« Jamais personne n'avait porté aussi haut l'étendard de la fiction, au point de concurrencer la vie même, d'interagir avec elle et de réconcilier dans un même amour de la littérature tous les publics, du plus fruste au plus cultivé. » L'écrivain qui sut si bien passionner des millions de lecteurs c'est
Charles Dickens à qui
Jean-Pierre Ohl rend hommage dans cette biographie. L'admiration de
Jean-Pierre Ohl pour Dickens transparaît dans chaque page mais sans complaisance. Les parts d'ombre du plus grand romancier victorien ne sont pas oubliées.
Il faut dire que la vie de
Charles Dickens fut des plus mouvementée, elle pourrait être qualifiée de dickensienne ! L'enfance est le moment fondateur , le moment où se forge le caractère de Dickens. Jusqu'à l'année 1824, la vie est plutôt harmonieuse dans la famille de John Dickens. Mais ce dernier est impécunieux et cumule les dettes. Sa situation empire tellement qu'il demande à son fils Charles de travailler. A l'âge de 12 ans, celui-ci est embauché chez Warren's Blacking, une fabrique de cirage, pendant que son père est incarcéré à la prison de la Marshalsea. Cet épisode est un véritable traumatisme pour le jeune Charles, non seulement il doit travailler mais en plus il ne peut continuer à aller à l'école. Devenu adulte,
Charles Dickens voudra prendre une revanche sur son enfance et travaillera de manière acharnée pour s'élever socialement et sortir de la misère.
Il réussit malgré tout à devenir clerc puis journaliste. Il écrit des chroniques publiées en volume en 1835, ce sont « Les esquisses de Boz ». Mais le succès arrive en 1836 avec la publication en feuilleton « Des papiers posthumes du Pickwick Club ». C'est un triomphe absolu et chaque publication est attendue par des millions de spectateurs. La même année
Charles Dickens épouse Catherine Hogarth qui lui donnera dix enfants. le succès e
Charles Dickens ne sera jamais démenti. Il y aura des hauts et des bas, des scandales (notamment lorsqu'il se sépare brutalement de sa femme) mais le lecteur sera toujours au rendez-vous. L'inimitable Boz laisse des chefs-d'œuvre absolus à la littérature anglaise : «
Oliver Twist », «
David Copperfield », «
Le Conte de Noël », «
De grandes espérances », « L'ami commun ».
Charles Dickens avait une personnalité complexe et terriblement angoissée. La mort rôde toujours et la morbide assombrit ses romans. A cet égard la mort de sa jeune belle-sœur Mary Hogarth en 1837 est évènement majeur. Dickens ne s'en remettra jamais. Ses terreurs étaient masquées, apaisées par une énergie folle. Dickens était toujours en mouvement : écrire beaucoup, marcher, voyager, défendre les plus démunis, jouer ses propres pièces, faire des lectures publiques.
Charles Dickens s'est consumé au fil des ans, s'est ruiné la santé à force de débauches d'énergie.
Charles Dickens était également un homme tyrannique. Ne laissant personne décider pour lui, il prenait le pouvoir de force comme avec ses différents éditeurs. Personne ne pouvait se mettre sur sa route quand il avait décidé quelque chose. Son besoin de contrôle rejoint son côté maniaco-dépressif.
La biographie de
Jean-Pierre Ohl est vraiment passionnante, nous permettant de mieux cerner ce personnage flamboyant qu'était
Charles Dickens. Ohl entremêle judicieusement la vie et les œuvres de Boz, les deux étant totalement indissociables. Malgré les défauts de
Charles Dickens, mon admiration est ressortie grandie de cette lecture. Dickens a consacré sa vie à la littérature avec grandeur, panache, talent et une passion brûlante.
Oliver Twist, la petite Nell, Scrooge, Paul Dombey, Pip, Mr Pickwick,
David Copperfield, Edwin Drood peuplent et peupleront pour toujours nos imaginaires.
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