Décidément la rentrée littéraire 2011 est un fort bon cru!
Mondial nomade ne faillit pas à cette réputation: originalité du sujet, émotions palpables, ouverture vers des questionnements divers et écriture percutante.
Rem Jean-Charles (
Philippe Pollet-Villard aurait pu inverser nom et prénom, non,chaque détail compte, on se dirait au purgatoire lors d'une pesée d'âme, Rem Jean-Charles qu'avez vous-fait de votre vie?, bon là je m'éloigne quelque peu car Rem Jean-Charles est plus vif que mort), donc Rem Jean-Charles, patron "taiseux" a bâti, grâce à son idée géniale de "mobilier résiduel" et de "concession à durée indéterminée", un véritable empire, le garde-meubles "
Mondial nomade.
Arrive l'heure de la retraite (ou plutôt mise à la retraîte d'office par les ambitieux actionnaires) et des bilans de vie.
Solitude,angoisses,hypocondrie, sa dévouée secrétaire lui manque pour pallier le moindre souci.
Dur,dur pour un patron de se retrouver face au vide quotidien, sans rien pour combler la déprime sous-jacente.
Lors de rangements,il déniche une photo de son époque "sale,boutonneux,hirsute" sur laquelle, sourit à ses côtés un guide indien qui l'a jadis aidé.
Rem Jean-Charles va partir à New-Dehli pour rechercher cet "ami" plausible et par la même occasion "le diable" de photographe du cliché.
Abords de la vieillesse,biens matériels,réussite professionnelle contre diverses privations,remise en question, illusions à perdre...
Mondial nomade serait-il, à l'instar de son entreprise, un état de transition entre le temps d'effectuer son deuil et celui de s'ouvrir à d'autres projets?
Une fin qui m'a laissée........rêveuse!
Philippe Pollet-Villard, auteur de
L'homme qui marchait avec une balle dans la tête (prix Ciné-roman 2006) et de La fabrique des souvenirs (prix
Marcel Pagnol 2008) a également obtenu, en tant que réalisateur, le
César et l' Oscar du Court Métrage 2008.