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ISBN : 225311118X
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.68/5 (sur 3137 notes)
Résumé :
L'annonce de la mort imminente de Prétextat Tach, Prix Nobel de littérature, misanthrope et obèse, suscite un engouement sans précédent chez les journalistes du monde entier.

Rares sont ceux qui ont le privilège d'approcher le grand homme ; les quatre premiers, trahis par leur incompétence et leur fatuité, sont éconduits de façon grossière : le premier est épinglé pour sa bêtise, le deuxième, écœuré, fuit au récit des orgies rituelles de Tach, les deu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (192) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
07 août 2012
  • 5/ 5
Il est vrai que jusqu'à présent, je connaissais très peu Amélie Nothomb et c'est une nouvelle fois ma belle-mère qui m'a orientée vers cette lecture en me disant que c'est LE Livre d'elle qui l'avait poussé à découvrir par la suite tout ce qu'elle avait écrit.
Ce dernier nous plonge dans l'univers de Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, et auquel il ne reste que deux mois tout au plus à vivre, étant atteint d'une maladie assez rare touchant les cartilages. Cet homme obèse de quatre-vingt-trois ans est un monstre d'obscénité et de vulgarité. Il se plait à écraser lamentablement tous les journalistes venus l'interviewer, se sentant supérieur à eux et sachant pertinemment qu'aucun d'entre eux n'a réellement lu ce qu'il a écrit, sinon ils n'auraient pas eu envie de le rencontrer car ce qu'il écrit est ignoble mais relevant inexorablement du pur génie.
Aussi, plusieurs sont tombés face à lui, humiliés et se sentant rabaissés plus bas que terre...tous jusqu'à ce qu'arrive Nina, une brillante journaliste (une fouille-merde pour reprendre ses propres termes) qui, malheureusement pour elle, part déjà avec un gros désavantage de son côté aux yeux de Prétextat Tach : celui d'être une femme. Mais pourquoi Prétextat Tach exècre-t-il les femmes à ce point-là et en a-t-il toujours été ainsi ?
Cependant, ce que ce dernier ignore, c'est que Nina sera la seule à le sortir de sa torpeur d'ennui et à même à le faire revenir à la vie ou à la mort si vous préférez, pour le peu de temps qui lui reste à vivre (enfin, cette phrase est très ambigüe pour tout le commun des mortels mais pas pour Prétextat Tach et si vous voulez savoir pourquoi, je vous invite à lire cet ouvrage).
Un ouvrage qui m'a déconcertée et même écoeurée dans les premiers chapitres tant j'ai trouvé le personnage de Prétextat Tach ignoble, imbu de lui-même, égocentrique au possible, vulgaire, insupportable et j'en passe mais dès l'intrusion du personnage de Nina dans le roman, j'ai été complètement époustouflée par l'écriture de l'auteure, par le jeu de répliques piquantes de sarcasme qui s'instaure entre la journaliste et le prix Nobel. de lors, impossible de lâcher le livre des mains tant cela était exaltant et extrêmement bien écrit ! Un ouvrage qui m'a complètement bluffée je l'avoue. A découvrir !
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fredho
25 janvier 2013
  • 5/ 5
Pretextat Tach, un célèbre écrivain obèse, misanthrope, misogyne, atteint d'une maladie très rare et condamné accorde une dernière interview à une journaliste Nina plutôt fine d'esprit.
Au fil du dialogue entre les deux protagonistes, la journaliste habile manipule l'écrivain, ce dernier se dévoilant minutieusement, finit par avouer ses secrets et surtout le meurtre monstrueux de sa cousine Léopoldine assassinée dans sa jeunesse.
Ce roman dont le dialogue nous tient en haleine par son suspense et cette dualité insidieuse, nous démontre en parallèle une réflexion sur différents aspects tels que l'art de l'écriture, de la lecture mais également la société et ses travers.
C'est un petit chef d'oeuvre, un véritable régal dans une perversité absolue.
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sultanne
21 août 2012
  • 2/ 5
Si l'on ne peut indéniablement pas enlever un certain talent à Amélie Nothomb, ne lui forçons pas non plus le trait.
Certes, elle montre ici une certaine capacité à donner vie à des personnages bien structurés et dont les personnalités savent retenir l'attention du lecteur ;
Certes, elle sait trouver une situation originale et imposer son propre style pour donner un cadre bien typique à son livre ;
Certes, elle fait preuve d'une réelle aptitude à faire monter crescendo une tension dramatique intéressante...
Toujours est-il que ce livre sent tout de même le "premier coup" et qu'il lui manque quelques pages et quelques profondeurs. L'utilisation parfois pompeuse de plusieurs termes "savants" et cette façon de crier au génie à tout bout de page n'en est pas moins présomptueux alors que, avouons-le (même si, néanmoins le jeu psychologique est intéressant), il n'y a pas d'intrigue... le thème de l'absurde, le renversement des valeurs et la théorie de la relativité esquissés dans ce roman restent noyés parmi de nombreuses pages d'immondices pas toujours bien amenées. D'accord, parler de la merde, ça choque, mais ça reste un peu limité...
Ce huis-clos périlleux me laisse donc sur ma faim et sera peut-être un peu long à digérer...
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araucaria
21 octobre 2016
  • 4/ 5
Je m'étais toujours refusée jusqu'à maintenant à lire Amélie Nothomb, me méfiant de ce personnage fantasque et aussi surtout de cette auteure qui publie avec une régularité de métronome. Et puis un jeune ami lecteur, m'a conseillée d'essayer... Alors, j'ai fait confiance... Et ce roman m'a captivée. Je l'ai lu avec intérêt, surprise par la bonne qualité de l'écriture et le sujet original. Et, je l'ai aimé. Seul reproche, la fin que je trouve un peu hâtive. Mais un bon livre rédigé dans un vocabulaire un peu soutenu. Une bonne surprise.
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Killing79
24 avril 2016
  • 5/ 5
Après avoir été déçu, il y a quelques années, par ma lecture d' « Acide sulfurique », je m'étais promis de donner une seconde chance à Amélie Nothomb. Je me disais qu'on n'envoûtait pas tant de lecteurs sans raison, qu'elle avait forcément un truc ! J'ai tenu promesse. Pour ce faire, j'ai décidé de commencer par le commencement avec son premier roman, point de départ de cette hallucinante fascination collective. Et ma persévérance a été récompensée. Tous les mauvais sentiments que je retenais de ma première expérience avec l'auteure, ont été balayés grâce à celle-ci.
En général, j'apprécie assez peu les romans courts qui sont souvent au final superficiels ou incomplets. Pour qu'une histoire brève trouve grâce à mes yeux, il faut que le style ou le thème mérite la concision. Il faut qu'en peu de mots, le texte fasse mouche. Et pour « Hygiène de l'assassin », c'est le cas. Une interview de 200 pages, c'est original et avec ce style, c'est percutant !
Les deux protagonistes de ce dialogue sont des êtres particulièrement intelligents. Ils font tous les deux preuve d'une répartie verbale hors du commun, qui entraîne le débat à toute allure. Leurs échanges oraux sont d'une grande efficacité. J'ai été bousculé dans ce vif ping-pong d'idées et de phrases chocs. de plus, l'atmosphère qui règne dans la pièce est sombre, malsaine, méchante et le politiquement correct n'y a pas sa place. On est donc à la fois mal à l'aise face au fond de l'histoire et captivé par la forme.
Sur cet opus, je comprends l'engouement du public. Une forme surprenante, une histoire dérangeante et une plume affutée, un véritable exercice de style qui laisse une empreinte dans notre esprit. Malgré une fin bâclée, ce fut pour moi une bonne surprise. Après une première manche perdue, Amélie Nothomb remporte cette revanche haut la main. Il y a aura donc la belle…
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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Citations & extraits (227) Voir plus Ajouter une citation
mgeffroymgeffroy07 mars 2008
- Vos yeux se sont-ils habitués à l'obscurité ? Distinguez-vous mon visage à présent ?
- Oui vaguement.
- Tant mieux pour vous. Apprenez, monsieur, que si j'étais beau, je ne vivrais pas reclus ici. En fait, si j'avais été beau, je ne serais jamais devenu écrivain. J'aurais été aventurier, marchand d'esclaves, barman, coureur de dots.
- Ainsi, vous établissez un lien entre votre physique et votre vocation ?
- Ce n'est pas une vocation. Ça m'est venu quand j'ai constaté ma laideur.
- Quand l'avez-vous constatée ?
- Très vite. J'ai toujours été laid.
- Mais vous n'êtes pas laid.
- Vous êtes délicat, vous au moins.
- Enfin, vous êtes gros, mais pas laid.
- Qu'est-ce qu'il vous faut ? Quatre mentons, des yeux de cochon, un nez comme une patate, pas plus de poil sur le crâne que sur les joues, la nuque plissée de bourrelets, les joues qui pendent - et, par égard pour vous, je me limite au visage.
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Julie87Julie8703 juin 2009
La race humaine est ainsi faite que des êtres sains d'esprit seraient prêts à sacrifier leur jeunesse, leur corps, leurs amours, leurs amis, leur bonheur et beaucoup plus encore sur l'autel d'un fantasme appelé éternité.
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Gemin1Gemin125 novembre 2013
- Féministe, moi ? Je hais les femmes encore plus que les hommes.
- Pourquoi ?
- Pour mille raisons. D'abord parce qu'elles sont laides : avez-vous déjà vu plus laid qu'une femme ? A-t-on idée d'avoir des seins, des hanches, et je vous épargne le reste ?
Et puis, je hais les femmes comme je hais toutes les victimes. Une très sale race, les victimes. Si on exterminait à fond cette race-là, peut être aurait-on enfin la paix, et peux-être les victimes auraient-elles enfin ce qu'elles désirent, à savoir le martyre.
Les femmes sont des victimes particulièrement pernicieuses puisqu'elles sont avant tout victimes d'elles-mêmes, des autres femmes.
Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d'horreur devant tant d'hypocrisies, de jalousie, de méchanceté, de bassesse. Jamais vous ne verrez deux femmes de battre sainement à coups de poing ni même s'envoyer une solide bordée d'injures : chez elles, c'est le le triomphe des coups bas, des petites phrases immondes qui font tellement plus mal qu'un direct dans la mâchoire.
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pilpilippilpilip07 avril 2010
La plupart des gens ne lisent pas. A ce sujet, il y a une citation excellente, d'un intellectuel dont j'ai oublié le nom : "Au fond, les gens ne lisent pas ; ou, s'ils lisent, ils ne comprennent pas ; ou, s'ils comprennent, ils oublient."
Voilà qui résume admirablement la situation, vous ne trouvez pas ?
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DijkschneierDijkschneier26 juin 2010
- Voyez-vous, jeune homme, je crois que nous n'avons pas la même
conception du mot "sentiment". Pour moi, vouloir casser la gueule à quelqu'un,
c'est un sentiment. Pour vous, pleurer dans la rubrique "Courrier du cœur" d'un
magazine féminin, c'est un sentiment.
- Et pour vous, qu'est-ce que c'est ?
- Pour moi, c'est un état d'âme, c'est-à-dire une jolie histoire bourrée
de mauvaise foi qu'on se raconte pour avoir l'impression d'accéder à la dignité
d'être humain, pour se persuader que, même au moment où on fait caca, on est
empli de spiritualité.
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