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ISBN : 2210750970
Éditeur : Magnard (2016)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 1698 notes)
Résumé :
Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.

Étudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévices étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (177) Voir plus Ajouter une critique
Bibliolibra
Bibliolibra09 mars 2012
  • Livres 3.00/5
Un titre acide pour un roman acide. Pas de mystères. Il s'agit bien là de la plume d'Amélie Nothomb, celle du début, celle qui avait réussi à rabaisser mon caquet de lectrice avec son Stupeur et tremblements. Certes, ce roman n'est pas mon préféré... Mais quel délice cette satire de ce que l'on appelle téléréalité... Cette chose abrutissante, sans intérêt et dont tout le monde raffole. Cette espèce de mal-bouffe télévisuelle, aspirateur de neurones et d'intelligence.
Ce roman est remarquable d'originalité et de réalisme. Dans Acide Sulfurique ce sont deux réalités, historique et actuelle, qui se superposent:
Première réalité: le traitement des juifs déportés au cours de la seconde Guerre mondiale.
Deuxième réalité: l'influence de la téléréalité dans notre société.
Toutes deux sont terribles, putrides et ont fait des dégâts (ou continue d'en faire...). Toutes deux sont le pur fruit de la bêtise humaine. Bêtise humaine que le regard d'Amélie Nothomb, 'légèrement' cynique, sait reconnaître. Chose qu'elle fait d'ailleurs très souvent. En effet, dans bon nombre de ses romans l'auteure a toujours le chic pour mettre en scène les travers de la société, les tortiller avec sa plume, les entremêler, le tout enrobé d'une fine couche d'ironie et de cynisme.
Un style unique, un bagou spécial, un univers fictionnel qui vacille entre réalité et science-fiction (parfois) et surtout ce sens de l'humour qui frôle toutes les couleurs et surtout le noir. Cet humour si particulier et au public restreint qui, manié habilement, arriverait à faire tordre de rire les plus réticents à son encontre.
Des épices 'Nothomboresques' malheureusement en voix de disparition pour les 'Nothombphiles' comme moi qui ne redemandent qu'à retrouver cette Amélie Nothomb, petite graine de raison douce dans une société tristement acidifiante, dont la voix de la sagesse aurait pu, fut un temps, être comparée à celle de maître Yoda (ou pas).
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latina
latina11 décembre 2013
  • Livres 3.00/5
Amélie Nothomb est une intellectuelle. du moins dans ses romans. Et particulièrement dans « Acide sulfurique ».
Alors que les thèmes – la téléréalité et les camps de concentration – portent à s'émouvoir, à s'indigner, à réagir avec ses tripes, ici, tout est mis à plat, décortiqué, disséqué. Donc pas de réaction instinctive, mais plutôt une mise à distance, une analyse...intellectuelle.
Le propos ? En 2 mots : dans un futur (très ?) lointain, des organisateurs de téléréalité ont mis en scène l'innommable, reconstituer un camp de concentration pour y faire mourir les gens à petit feu, et ce devant des milliers de téléspectateurs. Et curieusement, personne, non, personne ne réagit, que ce soit parmi ceux qui regardent, que parmi ceux qui dirigent le pays, ou même ceux qui subissent, sauf une ! Une très jolie jeune fille ose se détacher du moule et défier l'autorité de l'image. Les conséquences s'enchainent très rapidement : les « kapos » (quand je vous dis que c'est une reconstitution des camps, il faut me croire !), les autres détenus, les organisateurs et les spectateurs se positionnent. Et c'est l'effet boule de neige, car chacun, en tant qu'être humain (si, si, il parait que c'est encore des êtres humains) est obligé de se placer par rapport à cette frêle jeune femme au mental phénoménal.
Et donc, tout va se jouer, comme dans un (bon ?) jeu de stratégie. Un pion se déplace ? Les autres aussi, forcément. Mais ici, c'est d'un déplacement intellectuel qu'il faut parler. Chaque phrase est assassine (quasiment dans les 2 sens du terme). Chaque mot porte, tire et tue...ou sauve.
Amélie Nothomb en profite pour parler
- de la force du prénom (« le prénom est la clé de la personne. C'est le cliquetis délicat de sa serrure quand on veut ouvrir sa porte »),
- du langage (« On est toujours plus beau quand on a un mot rien que pour soi. le langage est moins pratique qu'esthétique »),
- et même de Dieu (« Au fond, la création accomplie, quelle était la tâche de Dieu ? Sans doute celle d'un écrivain quand son livre est édité : aimer publiquement son texte, recevoir pour lui les compliments, les quolibets, l'indifférence. Affronter certains lecteurs qui dénoncent les défauts de l'oeuvre alors que, même s'ils avaient raison, on serait impuissant à la changer. L'aimer jusqu'au bout »).
Et de toute une série de petites choses auxquelles on ne pense pas nécessairement dans la vie courante, mais auxquelles on acquiesce quand c'est dit à la manière nothombienne.
Bref, un roman qui, à défaut d'émouvoir, fait réfléchir. Ce qui n'est pas plus mal, en ces temps où les cerveaux sont souvent sclérosés par la pensée télévisuelle...
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Bellisa55
Bellisa5518 mars 2015
  • Livres 4.00/5
Mais quelle audace ! La femme au chapeau ne fait pas dans la demi-mesure et cela n'est pas pour me déplaire.
Original et percutant sont les deux adjectifs qui me viennent à l'esprit pour qualifier cet ouvrage très bref au titre décapant et aux premiers mots cinglants :
" Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle. "
Rafles, kapos, matricules, camp, tortures diverses et variées, exécutions. Un livre abordant la déportation ?, me direz-vous. Non, une critique extrêmement corrosive d'un genre télévisuel qui s'est fortement développé au cours des dernières années et dont les producteurs semblent vouloir repousser toujours plus loin les limites : la télé-réalité.
En imaginant un jeu télévisé mettant en scène une réalité historique douloureuse, Amélie Nothomb pousse le concept à l'extrême et fait mouche. Elle nous bouscule, nous égratigne, nous écorche pour mieux nous prendre dans ses filets.
Dans l'univers imaginé par la romancière, plus les médias s'offusquent et dénoncent les atrocités subies par les prisonniers du camp, plus l'audimat augmente ; ce dernier atteignant son paroxysme lorsqu'il est demandé au public de désigner les captifs devant être exécutés. Loin d'être atterrés par les règles inhumaines de ce qui est censé être un jeu, les spectateurs, complices, non seulement se complaisent dans un voyeurisme malsain mais prennent également plaisir à participer aux sévices.
Au beau milieu de cette noirceur, scintille toutefois une lueur d'espoir en la personne de Pannonique, magnifique jeune femme qui resplendit autant par sa beauté physique que par celle qui irradie de son âme. Intelligente, courageuse, endurante, la détenue CKZ 114, comme elle est appelée au camp, de par son sens du sacrifice et sa lutte pour conserver sa dignité, non seulement force le respect de ses compagnons d'infortune mais parvient également à faire fléchir et humaniser quelque peu la brutale kapo Zdena.
Acide sulfurique, un ouvrage provocateur et dérangeant ayant suscité la polémique mais proposant une exploration des facettes les plus obscures mais aussi les plus pures de l'individu et invitant à l'introspection. Un écrit fort intéressant !
Ah... J'allais oublier... Je m'appelle Isabelle !
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242
24221 août 2016
Alors que certains se lancent dans le défi de la rentrée littéraire à venir - à savoir : lire tous les livres de la rentrée littéraire - je me suis lancé il y a de cela des années un défi de taille : lire avant ma mort, un Nothomb, un Lévy, un Musso. En espérant pour moi qu'un phénomène littéraire de cette ampleur n'apparaisse pas. Sur ce dernier point, il me semble que je vais devoir ajouter un Bussi et que, l'industrie de l'édition, industrie de masse, saura (malheureusement pour moi) produire d'autres phénomènes de ce type.
Dans L'ornement de la masse, recueil d'articles sur les phénomènes de masse comme peut l'être une rentrée littéraire, Kracauer considérait que « le lieu qu'une époque occupe dans le processus historique se détermine de manière plus pertinente à partir de l'analyse de ses manifestations discrètes de surface, qu'à partir des jugements qu'elle porte sur elle-même. Ceux-ci, en tant qu'expression des tendances du temps en sont pas des témoignages concluants sur l'état d'esprit global du siècle. Les premières, par leur caractère inconscient, donnent directement accès au contenu fondamental de la réalité existante. Inversement, leur interprétation est liée à la connaissance de celui-ci. le contenu fondamental d'une époque et ses mouvements demeurés inaperçus s'éclairent mutuellement. ». Et Kracauer s'intéresse, entre autres, aux livres à succès et leur public qui reprend une série publiée dans les pages littéraires du Frankfurter Zeitung intitulée « Comment s'expliquent les grands succès de librairie ? ».
En termes de succès de librairie, nous avons Nothomb, Lévy, Musso, Bussi, et d'autres évidemment. A l'époque où Kracauer expliquait les grands succès de librairie, il s'agissait de Zweig, de Jack London, de Remarque, de Franck Thiess et Richard Voss*. Les séries de livres à succès, en tant que manifestations discrètes de surface, des deux époques respectives illustrent bien le lieu de chacune des deux époques dans le processus historique.
Mais revenons à mon défi. J'ai commencé le défi (d'une vie) par un Amélie Nothomb. Des trois, Nothomb est la star de la rentrée littéraire depuis des années déjà. Comme il y a le Black Friday, le Beaujolais nouveau, la bière de mars**, il y a le Nothomb de la rentrée littéraire - c'est bien pratique pour savoir que l'on est en septembre même si on peut préférer un calendrier de Plonk & Replonk.
Comme il y a des règles dans tout défi sérieux, le choix du Nothomb devait obéir à certaines règles : être acheté chez le libraire de la ville où je passe une partie de mes vacances ; être lu pendant cette période de vacances d'été exclusivement.
Du coup, j'ai pris ce qu'il y avait dans la librairie - et le gagnant est Acide Sulfurique.
L'idée d'Acide sulfurique est de mélanger télé-réalité et camp de concentration. Pour rappel, Acide Sulfurique est paru en 2004. Contrairement à Yannick Agnel ou Camille Lacourt aux Jeux Olympiques de Rio, Loana avait déjà fait des prouesse dans la piscine, Kamel découvert le mot « thym » qui n'est pas le TIM et nous qu'ingénu était l'opposé de génie - même le disciple de Léonard n'aurait pas osé !!!
Pour revenir à Acide Sulfurique, le mélange entre télé-réalité et camp de concentration est bien la seule idée du livre avec, quand même, ici où là, quelques réflexions.
L'impression de lecture est celle d'un auteur qui s'est arrêté d'écrire son livre après un cahier des charges atteint - ne pas dépasser un certain nombre de lignes - pour passer à la prochaine rentrée littéraire.
Sur le thème traité par Nothomb dans ce livre, il y a une masse de livres bien plus intéressants et plus détaillés que celui d'Amélie Nothomb. Par exemple, The Lucifer Effect sur l'expérience de Standford ou Soldats : Combattre, tuer, mourir : Procès-verbaux de récits de soldats allemands.
A l'année prochaine (au minimum) pour la suite du défi.
* Kracauer avait écrit sur Thiess et Voss et d'autres commentateurs sur les autres auteurs.
** Apparemment celle-ci est une tradition remontant à plusieurs siècles et non un simple phénomène du marketing.
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Eric75
Eric7529 janvier 2011
  • Livres 2.00/5
Ce court roman est bien entendu un pamphlet critiquant les dérives et les excès de la téléréalité : le loft est ici métaphoriquement remplacé par un camp de concentration. Allant jusqu'au bout de son raisonnement, Amélie Nothomb transforme le plateau des émissions de téléréalité en camp de la mort, avec son lot de tortures mentales et physiques, la mise en scène des sévices, la destruction des personnalités et les exécutions de masse organisées au gré des votes du public (tout ceci est quand même un peu excessif, mais c'est le parti pris du livre).
Sont bien sûr dénoncés la dictature de l'audimat, le voyeurisme, les bas instincts des organisateurs et des téléspectateurs, mais les mécanismes décrits ne vont jamais beaucoup plus loin que ces simples constats. La démonstration occulte en particulier le principe du volontariat et le fait que les joueurs, tous volontaires, sont motivés par l'envie d'exister aux yeux du public (de se faire connaître, de se stariser, de se forger a minima une identité médiatique, même si elle frise le ridicule) donc de se construire plutôt que de se détruire.
Les vrais joueurs de la téléréalité sont sans doute impudiques, égocentriques et mégalomanes, et peut-être ne méritent-ils pas leur célébrité, mais ces travers ne sont pas exploités. Les victimes du jeu sont ici tirées au sort, vouées à l'anonymat, condamnées à une mort certaine et supposées se résigner. C'est donc un total contresens.
Par ailleurs, même en acceptant la démonstration, les situations imaginées par Amélie Nothomb ne sont pas exploitées au mieux (comment faire autrement dans un roman aussi court ?) : les petits trafics et arrangements organisés sont invraisemblables sous le regard des caméras, la relation insolite qui se crée entre le bourreau et sa victime se cantonne au niveau d'une aimable discussion de salon.
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Citations & extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
camo77camo7719 août 2016
[...] il serait facile d'être Dieu si le mal n'existait pas mais alors, on n'aurait aucun besoin de Dieu non plus.
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camo77camo7719 août 2016
C'est une naïveté courante: les gens ne savent pas combien la télévision les enlaidit. Zedna prépara son laïus devant le miroir sans se rendre compte que la caméra n'aurait pas pour elle les indulgences de son reflet.
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camo77camo7719 août 2016
C'est quand son absence est la plus crainte que Dieu est le plus nécessaire.
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SEcritureSEcriture13 avril 2010
Tandis qu’elle peinait au déblaiement des gravats, elle eut une crise de haine en pensant aux spectateurs. C’était une implosion lente qui partait de la cage thoracique et qui montait aux dents, les changeant en crocs : « Dire qu’ils sont là, avachis devant leur poste, à savourer notre enfer, en feignant sûrement de s’en indigner ! Il n’y en a pas un pour venir concrètement nous sauver, cela va de soi, mais je n’en demande pas tant : il n’y en a pas un pour éteindre son téléviseur ou pour changer de chaîne, j’en mets ma main à couper. »
Le kapo Zdena vint alors l’arroser de coups de schlague en l’invectivant, puis alla s’occuper ailleurs.
« Je la déteste aussi, et pourtant beaucoup moins que le public. Je préfère celle qui me frappe à ceux qui me regardent recevoir sa hargne. Elle n’est pas hypocrite, elle jour ouvertement un rôle infâme. Il y a une hiérarchie dans le mal, et ce n’est pas le kapo Zdena qui occupe la place la plus répugnante. »
p.93
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x-Kah-mix-Kah-mi20 décembre 2010
A la revue matinale, Pannonique vit le kapo Marko ramener la fillette. Elle sourit à la petite qui avait une mine de déterrée.
Puis le Kapo Jan vint sélectionner les condamnés du jour : normalement, il passait en revue l'effectif et jugeait qui méritait de mourir ; cette fois, sans hésitation, il sortit du rang ZHF 911 et PFX 150.
Un frémissement parcourut l'assemblée. On avait beau avoir l'habitude du mal, la condamnation d'un enfant, c'était autre chose. On ne parvint même pas à se réjouir d'être enfin débarrassé de la vieille.
On entendit pour la première fois la voix de ZHF 911, qui résonnait toujours à mi-chemin entre le grincement et le ricanement.
- Les extrêmes s'attirent, on dirait.
Il lui était égal de mourir.
PFX 150, elle, resta abasourdie de silence.
On dut la pousser pour la faire marcher.
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