvrage).
    Un ouvrage qui m'a déconcertée et même écoeurée dans les premiers chapitres tant j'ai trouvé le personnage de Prétextat Tach ignoble, imbu de lui-même, égocentrique au possible, vulgaire, insupportable et j'en passe mais dès l'intrusion du personnage de Nina dans le roman, j'ai été complètement époustouflée par l'écriture de l'auteure, par le jeu de répliques piquantes de sarcasme qui s'instaure entre la journaliste et le prix Nobel. de lors, impossible de lâcher le livre des mains tant cela était exaltant et extrêmement bien écrit ! Un ouvrage qui m'a complètement bluffée je l'avoue. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 25 janvier 2013

    fredho
    Pretextat Tach, un célèbre écrivain obèse, misanthrope, misogyne, atteint d'une maladie très rare et condamné accorde une dernière interview à une journaliste Nina plutôt fine d'esprit.
    Au fil du dialogue entre les deux protagonistes, la journaliste habile manipule l'écrivain, ce dernier se dévoilant minutieusement, finit par avouer ses secrets et surtout le meurtre monstrueux de sa cousine Léopoldine assassinée dans sa jeunesse.
    Ce roman dont le dialogue nous tient en haleine par son suspense et cette dualité insidieuse, nous démontre en parallèle une réflexion sur différents aspects tels que l'art de l'écriture, de la lecture mais également la société et ses travers.
    C'est un petit chef d'œuvre, un véritable régal dans une perversité absolue.
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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne, le 21 août 2012

    sultanne
    Si l'on ne peut indéniablement pas enlever un certain talent à Amélie Nothomb, ne lui forçons pas non plus le trait.
    Certes, elle montre ici une certaine capacité à donner vie à des personnages bien structurés et dont les personnalités savent retenir l'attention du lecteur ;
    Certes, elle sait trouver une situation originale et imposer son propre style pour donner un cadre bien typique à son livre ;
    Certes, elle fait preuve d'une réelle aptitude à faire monter crescendo une tension dramatique intéressante...
    Toujours est-il que ce livre sent tout de même le "premier coup" et qu'il lui manque quelques pages et quelques profondeurs. L'utilisation parfois pompeuse de plusieurs termes "savants" et cette façon de crier au génie à tout bout de page n'en est pas moins présomptueux alors que, avouons-le (même si, néanmoins le jeu psychologique est intéressant), il n'y a pas d'intrigue... le thème de l'absurde, le renversement des valeurs et la théorie de la relativité esquissés dans ce roman restent noyés parmi de nombreuses pages d'immondices pas toujours bien amenées. D'accord, parler de la merde, ça choque, mais ça reste un peu limité...
    Ce huis-clos périlleux me laisse donc sur ma faim et sera peut-être un peu long à digérer...
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    • Livres 4.00/5
    Par cricri2025, le 15 mars 2013

    cricri2025
    Après avoir lu "Stupeur et Tremblements", et sur recommandation d'une lectrice avertie du site, voilà que je me suis attaqué au célèbre "Hygiène de l'assassin".
    Celui-ci surpasse "Stupeur et Tremblements", autant le dire tout de suite, et j'aurais effectivement peut-être dû commencer par celui-ci pour découvrir A.Nothomb. le style est bien meilleur.
    "La race humaine est ainsi faite que des êtres sains d'esprit seraient prêts à sacrifier leur jeunesse, leur corps, leurs amours, leurs amis, leur bonheur et beaucoup plus encore sur l'autel d'un fantasme appelé éternité."
    "[...] si j'ai écrit ce moment, c'est parce qu'il était impossible à dire. L'écriture commence là où s'arrête la parole, et c'est un grand mystère que ce passage de l'indicible au dicible. La parole et l'écrit se relaient et ne se recoupent jamais."
    L'histoire est simple : un écrivain reçoit tour à tour des journalistes, et le livre relate les interviews successives et de plus en plus acerbes.
    "La plupart des gens ne lisent pas. A ce sujet, il y a une citation excellente, d'un intellectuel dont j'ai oublié le nom : "Au fond, les gens ne lisent pas ; ou, s'ils lisent, ils ne comprennent pas ; ou, s'ils comprennent, ils oublient."
    Le livre est presque entièrement dialogué, ce qui est plutôt pas mal pour rentrer dans l'histoire et également pour la limpidité de l'écriture.
    "L'écriture fout la merde à tous les niveaux : pensez aux arbres qu'il a fallu abattre pour le papier, aux emplacements qu'il a fallu trouver pour stocker les livres, au fric que leur impression a coûté, au fric que ça coûtera aux éventuels lecteurs, à l'ennui que ces malheureux éprouveront à les lire, à la mauvaise conscience des misérables qui les achèteront et n'auront pas le courage de les lire, à la tristesse des gentils imbéciles qui les liront sans les comprendre, enfin et surtout à la fatuité des conversations qui feront suite à leur lecture ou à leur non-lecture."
    Le jeu psychologique est le point fort du roman. Ce que j'ai aimé, ce sont avant toute chose, les propos incisifs des protagonistes, et notamment le 'duel" final, excellent en son genre. Quelques répétitions nuisent néanmoins parfois au rythme du roman mais elles sont plutôt rare.
    Bref, je recommande ! ... un bon livre d'A. Nothomb, qui réserve au surplus une surprise à laquelle on ne s'attend pas du tout au fur et à mesure que l'on avance dans le roman. Il n'y à que la fin que je trouve "ratée" car j'ai peine à croire que la journaliste puisse faire le geste escompté par l'écrivain... peu crédible pour moi !
    "les lecteurs-grenouilles .... ils traversent les livres sans prendre une goutte d'eau... la plupart des gens émergent de Proust ou de Simenon dans un état identique, sans avoir perdu une miette de ce qu'ils étaient et sans avoir acquis une miette supplémentaire. Ils ont lu, c'est tout : dans le meilleur des cas, ils savent "ce dont il s'agit". Ne croyez pas que je brode. Combien de fois ai-je demandé, à des personnes intelligentes "Ce livre vous a-t-il changé ?" Et on me regardait, les yeux ronds, l'air de dire : "Pourquoi voulez-vous qu'il me change ?"
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    • Livres 4.00/5
    Par Dijkschneier, le 22 août 2010

    Dijkschneier
    Hygiène de l'assassin nous propose l'immersion dans la vie, ou du moins, les derniers jours de la vie de Prétextat Tach. Un nom mystérieux qui dévoile un personnage aux mœurs les plus dépravés.
    Prétextat Tach accumule les difformités, il est laid, informe, disgracieux, sans scrupules, imbu, misanthrope, misogyne, bilieux, revêche, acariâtre. En dépit de tout cela, Prétextat Tach est un immense écrivain gratifié du Nobel de littérature. Cette concession saugrenue tient la base du récit.
    Ce dernier souffre du syndrome d'Elzenveiverplatz, syndrome fictif provenant de l'imagination tendancieuse de l'écrivaine au chapeau haut de forme noir. Au fil des entretiens successifs avec les journalistes, la personnalité de l'écrivain se dessine et s‘avère extrêmement sordide. Par à-coups, on apprend que Tach aime regarder la télévision, et juste pour regarder les publicités, sinon il n'aime pas, qu'il n'est sorti de son logis pendant l'entre-deux-guerres que pour s'approvisionner en vivres, que ses tiroirs à livres sont pleins à craquer et que son rythme d'écriture dépasse de loin son rythme de publication.
    Amélie Nothomb a choisi pour son œuvre un texte à composante conversationnelle majoritaire, un registre qui s'avère presque nécessaire dans la mesure où la retranscription des entretiens entre journalistes et écrivain ne pouvait en aucun cas être éludée. En outre, ce choix insuffle de la vie au récit, car des dialogues d'une telle tonicité ne pouvaient garder leur vie qu'en étant reportées ad litteram.
    Menant haut la main les premiers entretiens en terrassant les premiers journalistes, Tach finit par tomber sur son égal, voire plus fort que lui : une femme journaliste nommée Nina. Ce dernier entretien est celui qui dure le plus ! Pour cause, les dialogues sont houleux et pas faciles.
    La lecture d' « Hygiène de l'assassin » est très amusante. On retrouve le même style dans « Cosmétique de l'ennemi ».
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Citations et extraits

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  • Par dodline, le 13 juillet 2014

    "La plupart des gens ne lisent pas. A ce sujet, il y a une citation excellente, d'un intellectuel dont j'ai oublié le nom : "Au fond, les ne lient pas; ou, s'ils lisent, ils ne comprennent pas; ou, s'ils comprennent, ils oublient." Voilà qui résume admirablement la situation, vous ne trouvez pas ? "

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  • Par dodline, le 13 juillet 2014

    "Tach exploitait à fond les ressources peu connues de l’écœurement. Le gras lui servait de napalm, l'alexandra d'une arme chimique. Ce soir-là, il se frotta les mains comme un stratège heureux."

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  • Par mgeffroy, le 07 mars 2008

    - Vos yeux se sont-ils habitués à l'obscurité ? Distinguez-vous mon visage à présent ?
    - Oui vaguement.
    - Tant mieux pour vous. Apprenez, monsieur, que si j'étais beau, je ne vivrais pas reclus ici. En fait, si j'avais été beau, je ne serais jamais devenu écrivain. J'aurais été aventurier, marchand d'esclaves, barman, coureur de dots.
    - Ainsi, vous établissez un lien entre votre physique et votre vocation ?
    - Ce n'est pas une vocation. Ça m'est venu quand j'ai constaté ma laideur.
    - Quand l'avez-vous constatée ?
    - Très vite. J'ai toujours été laid.
    - Mais vous n'êtes pas laid.
    - Vous êtes délicat, vous au moins.
    - Enfin, vous êtes gros, mais pas laid.
    - Qu'est-ce qu'il vous faut ? Quatre mentons, des yeux de cochon, un nez comme une patate, pas plus de poil sur le crâne que sur les joues, la nuque plissée de bourrelets, les joues qui pendent - et, par égard pour vous, je me limite au visage.
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  • Par Julie87, le 03 juin 2009

    La race humaine est ainsi faite que des êtres sains d'esprit seraient prêts à sacrifier leur jeunesse, leur corps, leurs amours, leurs amis, leur bonheur et beaucoup plus encore sur l'autel d'un fantasme appelé éternité.

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  • Par Gemin1, le 25 novembre 2013

    - Féministe, moi ? Je hais les femmes encore plus que les hommes.
    - Pourquoi ?
    - Pour mille raisons. D'abord parce qu'elles sont laides : avez-vous déjà vu plus laid qu'une femme ? A-t-on idée d'avoir des seins, des hanches, et je vous épargne le reste ?
    Et puis, je hais les femmes comme je hais toutes les victimes. Une très sale race, les victimes. Si on exterminait à fond cette race-là, peut être aurait-on enfin la paix, et peux-être les victimes auraient-elles enfin ce qu'elles désirent, à savoir le martyre.
    Les femmes sont des victimes particulièrement pernicieuses puisqu'elles sont avant tout victimes d'elles-mêmes, des autres femmes.
    Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d'horreur devant tant d'hypocrisies, de jalousie, de méchanceté, de bassesse. Jamais vous ne verrez deux femmes de battre sainement à coups de poing ni même s'envoyer une solide bordée d'injures : chez elles, c'est le le triomphe des coups bas, des petites phrases immondes qui font tellement plus mal qu'un direct dans la mâchoire.
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