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> Jean Esch (Traducteur)

ISBN : 2070612422
Éditeur : Gallimard Jeunesse (2007)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 1727 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ce n'était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans: Lyra vivait, en compagnie de son dæmon Pantalaimon, parmi les Érudits du Jordan College, passant ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures.Mais sa vie bascule le jou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Jumax, le 08 avril 2012

    Jumax
    Quand j'étais petite je détestais lire, mais cette trilogie m'a totalement ouverte à la lecture, et croyez moi ce n'était pas gagné d'avance. Aujourd'hui, je suis libraire, on peut donc dire que la mission est pleinement accomplie. J'ai tout adoré et j'ai plaisir même aujourd'hui à les relire. J'aime à la fois l'univers et ses personnages attachants. Une belle aventure.
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    • Livres 3.00/5
    Par florencemullot, le 10 septembre 2013

    florencemullot
    Je continue à vider tout doucement ma PAL avec le premier tome de la saga « A la croisée des mondes ». le style de Philip Pullman m'avait beaucoup plu dans les aventures de Sally Lockhart, et ayant bien accroché au film « La boussole d'or », j'avais envie de découvrir cette saga, surtout que les critiques sur la trilogie sont assez élogieuses.
    Le problème d'avoir vu le film avant est qu'on sait plus ou moins ce qu'il va se passer. Je savais qu'il y avait de nombreuses différences (des fans de la saga m'ayant fait savoir leur mécontentement suite à la sortie de l'adaptation cinématographique) mais dans l'ensemble, l'histoire est très proche. le hic, c'est qu'on perd un peu du mystère et c'est aussi une des raisons qui font que je vais enchaîner avec le tome deux, car j'ai vraiment envie de savoir ce qu'il va se passer maintenant. Vous vous en doutez, j'ai bien accroché à l'histoire. Il faut dire que le roman de Philip Pullman possède tout ce que j'aime : un côté fantastique avec des êtres étranges (daemons, sorcières, ours en armure…), de l'aventure, un peu d'action et du mystère. Sans compter sur le style de l'auteur qui est fluide, prenant, sans être lourd au niveau des descriptions. Il sait captiver son public pour on plus grand bonheur.
    Le seul petit point négatif, pour moi, est Lyra. J'en parle tout de suite dans ma critique car ce sentiment ne m'a pas lâché du début à la fin du roman. Et ne pas arriver à accrocher à l'héroïne de l'histoire est assez dommage. Mais, je me rends compte que c'est quelque chose d'assez récurrent dans les romans que je lis lorsque le héros est une fillette à qui l'auteur a donné un tempérament assez arrogant, trop intelligente pour son âge, trop indépendante, trop sûre d'elle. Ce ne sont pas des traits de caractère qui rendent ces personnages sympathiques. Bien au contraire. Et ce n'est pas le premier roman que je lis où la jeune héroïne est exactement comme cela. Je ne dis pas qu'une fillette, une adolescente ou une femme ne devraient pas avoir ces traits de caractère (sauf pour l'arrogance…), mais les trois combinés donnent un côté « mademoiselle-je-sais-tout » assez horripilant. C'est d'ailleurs quand Lyra ne se montre pas arrogante ou manipulatrice que je l'ai grandement apprécié et souvent dans ces cas-là, elle était vulnérable. Je trouve cela dommage. J'espère maintenant que son arrogance, tout du moins, s'estompera dans les autres tomes pour que je puisse avoir le plaisir d'apprécier ce personnage à sa juste valeur, notamment pour son grand courage et son sens de l'amitié.
    En ce qui concerne l'histoire en elle-même, je l'ai trouvé passionnante. On ne s'ennuie pas une seconde, on apprend à découvrir ce nouveau monde petit à petit et il est vraiment agréable de voir que l'auteur n'a pas eu peur de montrer l'Eglise de ce monde d'un côté négatif mais compréhensible. La présence des daemons, pour ainsi dire l'âme physique des humains de ce monde, est intelligemment menée aussi. le fait qu'ils prennent l'apparence d'animaux, leur faculté à communiquer en font des personnages à part entière, et l'alchimie qui existe entre un humain et son daemon est mystérieuse tout en restant tout à fait accessible. J'ai beaucoup aimé Pan qui est bien sûr mis très en avant, et qui pour le coup, n'a pas l'arrogance de Lyra. Il était très intéressant de voir comment ces deux-là évoluaient, comment était construite leur relation. Si bien que je vois plus les daemons comme une sorte d'ange gardien, un guide qui vous aide à garder le chemin qui a été tracé pour vous. La présence de nombreux peuples aussi différents que mystérieux : sorcières, gitans, ours… est aussi intéressant. Cependant, je trouve dommage que ces peuples soient encore assez obscures à la fin du premier tome. On en apprend beaucoup sur eux, certes, mais j'ai l'impression qu'on ne sait pas l'essentiel, et j'ai peur que le prochain tome ne fasse pas disparaître cette impression. le côté steampunk aussi est une grande réussite. L'auteur garde ainsi l'avancée technologique tout en restant dans un univers « passé » et j'adore cela. le mélange des deux donne des possibilités infinies et j'ai hâte de voir jusqu'où nous conduiront les mystères de la Poussière et de l'Aléthiomètre !
    Du coup, vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ce premier tome qui me laisse l'impression d'un premier tome d'une saga, à savoir de construire les prémices d'une suite encore plus intéressante et palpitante et qui n'a pas les défauts de certains romans trop longs à entrer dans le vif du sujet.
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    • Livres 4.00/5
    Par iarsenea, le 10 novembre 2011

    iarsenea
    Ce livre, ainsi que le second tome de la série, m'ont été offert par ma marraine alors que je sortais du primaire. À l'époque, la série venait de sortir en français et elle faisait un tabac auprès des jeunes. Malheureusement, à ce moment-là de ma vie, j'étais plutôt fermée à la littérature fantastique. Donc, quand j'ai lu Les royaumes du nord à ce moment-là, le roman m'a semblé difficile à aborder et j'ai abandonné après la lecture de ce premier tome. C'est curieux quand je pense à ce qu'il me restait avant de l'avoir relu. le tout premier chapitre, alors que Lyra se trouve enfermée dans un placard et assiste par hasard à une rencontre déterminante, et l'idée vague que la petite fille allait voyager d'un monde parallèle à l'autre.
    Et pourtant, maintenant que je l'ai relu, je me demande si je n'avais pas lu le tome 2 finalement ! Parce que tout au long de ma lecture sauf au tout début (et à la toute fin), rien ne me donnait une impression de déjà vu. En tout cas, on verra bien après avoir lu le deuxième tome... Peut-être que j'ai lu les deux, ou peut-être même que j'ai juste lu le deuxième, qui sait ?
    Trève de blabla, fini le suspense : cette fois-ci, j'ai adoré. Peut-être étais-je paradoxalement trop jeune (c'est quand même de la littérature jeunesse...) quand je l'ai lu pour la première fois, car cette fois-ci l'univers dans lequel évolue la petite Lyra m'a totalement séduite.
    Les daemons, des animaux qui accompagnent et qui sont liés à leur humain de telle façon qu'ils puissent lire dans la pensée de l'autre, qu'ils ne puissent pas vivre l'un sans l'autre, et qui se métamorphosent constamment jusqu'à l'âge adulte, c'est une idée géniale.
    L'aléthiomètre aussi est une formidable idée, avec ses milliers de façon de l'interpréter. Quand on lui pose une question, il dit toujours la vérité, mais comment l'interpréter, comment être sûr de bien déchiffrer le message qu'il envoie ?
    La Poussière, les mondes parallèles, les Aurores, les sorcières volant sur des branches de sapin, les ours en armures et les Tartares... Quelle imagination débordante que celle de Philip Pullman ! Une imagination qui rappelle celle aussi extraordinaire de J.K Rowling. Leurs deux univers ont beau être bien différents, ils sont tout les deux magnifiquement réussis et originaux !
    Ainsi, même si il me semble qu'au final Les royaumes du Nord ne sert qu'à installer l'intrigue pour les deux prochains tomes, j'ai été complètement charmée par ce premier tome de la saga À la croisée des mondes. À ceux qui comme moi n'auraient toujours pas découvert cette saga, ne tardez plus !
    À très bientôt pour la suite !
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    • Livres 5.00/5
    Par livr0ns-n0us, le 26 septembre 2014

    livr0ns-n0us
    J'ai découvert cette saga peu après le blast Harry Potter. Je devais avoir treize ou quatorze ans lorsque j'ai mis pour la première fois mon nez dans ce premier tome, qui m'a plu immédiatement, rien qu'en raison de sa couverture. J'avais été fortement impressionnée par les récits de Jack London et de Nicolas Vanier dans le grand Nord ; aussi, cette petite fille chevauchant un ours polaire, c'était moi tout craché, du moins ce que j'aurais voulu être. Et dès les premières pages, la magie fonctionne... L'histoire se déroule dans un univers parallèle au notre, à Oxford. L'univers dépeint est assez proche de notre XIXème siècle, à l'époque où les moteurs n'avaient pas encore envahi les rues. Sans forcément parler d'atmosphère Steampunk, on est plongés dans un monde tiraillé entre les découvertes scientifiques et les dogmes religieux, le tout saupoudré d'un peu de fantastique.
    Nous marchons donc dans les pas de Lyra, une fillette de douze ans, qui grandit un peu livrée à elle-même entre les murs du Jordan Collège. Placée là après la disparition de ses parents par son oncle, le très puissant Lord Asriel, son quotidien se résume à grimper sur les toits, fouiner dans les artères souterraines, jouer des tours aux érudits et se battre dans les rues avec les enfants des gitans. Dotée d'un caractère bien trempé (parfois même insupportable), elle est autoritaire, têtue, vantarde... et très curieuse. Un soir, elle pénètre dans le Salon, réservé aux érudits ; cachée dans une penderie, elle assiste à une réunion extraordinaire à propos de la Poussière, une découverte qui agite les milieux scientifiques et ecclésiastiques. Sorte de particule lumineuse invisible à l'œil nu, elle se dépose sur les adultes mais semble éviter mystérieusement les enfants qui n'ont pas encore atteint la puberté... Existe-t-il un lien entre cette Poussière et les disparitions d'enfants qui frappent le pays ? Lorsque son ami Roger est enlevé à son tour, Lyra est embarquée dans une aventure qui la dépasse et qui la mènera aux confins du Nord, à la rencontre des Ours en armure, des dangereux Tartares et des sorcières... pour qu'éclate alors la vérité.
    Le génie de Philipp Pullman est d'avoir mêlé de façon si habile science et fantastique. Moi qui ai toujours eu du mal à m'intéresser à la physique par exemple, j'ai été émerveillée par cette histoire de Poussière et de particules élémentaires. Je viens d'ailleurs tout juste de commander un ouvrage intitulé Les mystères de la science dans la trilogie de Philip Pullman dont les auteurs se proposent de revenir sur les théories et découvertes scientifiques dont l'auteur s'est inspiré. Et le sujet promet d'être passionnant ! Mais ce qui fait également la force de cette trilogie et de ce premier tome, c'est la virtuosité avec laquelle Philip Pullman dresse le portrait de des protagonistes. Ils sont finalement assez peu décrits physiquement, mais on imagine sans mal à quoi ils ressemblent grâce à leur psychologie très développée, et surtout à leurs actions. le crédo du livre pourrait être "tu es ce que tu fais..."
    Lyra est une héroïne qui n'a pas un caractère évident, et son manque de maturité au début de la saga pourra en énerver plus d'un. Elle est cependant doté de grandes qualités humaines, et sa débrouillardise la sort de presque toutes les situations. Vive, agile, espiègle, elle est à la fois forte et fragile, mais surtout pas cruche pour un sou. Elle est aidé dans sa quête par une galerie de personnages tous plus incroyables les uns que les autres. Mon favori, Iorek Byrnison, est un Ours en armure banni de son royaume à qui Lyra offre la possibilité de regagner ce qu'il a perdu. Loyal, plein d'honneur, peu loquace mais toujours avisé, il se révèle un compagnon hors-pair. Et il ne faut pas oublier Pantalaimon, le plus fidèle ami de Lyra ! Pan est un dæmon, c'est à dire un petit animal qui représente en quelque sorte la partie visible de l'âme de chaque humain dans le monde créé par l'auteur. Chaque dæamon peut se transformer à volonté jusqu'à l'âge adulte, où il adopte alors une forme définitive. Je ne vous en dit pas plus sur l'importance de telles créatures ; sachez seulement qu'elles jouent un rôle capital dans l'intrigue...
    En résumé donc, Philip Pullman a su créer un monde riche et foisonnant, assez complexe pour que cette lecture s'adresse autant aux adolescents qu'aux adultes. Après quelques chapitres descriptifs, le rythme est plutôt soutenu à partir de la seconde partie de ce premier tome, et le cliffhanger est haletant. J'ai particulièrement apprécié la diversité des thèmes abordés, et notamment la façon dont l'auteur oppose les théories scientifiques aux dogmes religieux. La plume vive et détaillée met en valeur ce récit qui fourmille de trouvailles originales et passionnantes, à l'image de l'aléthiomètre, une sorte de grosse boussole qui présente quatre aiguilles et trente-six symboles permettant à celui qui la maîtrise de poser des questions et d'obtenir la vérité. Je pourrai discourir encore des heures sur la richesse de ce premier tome, mais je préfère m'arrêter là et vous encourager à découvrir par vous même cette saga initiatique enchanteresse !

    Lien : http://livr0ns-n0us.blogspot.fr/2014/09/a-la-croisee-des-mondes-1-le..
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    • Livres 4.00/5
    Par Chiwi, le 31 décembre 2012

    Chiwi
    Dans un univers différent du nôtre sur de nombreux points et pourtant possédant de multiples points communs, Lyra Belacqua découvre par mégarde la Poussière, une étrange particule élémentaire. Des savants, avec l'autorisation de l'Eglise, mènent des recherches sur cette poussière en utilisant des enfants. Lyra va se lancer à la recherche des kidnappeurs qui ont enlevé son meilleur ami. Elle va se retrouve confronter à Mrs Coulter, une femme intelligente mais aussi méchamment calculatrice. Sa quête va la mener jusque dans le Nord où elle rencontrera des ours qui parlent et des sorcières.
     
     
    Pour moi Les Royaumes du nord est un grand roman d'aventures et une grande réussite.
     
    Pullman invente une mythologie propre et il croise tous les éléments : fantasy, science-fiction, steampunk. Ce qui donne une grande richesse au récit. Les personnages que Lyra rencontre sont nombreux et ont tous une personnalité assez fouillée.
     
    Comme un gamin je me suis laissé prendre à l'histoire, jusqu'à la fin j'ai été scotché. Sauf que la fin n'en est pas une, c'est juste une ouverture vers le roman suivant.
     
    C'est un roman qui attendu une bonne dizaine de mois dans une étagère avant d'être lu, si j'avais su je l'aurais lu plus vite.
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Citations et extraits

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  • Par Dionysos89, le 30 septembre 2012

    Je reste ici et je bois de l'alcool, car ils m'ont volé mon armure et, sans elle, je peux chasser les phoques, mais je ne peux pas faire la guerre ; or, je suis un ours en armure, la guerre est pour moi comme l'océan où je nage, comme l'air que je respire. Les habitants de cette ville m'ont fait boire de l'alcool, jusqu'à ce que je m'endorme, et ensuite, ils m'ont volé mon armure. Si je savais où ils l'ont cachée, je détruirais toute cette ville pour la récupérer. Alors, si vous voulez acheter mes services, le prix est le suivant : rendez-moi mon armure. Alors je vous aiderai dans votre mission, jusqu'à ma mort, ou jusqu'à votre victoire. Le prix à payer est mon armure. Je veux la récupérer, car alors, je n'aurai plus jamais besoin de boire.
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  • Par Cielvariable, le 06 avril 2013

    - Je ne pensais pas qu'un jour j'en reverrais un. C'est un lecteur de symboles. T'a-t-il parlé de cet objet, petite ?
    - Non. Il m'a seulement dit que je devrais apprendre à m'en servir par moi-même. Et il a appelée ça un aléthiomètre.
    John Faa se tourna vers son compagnon.
    - Qu'est-ce que ça signifie ?
    - C'est un mot grec. Ca vient d'aletheia, il me semble, qui veut dire "vérité". Autrement dit, cet appareil sert à mesurer la vérité. Eh bien, Lyra, as-tu appris à l'utiliser ?
    - Non. J'arrive à diriger les trois petites aiguilles sur différents dessins, mais impossible de contrôler la grande. Elle n'arrête pas de tourner. Mais parfois, quand je suis très concentrée, j'arrive à la faire aller dans un sens ou dans l'autre, uniquement par la pensée.
    - Comment ça fonctionne, Farder Coram ? demanda John Faa. Et comment fait-on pour lire ?
    - Tous ces dessins autour du cadran, expliqua Farder Coram en orientant l'objet vers le regard perçant de John Faa, sont des symboles, et chacun d'eux représente beaucoup de choses différentes. Prenez l'ancre de bateau, par exemple. Le premier sens de ce symbole est l'espoir, car l'espoir vous permet de tenir bon au milieu de la tempête, comme une ancre. Le deuxième sens, c'est la constance. Le troisième, c'est l'idée d'obstacle invisible, de prévention. Le quatrième sens, c'est la mer. Et ainsi de suite... Il y a peut-être une dizaine, une vingtaine, ou même une infinité de sens.
    - Et vous les connaissez tous ?
    - J'en connais quelques-uns, mais pour tous les interpréter, j'aurais besoin du Livre. J'ai vu le Livre, et je sais où il se trouve, malheureusement je ne l'ai pas.
    - Nous parlerons de ça plus tard, dit John Faa. Dites-nous plutôt comment on fait pour déchiffrer.
    - Il y a trois aiguilles que l'on peut contrôler, expliqua Farder Coram. On s'en sert pour poser une question. En désignant trois symboles, on peut poser toutes les questions que l'on souhaite, étant donné que chacun possède de nombreuses significations. Une fois que la question est bien précisée, la grande aiguille tourne et désigne d'autres symboles qui donnent la réponse.
    - Mais comment l'appareil sait-il à quel niveau de sens on pense quand on pose la question ? demanda John Faa.
    - L'appareil lui-même n'en sait rien. Pour que ça marche, celui qui pose la question doit avoir tous les niveaux présents à l'esprit. D'abord il faut connaître toutes les significations, or, il peut en exister des milliers. Ensuite, il faut pouvoir les garder en tête sans trop y penser ou sans solliciter une réponse, et juste suivre des yeux les déplacements de l'aiguille. Quand elle a fini de tournoyer, on a la réponse à sa question. Je sais comment ça fonctionne, car j'ai vu un sage d'Uppsala s'en servir, un jour. Et c'est la seule fois où j'ai pu admirer cet objet. Sais-tu que les aléthiomètres sont rares, petite ?
    - Le Maître m'a dit qu'il en existait six seulement.
    - J'en ignorais le nombre exact, mais c'est très peu.
    - L'as-tu caché à Mme Coulter, comme le Maître te l'avait demandé, Lyra ?
    - Oui. Mais son daemon a fouillé ma chambre. Et je suis sûre qu'il l'a trouvé.
    - Je vois. Ma petite Lyra, j'ignore si nous connaîtrons un jour toute la vérité, mais voici ce que je crois d'après ce que je sais. Le Maître a été chargé par Lord Asriel de veiller sur toi et de te protéger de ta mère. Ce qu'il a fait, pendant dix ans ou plus. Mais les amis de Mme Coulter au sein de l'Eglise l'ont aidée à créer ce Conseil d'Oblation ; dans quel but ? nous l'ignorons. Toujours est-il que la voilà aussi puissante, à sa manière, que l'était Lord Asriel autrefois. Deux parents aussi redoutables et ambitieux l'un que l'autre, et le Maître de Jordan College coincé entre les deux avec toi sur les bras.
    Mais le Maître a mille autres préoccupations. La principale étant son collège et le savoir qu'il renferme. S'il sent que cela est menacé, il se doit de réagir. Or, depuis quelques temps, l'Eglise se fait de plus en plus autoritaire. On crée des conseils pour ceci, des conseils pour cela, on parle de rétablir le Bureau de l'Inquisition, à Dieu ne plaise. Et le Maître est obligé de louvoyer entre toutes ces forces. S'il veut que Jordan College survive, il doit se ranger du côté de l'Eglise.
    D'un autre côté, le Maître est soucieux de ton sort, Lyra. Bernie Johansen a toujours été formel sur ce point. Le Maître de Jordan College et tous les Erudits t'aiment comme leur propre fille. Ils étaient prêts à tout pour te protéger, et pas uniquement parce qu'ils l'avaient promis à Lord Asriel. Par conséquent, si le Maître t'a livrée à Mme Coulter, alors qu'il avait juré à Lord Asriel de ne jamais le faire, c'est qu'il a pensé que tu serais plus en sécurité avec elle qu'à Jordan College. Et s'il a décidé d'empoisonner Lord Asriel, sans doute est-ce parce qu'il a pensé que les agissements de ton oncle les mettaient tous en danger, et nous aussi peut-être, voire même la terre entière. Pour moi, le Maître est un homme confronté à de terribles décisions : quoi qu'il décide, il fera du mal, mais peut-être que s'il fait le bon choix, il en résultera moins de souffrances. Que Dieu me garde de devoir, un jour, être dans cette situation. Et lorsque est venu le moment où il a dû te laisser partir, il t'a donné ce lecteur de symboles, en te demandant de le protéger. Toutefois, j'ignore quel usage il veut que tu en fasses, étant donné que tu ne sais pas l'utiliser. Son raisonnement m'échappe, je l'avoue.
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  • Par Cielvariable, le 06 avril 2013

    - Tenez, voici l'aléthiomètre. Il est en bon état.
    Lord Asriel ne faisant aucun geste pour le prendre, Lyra le déposa sur le pare-feu en cuivre devant la cheminée.
    - Je dois vous prévenir que Mme Coulter est en route pour Svalbard, et quand elle apprendra ce qui est arrivé à Iofur Raknison, elle rappliquera ici immédiatement, dans un zeppelin, avec une escouade de soldats à bord, et ils nous tueront tous, par ordre du Magisterium.
    - Ils n'arriveront pas jusqu'ici, déclara Lord Asriel.
    Il paraissait si calme et serein que Lyra sentit s'envoler une partie de sa fureur.
    - Vous n'en savez rien, répondit-elle, hésitante.
    - Si, je le sais.
    - Vous avez un autre aléthiomètre ?
    - Je n'ai pas besoin d'aléthiomètre pour savoir cela. Mais parle-moi plutôt de ton voyage, Lyra. Raconte-moi tout, depuis le début.
    Ce qu'elle fit. En détail. En commençant par le jour où elle s'était cachée dans le Salon à Jordan College, avant d'évoquer l'enlèvement de Roger par les Enfourneurs, son séjour chez Mme Coulter à Londres, et tout ce qui s'était passé ensuite.
    C'était une longue histoire, et quand elle eut terminé, elle dit :
    - Il y a un détail que j'aimerais connaître, moi aussi, et j'estime avoir le droit de le savoir, tout comme j'avais le droit de savoir que vous étiez mon père. Mais puisque vous m'avez caché la vérité, répondez au moins à ma question, pour vos racheter. Parlez-moi de la Poussière. Pourquoi est-ce que tout le monde en a si peur ?
    Lord Asriel l'observa, comme s'il s'interrogeait pour savoir si elle pouvait comprendre ce qu'il s'apprêtait à lui dire. Jamais il ne l'avait regardée avec une telle gravité. Jusqu'alors, il s'était toujours comporté comme un adulte qui satisfait les petits caprices d'un enfant. Mais aujourd'hui, il semblait penser qu'elle était mûre.
    - C'est la Poussière qui fait fonctionner l'aléthiomètre, dit-il.
    - Ah... Je m'en doutais. Mais à part ça ? Comment l'a-t-on découverte ?
    - D'une certaine façon, l'Eglise a toujours su qu'elle existait. Pendant des siècles, les prêtres en ont parlé dans leurs sermons, en lui donnant un autre nom.
    Il marqua un temps d'arrêt, avant de poursuivre :
    - Mais il y a quelques années, un Moscovite nommé Boris Mikhaïlovitch Rusakov a découvert une nouvelle sorte de particule élémentaire. Tu as entendu parler des électrons, des photons, des neutrinos ? C'est ce qu'on appelle des particules élémentaires, car on ne peut pas trouver plus petit : il n'y a rien d'autre à l'intérieur, à part elles-mêmes. Cette nouvelle sorte de particule était élémentaire, elle aussi, mais très difficile à mesurer, car elle ne réagissait pas comme les autres. Ce que Rusakov ne comprenait pas, c'est pourquoi cette nouvelle particule semblait se rassemblait là où se trouvaient des êtres humains, comme si elle était attirée par nous. Plus particulièrement les adultes. Les enfants aussi, mais beaucoup moins, tant que leurs daemons n'avaient pas adopté une forme définitive. Dès la puberté, les enfants semblaient attirer davantage la Poussière, et ensuite, elle se dépose sur eux, comme sur les adultes.
    Toutes les découvertes de ce type, parce qu'elles ont une influence sur les doctrines de l'Eglise, doivent être annoncées par l'intermédiaire du Magisterium à Genève. Or, la découverte de Rusakov était si étrange, si insolite, que l'Inspecteur du Conseil de Discipline Consistorial a suspecté son auteur d'être possédé par le diable. Il a accompli un exorcisme dans le laboratoire, et il a questionné Rusakov selon les règles de l'Inquisition mais, finalement, ils ont dû reconnaître qu'il ne mentait pas, et qu'il n'essayait pas de les abuser : la Poussière existait réellement. Mais un problème demeurait : déterminer la nature de la Poussière. Etant donné son rôle, l'Eglise ne pouvait choisir qu'une seule solution. Le Magisterium a décrété que la Poussière était la manifestation physique du péché originel. Sais-tu ce qu'est le péché originel ?
    Lyra fit la moue. Elle avait l'impression de se retrouver soudain à Jordan College, interrogée sur un sujet qu'on ne lui avait enseigné qu'à moitié.
    - Oui, plus ou moins, dit-elle.
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  • Par Cielvariable, le 06 avril 2013

    Il changea de diapositive encore une fois. La photo suivante avait été prise de nuit elle aussi, mais sans clair de lune cette fois. On y voyait un petit groupe de tentes au premier plan, se détachant faiblement sur l'horizon bas, et à côté, un empilement désordonné de caisses en bois, avec un traîneau. Mais le principal intérêt de cette photo résidait dans le ciel. Des rayons et des voiles de lumière pendaient tels des rideaux, en boucles et en guirlandes, retenus par des crochets invisibles, à des centaines de kilomètres d'altitude, ou bien flottant en biais, portés par le courant de quelque vent inconcevable.
    - Qu'est-ce donc ? demanda le Sous-Recteur.
    - Une photo de l'Aurore.
    - Très joli photogramme, commenta le professeur Palmérien. Parmi les plus beaux que j'aie jamais vus.
    - Pardonnez mon ignorance, dit le vieux Préchantre, de sa voix tremblante, mais si j'ai su un jour ce qu'était l'Aurore, je l'ai oublié. S'agit-il de ce qu'on appelle les Lumières du Nord ?
    - Oui. Elle possède plusieurs noms. Elle est composée d'orages de particules chargées et de rayons solaires d'une intensité et d'une force extraordinaire, invisibles en eux-mêmes, mais qui provoquent cette radiation lumineuse lorsqu'ils entrent en contact avec l'atmosphère. Si j'avais eu le temps, j'aurais fait teinter cette photo pour vos montrer les couleurs, du vert pâle et du rose essentiellement, avec une touche de pourpre tout en bas de cette formation semblable à des rideaux. Il s'agit là d'un cliché réalisé avec une émulsion ordinaire. Je vais maintenant vous montrer une photo prise avec l'émulsion spéciale.
    Il retira la diapositive. Lyra entendit le Maître dire à voix basse :
    - S'il veut imposer un vote, on pourrait essayer d'évoquer la clause de résidence. Il n'a pas résidé au Collège pendant au moins trente semaines au cours des cinquante-deux semaines écoulées.
    - Il a déjà mis l'Aumônier de son côté..., répondit le Bibliothécaire dans un murmure.
    Pendant ce temps, Lord Asriel glissait une autre photo dans le chariot de la lanterne. Elle montrait la même scène. Mais, comme avec les deux photos précédentes, la plupart des détails visibles à la lumière ordinaire étaient ici beaucoup plus sombres, à l'instar des rideaux rayonnants dans le ciel.
    Toutefois, très haut au-dessus de ce paysage morne, Lyra apercevait une forme compacte. Elle constata que, comme elle, les Erudits assis près de l'écran se penchaient en avant pour mieux voir. Plus elle regardait cette photo, plus son étonnement croissait, car là, dans le ciel, on distinguait bel et bien les contours caractéristiques d'une ville : des tours, des dômes, des murs... des bâtiments et des rues suspendus dans le vide ! Elle faillit pousser un petit cri d'émerveillement.
    L'Erudit Cassington dit :
    - Ca ressemble à... une ville.
    - Exactement, répondit Lord Asriel.
    - Une ville d'un autre monde, assurément ? dit le Doyen, une note de mépris dans la voix.
    Lord Asriel l'ignora. Un mouvement d'excitation parcourut certains Erudits, comme si, ayant rédigé des traités sur l'existence de la Licorne, sans jamais en voir une, on leur présentait un spécimen vivant qui venait d'être capturé.
    - Il s'agit de l'histoire Barnard-Stokes ? demanda le professeur Palmérien. C'est bien cela, n'est-ce pas ?
    - C'est justement ce que je veux découvrir, répondit Lord Asriel.
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  • Par Dionysos89, le 20 novembre 2012

    Cette idée, encore fragile, flottait dans son esprit comme une bulle de savon, et Lyra n'osait pas la regarder en face, de peur de la voir éclater. Mais elle savait comment se comportent les idées, aussi la laissa-t-elle se développer lentement, en regardant ailleurs et en pensant à autre chose.

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